mercredi 30 septembre 2009

Laura ESQUIVEL "CHOCOLAT AMER"

Un livre succulent sur tous les points de vue. Dès les premières pages, on est plongé dans ce Mexique d’une autre époque avec ses coutumes et ses plats. L’histoire est celle d’une jeune fille qui ne peut pas se marier. Selon la tradition familiale, Tita, la cadette, doit rester s’occuper de sa mère autoritaire, Mama Helena, pour le restant de ses jours.

Mama Helena est la représentation type que l’on peut s’imaginer de ces femmes mexicaines au tempérament de feu et qui dirigeaient tout d’une poigne de fer : ferme et famille. Hors, Tita tombe amoureuse.

Une trame de fond déjà exploitée mais la magie de la littérature latino-américaine opère avec ses descriptions oniriques, son emphase et l’on ne sait plus si on est dans la réalité ou le conte, l’imaginaire.

Bercé par les odeurs et les couleurs, on lit avec régal les recettes que Tita nous confie. Sans qu’elle le veuille, tout ce qui résulte de cet amour : la joie, la peine, l’envie charnelle va s’intégrer dans ses plats. Il en résulte un roman drôle, magique et une envie de cuisiner !

mardi 29 septembre 2009

ILS SONT FORTS EN MARKETING ...

Dans la rubrique Marketing, une perle qui vient de me parvenir par mail :

----- Message transféré ----
De : C****** Thermale
c******thermale@gmail.com ( Très fort le nom de l’expéditeur, ils ne se sont pas trop creusés les méninges)
À :
BLOG.CLARAC@YAHOO.FR
Envoyé le : Mardi, 29 Septembre 2009, 13h41mn 43s
Objet : Fibromyalgie & Thermalisme

Bonjour Clara,Bravo pour votre blog que je viens de découvrir !
(C’est ça, vous l’avez lu … Vous me prenez pour une cruche ? J’ai beau être une bille en informatique, je connais quand même les moteurs de recherche)

Je tiens moi aussi un blog (un blog, non ? c’est vrai !), concernant le thermalisme et la santé (plus particulièrement : les maladies chroniques).
(Mensonge, ce n’est pas un blog mais une vitrine commerciale pour les cures thermales)

Voici l'adresse :
http://www.****.****com/Je viens également de vous inviter dans mes amis Facebook (j'ai récemment créé une page sur la chronicité).
(Mais, on n’a pas joué à la marelle ensemble au primaire ou partagé au lycée le même petit copain)

Bien cordialement,C****** Laroche ) - CNETh (Conseil National des Exploitants Thermaux)
(Bizarre, vous avez changé de nom depuis le début de votre mail : un mariage ou un divorce express ?)

lundi 28 septembre 2009

Sylvain ESTIBAL "Le dernier vol de Lancaster"

Agréablement surprise ! Je m’attendais à un livre un peu ennuyeux, longuet et ce fut l’inverse.

Très vite, on est captivé par le journal de Lancaster, les informations de l’époque (1933) et la part imaginaire du roman. Même si l’on sait qu’il ne survivra pas à son dernier vol, on veut espérer et croire à un miracle. Durant huit longues journées, on souffre à côté de lui, on ressent la soif et on pressent la mort qui arrive. Le désert y est superbement décrit et ce monde de sable apparait comme un monde à part, où rien n’est identique.
Ce livre m’a laissé une impression de sérénité et de paix intérieure : on ne peut que se sentir humble devant le désert…

HALLUCINATIONS

Beaucoup d’entre vous pensent être victimes d’hallucinations étranges depuis hier soir. Rassurez-vous, il n’en est rien. Pour la quinzième fois, je change le design général de mon blog. Une envie de l’aérer, de le rendre moins chargé. Alors, je teste les différents modèles proposés sans parvenir à trouver celui qui me ferait sauter de joie au plafond…

Aussi, je lance un SOS désespéré aux pros des blogs : ceux pour qui l’ergonomie et les couleurs sont de la rigolade, ceux qui en deux temps trois mouvements et en quatre clics habiles de souris vous font un tout joli blog.
Si vous voulez faire votre BA de la semaine ou du mois ou même de l’année, c’est par ici que ça se passe. A l’aide !!!!!!

Autrement, grand évènement… J’ai enfin envoyé ma nouvelle pour le concours. Il me reste 15 jours à me ronger les ongles pour connaître les résultats. D’ici là, je me serais attaquée à ceux des pieds vu ma souplesse bien connue de tous, on ne se moque pas s’il vous plaît.

J’ai quand même réussi ce défi personnel alors tant qu’à être fou, soyons le totalement ! Je me lance un autre défi : pas celui d’avaler le plus grand nombre de pots de Nutella en un temps record mais arrêter de fumer. Rien que ça ! Eh oui… Et, vous pouvez dès à présent suivre mon parcours d’une « future ex-fumeuse » sur mon nouveau blog. Je m’accorde un p’tit coup de pub au passage :
http://future-exfumeuse.blogspot.com/

dimanche 27 septembre 2009

JEUNE OU P'TITE JEUNE ?

La question métaphysique du jour ...

Un homme, aux abords de la quarantaine, l'oreille scotchée à son portable qui pose la question suivante :
-C'est une jeune ou une p'tite jeune?

Voilà une question à laquelle il est bien difficile d'y répondre.
Explications...

Quand on est âgé de 15-16 ans ans, les jeunes sont ceux qui ont moins de 22 ans en général. Les vieux ce sont les trentenaires. Le terme "p'tit jeune" n'existant pas dans le langage ado, il est remplacé par petit ou bébé. L'Ado considère que sa longue expérience de la vie lui permet définir quand commence la décrépitude...

Arrivé à 20 ans, on se dit que la vie est belle, et qu’on a tout le temps d’en profiter car on est jeune. A 25 ans, on revoit son jugement et on octroie à la jeunesse quelques années supplémentaires.

30ans, l’insouciance s’est éloignée ou on l’a perdu. On a découvert les responsabilités, le travail et tous les trucs à payer …. On regrette amèrement le temps où l’on vivait chez papa et maman. Car finalement on n’y était pas si mal que ça.
On se scrute dans la glace, à la recherche de la première ride ou du premier cheveu blanc. On n’en a pas ! On est encore jeune ! Les p’tits jeunes sont alors les Ados boutonneux. Ceux qui gloussent bêtement au ciné lors de la scène du baiser ou qui rougissent lorsqu’ils doivent faire la bise à un autre Ado du sexe opposé.

Puis, 40 ans et sa fameuse crise tant redoutée qui paraît-il n’existerait que chez les hommes. Ouf, sauvée… Car d’après une étude scientifique, les femmes sont à leur apogée. N’empêche que l’on se demande comment son cher et tendre va passer ce cap. Pour évite le pire, quand il nous demande s’il a pris du ventre, on répond:
-Mais non mon chéri, ce sont des poignées d’amour… tu le sais bien.
On ne va quand même pas lui dire de but en blanc qu’il ressemble à Omer Simpson avec son tout p’tit ventre (même si on le pense).
On se répète qu’on est jeune d’esprit donc à fortiori jeune tout court.
Les p’tits jeunes, eux, sont à l’aube de la trentaine.

50 ans. On admet que l’on n’est plus tout jeune mais on se rassure car tout le monde commence un jour à vieillir un peu. A 60 ans, on est plus bien plus préoccupé par la retraite que par autre chose. On calcule à combien on aura le droit après des années de dur labeur.

Puis, après, si l’on atteint 70 ans et plus, on considère que le jeune n’a que 10 ans de moins que nous. Le p’tit jeune pouvant avoir 15 ans ou 50 ans…

vendredi 25 septembre 2009

PROCES D'UN PROF

J’ai assisté au procès d’un prof, non pas à la télé mais à une réunion d’école. Un procès qui ressemblait à un lynchage oral sans aucune vergogne, irrespectueux et complètement injustifié.

La prof de seconde de français nous présentait le programme étudié cette année quand une voix agressive s’est élevée du fond de la classe:
-Je voudrais savoir qui choisi les livres que les élèves doivent lire. Est-ce vous ou l’éducation Nationale ?


Surprise par la question, elle a répondu que c’était elle. Que oui, en effet, elle a proposé une liste de livres. Et que chaque élève doit en choisir un et le lire.
Des parents, la bonne manière à la boutonnière et le verbe bien châtié, l’ont accablé d’une salve impétueuse de remarques :
-
Mon fils m’a dit qu’il était choqué par le livre « le liseur »… Je suis d’accord, j’ai interdit à ma fille de le lire… C’est une honte… Et « Balzac et la petite tailleuse chinoise», c’est immoral, les termes employés…

Abasourdie, elle a reculé comme pour se protéger. Le visage figé par cette pléthore d’incriminations et d’attaques injustifiées.

Sur la vingtaine de parents que nous étions, ils étaient sept ou huit à faire le procès de la prof. Je me suis retournée, je les ai regardés en hochant la tête. Je n’ai pas pu réfréner un « c’est n’importe quoi ».

La plaidoirie impitoyable se poursuivait allant jusqu’ à interrompre la prof sans aucune gêne.
Enervée, j’étais sur le point de me lever quand un parent a lâché le morceau :
-Ces livres parlent…. de sexe de façon déplacée ! Des élèves de seconde n’ont pas à lire ça ! Pourtant nous avons l’esprit ouvert, mon mari et moi avons lu le livre et nous avons été scandalisés …


Je ne pouvais pas ne rien dire, trop c’est trop :
-La lecture est avant toute chose une ouverture d’esprit. Chaque élève est à même, d’après ce qu’il a déjà lu, d’argumenter sur les sujets traités dans le livre. Justement, il faut qu’ils lisent des auteurs, des styles différents…


Une mère qui piaffait d’indignation m’a coupé la parole pour réclamer de sa voix stridente, des lectures classiques (… sous-entendus convenables à ces yeux).

Dégoûtée par cette étroitesse d’esprit, j’ai pris soutien pour la prof. Qu’importe qu’ils me traitent sous le manteau d’impie ou d’immorale, je suis bien triste pour eux d’être si peu ouverts.

Atiq RAHIMI "SYNGUE SABOUR" ou Pierre de patience

Un livre dont l’action se déroule dans une seule pièce comme dans un huit-clos. Une pièce dénudée qui s’accorde avec le style très épuré de l’auteur. Une écriture sans fioriture qui m’a subjuguée par sa poésie et par les sujets abordés.

On découvre une femme qui soigne son mari muré dans un silence. Ses journées, elle les passe à prier, soigner, prier encore au rythme de la respiration lancinante de cet homme Dans son rôle d’épouse, elle commence à lui parler de choses et d’autres banales. Plus les journées s’égrènent et plus, elle va lui confier tout ce qu’elle n’a jamais pu lui dire.

A l’opposé de l’image de la femme soumise, elle devient rebelle dans ses propos. Elle crie son indignation face à la condition des femmes en Afghanistan ou ailleurs. Elle interpelle Dieu et Allah sur la religion qui pousse les hommes à se combattre entre eux, à se tuer. Les interdits sont levés, elle parle de l’amour, de sexe, de son mariage forcé, de la religion et des lois dictées par les familles.

Au fil des pages, j’ai entendu et écouté ses prières, sa respiration et je me suis laissée transporter. Un livre bouleversant et envoûtant ….

mercredi 23 septembre 2009

DESSINE-MOI UN BONHOMME

J’ai découvert un peu par hasard le blog et les illustrations d’une auteure de BD et je me suis régalée ! Avec dextérité, elle manie la dérision pour illustrer des sujets d’actualité ou d’autres plus personnels. Et sous son trait de crayon, elle dévoile toute sa sensibilité.

Aussi, j’ai rechigné toute forme d’activité pour passer la plus grande partie de mon après-midi sur son blog.

Pourtant, je n’ai jamais apprécié de lire Tintin ou d’autres classiques de la BD. Peut-être est ce d’avoir arrêté très tôt ma future carrière d’Artiste ? Car en grande section maternelle, je me suis définitivement fâchée avec la peinture et les feutres. Pour la fête des pères, on devait peindre un caillou censé être un joli presse-papiers. Je m’étais appliquée, mais rien n’y faisait : la peinture se distillait, le vert se mélangeait au rouge, le bleu au noir. Au final, mon caillou était d’une espèce de marron foncé et il était le plus laid de toute la classe. Traumatisée à jamais par les arts plastiques, mes bonshommes ont toujours eu plus de gènes de la famille des patates qu’avec un être humain.

Maintenant, grâce à Miss Gally, je suis désormais réconciliée avec la gouache et les crayons. Allez, je vais dessiner un bonhomme…

lundi 21 septembre 2009

HIGHLAND GAMES

Ceux qui croyaient que le lancer de bûche, où l’homme en kilt jette le plus loin possible le tronc d’arbre au son des cornemuses, était un jeu typiquement Ecossais se trompent. Pour preuve, les Highland Games avaient lieu ce week-end, non pas dans une contrée embrumée du côté du Loch Ness, mais à Brest. Et plus précisément dans mon jardin…

Se faire livrer plus de 15 mètres de cube de bois de chauffage est un évènement « quand on habite en ville » (comme dans la chanson). Quand l’énorme tracteur est arrivé, il a fallu bloquer la rue et apposer un joli panneau déviation (que j’avais moi-même réalisé de mes petites mains). Evidemment, on a eu le droit à quelques coups de klaxons. Etait ce à cause de mon panneau qui n’était pas au goût de tout le monde ? Ou alors, effectuer un détour de cinquante mètres était le détonateur de ce mécontentement tonitruant.

Le gros tracteur n’était pas seul : il amenait une gigantesque remorque remplie de bois. Tellement grande que j’en étais bouche bée.

Subitement, je me suis posée un tas de questions comme pourquoi on se chauffe au bois. Pourquoi tous les matins, je dois aller en pyjama chercher des bûches au fond du jardin. Puis, en grelottant, les disposer comme il le faut, pour ne pas risquer de voir tous ses efforts se solder par une misérable fumée grisâtre. Mais quand les flammes tournoient dans le foyer et que le bois crépite, cette tâche, aussi ingrate soit-elle, est récompensée.

Lorsque la remorque a déversé à même le bitume son contenu, tout le quartier a été alerté. J’ai vu une voisine à son balcon qui scrutait le ciel, elle a peut-être crû que ce dernier nous tombait sur la tête…

Tel Astérix, j’ai pris un peu de potion magique : un savant mélange de cortisone et de guronzan. Mais, mon cocktail n’ayant pas été concocté par un Druide, son effet a été quasi nul.

L’urgence était de dégager la chaussée au plus vite et de rendre l’asphalte aux automobilistes. Les hommes ne portaient pas de kilt (à mon grand regret), les brouettes tanguaient sous le poids des bûches, et même mes bras super musclés ont porté quelques morceaux. Trois heures après, je ne voyais plus un seul brin d’herbe de ma pelouse mais que du bois.

Du bois, partout et à perte de vue : des monticules cernés de lacis, des bouts d’écorce arrachés par mégarde à leur tronc, des brindilles éparses ici et là.

Il suffisait de fermer les yeux, de se laisser imprégner par les essences de chêne pour oublier juste un instant qu’on était en ville…

jeudi 17 septembre 2009

BREST- LA HAGUE "Les déferlantes" -Claudie Gallay

C’était la journée idéale pour te parler du livre « les déferlantes » de Claudie Gallay. Mais, pour trouver les mots justes et surtout pour te montrer combien La Hague ressemble à Brest, j’ai voulu retrouver cette ambiance, cette atmosphère.

Ce matin, à l’heure où les gens sont encore confinés chez eux ou alors partis au travail, j’ai su que c’était le bon moment pour aller au port. Pourtant, le vent insidieux s’infiltrait, s’engouffrait dans le moindre espace vide et le ciel n’était qu’une chape grise. Voir le verre à moitié vide ? Non, j’ai préféré le voir à moitié plein. Je suis allée jusqu’au Cours d’Ajot qui surplombe la rade. Ce n’était pas l’heure des promenades ou des conversations échangées sur les bancs. Alors, j’ai apprécié pleinement cette tranquillité où les mots sont superflus, inutiles et où personne n'a envie de parler comme pour ne pas briser ces silences qui en disent long.

C’est une des vues que tu aimes : l’immensité de la mer qui s’étend devant toi et qui donne un sentiment de liberté. J’avais juste enfilé un blouson par-dessus mon vieux pull et relevé mon col. Mes cheveux dansaient devant mes yeux, emportés par le bruit singulier du vent comme une rumeur qui siffle aux oreilles. De là ou j’étais, je ne distinguais que quelques silhouettes empressées. Une par une, j’ai descendu chaque marche pour sentir au plus prêt le goût des embruns. J’ai marché le long des quais, les mains fourrées dans mes poches. Si tu avais été là, j’aurais joint mes doigts aux tiens comme dans un écheveau de laine. Quelques goélands faisaient des allers retours entre le bitume et l’Abeille Bourbon. Quand ils s’y posaient, ils observaient le moindre passage, le moindre changement de leurs yeux vivaces.

J’ai croisé un ou deux gars qui bossent pas loin dans les entrepôts. L’un d’eux avait sorti une cigarette et protégeait, tant bien que mal, la flamme de son briquet de ses mains tavelées par le sel. Ils m’ont fait un salut de la tête. Ce signe que l’on fait même si on ne connait pas mais qui dégage une forme de respect. Je crois que c’était l’étale : des remous blanchâtres et écumeux se brisaient puis se reformaient au gré du vent. C’est à ce moment que je t’aurais dit « La Hague, ça doit être pareil. Ce sont des endroits singuliers mais quand on en tombe amoureux, on ne peut plus s’en passer. » Tu aurais juste souri de m’entendre dire ça alors que souvent, je peste contre ce vent qui réveille mes douleurs.

Je ne sais plus combien de temps je suis restée à penser à tout et à rien. J’ai eu envie d’aller boire un café mais pas dans un de ces bars branchés. Non, dans un bar où les gens au comptoir discutent avec le patron ou lisent le journal. Un endroit où je me serais sentie à l’aise un peu comme à la maison.

Mais, comme je ne pouvais pas partager tout cela avec toi, je suis rentrée. Contrairement au personnage du livre, ce soir, je pourrais tout te décrire : les nuances de couleur, les vols des mouettes et le bruit du vent.

mardi 15 septembre 2009

JUSTE POUR LE PLAISIR

PURE EXTASE...FINISTERIENS

Hier, j’ai pris sur moi pour sortir de mon lit, prendre une douche et m’habiller. Mon ventre n’émettant plus de bruits dignes d’un extra-terrestre, j’en ai conclu que mon désordre intestinal appelé communément gastro, était en phase finale. J’ai regardé à travers la fenêtre et j’ai vu le magnolia qui semblait gesticulé à cause du vent. Vêtue d’un imper et d’un foulard noué autour du cou, je ne pouvais pas attendre davantage.

Pour me donner du courage, j’ai pensé à la joie que j’aurais par la suite . Durant tout le chemin, mon esprit était occupé par cette seule et même idée. Arrivée devant le magasin, j’ai poussé un soupir de contentement et je me suis dépêcher d’y entrer. Sur le comptoir, j’ai vu l’objet que je convoitais.

C’était le dernier, je m’en suis saisi rapidement au cas où une autre main aurait tenté de le prendre avant moi. Je le tenais! Mon visage s’est détendu et affichait un large sourire. Passage à la caisse qui officialisait mon achat et il était à moi ! Revigorée, je me suis hâtée pour rentrer à la maison. A peine arrivée, j’ai jeté mon imper sur le canapé et sorti l’objet précieux de son petit sac. Empressée, j’ai déchiré l’emballage plastique mais en faisant attention tout de même de ne pas l’abîmer.

J’ai déplié la pochette, un sourire béat sur les lèvres. Puis tout a été très vite …

J’ai allumé la chaine, mis le CD et monter le son. Oh l’extase ! Je me suis enivrée de la musique, fermant les yeux, secouant la tête au rythme des chansons. Mais, seuls mes chiens ont eu le droit et le privilège d'assister à mon concert très, très privé qui se tenait dans mon salon. Une cuillère en bois à la main pour me servir de micro, et me voilà à danser, à pousser des cris en guise de chant.

Et oui, hier, nous étions le 14, date de la sortie de l’album de Miossec « Finistériens » et croyez-moi, c’est une petite merveille. Du vrai Miossec sur des musiques concoctées par Yann Tiersen… un album réalisé à quatre mains comme le dit Miossec lui-même. Du pur bonheur !

JULIA LEIGH "AILLEURS"

Un livre poignant par le style épuré, par l'histoire...
L'auteur nous immisce dans les secrets mais surtout dans les douleurs profondes de cette famille. Sans utiliser de palabre pour les descriptions ou une ribambelle surabondante de dialogues, Julia Leigh va au plus profond des afflictions.
Dès le début, on se retrouve piégé et on a plus qu'une seule envie : le terminer.Une lecture qui bouleverse et dont on ne sort pas indemne...

lundi 14 septembre 2009

Travailler jusqu'à en mourir

Lu récemment : « Une employée qui se défenestre en pleine réunion de travail ». Quelques mois plus tôt, un autre titre «un employé qui se suicide à son domicile » et quelques lignes pour expliquer à sa femme et ses gosses qu’ils n’y sont pour rien.

Des gens arrivés au bout du rouleau. A force d’être pressés, encore, plus et toujours. Jusqu’au jour où ils n’ont plus rien à donner, pas même une dernière et minuscule goutte.
A chaque changement de direction, à chaque nouvelle stratégie, on ne leur a pas demandé leur avis. Et si on l’avait fait, qu’auraient-ils pu répondre ? Je n 'en peux plus, je suis arrivé fatigué… trop fatigué.

Ils n’ont pas le droit de se plaindre car combien de fois ils entendent « par les temps qui courent, c’est déjà bien d’avoir un travail ». Et puis, il y a le prêt de la maison à rembourser, la voiture qu’il faudra bientôt changer… Alors, ils ne peuvent pas le dire. Et le dire à qui ?

Ils doivent s’adapter, acquiescer, aller toujours plus loin, repousser les limites. On leur impose plus de résultats, plus de flexibilité et plus de chiffres. Donner plus et pour tout. Nouveaux manageurs, nouvelles méthodes … un peu plus de stress et de pression.

Quand ils passent à l’acte, certains évoquent une fragilité psychologique, un état moral comme si l’Homme était prédestiné à subir, à encaisser de telles tensions. Car « on ne peut mettre fin à ses jours à cause du travail ». Les sociologues parlent de burn-out ou d’épuisement professionnel, de l’entreprise qui ne considère plus la personne comme un individu à part entière.

Des gens comprennent cette situation : des collègues ou d’autres personnes qui bossent dans une autre boîte. Et peut-être qu’eux aussi, ils se demandent combien de temps ils vont pouvoir tenir, une journée, un mois, peut-être un peu moins.

C'étaient juste des personnes qui travaillaient et qui le lendemain sont devenues un nombre dans des statistiques effroyables.

NB : Un message pour le Directeur qui, cette après-midi, se trouvait avec sa nouvelle recrue à la devanture de son agence immobilière. Oui, vous, celui qu’on doit appeler le boss et craindre les sautes d’humeur. Vous étiez vêtu d’un costume, d’une chemise blanche à fines rayures et d’une belle cravate. D’un ton homérique, vous disiez à votre employée :
-Je vais vous expliquer quelques règles de management, parce quand on s’occupe d’une équipe, il faut savoir mettre la pression si on veut des résultats.

C’est moi qui vous ai adressé un regard noir tellement j’ai été choquée par vos propos. Vous m’avez vu mais vous m’avez ignoré, c’est vrai, vous aviez beaucoup plus important à faire : apprendre l’art et la manière de mettre le personnel sous pression…

dimanche 13 septembre 2009

Le dimanche...

Je n’éprouve pas la moindre once de culpabilité en pensant que plus tard mes filles ne pourront pas raconter à leurs enfants les belles journées du dimanche passé en famille…
Quand elles repenseront à la matinée, elles n’auront pas le souvenir d’une mère qui fredonne des airs mélodieux en repassant les chemises de leur père.

Non, elles verront un pyjama polaire, par toute saison, couronné de cheveux hirsutes se trémousser frénétiquement avec un fer à repasser à la main, en poussant des aigues et des trémolos censés être une chanson. Car, le bonheur du dimanche, c’est que la plupart des radios diffuent des tubes des années 80. De la bonne pop qui oblige souvent le pyjama polaire à fouiller au plus profond de ce qui lui reste comme mémoire. Il cherche, s’interroge pour deviner si c’était avant la mode des foulards fluo ou après celle des pulls à manche chauve-souris. Puis, le pyjama polaire grommelle en calculant à voix haute le nombre de chemises qui passent sous son fer dans une année. Il arrive qu’il émette un cri strident de joie accompagné d’un « yes » vainqueur car il n’a pas fait plus de deux de faux-plis.

Elles ne s’attarderont pas sur les déjeuners traditionnels du dimanche. Ceux où l’on garde toute la journée l’odeur de friture, la sensation que dans l’estomac se joue une étrange danse, celle des frites qui tanguent sur la crème pâtissière du gâteau. Oui, le sacro-saint poulet-frites du dimanche midi a des beaux jours devant lui, des jours heureux sans connaître la peur d’atterrir dans un beau plat de porcelaine sur la table dressée de la nappe du dimanche où la belle vaisselle du dimanche est sortie pour l’occasion. Non, c’est chacun pour soi ou plutôt comment chacun se prépare à manger s’il en a envie. Le pyjama polaire est rassuré de savoir que de bonnes pâtes accompagnées d’une tranche de jambon font généralement la joie des estomacs affamés.

Les yeux embués de nostalgie, elles ne pourront pas non plus raconter la promenade digestive à la campagne ou au port. Lorsque le pyjama polaire en a fini de repasser trois chemises, il est déjà fatigué. Il retourne donc dans son lieu de prédilection, à savoir, son lit. Le mari du pyjama polaire va alors se promener seul avec ses enfants et se fait quelquefois courtiser par des femmes qui pensent que c’est un homme libre sur le marché. Qu’elles apprennent d’abord à regarder la main gauche d’un homme car généralement ceux qui sont mariés portent une alliance. Cette indication leur permettra d’éviter tout faux espoir et d’imaginer la future maison débarrassée du pyjama polaire...

Le pyjama polaire peut rester une bonne partie de l’après-midi dans son lit. Quand il émerge enfin, il se rend compte que le dimanche est déjà pratiquement passé. Doté d’un pragmatisme à tout épreuve, il se dira que la journée a été normale, semblable aux autres dimanches…

jeudi 10 septembre 2009

LA BAIE DES COCHONS

C’est terrible, j’aurais dû à cette heure ci ou même avant, avoir un air enjoué et la mine resplendissante de satisfaction, mais surtout ressentir cette sensation d’avoir accompli quelque chose et de l’avoir bien fait. J’aurais même pu me dire « c’est bien, tu t’es pas mal débrouillée » en admirant mon écran d’ordi. Eh bien non ! C’est la cata, pire, la déroute de la baie des Cochons…

Pourtant ce matin, j’avais prévu ma journée et tout était bien orchestré. Première mission : avoir la paix royale. Facile, les filles à l’école, le mari au travail et personne à rentrer pour le déjeuner. Le jeudi, ce n’est pas raviolis, mais presque car les filles déjeunent à la cantine. J’ai suggéré, habilement, à mon mari d’aller faire quelques longueurs : « mon chéri, tu devrais aller à la piscine ce midi, ça te ferait du bien… Oui ? Tu y vas, super !...Je dis super pour toi ». Le tout dit d’un ton mielleux, évidemment.

Voilà, j’avais ma journée à moi et rien que pour moi !

Tout ce petit monde parti, pas une minute à perdre, je me dépêche d’aller acheter mon pain et de faire quelques courses. A peine dix heures et je suis sur les rotules (question d’habitude), j’obtempère et je file au lit. Entre deux bâillements, je feuillette un bouquin sur Brest d’autrefois mais Orphée arrive en moins de dix minutes et je m’endors de fatigue (à ma décharge, j’étais levée depuis cinq heures du matin…).

Au réveil, je m’assois à mon bureau avec ma tasse de café. Motivée, déterminée, j’ouvre le clapet de mon ordi, je lance Word et voilà qu’une belle une belle page vierge apparaît à l’écran. Tout juste si je ne relève pas mes manches, en savourant avec joie par avance, les heures qui vont suivre. Car, oui, enfin, je m’attelle à l’écriture de ma nouvelle pour le concours !

Je me lance, j’écris un mot puis deux qui deviennent des phrases. Je m’arrête, je lis à voix haute les cinq ou six lignes. Rien ! Je ne peux que constater qu’il n’y a rien juste des mots mais qui sonnent faux. J’efface et je recommence par une autre approche mais à chaque fois, je m’empêtre, je m’enlise à vouloir bien faire.

Il me manque la première phrase, la plus importante car c’est elle qui mène le texte. Non, je n’abdique pas, j’y arriverai ! Allez, je vais prendre l’air dans le jardin une fois puis une autre, je reprends un café mais surtout je cherche désespérément l’inspiration qui ne vient pas.

Je décide de faire l’impasse sur mon introduction, sauf que sans entrée en matière, je ne peux pas avancer. Plus de deux heures se sont écoulées et ma page est toujours aussi vide.

Je me sens terriblement seule et impuissante.

Seule certitude, demain sera une autre journée.

mercredi 9 septembre 2009

LETTRE OUVERTE AU PREFET...

Monsieur le Préfet,
Je me permets de vous adresser ce courrier afin de vous faire part de quelques réflexions. Lundi, je me suis rendue à la réunion d’usage, destinée aux parents des enfants de sixième. Comme il faut que l’un des deux parents se dévoue pour assister à ce rituel de début d’année scolaire, nous l’avons joué avec mon mari à pile ou face et j’ai perdu. Donc, j’étais là avec d’autres parents aussi peu enthousiastes que moi, à écouter sagement le discours du directeur. Sachez qu’en même que des parents (dont je tairais les noms) un peu dissipés, papotaient entre eux, en opinant de la tête à chaque fin de phrase pour ne pas se faire remarquer. Là, n’est pas le problème même si ce n’est pas très poli.


Vous devez savoir que les longs discours ont pour effet de distiller une certaine somnolence dans l’assistance. Alors que j’étais sur le point de m’assoupir, le directeur s’est éclairci la voix bruyamment avant de claironner au micro « nous allons aborder le sujet de la grippe ». L’annonce a eu l’effet escompté : ceux qui étaient affaissés sur leurs chaises se sont brusquement redressés, et ceux qui envoyaient des SMS ont stoppé net. On aurait pu entendre une mouche voler si l’un des professeurs fortement enrhumé ne se mouchait pas sans ménagement.

Et là, j’apprends que vous ….oui, vous ! Pas la peine de vous cacher sous votre bureau…donc que vous avez le pouvoir de décider si une classe peut être fermée ou bien pire l’établissement entier. Que mes filles (j’en ai deux) restent une semaine à la maison, je veux bien mais il y aura forcément des disputes pour l’ordinateur, premier problème auquel je serais confronté. Pourquoi l’ordinateur ? Parce qu’elles auront leurs cours dispensés sur internet. Sachant que nous en limitons le temps d’utilisation, nous serons obligés de revenir sur ce principe.

Avez-vous déjà vu la tête d’un enfant lorsqu’il a passé sa journée devant un écran d’ordinateur ? Non, alors je vais vous expliquer : l’enfant est pâle (et avec la grippe il sera blême), ses yeux sont comme injectés de sang et donnent l’impression d’avoir doublé de diamètre. Mais ce n’est pas le tout ! Loin de là, car il est irritable, nerveux voir agressif. Tout juste si vous pouvez lui parler (d’ailleurs entre nous, il veut mieux s’abstenir).

Si les mille deux cent élèves sont malades en même temps, ce serait l’idéal mais la probabilité est minime.
Aussi, le directeur nous a informés que l’école pourra être fermée pendant huit semaines consécutives !

Avez-vous des enfants, Monsieur le Préfet ? Si oui, imaginez- vous l’état des parents au bout de quelques semaines… On ne parlera plus de pandémie de grippe mais d’une altération irrémédiable de notre santé mentale.

Je vous implore, monsieur le Préfet, et je fais appel à votre compréhension pour nous épargner, nous, pauvres parents.

Clara Cambry

PS : je pense que votre logement de fonction doit comporter au moins une chambre réservée à vos éventuels invités et hôtes de passage. Je suis certaine que vous aurez l’amabilité d’offrir le gîte et le couvert à mes filles si elles ne peuvent pas se rendre à l’école.

lundi 7 septembre 2009

Vincent Delecroix - La chaussure sur le toit

Enfin, un livre de "bonnes" nouvelles, je dis "bonnes "car il n’y en a pas une seule qui se révèle moins goûteuse ou surprenante.
Une fois terminé un livre de nouvelles, il m’arrive quelquefois de garder un arrière goût amer de déception : celle de n’avoir été conquise que par une ou deux, grosso modo.

N’étant pas une passionnée des chiffres, je ne m’amuse pas à calculer des ratios incompréhensibles, du genre le nombre de nouvelles qui se distinguent par rapport au prix du livre. Petite note en passant : je laisse ces calculs à certains professionnels qui savent faire pencher la balance de leur côté avec des pourcentages sortis dont on ne sait où.

Je m’éloigne, je m'égare…
Pour en revenir à notre livre, ce sont dix nouvelles qui m’ont fait vibrer ou rire.

La chaussure sur le toit empêche une petite fille de trouver le sommeil, obsède une vieille dame ou un artiste en quête d'un renouveau d'inspiration. Voilà quelques un des personnages, qui de leur fenêtre, voient, contemplent et s'interrogent sur cette chaussure.

Pourquoi et comment est-elle arrivée là, coincée dans une gouttière sur un toit parisien ?

Les réponses sont dans ces nouvelles écrites avec un style qui fait mouche. Et comme diraient les critiques littéraires « un excellent remède contre la morosité ». En plus, Vincent Delecroix y glisse quelques lignes d’autodérision … un vrai régal !

samedi 5 septembre 2009

MECHANTE HUMEUR

Depuis plusieurs jours, je promène une humeur pas très folichonne qui petit à petit s’est transformée en mauvaise humeur. Une humeur méchante, sournoise et dont je n’étais pas le chef d’orchestre. Comme si le matin, on décidait capricieusement de son humeur du jour « oh, tiens, aujourd’hui, je vais être pénible » ou « je le fais à pile ou face. Pile : je serais contente et face, je serais morose ».

Je plaide non coupable car le fautif ou ceux qui se trouvent sur le banc des accusés sont un ensemble de petites choses qui se sont accumulées, entassées en peu de temps. Et, il y a eu la petite goutte d’eau, petite mais suffisante pour faire déborder la coupe, non pas que je me suis mise à pleurer comme une madeleine, mais j’ai eu un gros coup de ras le bol…


Premier fautif, le manque de sommeil et les douleurs. Pourtant, c’est mon rayon et je le connais par cœur sur le bout des doigts. Mais depuis plus de deux semaines, dormir cinq heures maximum par nuit et toute la journée être un zombie incapable de quoi que ce soit…même Superwoman en aurait un peu marre. Impossible de récupérer une heure de repos sur la journée à cause des douleurs. J’ai beau essayé d’appliquer toutes les méthodes possibles de relaxation, de détachement du soi par rapport au corps : rien. Mon médecin lui aussi s’est avoué vaincu : quelques cachets à avaler en plus qui, au final, n’ont rien changé. Forcément, je me traîne, j’ai froid, j’ai mal et je commence à être sur les nerfs en me demandant si cette crise va s’estomper. Pour le moment, j’attends toujours…


Ensuite, Il y a eu la taxe foncière. Normal, c’est la période sauf que lorsque j’ai vu le montant j’ai bêtement pensé que le logiciel du Trésor Public s’était emballé, et que le même programme d’incrémentation s’était acharné sur ma taxe. Car, ça ne rate pratiquement jamais : une erreur qui s’est produite pour un cas sur dix mille, et, ô chance, je suis le cas…

J’ai donc appelé au centre des Impôts :
-Bonjour, je pense qu’il y a une erreur au niveau du calcul de ma taxe foncière car je me retrouve avec augmentation de près de 9%.
-Donnez-moi le numéro qui est inscrit en haut à gauche.
Ils sont marrants, il n’y a que ça : des ribambelles de chiffres et de lettres. J’ai enfin fini par trouver le numéro qu’on me réclamait et qui comportait NTP.
-Alors, N comme Noémie, T comme trésor et P comme Public.
-M comme Martine,
-Non, N comme Noémie
-Ah, comme Natalie.


Apparemment, mon interlocuteur n’aime pas le prénom de Noémie. Passons…
-Mais non, Madame, il n’y a pas d’erreur.
Là, j’ai du mal à avaler ma salive. J’insiste pour qu’il ré-vérifie, non, le montant est bien réel. Impossible de négocier ou de demander une remise, ils sont intransigeants.


Je finis par dire :
-En fait, on paye le tramway.


J’ai lancé le pavé dans la mare ! D’un ton pincé, mon interlocuteur me répond :
-De toute façon, chaque année, vous savez bien que ça augmente et je ne peux pas répondre à votre question.
Il ne me reste plus qu’à écrire monsieur le Maire pour lui demander des années de transports en commun gratuits pour moi et mes filles.



Et puis, il y a tout le reste : les questions d’une dame qui insistait, piquée de curiosité, pour savoir pourquoi je ne pouvais pas l’aider à mettre dans sa voiture un banc que l’on vendait. Précision, le banc en chêne massif d’un mètre soixante pesait son poids. Elle est revenue deux fois à la charge, reposant sa question, ce qui m’a franchement agacé. Elle est repartie avec son banc mais sans réponse…

Les papiers d’école à remplir où j’ai voulu m’appliquer à faire de beaux arrondis, de belles lettres mais le crayon n’a voulu accoucher que de petits traits secs, des hiéroglyphes affreux. Et là, je sais que les profs vont déjà me maudire et demander aux filles toute l’année « tu peux me déchiffrer ce que ta maman a écrit ? ».

Un ancien collègue de travail qui m’a vu à un arrêt de bus alors qu’il sortait sa voiture. Il aurait vu un fantôme ou revenante, il n’aurait pas été plus blanc ! Il a même failli laisser tomber ses clés et m’a regardé dans son rétroviseur pour vérifier que je n’étais pas une hallucination… Je ne savais pas que je produisais de tels effets. Il ne m’a même pas adressé un p’tit signe de la main ou un « bonjour ». Pourtant, je ne suis pas un vampire ou un loup-garou…

mardi 1 septembre 2009

LE THEATRE DE GUIGNOL

Liberté, Égalité, Fraternité est-elle toujours la devise de notre pays ? J’ai un doute. Un gros doute pour l’égalité. Peut-être était-ce d’un autre temps, d’une autre époque ? L’actualité des dernières semaines me fait penser que nous assistons à des scénettes dignes du théâtre de Guignol.

On savait que certains Français plaçaient leurs sous en Suisse, ces Français qui font partie d’un minuscule, rikiki pourcentage de ceux qui gagnent plein, mais vraiment plein d’argent. Même si une partie de ce pactole dort confortablement, bercé par le son des cloches des vaches suisses, il n’en demeure pas moins qu’il doit être déclaré aux impôts. Et là, on apprend qu’une liste de noms circule. Une liste, fictive ou réelle, de 3 000 noms de fraudeurs ! Oh, les méchants, ils n’ont pas dit qu’ils avaient du pognon dans les paradis fiscaux… Mais, bizarrement, on les « invite » à se dénoncer gentiment à leur centre des impôts. Là, je ne comprends rien !

Moi, si j’oublie de déclarer quelques Euros, je ne reçois pas un courrier qui « m’invite » à rectifier mon erreur. Non, pénalités plein pot ! Ou si je paie mes impôts avec un seul jour de retard, j’ai la chance de payer une majoration de 10% et non pas que l’on me dise « Oh mais non ! Ce n’est pas grave, ça peut arriver, on vous excuse ».

Ces fameux 3 000 Français ne subissent que l’agitation de la matraque de notre gendarme de théâtre sous leur nez. Même pas un sermon, au contraire, le gendarme les rassure, ils ont jusqu’ à la fin de l’année pour y réfléchir. Le temps d’appeler leurs avocats et conseillers fiscalistes, de téléphoner à leur ami pour savoir si lui il va se dénoncer ou pas. Peut-être d’ailleurs qu’ils ont déjà formé un club ou une association ayant pour revendication : « On ne s’est jamais attaqué aux riches alors foutez-nous la paix ! ». D’ici là, ils peuvent continuer à vivre leur vie sans avoir à craindre d’être traîné dans un tribunal pour « fraude fiscale ». L’égalité étant remplacée par du favoritisme exempt de sanctions… on ne va quand même pas les punir !

Toujours dans notre théâtre, Guignol a un nouveau camarade nommé le tsar, rien que ça ! Le tsar, par définition, est un titre porté par des anciens souverains des pays de l’Est, des dynasties de famille riches, puissantes et opulentes. On se souvient tous, plus ou moins, de quelques prénoms Yvan, Boris, Alexandre et Nicolas (hasard ?) de ces personnages qui gouvernaient en maître absolu.
Chez nous, notre tsar aura une fonction différente, il règnera sur l’empire des rémunérations des traders, contrôlant, pointant les bonus et affligeant s’il le faut des malus… un tsar impartial!

Les deux mots étant contradictoires, comment savoir désormais qui sont les vrais et les faux tsars?
On n’a pas fini de s’arracher les cheveux de la tête avant la prochaine séance du théâtre de Guignol…
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...