lundi 14 septembre 2009

Travailler jusqu'à en mourir

Lu récemment : « Une employée qui se défenestre en pleine réunion de travail ». Quelques mois plus tôt, un autre titre «un employé qui se suicide à son domicile » et quelques lignes pour expliquer à sa femme et ses gosses qu’ils n’y sont pour rien.

Des gens arrivés au bout du rouleau. A force d’être pressés, encore, plus et toujours. Jusqu’au jour où ils n’ont plus rien à donner, pas même une dernière et minuscule goutte.
A chaque changement de direction, à chaque nouvelle stratégie, on ne leur a pas demandé leur avis. Et si on l’avait fait, qu’auraient-ils pu répondre ? Je n 'en peux plus, je suis arrivé fatigué… trop fatigué.

Ils n’ont pas le droit de se plaindre car combien de fois ils entendent « par les temps qui courent, c’est déjà bien d’avoir un travail ». Et puis, il y a le prêt de la maison à rembourser, la voiture qu’il faudra bientôt changer… Alors, ils ne peuvent pas le dire. Et le dire à qui ?

Ils doivent s’adapter, acquiescer, aller toujours plus loin, repousser les limites. On leur impose plus de résultats, plus de flexibilité et plus de chiffres. Donner plus et pour tout. Nouveaux manageurs, nouvelles méthodes … un peu plus de stress et de pression.

Quand ils passent à l’acte, certains évoquent une fragilité psychologique, un état moral comme si l’Homme était prédestiné à subir, à encaisser de telles tensions. Car « on ne peut mettre fin à ses jours à cause du travail ». Les sociologues parlent de burn-out ou d’épuisement professionnel, de l’entreprise qui ne considère plus la personne comme un individu à part entière.

Des gens comprennent cette situation : des collègues ou d’autres personnes qui bossent dans une autre boîte. Et peut-être qu’eux aussi, ils se demandent combien de temps ils vont pouvoir tenir, une journée, un mois, peut-être un peu moins.

C'étaient juste des personnes qui travaillaient et qui le lendemain sont devenues un nombre dans des statistiques effroyables.

NB : Un message pour le Directeur qui, cette après-midi, se trouvait avec sa nouvelle recrue à la devanture de son agence immobilière. Oui, vous, celui qu’on doit appeler le boss et craindre les sautes d’humeur. Vous étiez vêtu d’un costume, d’une chemise blanche à fines rayures et d’une belle cravate. D’un ton homérique, vous disiez à votre employée :
-Je vais vous expliquer quelques règles de management, parce quand on s’occupe d’une équipe, il faut savoir mettre la pression si on veut des résultats.

C’est moi qui vous ai adressé un regard noir tellement j’ai été choquée par vos propos. Vous m’avez vu mais vous m’avez ignoré, c’est vrai, vous aviez beaucoup plus important à faire : apprendre l’art et la manière de mettre le personnel sous pression…
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