lundi 30 mars 2009

DEBARQUEMENT EN VUE

Ma chère cousine,
Ce petit mot pour te confirmer notre venue dimanche prochain.
Nous arriverons à Montparnasse, zone tampon entre la Bretagne et Paris, en début d’après-midi sans chapeaux ronds ni bombarde. J’ai prévenu les Fifilles que ce seront à elles de porter leurs nombreux sacs. Peut-être vont –elles pour une fois ne pas s’encombrer d’affaires inutiles ? Petite Fifille s’encombre généralement de trois ou quatre porte- monnaies , deux sacs à main, des porte clefs, une lampe de poche, des carnets, des crayons, des livres, des scoubidous et du vernis à ongles , Caro, elle, prend le contenu intégral de son armoire. Elles se réjouissent à l’idée d’aller faire du shopping, activité qui n’était pas prévue au programme initial, mais dixit Fifille Ado « être à Paris et ne pas aller faire un tour dans les magasins, ça ne se fait pas ». J’espère que l’engouement pour certaine visites culturelles sera identique. Il a fallu trancher, prendre des décisions, voter à la majorité pour établir la liste des musées et autres… Petite Fifille voulant absolument voir la Tour Eiffel alors que sa sœur n’y trouvait pas d’intérêt, il a fallu batailler ferme et trouver des compromis.

Dis-moi, l’air des tunnels du métro est il toujours aussi lourd, irrespirable, comme chargé de particules métalliques dégagées par les rails ? Est ce toujours la même effervescence aux heures de pointe, les bousculades devant les portes pour avoir une chance de monter dans la rame ? Je me rappelle des cohues, des stations où l’on doit emprunter des couloirs, des corridors à n’en plus finir pour attraper une autre ligne, des gens qui vous bousculent sans vous dire pardon… Courir, marcher vite, se dépêcher toujours, tout le temps, pour ne pas rater son train, le matin ou le soir après la journée de travail. Ereintée, fourbue, s’endormir de fatigue dans le RER, grappiller ici et là quelques minutes de sommeil supplémentaires.

Mais, cette fois je serai à Paris en tant que touriste mais pas en short et casquette avec l’appareil photo pendu en bandoulière. Pas de stress, pas de précipitation, nous garderons notre sourire et notre bonne humeur… Quitte à être un peu hors du temps et de la mouvance.

Seul notre léger accent appuyant légèrement sur certaines voyelles pourra nous différencier du badaud commun. Non, nous n’allons pas chanter à tue tête des chants régionaux ou porter le Gwenn ha Du à bout de bras. Nous allons donc briser le cliché du Breton arrivant à la capitale…Ce qui ne m’empêchera tout de même pas de t’apporter des crêpes toutes fraîches.

Bisous, Ta cousine Clara

dimanche 29 mars 2009

LE CONCOURS DE LA FAMILLE PARFAITE

Quelques jours se sont écoulés et mon corps était un vrai petit moteur ronronnant ou réagissant au quart de tour, dynamique, rugissant comme une voiture de formule 1. Vite, plus vite sur la cadence, sautant, s’exécutant à toute allure à croire qu’il tenait une course hors d’haleine. J’en profite, je le prends tout ce temps, je me réjouis de cette anarchie temporaire qui a rétabli l’ordre logique, normal des choses. Des heures savourées délectées, appréciées… et le rythme s’est ralenti brusquement sans prévenir, la fatigue a repris sa place, retour à la case départ avec les articulations flinguées.

Pas de remord, de déception ou de regrets, je traine déjà mon gros ballot d’émois. Je suis une éponge remplie d’émotions, il y a en a trop, je déborde, je n’absorbe plus. L’embêtant c’est qu’on ne peut pas me presser ou me tordre pour m’enlever tous ces litres, ça me ferait forcément trop mal. Je dois dégorger toute seule, je vais aller à me mêler à la marée humaine, j’en profiterai pour déverser discrètement tout ce sur plus...

J’aimerai être un personnage de dessin animé japonais, je pousserai un cri barbare et une super armure tomberait du ciel, se fixerait à même mon corps. Je n’aurai plus besoin de me mordre la lèvre à l’intérieur, signe de trouble ou de problème, et qui dessine sur ma bouche une petite limace tordue, recroquevillée.

Avec de la chance, je ne verrais personne. J’en n’ai pas envie de converser sur les giboulées qui s’abattent ou le beau temps à venir, j’ai juste envie d’être tranquille. Je vais me fondre dans la masse, parmi les gamins qui hurlent pour pouvoir pousser le caddie, les mamies qui papotent, les mères de famille qui courent dans tous les sens avec leur liste de courses à la main. Il faudrait que je sois comme tous ces gens, leur ressembler et me dominer, d’arrêter de m’émouvoir si facilement, de m’indigner quand il le faut, de me réjouir ou de pleurer quand eux le font.

Peut-être qu’ils ont un mode d’emploi des sentiments, la carte technique de comment tourne la monde. Je n’ai pas ces notices ou alors elles sont erronées, faussées c’est pour cela que je vois les choses sous un autre œil.

Je les regarde, ils sourient, discutent, échangent à vois basse ou tout fort, c’est salon de thé au rayon des fruits et légumes. Quelques pardons et excusez-moi pour me faufiler, et encore tout juste si certains bougent. Je dois faire la contorsionniste pour attraper des endives…

J’entends un bonjour qui vraisemblablement s’adresse à moi, je lève la tête. En effet, il est pour moi. Qui est cette dame ? Vite, il faut que j’embraye sur la fonction « chercher dans ma boîte sa petite fiche ». Physionomiste, je me rappelle des visages, mais celui là me semble très lointain.
-Je suis la maman de Pauline, une ancienne amie de Caroline.
Ah oui, ça me revient, une copine du primaire classée dans la boîte des anciennes copines, ou des « meilleures amies pour la vie (promis, juré) » de Fifille Ado.
Un sourire sur mesure adéquat pour l’occasion, se dessine sur son visage. Elle me demande des nouvelles de fifille Ado, je lui réponds poliment, et à mon tour je pose la question :
-Et Pauline ?
Et là, la maman commence un monologue, un discours d’éloges, de compliments sur sa progéniture. Elle parle, parle encore… J’avais omis d’inscrire sur ma petite fiche le renseignement très bavarde.


J’ai le droit à toute la vie de sa famille depuis 5 ans, les progrès du petit dernier, les études de la grande, son boulot, son mari qui est maintenant à un poste important avec des tonnes de responsabilités…Un condensé de réussite sur tous les plans, elle en est très fière surtout de la place hiérarchique occupée par son mari.

Pour ne pas décrocher et paraître impolie, j’émets de temps à autre des « hum, hum » ou des « oh » et je m'attache à fixer ses sourcils. Quand sa voix monte en intonation, son sourcil droit est pris comme de petits tics nerveux.

Elle me parle de leur réservation au soleil pour les vacances de Pâques, quand elle aperçoit quelqu’un qu’elle connaît. Sauvée ! Tout juste un au revoir, et elle me plante là avec mon sachet d’endives à la main.

De la vanité, de la fierté ou est ce pour se rassurer, se convaincre que c’est la famille modèle sous tous les angles ?
Je rentre retrouver ma tribu. Petite Fifille chante à tue tête sous la douche tandis que Fifille Ado hurle « Tais-toi ! Je travaille ». Oups, pour le concours de la famille parfaite, on est direct hors classement !

vendredi 27 mars 2009

Delphine DE VIGAN "No et moi"

Lou treize ans en classe de seconde est une enfant dite précoce. Considérée par les autres comme la fille qui a deux ans d’avance, elle est systématiquement mise à l’écart. Le cerveau toujours en ébullition, Lou aime se rendre à la gare pour regarder les voyeur et , s’imprégner de leurs émotions de départ ou de retrouvailles. Chez elle, l’ambiance est morose. Sa mère ne s’est pas remise du décès de sa petite sœur âgée de quelques mois et depuis elle évolue comme un automate. Son père lui tente de faire comme si tout allait s’arranger en se masquant la réalité. A la gare d’Austerlitz, elle remarque une sans-abri, une jeune fille plus âgée qu’elle et ose l’aborder. Rejetée par sa mère, ballottée d’un foyer d’accueil à un autre, une scolarité abandonnée et No n’a personne à qui se raccrocher. A dix-huit ans, elle ne peut que compter sur elle-même.

No et moi c’est d’abord l'histoire d'une amitié entre de deux jeunes filles qui ont en commun d'être en marge de la société car elles ne rentrent pas dans la normalité. A l’heure du chacun pour soi, des amitiés virtuelles où on est capable d'envoyer des avions supersoniques et des fusées dans l'espace, d'identifier un criminel à partir d'un cheveu ou d'une minuscule particule de peau, de créer une tomate qui reste trois semaines au réfrigérateur sans prendre une ride, de faire tenir dans une puce microscopique des milliards d'informations. On est capable de laisser mourir des gens dans la rue , Lou se donne la mission d'aider No. Cette jeune fille possède cette foi de croire que l'on peut changer le monde et de se battre contre les inégalités qui ne sont pas tolérables. Malgré son manque de confiance en elle, Lou va tendre une main à No que le vie n’a pas épargnée et qui connaît trop le goût des désillusions. Lou va réussir à convaincre ses parents d’héberger son amie qui va pouvoir se poser. Cette parenthèse va changer bien des choses... 

Delphine de Vigan se glisse avec brio dans la peau de Lou pour nous décrire la réalité des sans-abri. On ne peut être que touché parce roman où l’innocence et la lucidité se côtoient dans le regard de Lou. Il s’agit d’une des forces de ce roman car en donnant la parole à une adolescente qui veut renverser l’ordre des choses, Lou nous transmet sa volonté et sa détermination. Pas de pathos mais des émotions palpables qui prennent à la gorge. Une lecture en panée totale dont je suis sortie ébranlée. Un roman qui interpelle et dont l’humanité est tout simplement belle et généreuse !

jeudi 26 mars 2009

DIGNITE A VENDRE

Pourquoi ce post ?

La femme d'un ami belge fibro, lui aussi, est atteinte d'un cancer. Depuis un an , elle percevait des indemnités de la sécurité sociale. Ces dernières vont être suspendues et comme son mari travaille toujours encore un peu malgré sa fibromyalgie, sa femme recevra ZERO Euro par mois de la part des Organismes et Mutuelles.
ZERO Euro pour se soigner, en étant atteinte d'un cancer !!!!


NOUS METTONS EN VENTE NOTRE DIGNITE AUX ENCHERES


NOUS LA VENDONS PARCE QUE CETTE SITUATION EST SCANDALEUSE, HONTEUSE .... TOUT SIMPLEMENT INADMISSIBLE !


La dignité… joli mot, joli concept qui déchire les entrailles comme un poignard pour beaucoup, qui les fait s’agenouiller, hurler, pleurer quand ils en ont encore la force.
Mais la dignité leur permet de rester debout, de se dire que demain peut-être sera un autre jour, de reculer toujours encore un peu plus les dernières limites qu’ils se sont fixées.

Qu’est ce que la dignité ? Est-ce cette volonté qui reste ancrée en nous quand on a tout perdu ou pratiquement ?

On peut se mettre de belles œillères autour des yeux, se dire que ça n’arrive qu’aux autres, se bercer d’illusions pour se rassurer, se croire à l’abri parce qu’aujourd’hui on a un toit et à manger. Combien l’ont pensé et pourtant ils sont bien là à essayer de survivre juste à côté de nous avec leur dignité …

Je m’appelle Odile ou Chantale, Paul, Axel ou Charles ou Cécile. J’ai 19 ans ou 24 ou 36 ou 56 ans, peu importe…J’habite dans une grande ville, ou dans un bled paumé. Marié, divorcé ou célibataire…. J’ai des enfants à élever, à nourrir, à éduquer ou je n’ai que moi. Je travaille ou non, je fais des petits boulots comme on dit à gauche et à droite… mais ce que je gagne ou ce que je perçois ne me permet pas de vivre décemment. Malade ou en bonne santé, valide ou non, j’ai de la famille, proche ou éloignée, ou alors j’ai coupé les ponts avec elle. Ma vie était tracée, linéaire et puis, il a fallu juste d’un accroc, d’un incident de parcours pour me faire tomber, pour que je trébuche ou que je vacille avec cette peur de tomber plus bas.

D’une main tremblante, rassembler mes papiers : le montant de mon loyer, l’attestation de la CAF où est inscrit que j’ai 3 enfants et le papier des ASSEDIC … De la paperasse, des feuilles où seuls les montants qui y sont inscrits ont de l’importance. Je les ai tellement lues et relues que les chiffres dansent devant mes yeux. Les serrer fortement contre ma poitrine en priant intérieurement pour ne pas dépasser le quotient qui à lui seul détermine si on va nous aider ou non. Calculer à longueur de temps les moindres dépenses, les additions qui font tourner la tête et que je note dans un petit calepin. L’heure du passage du facteur, c’est la pire de la journée … se diriger vers la boîte aux lettres avec la frousse de trouver encore une facture. Toujours compter, pour s’apercevoir qu’il n’y ne reste rien, pas de quoi payer le loyer une fois de plus….Se demander pour combien de temps on a encore un toit, deux mois ou un peu plus. Et après ?

Je passe mes journées à attendre dans des files pour avoir un lit juste pour une nuit, ou pour un repas chaud. J’erre de foyers où quelquefois on me laisse quelques jours et puis ensuite, je repars. Repartir toujours et encore … c’est mon quotidien.

Fuir l’endroit où l’on j’ai trouvé refuge pour la nuit en ramassant mes deux ou trois sacs qui contiennent toute ma vie. Dans le froid, le ventre affamé, trouver un banc au chaud, y voler quelques minutes avant que la police ne débarque ou que le commerçant d’à côté vienne me faire déguerpir. S’en aller encore, la tête basse, pour éviter le regard des passants et puis aller m’assoir sur un bout de carton et tendre la main en ravalant mon orgueil et ma fierté. Ne pas prêter attention aux insultes, à la méchanceté que certains vous crachent en pleine figure. Au début, j’en pleurais mais maintenant je m’y suis habitué, je n’ai pas eu le choix… C’était ça ou crevé.



lundi 23 mars 2009

BONJOUR-CA-VA

Le supermarché est l’endroit idéal où il faut se trouver pour entendre des perles, des conversations qui vous font penser que vous avez mis le nez dehors le jour où une averse de bêtise s’est mise à tomber du ciel…

Pas une seule goutte de pluie depuis lundi dernier, ciel bleu dégagé, donc la sottise et les comportements associés devaient être absents et bien non ! Quelquefois, je me demande si je suis la seule à être choquée ou offusquée...

Arrivée devant le tapis où je pose toujours avec précaution mes achats surtout les fruits et les légumes (au prix où ça coûte), la caissière avait la mine défaite, l’air perdu, les yeux rouges et gonflés, prenant machinalement les articles qui passaient devant elle. Chaque geste semblait lui demander un effort insurmontable, elle se mordait ses lèvres qui étaient déjà striées de petites griffures de coups de dent. Pâle comme un linge, elle ne tentait plus de dissimuler toute sa peine qui s’affichait au grand jour sur son visage. Elle s’est interrompue deux secondes le temps qu’une collègue vienne lui dire bonjour.
Comme surprise dans sa tristesse, elle a esquissé un semblant de sourire. Celle qui venait d’arriver lui a affligé une (pseudo) bise du bout des lèvres, à cause se son maquillage, suivie de la question immuable « ça va ?». Ma caissière a baissé les yeux, elle luttait pour ne pas pleurer, plantant ses doigts dans sa paume comme pour faire fuir les sanglots qui lui montaient dans la gorge. Elle n’a pas eu le temps de d’ouvrir la bouche que l’autre planquée derrière son dos entamait un monologue.

Et oui, après lui avoir balancé sa formule de politesse à part entière, elle n’a pas attendu de réponse ni daigné s’inquiéter de voir sa collègue dans un tel état. Je suis certaine que si ma caissière avait lui répondu « non, je suis mourante », elle ne l’aurait pas écouté et se serait mise à raconter le film qu’elle avait regardé la veille au soir à la télé ou le fait que son grand de 10 ans soit encore revenu avec des poux de l’école ….

Ca n’a pas raté, elle s’est plainte de devoir bosser jusqu’à 19h00 alors que le soir même elle avait sa sœur, son beau-frère et leurs enfants à dîner et qu’elle ne savait toujours pas quoi préparer à tout ce petit monde.

Quand ma caissière a levé les yeux pour m’annoncer le montant, je voulais la réconforter, lui dire « Tenez bon, ce n’est pas parce qu’une personne prétend vous poser la question de savoir comment vous allez sans attendre de réponse, que tout le monde est pareil. »

J’étais triste, triste pour ma caissière, triste qu’on utilise à tour de bras des soi disant questions qui n’en sont pas ….

vendredi 20 mars 2009

LA PARADE AGUICHEUSE

C’est étrange comment le soleil change les comportements, les modifie. Il y a un phénomène particulièrement remarquable qui se produit chaque année et que l’on peut observer, pardon, surtout entendre.

Et, j’ai constaté que cette métamorphose affecte surtout, non pas les femmes, mais les hommes. Non pas qu’ils se muent en papillon mais certains d’entre eux, je ne sais pas pourquoi, montent très fort le son de leur musique dès qu’ils sont au volant de leur voiture. Est-ce pour faire connaître leurs goûts musicaux aux passants ou est-ce une parade aguicheuse spécifique à l’homme ?

Ils peuvent être rassurés, on entend bien, mais vraiment très bien le boucan des basses et des amplis! Pire, on en prend plein les oreilles avec leurs multiples enceintes qui transforment leur voiture en discothèque roulante.

Quelle cacophonie ! Et généralement, pour être certains qu’on ne puisse pas se méprendre sur ce qu’ils écoutent, ils ouvrent en grand leurs fenêtres, au cas où l’on soit complètement sourd… Je n’ose pas imaginer la tonalité de leur voix quand ils adressent la parole. Au moment où le premier son sort de leur bouche, ça doit vous décoiffer comme s’il y avait 20 sèche-cheveux branchés en même temps !

Cette après-midi, j’ai eu le droit à un nostalgique des années 80 qui écoutait, attention, accrochez-vous bien, « Boy’s, boy’s » de Samantha Fox! Vous vous souvenez d’elle ? Une blonde qu’on un aurait pu croire sortie de la série « Alerte à Malibu » et qui avait compris que pour vendre, il fallait savoir mettre en valeur ses charmes. En ce qui la concerne, c’était sa généreuse poitrine qu’elle exhibait, qu’elle secouait sans aucune retenue dans ses clips. D’ailleurs, je pense que la plupart d’entre nous n’ont gardé d’elle que cette image à défaut de la qualité de ses cordes vocales…

Encore secouée, à peine remise du choc auditif, une autre voiture a embrayé sur du je-ne-sais-pas-quoi, un « boum-boum » incessant, je n’ai pu malheureusement pour moi qu’entendre cette partie répétitive de la chanson (ou alors peut-être que c’était pareil tour le long de la chanson ?).
Ah mon pauvre crâne…


Je me suis vite dépêchée de rentrer dans le magasin pour entendre avec joie, pour une fois, la si délicieuse musique d’ambiance des supermarchés interrompue par les promos du moment….

Demain, je ne sortirai qu'avec mes boules Quies bien enfoncées dans mes oreilles !

mercredi 18 mars 2009

VENI VIDI ET JE DIS DES CONNERIES...

Dans la connerie, le Pape continue et persévère !

Veut-il tenter de battre le record de stupidités déblatérées ou veut-il graver à jamais nos mémoires d’un pape laudateur et fervent adepte du Beati pauperes spiritu (traduction bienheureux les pauvres d’esprit) ou se faire promulguer le titre (peu honorifique) de stultus ?

Les Hommes de foi sont présumés, je l’espérais, prononcer des discours reflétant un minimum d’intelligence, ou de pensées mûrement réfléchies. Eh bien non, pas lui !
Benoît XVI, apparemment, ne doit pas savoir grand’chose sur le SIDA, le pauvre ! Soit les médecins du Vatican sont toujours à prodiguer des saignées (pratique datant de l’antiquité) et des purges pour guérir de tous les maux ou alors toutes les lectures ayant un rapport avec le sexe sont censurées, bannies ainsi que les études scientifiques mises à jour depuis le moyen-âge.

Il faudrait penser à faire une quête pour lui offrir une encyclopédie jeunesse sur l’éducation sexuelle des enfants de 10 ans (allons-y doucement pour ne pas le brusquer...)

Sait-il que ces derniers sont sensibilisés au fléau du SIDA dès le collège? Et qu’on leur parle même du préservatif dans les écoles privées …

Se rendre en Afrique, pourquoi pas? Voyage de courtoisie, de diplomatie ... Envie de sortir un peu du Saint Siège, de son petit royaume féérique où « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »et surtout exempt d’un quelconque pêché (en particulier celui de la chair tentatrice …) et zou une p’tite ballade sous bonne escorte.

A la rigueur… mais proclamer tout haut, tout fort et sans aucune honte ou gêne (mais avec foi …) « On ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs. Au contraire (leur) utilisation aggrave le problème », là je suis plus qu’horrifiée !

De quel droit décide t-il de la vie de millions de personnes ?

Ah oui ! Parce qu’il est le fils spirituel d’un père qui trône tout là haut. Et bien, Monsieur, sachez que vous avez raté l’éducation de votre fiston : aucune ouverture d’esprit, bien pire, il cultive un goût médiocre irréfréné d’étroitesse et développe des idées étriquées qu’il expose ouvertement.

Alors, ne croyez-vous pas qu’il devrait revoir sa copie ?

mardi 17 mars 2009

Jean-Louis FOURNIER "Où on va, papa ?"

Certains m’avertissent que j’utilise, trop à leur goût, la dérision comme si c’était un danger ou pire comme si c’était formellement interdit. Ah mince, y aurait-t-il eu un nouveau décret ou une loi de votée instituant l’humour comme acte répréhensible ?

D’autres poussent plus loin le bouchon en me disant que mon ton frôle une ironie désinvolte et insolente… Alors, là, je rigole, je m’esclaffe, et il y a de quoi. Que ces gens prennent le temps de lire Jean-Louis Fournier et en particulier « Où on va, Papa ? ». A mon avis, ils ne liront que 2 ou 3 pages, refermeront violemment le livre et iront crier, s’indigner que c’est honteux, immoral, scandaleux.

Allons bon, pourquoi devrait-on toujours employer un ton grave, mélodramatique pour parler justement de sujets sensibles, délicats ? Faut-il faire dans le larmoyant, le misérabilisme ? Non, je ne crois pas, pour preuve…

Moi, visage pâle, très pâle, pourtant je ne suis pas enfermée dans un bureau ou dans une usine, je ne travaille pas, j’ai un jardin et j’ai tout mon temps …. De plus, qui peut se vanter d’avoir des journées sans contraintes horaires, de se lever n’importe à quelle l’heure et de jouir d’une une totale liberté ? Moi, et encore moi … On pourrait m’envier. Je vais faire des jaloux.

« Moins on en fait et plus on est fatigué »… je dois vraiment pas en faire lourd !

Certains jours, je tangue, je chaloupe … Bizarrement, le sol semble s’éloigner dès je que je veux y poser un pied. Pourtant je ne bois pas d’alcool….Qu’est ce qui est à consommer avec modération l’eau ou le thé?


Caféine, vitamine C, magnésium, guronsan… j’ai encore dormi comme un bébé cette après-midi bercée par le ronron des tondeuses. Où est l’effet coup de fouet ? Cherchez l’erreur …

Déjà entendu « tu es en vacances toute l’année ». Il y a un problème, je n’ai pas toujours pas reçu mes billets de voyage depuis 5 ans.

Dans la rue, on m’a balancé au visage que j'étais une fausse handicapée c’est bizarre, j’ai cherché au recto de ma carte d’invalidité, je n’ai pas trouvé de mention vrai ou faux…

Question stupide ? Où se trouve la frontière entre l'ironie , le cynisme et l'auto-dérision...

vendredi 13 mars 2009

ICI, OEIL DE FAUCON.STOP.

Deux jours d’affilé, trop c’est trop ! Depuis hier, un groupe d’une douzaine de personne, plan de Brest à la main, opèrent dans le quartier. En début de journée, tous se mettent près du plus âgé (sûrement le chef) et écoutent d’un air de bon élève ses indications montrées par des levers de bras vers la gauche ou la droite pour désigner les rues avoisinantes.

Intriguée, j’ai cru à un déplacement massif du personnel de la municipalité car ces messieurs-dames sont bien habillés, non pas en jean mais en costard couleur bleue marine ou grise, jupe pour les femmes et cravate pour les hommes. Tous ont un gros cartable ou une épaisse mallette… Aux premiers abords, je me suis imaginée qu’ils devaient trimbaler avec eux le dossier d’aménagement de la voierie. Et oui, comme les travaux ne sont pas encore finis (d’ailleurs, on commence à se demander si un jour ils le sauront depuis le temps !), ils devaient effectuer un point de (non) avancement.

Donc hier matin, je promenais mes deux pollux quand je vois Michel (notre voisin) derrière son portail. Arrêt et papote, et soudain j’aperçois deux des messieurs sortir d’une rue pour aller sonner à ma porte.
-Eh, Michel, c’est la mairie qui m’envoie ses représentants pour savoir si je suis contente des quatre minuscules et misérables arbustes qu’ils ont planté sous mes fenêtres en guise de parterre fleuri ! Je te laisse…


Je traverse la chaussée, sourire aux lèvres, toute contente que l’on me demande mon avis pour une fois. Je me tiens droite, je respire, je rentre mon petit ventre pour apparaître, tant qu’à faire, sous mon meilleur jour :

-Bonjour, je suis Madame Cambry, j’habite ici !
-Bonjour, nous sommes là pour porter la bonne nouvelle,
me répond un des deux messieurs avec un sourire jusqu’aux oreilles.


Ah bon, je me suis plantée… c’est du racolage sectaire !

Ils n’ont pas l’air méchant, pire ils donnent l’impression d’être inoffensifs avec leur rictus qui respire la béatitude, la gentillesse, une quiétude qui frôle la niaiserie … de vrais anges descendus du ciel !

Des proxénètes d’un monde meilleur annonçant la venue sur terre d’un messie déguisé en gourou pour sauver le monde, des groupes de prières pour sauver ma pauvre âme, me repentir puis prêcher à mon tour leurs doctrines assaisonnées d’un zest de théologie, d’un peu de social et de beaucoup de chimères et d’utopies. … le tout remanié et épicé d’un peu de poudre aux yeux pour nous convaincre de leur bonne foi.

Poliment, je leur ai répondu que je n’étais pas intéressée. Dommage, que je ne connaisse pas le morse ou le langage des sioux pour transcrire à Michel :
-Allo, ici, œil de faucon. Stop. Racolage au début de la rue. Stop. Epervier, vous avez compris. Stop.


Et l’après-midi, qui je croise de retour, deux autres personnes de leur Club ! Allez, je change de trottoir, je les mitraille d’un regard noir, la tête haute avant de me précipiter à ouvrir ma porte. Planquée derrière mon interphone, je retiens ma respiration (pour ne pas que l’on m’entende) et je visionne la rue, ils ont fait demi-tour. Zut, ils m’ont repéré ? Ah non, ils continuent leur chemin…

Ils doivent avoir des quotas ou un nombre minimal d’inscription de nouvelles recrues car ils ont encore là aujourd’hui…

Pour ne pas être dérangée, je vais aller scotcher sur ma porte un papier où j’aurai écrit :
« Je suis pour le don d’organes, je n’ai pas d’argent, je donne mon sang, je n’achète pas de tapis à cause des allergies aux acariens, je ne mange pas de plats surgelés, alors passez votre chemin ! »

jeudi 12 mars 2009

A QUAND LA CARTE DE FIDELITE ?

Messieurs les Directeurs des laboratoires pharmaceutiques,
Vous n’êtes sans doute pas à savoir que bon nombre d’enseignes de supermarché ou de vêtements proposent à leurs bons clients des cartes de fidélité (loin de moi, l’idée de penser que n’êtes pas au courant de ce genre de pratiques commerciales ou que vous êtes tout simplement ignares).


Il y a encore quelque mois, je pouvais admirer des pots débordant de stylos et de crayons ainsi que des piles vertigineuses de carnets, post-it estampillés de vos logos sur le bureau des médecins. Etait ce que la partie visible de l’iceberg ou l’arbre qui cachait la forêt ? Derrière ces menus présents, il y avait peut-être des voyages ou une caisse de bons vins pour le médecin qui avait obtenu le high score de prescription de tel médicament…. Je ne vous accuse pas de pots de vin (encore que) car comme chacun le sait les laboratoires pharmaceutiques sont d’une clarté exemplaire.
Votre crédo est avant tout de soigner les patients par vos molécules (même si c’est à perte, non ?), votre bonté me touche, m’émeut profondément. Mais avez-vous pensé à nous, pauvres consommateurs, qui ingurgitons au bout de cette chaîne (non alimentaire) tous vos médicaments ?


En tant que cliente dévouée et loyale (si, si, je vous assure, je n’ai jamais passé une seule journée sans avaler vos produits), je me demandais pourquoi nous n’aurions pas le droit à des privilèges.

Eh oui, une carte créditée de points à chaque renouvellement de traitement à la pharmacie ou alors qui permet de bénéficier d’offres spéciales comme « pour 2 boîtes consommées par mois, un superbe sac de voyage vous est offert ».

En effet, je dois vous avouer quelque chose qui me chiffonne, voilà, quand on part une semaine en vacances, je suis obligée de trimbaler un très gros (et surtout très moche) sac où s’entassent en pagaille toutes les boîtes et flacons. C’est pourquoi une jolie valisette avec de très bonnes coutures serait idéale (et tant qu’à faire en cuir avec possibilité de choisir la couleur). Un conseil, pensez à mettre le logo à l’intérieur pour qu’on ne vous accuse pas de publicité…ce serait dommage.

Et j’en viens à la carte qui permettrait de décrocher le tout nouveau super robot ménager ou alors des voyages pour club select des très bons clients (dont je fais partie ). Cette carte que je ne manquerais surtout pas de présenter à ma pharmacienne à chacun de mes passages.

-Oh, Mme Cambry, grâce à la promotion ce mois-ci du laboratoire, vous obtenez 300 points bonus supplémentaires !
-Mais, dîtes moi, il me manque beaucoup de points pour le voyage dont je rêve tant…
-Lequel car il y en a plusieurs.
-Il est en page 7 de la brochure. Regardez, c’est écrit « voyage en autocar climatisé au départ de Brest pour trois jours de rêve à Strasbourg. Hôtel deux étoiles, chambre double, pension complète … ». Et en plus, il y a des visites touristiques de prévues… Un vrai voyage de luxe !
-Je viens de consulter votre carte. Encore 7 mois de traitements, et vous pourrez bénéficier du voyage !
-Oh, c’est formidable…Qu’est ce qu’ils sont généreux !


Vous vous rendez compte des effets que vous obtiendrez ainsi : béatitude et reconnaissance des clients, mérite et honneur pour votre bienfaisance… bref, vous pourriez même prétendre à une médaille quelconque !

Clara Cambry

PS : serait-il possible de rattraper sous forme de chèques cadeaux les points de mes années précédentes où je n’ai pu bénéficier d’aucune largesse de votre part ?! Ci-joint, pour preuve, tous mes duplicatas d’ordonnance depuis 8 ans.

mardi 10 mars 2009

QUI VEUT FAIRE DES GLOUGLOUS DANS LA RADE ?

Je pourrais vous dire que j’ai l’impression d’être passée sous un bull (c’est vrai que dans ce cas, je serais plate comme un crêpe) ou encore d’avoir participé à stage hyper-intensif pour intégrer un commando de malabars…

Je pourrais vous indiquer qu’une armée de soldats a envahi mon cerveau et qu’elle martèle vigoureusement à coups de bottes sur une cadence militaire ô combien régulière mon pauvre petit crâne …

Je pourrais vous certifier que hier fut encore une journée désastreuse durant laquelle je me suis traînée péniblement de mon lit au salon et vice versa avec un taux de productivité proche de zéro…

Je pourrais me plaindre, geindre, pester contre tout et rien, maugréer entre mes dents des jurons grossiers (tous bas de peur d’être entendu), crier des insultes à pleins poumons dans mon jardin (aïe, mes voisins risqueraient de me regarder froidement et ma réputation serait entachée à tout jamais) , ou me lancer dans une litanie de jérémiades sans fin …

Et puis, je pourrais rajouter que Fifille Ado a fait la tronche toute la semaine passée, du matin au soir, ne nous faisant l’honneur de sa charmante présence que pour manger. Les questions avaient droit à de très brèves réponses « oui » ou « non », car Fifille Ado s’étant plongée dans un mutisme digne d’une nonne. Je me suis même posée la question de savoir si elle avait fait vœu de silence … Oh, se préparait -elle à rentrer dans les ordres, et si oui, dans quelle congrégation ? Ah non, le silence était rompu dès qu’elle était au téléphone avec ses copines…

Du boudin ! J’aurais pu en vendre tous les jours, du frais et de qualité à tout le quartier, en offrir 2 kilos pour un kilo acheté, ce qui n’aurait pas suffi à écouler tout le stock qu’elle avait produit…Quel gâchis !

Mais non, car il y a plus intéressant à savoir tous les trésors d’imagination et d’ingéniosité que j’ai du déployer dimanche pour vendre au vide-greniers. Eh oui, car la crise est bien présente, les gens sont frileux et réfléchissent à deux fois avant de sortir un ou deux euros.

Pour appâter le chaland, j’ai eu recours aux bonnes vieilles techniques commerciales déjà testées, lancer à la cantonade :
- Messieurs-Dames, les bonne affaires c’est ici et maintenant sur ce stand ! Des soldes sur des prix déjà remisés et au rabais !
Ou

-C’est la crise pour tout le monde, oui je sais ! Mais participez à l’effort de relance de la croissance en nous achetant quelque chose.

Mais pour vendre, j’ai une méthode imparable ... attirer l’attention d’un acheteur potentiel qui déambule dans les allées en lui racontant un petit film où il est l’acteur principal.
Observer les détails, s’il n’est pas accompagné de sa femme ou de ses enfants (ou de toute de sa famille), porte-t-il une alliance, allure sportive ou non. Toutes les informations sont très importantes pour le scénario qui suivra ….

-Vous Monsieur !

L’homme seul, vérifie d'un coup d'œil circulaire pour voir si c’est bien à lui que je m’adresse. Etonné, il se demande ce que je peux lui vouloir.
Et là, je ne suis laisse pas le temps de se poser trop de questions.

-Oui, vous, Monsieur. Je sens qu’aujourd’hui vous avez envie de surprendre votre épouse. Et oui, le temps passe, la routine… et Madame se sent un peu délaissée. Je sais ce que c’est et je ne vous blâme pas, loin de là, alors imaginez-vous ce soir … Madame est dans son bain, vous arrivez, vous tamisez la lumière, vous allez lui servir une coupe de champagne en lui murmurant des mots tendres à l’oreille.

Ce dernier flatté d’être compris, écoute attentivement, ses yeux brillent à l’idée de cette soirée…

- Mais il vous manque quelque chose pour parfaire ce décor idyllique.
Surpris, sorti de son rêve, il veut savoir.

-Et j’ai ce qu’il vous faut… des bâtons d’encens pour parfumer d’une notre agréable et suave l’ambiance. C’est la touche finale, monsieur… Eh oui !

Et comment vendre des maquettes du Foch et du Clémenceau faites il y a plus de 20 ans par mon mari lorsqu’il n’était qu’un ado boutonneux ?

En déclamant :
-Regardez-bien, nous vous vendons le Foch et le Clémenceau ! Vous ne rêvez pas ! Oui, je parle bien de notre Clémenceau , notre fierté locale. .. Vous téléphonez illico presto aux journaux, à la télé en leur annonçant que le Clem est de retour dans sa rade natale et attention, sans amiante ! Demain, sous les flashs et sous l’œil des caméras, avec l’admiration de nous concitoyens Brestois, vous le mettez à l’eau et vous devenez la personne, oui j’insiste bien sur le mot, la personne, qui aura ramené le Clémenceau à bon port !

Faire naître des passions soudaines, des vocations jusqu’alors cachées pour vendre des pelotes de laine ou une combinaison de plongée….Donner l’envie, faire jaillir le besoin, décrire le plaisir !

Vendre est un tout un art, qui paraitrait-il, je possèderai. Triple zut, j’ai raté ma carrière…

samedi 7 mars 2009

MOI, J'ACHETE CLARA CONTRE....

Tout le monde a été occupé, et moi aussi, donc je n’ai pas eu le temps de quoi que ce soit …
Les votes sont reportés jusqu’à lundi. Et oui, deux jours de plus de réflexion car demain, je vais jouer à la marchande.


Non ?

Si…

Pas à la marchande comme quand j’étais petite et où l’on mélangeait des feuilles avec de l’eau, puis qu’on versait l’infâme breuvage dans une assiette de dinette et que l’on vendait sous le nom alléchant de soupe contre quelques fausses pièces dessinées et découpées aux ciseaux dans du papier.

A la vraie marchande, pas dans un magasin ou à la boulangerie, ni sur un marché ou à la sauvette mais à un vide-greniers. Et je salive d’avance ! Je suis toute gaie, toute contente … Vivement demain !

Tout ce qui est à vendre est déjà préparé (merci belle-maman), empaqueté ou mis dans des cartons. Il ne me reste plus qu’à prendre de vieux draps pour dresser toute notre marchandise diverse et très variée qui va des vieux 33 tours aux bibelots dépassés (à mon goût), en passant par un lecteur DVD … Tout ce qui ne sert plus à rien demain sera sur l’étal. Oups, j’espère que ma tribu ne compte pas me mettre en vente. Ohoh… à combien je serais estimée ? Un voire deux chameaux. Mais non, pas contre des chameaux, quelle serait utilité d’en avoir ? Ah si, comme moyen de locomotion, bon pas très rapide il faut le dire mais très facile à garer, et économique de surcroît (intéressant par les temps qui courent)…

Mais heureusement, toute la tribu ne pourra pas voyager sur un seul chameau, ouf, je suis sauvée ! Je ne serais pas mise en vente ni aux enchères ni à la bougie….

vendredi 6 mars 2009

CE SOIR, JE SERAI LA PLUS BELLE....

Oh lala, quelle journée, pire quelle semaine ! Si je totalise et que je fais mes comptes, j’ai passé plus de temps dans mon lit que dans un autre endroit. Eh bien, en tout cas, crise ou pas crise, les marchands de matelas peuvent compter sur moi en tant que fidèle cliente. Tiens, je devrais demander à être testeuse de literie ! Ah, une bonne idée. Voilà un travail qui est dans mes possibilités mais attention pas n’importe quels matelas ! Les top- supers, les hauts de gamme qui (soi-disant) vous garantissent un sommeil de qualité, qui vous promettent des nuits de belle au bois dormant… Dormir et être payer pour … un métier pas trop fatiguant et lucratif, par contre je ne suis pas sûre que ça existe, zut !Mais quand on dort et qu’on est réveillé à 4h30 du matin par les deux pollux qui aboient tant que tant au salon, c’est le cauchemar ! Alors, je demande gentiment aux couples de mon quartier de faire leurs scènes de ménage chez eux, comme tout le monde quand on est bien élevé. Et non pas de venir s’engueuler sous mes fenêtres en pleine nuit, il ne faut pas quand même pas exagérer!

Et ils se disputaient, criaient, s’insultaient, se balançaient à la figure des reproches.La femme pleurait, hoquetait entre de longs sanglots et l’homme continuait à l’assener de questions. Mais, pour qu’ils arrivent à me faire sortir de mon espace intersidéral, c'est-à-dire l’état dans lequel me plongent mes chers neuroleptiques et mes somnifères, le niveau de décibels délivré par leurs cordes vocales était très élevé.

Réveillée, énervée, je pestais … et mes gambettes qui refusaient de bouger et de me porter. Triple zut! J’ai finalement réussi à me rendormir toujours en maugréant…

Et ce matin, j’ai été me faire chouchouter chez le coiffeur. Au début, c’est toujours agréable, c’est vrai, on vous complimente soit sur la nature de vos cheveux qu’ils soient épais, fins, raides ou bouclés ou sur leur sublime couleur naturelle…De la flatterie purement commerciale mais je prends quand même. Une heure après, je déchantais, la tête recouverte d’une choucroute de papier pour obtenir « un joli éclat avec des nuances » dixit le coiffeur, je n’en pouvais plus. J’ai dû prendre mon mal en patience et attendre … je n’allais quand même pas m’enfuir avec mon turban de film alimentaire sur la tête. Au final, je suis restée 2h00 à supporter la musique, les néons, les allers-retours entre le bac à shampoing et ma place.

Rentrée à la maison, je me suis précipitée au lit exténuée, sur les rotules, kaput pour le restant de la journée. Mon fabuleux brushing aura seulement survécu le temps que je prenne le bus … Parce que j’ai beau regarder, observer attentivement comment on me coiffe, bizarrement, je n’arrive jamais à reproduire la même chose à la maison.

A rajouter dans la liste de ce que je n’aime pas mais alors vraiment pas : allez chez le coiffeur…

mercredi 4 mars 2009

LE PANIER GARNI

La fibro, c'est comme un gros panier garni avec plein de surprises .. comme à la loterie !
Pourquoi ? Explications….

Au lieu d’un saucisson dans le panier garni, vous avez gagné, ô joie, la fatigue, le sommeil non réparateur... des nuits de 10h00 ou de 5h00 et toujours cette sensation d'être crevée, d’être sur les rotules en permanence.

Du coup, vous n’avancez à rien, les bas à linge débordent, le ménage s’accumule. Pire, vous nagez à contre-courant, vous ramez à l’envers…que du bonheur !

Soit, le marchand de sable est devenu un gros fainéant et à son dernier passage, il vous a vidé son sac entier sur la tête…Ou alors la réincarnation existe, et vous êtes en train de devenir une marmotte. Peu probable car avec l’arrivée des beaux jours de la semaine dernière, vous auriez dû réveiller et ça n’a pas été le cas.

Et là, vous vous demandez s’il faut vous mettre en continu sous perfusion de caféine et de vitamines C ou alors boire non pas une mais plusieurs boissons super-mega- énergisantes.

La seconde surprise n’est pas un bon d’achat mais le médecin spécialiste vers lequel on vous adresse dans le cas où votre généraliste soupçonne une fibro. Notez bien les réactions du spécialiste quand vous lui direz le diagnostic évoqué par votre généraliste.

Plusieurs cas de figure se présentent (eh oui, c'est comme en maths):

- Soit il hoche la tête, vous regarde comme si vous étiez E.T. et d’un air chafouin, il vous adresse un sourire moqueur. S’il soupire, vous avez le droit au laïus que vos douleurs sont dans votre tête (pourquoi toujours dans la tête et pas dans les pieds ?)
S’il se met à jouer avec son crayon, il va vous parler de son copain qui est psychiatre, non pas qu’il le consulte, mais parce qu’ils jouent ensemble au golf chaque week-end. Il va gentiment vous noter son numéro de téléphone qu’il connait par cœur sur un post-it ou comme ce sont des grands copains, il va l’appeler, devant vous. Ce qui est particulièrement gênant car d’abord il se retourne dans son grand siège pivotant, donc vous ne pouvez pas voir son visage et ensuite très impoli de sa part.
Et puis qu’on parle de vous entre une partie de golf et une invitation à dîner chez l’un ou l’autre, vous avez l’impression d’être le pot de fleurs qui fait déco. Enfin, quand vous entendez votre nom murmuré, vous retenez votre souffle pour ne pas perdre une miette de ce qu’il dit car, bizarrement, le médecin s’est mis à chuchoter. Et croyez-moi, même avec une très bonne ouïe, c’est très difficile de comprendre ces messes basses entre deux gloussements. Car eh oui, les rires moqueurs sont pour vous… Quand il aura terminé de votre cas au téléphone, sa voix reprendra un niveau sonore audible. Vous repartirez donc avec une basse estime de vous-même, un numéro de psy et votre fierté sous votre mouchoir au fond de votre proche….


-Soit vous avez d’emblée droit à la phrase "Mais madame, tout le monde est fibromyalgique c'est le diagnostic à la mode ! ".
Vous tombez des nues car vous ignorez qu’il existe des maladies fashion, tendance, in. Quelle inculte êtes-vous à ses yeux ? Surtout si vous restez la bouche bée prête à gober des mouches et les yeux ronds comme des ballons de foot. Le médecin fier de sa phrase choc et de son effet théâtral se lèvera de son siège et se lancera dans une tirade en faisant de grands gestes. Vous, toute petite, vous l’écoutez et vous vous jure de vous abonner à tous les magazines people et mode car si c’était votre lecture, au moins vous auriez eu l’air moins bête.
« Et oui, ma chère madame, vous n’ignorez pas que chaque siècle a eu sa maladie phare soit célèbre par ceux qui l’ont lancée soit par ses retombées auprès du grand public.»
Vous êtes complètement à côté de la plaque, une vraie ignare ! Le médecin poursuit inlassablement son monologue s’adresse désormais à un parterre de spectateurs invisible.
Là, vous constatez que ce médecin a raté sa vocation d’acteur et a fait fac de Médecine pour faire plaisir à papa et à maman. Il ne vous reste qu’une seule solution filer le plus discrètement possible en laissant le médecin poursuivre son couplet…


-Soit vous avez de la chance (c'est ce que je vous souhaite de tout cœur!) et le médecin vous écoutera, il vous parlera des antalgiques et des traitements généralement proposés aux fibromyalgiques.
Sauvée ! Enfin un médecin qui vous écoute, qui vous prend au sérieux, qui vous comprend, qui n’a pas l’air embarrassé ou gêné comme un élève pris en flagrant délit de copie sur son voisin…
Un médecin humain qui ne vous traite pas de névrosée ou d’autres termes encore plus barbares, un médecin qui vous pose des questions, qui ne vous coupe pas la parole pour vous expliquer en long, en large que lui seul détient la science infuse.
Un médecin compréhensif qui vous rassure, qui ne vous traite pas de tire au flanc…
Vous vous sentez en confiance, réconfortée de n’être pas traitée de dingue et enfin vous êtes soulagée de savoir que vous n’en êtes pas une !

mardi 3 mars 2009

LA LOI DES SERIES ( ou LA POUASSE!!!)

Etat de crise, d’urgence !

C’est pas vrai ! Il ne manquait plus que ça… oh non. Je crois, enfin j’en suis presque certaine, que mon lave –vaisselle vient de rendre l’âme, quel lâche ! Non seulement, il n’a pas bien lavé ( … pas consciencieux ) mais en plus, il est rempli d’une eau nauséabonde de couleur indéfinissable. Gros beurk !

Je peste car quand un de ces fabuleux appareils électroménager se déglingue, généralement, un des autres soit le lave-linge ou le sèche-linge en fait de même. Ah tiens, la loi des séries s’appliquerait-elle aussi à nos chères machines ?

Je vais devoir tout laver de mes petites mimines … quelle joie ! Et ce avant que toute la tribu ne rentre. Au moins, s’il avait pu attendre demain ça m’aurait arrangé. Et oui, le mercredi, il y a plus de bras (et donc forcément de mains) à la maison…
Bon allez, je m’y mets avec la musique pour me donner du courage.

Et je frotte, et je prends l’éponge comme micro ! Et je chante toujours aussi mal et aussi faux.

De toute façon, il pleut alors je peux continuer mes vocalises...

lundi 2 mars 2009

LA RAVISSEUSE SE NOMME CLARA

Dois- je mettre mon linge à sécher dehors ? Voilà, la question métaphysique de la journée…

A vrai dire, je m’en fiche, je n’ai pas envie de scruter le ciel, de guetter les éclaircies ou les averses, comme un soldat qui lui veille à l’arrivée des troupes ennemies. J’ai envie d’aller sur la côte, écouter les clapotis de la mer, apprécier ce silence. Je m’assoirais sur le sable ou près d’un rocher, je fermerais les yeux pour savourer d’autant plus ce calme rythmé par le bruit des vagues et le cri des goélands. Je prendrais du sable dans mes mains pour détailler toutes ces minuscules particules de rocher. Quand on le regarde attentivement, on voit les nuances qui vont d’un gris brillant à un marron doré parsemé d’infimes petites tâches blanches. Rester là, à ne rien faire, seulement à contempler la mer, à être toute ouïe à cette belle symphonie qui vous berce les oreilles.


Ne pas respirer trop fort pour ne pas troubler cette quiétude de peur de la faire fuir, savourer ce plaisir égoïste. Ce serait si reposant…

Sauf que quand on ne conduit plus, c’est un tout petit plus compliqué … c’est vrai. A moins d’avoir des ailes ou de jambes prêtes à faire quelques kilomètres de marche. Je dois me rendre à l’évidence, c’est mal parti… Me voilà coincée !
Ah, si, j’ai une solution, pas très orthodoxe (ou catholique) et un peu farfelue (mais seulement un tout petit peu).


Je m’imagine déjà :

Je prendrai le bus, et je demanderai au chauffeur de faire un tout petit détour pour m’emmener à la rade, la larme à l’œil pour l’apitoyer, le visage triste… , la probabilité qu’il accepte est aussi quasi nulle que je me transforme en fée du logis. Le soudoyer, implorer sa bonne volonté, le supplier les mains jointes en guise de ma bonne foi, me mettre à genoux (ah non quand même), prendre à parti les passagers s’il le faut. Ah voilà, un vote à main levée, demander l‘avis de chacun, et oui, il faut bien respecter la démocratie :

-Qui a envie d’aller faire un tour à la mer ? Regardez ce beau temps ! Vous en mourrez tous d’envie, je le sais. Alors, … personne. Ah Madame, on lève la main, vous êtes partante ?... Ah vous voulez juste savoir si c’est une prise d’otages pour téléphoner à votre fille ? Pour qu’elle regarde le journal de 13h00 et qu’elle enregistre…Désolée Madame, je ne suis ni une terroriste, ni une échappée de prison en cavale. D’accord?… je suis toute seule, super, …Ah, non, Monsieur au fond ? Encore une question, oui, est-ce qu’on sera rentré pour midi pétantes ? Euh,… je ne sais pas. Pourquoi ? Ah, sinon vous allez vous faire encore engueuler par votre femme qui aime que sous soyez à l’heure et qui va penser que vous étiez encore au bistrot à boire un coup…. Je vous comprends Monsieur, je suis pour la paix dans les ménages, on va se dépêcher. Bon, plus de question, cette fois ? On peut y aller, alors, monsieur le Chauffeur, en route!

Il hochera la tête négativement et me dévisagera comme si j’étais une dingue…

-S’il vous plaît, pour me faire plaisir, et ce soir vous pourrez vous coucher en vous disant que vous avez fait votre bonne action de la journée.

Le chauffeur me regardera et me répondra d’un air méchant:
-J’ai autre chose à foutre !


Ben, quelle grossièreté !

La mine indignée, boudeuse et vexée, je ravalerai mon amour-propre, ma fierté et le peu d’orgueil qu’il me reste après avoir essuyé un revers cinglant.

Retour sur le plancher des vaches, il vaut mieux que j’oublie mon échappée si je ne veux pas faire demain la une des journaux avec un des titre accrocheur comme « Brest : une mère de famille détourne un bus » ou « Prise d’otages : la ravisseuse est une mère au foyer».

Et zut, je vais devoir me contenter de mon jardin…
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