mercredi 30 juillet 2008

AINSI FONT, FONT LES PETITES MARIONNETTES

« Ainsi font, font les petites marionnettes… ainsi, font, font, font, trois p’tits tours et puis s’en vont »...
Nous connaissons tous cette chansonnette, enfant on nous l’a fredonné, certains d’entre nous l’ont également utilisée pour distraire leurs têtes blondes en cas de gros chagrin. Invariablement, cette petite chanson est accompagnée de gestuels des mains, c’est là tout son intérêt, sa raison d’être et de servir.

Je regarde mes mains, pas de « Ainsi font, font les petites marionnettes » pour moi depuis 3 jours. Elles me font horriblement mal, je ne peux plus plier certains doigts, la cause ? Poussée d’arthrite, donc anti-inflammatoires… au menu. Pour agrémenter ce dernier, une grosse crise couve comme un volcan qui bientôt déverser ses effluves de lave. Mes mains me privent de mon plus grand délice de la journée, celui de me plonger sous ma couette et de lire. Avec une exquise volupté, j’apprécie ces instants comme on savoure un plaisir défendu. Au diable, les tâches ménagères !
Je ne peux plus m’abandonner aux romans, me plonger dans les personnages et leurs vies. Vivre pendant quelque temps leur vie par procuration et m’échapper du réel.
Le réel, si dur sur tous les angles ces derniers mois. Mes forces physiques ont diminué, vérité cinglante prise en pleine figure et ce malgré tous mes efforts à persévérer dans la rééducation à l’effort. Je n’en ai pas dit mot à mon médecin… Cher docteur, vous le découvrirez assez tôt. Et puis, la mort qui s’est à nouveau invitée dans ma famille. Il y a à peine deux mois, une tante que j’affectionnais a fait le choix de quitter ce bas monde…. Je ne juge pas son acte personne d’ailleurs en a le droit. Mais beaucoup de questions m’envahissent, me tourmentent, un geste aussi difficile est loin d’être anodin. Il me faut du temps, beaucoup de temps pour accuser le coup, le choc de ce décès.

A quoi tient le bonheur ? A un fil, quelquefois trop tendu ou alors en pointillé ou invisible pour certains. Il faut s’y raccrocher coûte que coûte, le saisir à deux mains et le serrer fort, s’y agripper, ne pas le lâcher...


Dans 2 jours, nous partons pour une semaine de vacances en famille. La semaine annuelle, méritée et attendue impatiemment par tous. Remplacer l’air iodé de Brest par celui des Vosges, changer le quotidien, la routine, souffler et se ressourcer. Programme simple mais nécessaire pour affronter les prochains mois à venir.





mercredi 23 juillet 2008

ATTENDRE (ENCORE ET ENCORE)

Je peine... je tire la langue, ces derniers jours, je ne fais plus rien, même pas monter sur mon vélo de peur de la chute... de tension.
Impatiemment, j'attends (encore et encore) que le traitement donné par mon médecin fasse effet, agisse comme il se doit.
Du matin au soir, ma tension joue avec moi selon son vouloir, en quelques minutes, mes jambes flagellent, puis ne me soutiennent plus, la tête tournoie et pour finir en apothéose la nausée qui arrive à son tour. S'assoir, s'aliter et attendre (encore et encore).
Je guette l'amélioration comme on scrute l'horizon.

Pour ajouter un peu de plus de désagréments (et non pas de piments), l'arthrite elle, fait, une poussée. Flexion, extension des phalanges... nouvelle gym de la journée :
- "allez, on répète le mouvement sans se plaindre, et de 1, et de 2, et de 3, un p'tit effort, mesdames les phalanges, l'exercice ne vient juste que de commencer. Vous devant, Messieurs le Pouce et l'Index, je vous vois papoter! Oui, je sais que c'est dur... mais on le fait et avec le sourire. "

Pour me changer un peu les idées, mais sans grande motivation et conviction, j'ai accompagné mon mari la semaine dernière dans un hypermarché, ce que j'appelle plutôt un temple de la consommation.
Quelle horreur, entre musique et caddies, c'est ambiance casse-boîtes et fête foraine!

Cramponnée à mon mari, collée derrière lui, j'osais sortir la tête par moment, pour tenter de voir les produits. C'est qu'il y a de quoi de s'y perdre : entre 1 boîte offerte pour l'achat de 3, et un paquet gratuit en bon d'achat pour l'achat de 2, il faut être mathématicien. Les têtes de gondoles, les rayons stratégiques par lesquels on est obligé de passer débordent d’offres affriolantes, de promotions qui ne le sont pas forcément pour le portefeuille. Afin de nous pousser encore un peu plus à la consommation, sans qu’on s’en rende compte.
Et dire qu’il y a des gens dont le métier de calculer, cogiter comment faire pour en vendre toujours plus… A l’heure où les plus pauvres sont encore plus pauvres, où se nourrir convenablement est un véritable casse-tête chinois.
Société de consommation qui par acquis de conscience (quand elle existe ou qu’elle se réveille) se mord les doigts, s’emporte, s’indigne !
Acheter, consommer, jeter : trois mots qui dictent les comportements d’aujourd’hui
. Pourquoi garder ce qui peut encore servir ? Non, poubelle, on en rachètera ! Le reste du plat ? Mais non, pas au frigo, il faut nourrir encore la poubelle quand même, où avais je la tête …
Oui, ca me dégoûte, ca me révolte. Question d’éducation et de morale, de respect, je n’ai pas été élevé de cette façon (merci aux parents).


A mon tour, j’essaie d’inculquer ces mêmes valeurs à mes filles. Difficile, l’impression de ramer à contre courant quand « toutes les filles ont un Longchamp pour mettre leurs affaires de classe ».



jeudi 17 juillet 2008

GOETHE, SHAKESPEARE... ET MOI

Les miracles existent bien, j'en suis convaincue, j'en ai la preuve : Hypnos m'a entendu et rendu mon statut de mortel. Qui dois- je remercier les divinités grecques et/ou Internet? Peu importe, finie la léthargie. Heureusement, il était grand temps ...
Mon aînée est revenue d'Allemagne après 3 semaines ("non pas 3 semaines ,24 jours maman!") d'immersion totale. Première fois qu'elle partait aussi loin et aussi longtemps... A l'aéroport, le nœud tricoté ces derniers jours dans l'estomac s'est déroulé comme une pelote de laine. Appréhension de sa «descente" sur terre, car lors de ses appels, elle n'avait que de louanges pour l'Allemagne "tout est trop bien ici, j'adore l'Allemagne... ici, on est vachement libre ....je voudrais y retourner pour mes études...en seconde, on peut 6 mois".
Aïe, 6 mois à 16 ans, seule ? Non, 3 mois, c’est à prendre ou à laisser ....

Ah, les retrouvailles ! Elle a grandi, s’affirme encore plus, parle et maîtrise la langue de Goethe avec des douceurs, des intonations que je n'avais pas entendues jusqu'à là.
Je suis fière d'elle... fière qu'à son âge, elle se soit intégrée sans problème dans une famille qu'elle ne connaissait que par le biais du téléphone et de mails échangés lors derniers mois.

Depuis mardi, c'est rattrapage, pardon gavage de télé. Elle avale, gobe, ingurgite les clips, pubs, feuilletons, et zappe, s’empiffre de séries …. Je me demande si elle regarde vraiment ou si c’est juste pour en prendre plein les yeux et les oreilles. Les habitudes sont vite revenues ou n’ont pas été oubliées : télécommande comme scratchée à la main, le portable à côté pour les copines qui appellent… Me voilà repartie à répéter, demander, quémander 1 fois puis 2 puis 4 de mettre moins fort cette télé !
Heureusement, pour moi, j’ai des RDV, … sauvée du vacarme in extremis avant que ma tête ne vole en éclats.


Après la cohorte de ce week-end (Brest 2008 mais si vous savez forcément, les bateaux, les voiliers…), il reste des vacanciers. Faciles de les reconnaitre : pantacourt ou pantalon en toile légère, bonnes chaussures de marche, pull ou veste polaire, lunettes de soleil, sac à dos… K-way ou ciré jaune, la panoplie parfaite du touriste !

A une vingtaine de mètres de moi, j’en vois deux qui ont l’air perdus, égarés avec leur carte à la main, leur appareil photo en bandoulière autour du cou. Je baisse la tête, continuant mon chemin comme si de rien n’était en espérant qu’ils ne me voient pas. Si ce sont des étrangers, je suis mal, très mal … avec mon anglais scolaire périmé, poussiéreux. Ah, ils viennent vers moi, sourire aux lèvres, je ne peux quand même pas changer de trottoir ! Et, zut, me voilà bien ! Pourquoi moi « non, s’il vous plait, pas ca… super, gagné

-« Excuse-me, ….euh…pour… to go… les bateaux? Do you know? »
Je n’écoute pas la suite…vu l’accent, ce sont des Allemands et à part was, warum, ich bin, et quelques autres mots, je ne sais rien… Réfléchissons, comment leur expliquer qu’ils doivent continuer l’avenue, puis au 1er rond-point, prendre direction centre ville, puis là-bas direction le port… et tout cela dans la langue de Shakespeare que je massacre, j’assassine sans aucun accent . Je me sens gênée pour eux, ils auraient dû interpeler quelqu’un d’autre , n’importe qui mais pas moi. Oh my god !

-“Oh, so, you must go to the center…”
Ils me regardent avec des grands yeux, attendant la suite de mes explications, suis-je leur « sauveur » ou alors celle qui va les embrouiller encore plus ?
-« Sorry, but my English is poor »
Les pauvres s’ils savaient…
-“Can’t I take your map?”


De grands gestes tels un gendarme faisant la circulation, le bras en l'air en direction du centre ville, des tours pour les ronds-points, avec un doigt pointé sur la carte.
Ils me sourient, ils ont compris ! Je suis contente, euh,… plutôt soulagée pour eux.
Ma B.A. de la journée accomplie, je reprends mon chemin ...le cœur plus léger.





dimanche 13 juillet 2008

MAIS QUE FONT HYPNOS ET MORPHEE ?

Dimanche 13 juillet 11H45 :

Tandis que les cloches sonnent à la volée dans le silence quasi-religieux de cette matinée, mes pensées se tournent, reviennent sur la semaine qui vient de s'écouler.

Rien ne laissait entrevoir ce qui allait arriver... Tout en baillant à me décrocher la mâchoire, je lève la tête au ciel pour apostropher les divinités grecques.
Hypnos a pour devoir de me prendre dans ses bras, de m'envelopper de douceur, de me bercer, et me laisser choir dans un sommeil paisible. Morphée, quand à lui, doit m’apporter des songes et de doux rêves.
-"Eh, Hypnos, qu'est ce que tu fais? Tu es fatigué toi aussi ? Tu t'embrouilles, tu mélanges les mortels et les marmottes ? C'est quoi ce travail ?...."

Et oui, c'est le comble ! Hypnos me prend pour une marmotte et se perd dans le cycle des saisons me mettant pour ainsi dire en hibernation. C’est vrai qu’à me voir me reposer plusieurs fois par jour, ca prête à confusion, … alors de là haut, il ne m’a peut-être pas considéré comme le commun des mortels... Il faudra qu'il répare quand même son erreur de jugement.

Dormir, depuis une semaine, Hypnos me fait dormir... mais sans que je retrouve une once d'énergie. Bien au contraire, à peine levée, mes jambes se dérobent, ma tête tournoie, mes tempes volent en éclat ... la fatigue s’est muée en épuisement.
-"Décidemment, Hypnos tu as tout faux avec moi ! Si tu me fais dormir, donne moi au moins en retour de l’énergie. Il faut revoir ton rôle de Dieu, tu es en train de foutre en l'air toute la mythologie....Et toi, Morphée, tu es censé me procurer des rêves, et tu me plonges dans des somnolences agitées, ca ne va pas".

La tête baissée, un peu honteuse d'attribué à Hypnos et à Morphée tous mes déboires et mon épuisement, je ravale ma salive... j'ai usé, abusé du peu de forces que j'avais.

Dimanche dernier, même heure :
Nous étions à un repas de famille. Un vrai repas de famille mélangeant toutes les générations, brassant les oncles, les tantes, les cousins, les petites-cousines...un ravissement, du pur bonheur pour moi! Cette fête que ma tante avait organisé en l'honneur de se 60 ans, je l'attendais impatiemment depuis 2 mois. Et oui, car toute la famille pour ainsi dire réunie au grand complet ne se voit guère plus sauf pour des circonstances de peine et de deuil.

Devant toute cette assemblée, les souvenirs de l'enfance qui semblaient pourtant si loin, enfouis sous les années passées sont remontés à la surface. "Tu te souviens, quand on allait chez la grand-mère ?" "Tu te rappelles le jour de la communion de telle cousine"....

J'ai savouré, délecté chaque instant, fermant les yeux langoureusement pour m’en imprégner et pour les graver dans ma mémoire: les visages, les bouquets de fleurs, les conversations et les rires…

Ca aurait dû être une très belle longue journée mais elle a été écourtée par les douleurs. La mine creusée et les traits tirés, je dissimulais sous mes sourires de joie la fatigue. Plus on avançait dans la journée, et plus les douleurs me narguaient, jouant avec moi.
-"Non, je veux dire un petit mot à tout le monde, prendre des nouvelles, je ne veux pas lâcher prise, c'est une journée de fête, je dois tenir."

Les douleurs ont gagné une fois de plus, exténuée, je me suis rendue, perdante au combat. Fin prématurée du repas, il a fallu partir Malgré la fatigue, j’étais heureuse. Heureuse d’avoir pu partager cette journée abrégée avec ma famille et ma tante.

Les jours suivants ont été plus que laborieux, les gestes du quotidien plus ardus …. Il a fallu reprendre le cours du quotidien avec son labeur, car à mon habitude, j'avais planifié diverses choses : rangement, repassage … Je les ai faites tel un automate même si j’avais mal, même si je dépassais mes propres limites. Envoutée par ma lecture du moment « Les yeux jaunes des crocodiles » de Katherine Pancol, j’ai sacrifié mes temps de repos pour pouvoir lire. Epuisée, enivrée de fatigue, mais contente au final je vais reprendre du poil de la bête.

Demain sera une nouvelle semaine, d'ici là, peut-être que les dieux Grecs se seront rendu compte de leur erreur ....

A suivre.

lundi 7 juillet 2008

D-day, D-day, D-day, ...

Mes 37 ans sont arrivés ...

Je les tiens dans le creux de ma main, ils sont nouveaux, tout chauds. Deux chiffres biens formés
qui ont la douceur et l'odeur d'un nouveau né.
Je les caresse, je les admire, qu'ils sont beaux !
Nous allons passer ensemble les 12 prochains mois, alors, comme une mère attentionnée, je vais m'en occuper au mieux, les dorloter, les chérir pour qu'ils s'épanouissent.
Genèse de nouveaux projets, de nouvelles envies, ils sont porteurs d'espoirs.
Rien à voir avec mes 36 si chétifs et si malingres.
Pourtant, je les avais nourris eux aussi d'espoir, de désirs. En vain...
Ils ne se sont pas développés, étouffant dans l'œuf les projets que j'avais tant espéré pour cette année passée.
Ils ont été cabossés par des décès, cassés par des coups durs ...
J'espère, je prie pour que les mois à venir soient plus cléments, plus doux.
Quoi qu'il arrive, je braverai les obstacles et je ferai front, forte de mes envies et des leçons que l'on retire.

A peine le temps d'endosser un an de plus et me voilà partie sur les chapeaux de roues à observer ces derniers jours.
Samedi, Brest n'était plus le bout du monde mais l'objectif sur lequel des milliers d’yeux étaient rivés.
Nous avons eu le droit au balai incessant des cars, des voitures publicitaires qui rythmaient le déferlement des touristes et des journalistes comme s'ils en pleuvaient!

Vendredi, une certaine nervosité était palpable dans l'air, un journaliste repenti et tête basse, faisait ses commentaires et n'avait que des louanges pour la Bretagne, terre qui l'avait accueilli, hébergé durant les années noires de la seconde guerre mondiale.
Il avait été banni, interdit de séjour à cause de critiques trop virulentes sur notre climat.
A croire que Bretagne rime forcément avec mauvais temps.... aussi, il a fait très attention durant son direct.
Ce n'est pas que nous soyons susceptibles mais on en a marre qu'on nous bassine sur notre climat.
Attention, je casse une image :
Non, il ne pleut pas 365 jours par an chez nous ! Et non, nous ne sommes pas des rustres !

Samedi midi, l'effervescence était à son apogée: les badauds, les riverains étaient tous réunis, massés, compactés en une foule disciplinée.
Les hermines des drapeaux bretons flottaient, se balançaient au gré du vent, les enfants portés sur les épaules des parents attendaient impatiemment, ouvraient grands leurs petits yeux et ne perdaient pas une miette du grand étalage publicitaire.
Casquettes, sacs, porte-clés étaient jetés à la volée à tout ce petit monde.
Des mains, des bras se levaient, se disputant un paquet de cartes ou de mini bonbons....

Quelques cyclistes plus tard... et les hélicoptères étaient déjà au loin. C'était passé, fini...on rentre chez soi avec des souvenirs. Chacun a la liberté et le choix d'en garder l'image, le souvenir qu'il veut : bon, mauvais, ringard ou sympa.

Plus que quelques jours à attendre et nous allons avoir le bonheur de voir de magnifiques bateaux, d'amirables voiliers voiles au vent qui vont naviguer dans la rade.
Adieu le tour de France et bonjour à Brest 2008 !



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