samedi 7 novembre 2009

SINGING IN THE RAIN

Hier, tout le monde était déjà parti depuis belle lurette quand j’ai réussi à décoller mes paupières. J’ai eu le droit à une nuit de plus de huit heures plongée dans un sommeil artificiel. Une grâce pour moi ! Quand on a pour habitude d’entamer ses journées à l’heure où les fêtards et ceux qui vivent la nuit vont se coucher, un lever tardif se doit d’être considéré comme un fait exceptionnel.

Au début, je me suis sentie désorientée comme perdue dans ce silence. Il faut à chaque fois le ré apprivoiser, cet animal, et surtout ne pas en avoir peur, sinon il peut vous envelopper dans la mélancolie. Heureusement, je me suis secouée et arrachée à cette idée. Ce n‘est pas parce qu’une chape de plomb noirâtre couvrait le ciel que j’allais passer le restant de ma journée à feuilleter mon album souvenirs en soupirant ou à m’inventer des avenirs de bouts de ficelle.

Que nenni. J’ai enfilé mon imper, pris mon parapluie tout nouveau, mon Ipod (sans faire de pub) et me voilà partie. On doit me prendre pour une cinglée ou une illuminée quelconque. Car sous la pluie battante, je suis la seule à attendre aux passages piétons que le petit bonhomme veuille bien devenir vert. Les autres, se dépêchent, font de grandes enjambées dédaignant et se moquant du petit bonhomme rouge. Certains relèvent leur col et lèvent les yeux au ciel pour maudire ce temps. D’autres encore portent à même la tête leur parapluie pour qu’aucune goutte ne s’aventure à les toucher. J’observais tous ces gens en chantonnant. J’ai revisité à ma sauce, la chanson inoubliable « Singing in the rain » de Gene Kelly. Et rien qu’à ce nom, le Broadway enchanteur me venait à l’esprit, Frank Sinatra, Rita Hayworth… et toutes ces comédies musicales devenues un tantinet désuètes.

Que vois-je ? Des personnes âgées, qui elles aussi, bravent et défient le petit bonhomme rouge. Mais c’est quoi ça ? Est-ce que l’âge nous déleste de certaines règles. Et l’exemple, qu’est ce qu’il devient dans tout ça ? Aux oubliettes, à la trappe ?

Absorbée par mes pensées et le quidam, je n’ai pas fait attention au coup de vent matois qui venait chatouiller mes jambes. Sa caresse s’est transformée en un souffle et voilà que mon tout joli parapluie s’est retourné. Il aurait pu reprendre dignement sa fonction, mais non, il s’est transformé en épouvantail tout minable.

Moi qui étais tout gaie, toute contente, j’ai dû me résoudre à continuer mon chemin sans sa bonne protection.

Trempée, les cheveux dégoulinants de pluie, je ne voyais rien (c’est l’inconvénient des lunettes). Je suis rentrée dans un magasin et les vendeuses guindées qui s’ennuyaient ont assisté à mon spectacle. Je me suis ébrouée à la façon des chiens (ce qui a eu pour effet de déclencher des regards torves, des grimaces de la part des vendeuses). Mais, vous le savez, il en faut bien plus pour que je me froisse ou que je me défroisse.

Allez, je continue : I sing…..Singing in the rain , nannnn, nannnn, I sing…Singing in the rain, et la vie est belle.
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