jeudi 26 mars 2009

DIGNITE A VENDRE

Pourquoi ce post ?

La femme d'un ami belge fibro, lui aussi, est atteinte d'un cancer. Depuis un an , elle percevait des indemnités de la sécurité sociale. Ces dernières vont être suspendues et comme son mari travaille toujours encore un peu malgré sa fibromyalgie, sa femme recevra ZERO Euro par mois de la part des Organismes et Mutuelles.
ZERO Euro pour se soigner, en étant atteinte d'un cancer !!!!


NOUS METTONS EN VENTE NOTRE DIGNITE AUX ENCHERES


NOUS LA VENDONS PARCE QUE CETTE SITUATION EST SCANDALEUSE, HONTEUSE .... TOUT SIMPLEMENT INADMISSIBLE !


La dignité… joli mot, joli concept qui déchire les entrailles comme un poignard pour beaucoup, qui les fait s’agenouiller, hurler, pleurer quand ils en ont encore la force.
Mais la dignité leur permet de rester debout, de se dire que demain peut-être sera un autre jour, de reculer toujours encore un peu plus les dernières limites qu’ils se sont fixées.

Qu’est ce que la dignité ? Est-ce cette volonté qui reste ancrée en nous quand on a tout perdu ou pratiquement ?

On peut se mettre de belles œillères autour des yeux, se dire que ça n’arrive qu’aux autres, se bercer d’illusions pour se rassurer, se croire à l’abri parce qu’aujourd’hui on a un toit et à manger. Combien l’ont pensé et pourtant ils sont bien là à essayer de survivre juste à côté de nous avec leur dignité …

Je m’appelle Odile ou Chantale, Paul, Axel ou Charles ou Cécile. J’ai 19 ans ou 24 ou 36 ou 56 ans, peu importe…J’habite dans une grande ville, ou dans un bled paumé. Marié, divorcé ou célibataire…. J’ai des enfants à élever, à nourrir, à éduquer ou je n’ai que moi. Je travaille ou non, je fais des petits boulots comme on dit à gauche et à droite… mais ce que je gagne ou ce que je perçois ne me permet pas de vivre décemment. Malade ou en bonne santé, valide ou non, j’ai de la famille, proche ou éloignée, ou alors j’ai coupé les ponts avec elle. Ma vie était tracée, linéaire et puis, il a fallu juste d’un accroc, d’un incident de parcours pour me faire tomber, pour que je trébuche ou que je vacille avec cette peur de tomber plus bas.

D’une main tremblante, rassembler mes papiers : le montant de mon loyer, l’attestation de la CAF où est inscrit que j’ai 3 enfants et le papier des ASSEDIC … De la paperasse, des feuilles où seuls les montants qui y sont inscrits ont de l’importance. Je les ai tellement lues et relues que les chiffres dansent devant mes yeux. Les serrer fortement contre ma poitrine en priant intérieurement pour ne pas dépasser le quotient qui à lui seul détermine si on va nous aider ou non. Calculer à longueur de temps les moindres dépenses, les additions qui font tourner la tête et que je note dans un petit calepin. L’heure du passage du facteur, c’est la pire de la journée … se diriger vers la boîte aux lettres avec la frousse de trouver encore une facture. Toujours compter, pour s’apercevoir qu’il n’y ne reste rien, pas de quoi payer le loyer une fois de plus….Se demander pour combien de temps on a encore un toit, deux mois ou un peu plus. Et après ?

Je passe mes journées à attendre dans des files pour avoir un lit juste pour une nuit, ou pour un repas chaud. J’erre de foyers où quelquefois on me laisse quelques jours et puis ensuite, je repars. Repartir toujours et encore … c’est mon quotidien.

Fuir l’endroit où l’on j’ai trouvé refuge pour la nuit en ramassant mes deux ou trois sacs qui contiennent toute ma vie. Dans le froid, le ventre affamé, trouver un banc au chaud, y voler quelques minutes avant que la police ne débarque ou que le commerçant d’à côté vienne me faire déguerpir. S’en aller encore, la tête basse, pour éviter le regard des passants et puis aller m’assoir sur un bout de carton et tendre la main en ravalant mon orgueil et ma fierté. Ne pas prêter attention aux insultes, à la méchanceté que certains vous crachent en pleine figure. Au début, j’en pleurais mais maintenant je m’y suis habitué, je n’ai pas eu le choix… C’était ça ou crevé.



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