samedi 31 juillet 2010

Le résultat du jeu concours

15 participants et 5 livres à gagner...
Je sais que vous êtes impatients de connaître les résultats, je vous imagine à vous ronger les ongles, à enrouler une mèche de cheveux nerveusement autour de votre doigt ou à engloutir la tablette de chocolat format familial…

La tension est à son apogée? Alors, go!

Procédons dans l’ordre :

D’abord les petits papiers avec le nom des participants.




Touillage dans le bol de la balance de cuisine ( qui je l’avoue sert uniquement à peser les livres voyageurs…)



Les huissiers attentifs



Et enfin, le tirage au sort par une main innocente ? Celle de grande de Fifille Ado (levée pour regarder ses séries télé ), petit Fifille Ado étant toujours au lit...
Pause sur la télécommande et "bon, on se dépêche, m'man !"




Roulement de tambour…..



















Les gagnantes du livre « Un jour en mai » de George Pelecanos dans la collection Polar aux éditions Points sont : Cathulu, Herisson08, Lasardine, Canel et Maggie

Merci de me transmettre vos adresses postales rapidement !



que je remercie chaleureusement au passage, se charge de vous envoyer le livre.


Alors, c'est pas beau la vie?

Yasushi Inoué - Le fusil de chasse


Collection : Le Livre de poche- Date de parution : 12/2008 - 96 pages où les non dits de l'amour voient le jour et les personnalités se révèlent.

Suite à la publication d'un poème sur un chasseur aperçu une fois, le fusil à l'épaule dans les montagnes, le narrateur reçoit une lettre de cet homme. Le chasseur le met dans la confidence de sa peine et lui expédie trois lettres rédigées par trois femmes différentes.

Trois lettres : la première est celle de la fille de sa maîtresse, la seconde est rédigée par son épouse et la dernière a pour auteure sa maîtresse Saïko.
Les lettres ont comme dénominateur commun la mort de Saïko et l'adultère mis à jour.
La fille découvre que sa mère avait un amant et qu'elle lui a menti pendant de nombreuses années. Trompée dès son mariage, l'épouse n'avait rien dit de cette relation dont elle connaissait l'existence. La maîtresse révèle la nature de son amour dans une dernière lettre.

L'amour trempé dans le mensonge y est décrit sous différents points de vue et se drape de différents sentiments : la trahison, le dégoût, la peine, les regrets ...

C'est beau, très beau. L'écriture est sublime, pas de fioriture, seulement des mots choisis avec précision pour révéler la personnalité cachée de ces trois femmes.


L'avis de Sylire et de Marie.

Un roman conseillé par mes libraires et qui s'inscrit dans deux challenges :

vendredi 30 juillet 2010

Le corps de l'écrivain

Dernier thème avant les vacances chez les Impromptus Littéraires...


Seule une faible lueur parvient à se glisser à travers les barreaux dans ce trou. Une paillasse humide, une couverture mitée, un vieux seau en plastique et une chaise branlante, voilà ce que j’ai dans ma cellule. Les mots m’ont conduit ici. Oser écrire la vérité sur mon pays, sur sa politique et la corruption ne m’a valu que des ennuis. Mon premier livre a causé de grands effrois dans les sphères dirigeantes. On me l’a fait comprendre. Roué de coups par des soldats, j’entends encore le bruit cinglant du fouet sur mon dos. J’ai serré les dents, les soldats ont juste rigolé, satisfaits de leur travail. Ma femme m’a soigné et m’a supplié de me taire. Jamais ! De mon vivant, je dirai ce que mes yeux voient. Ma langue ne dit jamais un mot, ce sont mes mains qui parlent, qui décrivent l’envers du décor. J’ai quitté ma femme pour sa sécurité, je me suis enfui loin de chez moi pour crier au monde ce qu’il ne sait pas.
Pendant des mois, je me suis caché. Ecrivant le jour et la nuit comme envahi d’une fièvre jusqu’ à m’écrouler de fatigue. Mon corps tremblait et j’exultais ma rage par les mots aussi durs et cruels soient-ils. Un voisin a été alléché par le prix de la dénonciation. Mon nom contre de la nourriture pour sa famille affamée. Quand les soldats m’ont arrêté, il a détourné son regard du mien. Eméchés, titubant sous l’effet de l’alcool, deux des soldats m’ont brulé les mains avec leurs mégots de cigarettes et cassé les doigts.
-Regarde tes mains, elles ne pourront plus jamais te servir pour cracher sur notre gouvernement !

Jeté comme un chien dans ma cellule, je subis depuis des humiliations de la part des gardes. Mes mains portent les stigmates d’avoir voulu lever le voile sur l’obscur. Mon corps est devenu l’ombre d’un vieillard qui s’allonge sur le sol pour lécher une gamelle.
Mais, je crois encore en la force des mots, c’est ce qui m’empêche jour après jour de sombrer dans la folie.

Jean-Philippe Toussaint - Faire l'amour


Editeur : les Éditions de Minuit - Date de parution : 17/09/2009 - 159 pages

Extrait de la quatrième de couverture :
C'est l'histoire d'une rupture amoureuse, une nuit, à Tokyo. C'est la nuit où nous avons fait l'amour ensemble pour la dernière fois. Mais combien de fois avons-nous fait l'amour ensemble pour la dernière fois ? Je ne sais pas, souvent.

Au début de ma lecture, je me suis demandée à quoi jouait ce couple et surtout le narrateur. Il m’est apparu désorienté, en prise à des pulsions mêlant amour, regrets, amertume. J’ai suivi le fil de ses pensées et de ses actes passés au microscope. Noyée dans les descriptions, j’ai eu l’impression d’assister à un naufrage de ces quelques jours passés à Tokyo. Faire l’amour, aimer, vouloir se détacher de l’être aimé, trouver des réponses dans la fuite à travers la ville…

Seule Marie m’a touchée, elle qui semble vouloir s’accrocher à cet à cet amour.

Le livre comporte un « décryptage », sa place dans la carrière de l’auteur, le tout rédigé par Laurent Demoulin. Malgré toutes ces explications qui mettent ce livre sur un piédestal, mon avis est mitigé…

L’écriture de Jean-Philippe Toussaint m’a déstabilisée. Lire à nouveau cet auteur ? je ne sais pas..

Merci à George pour l'organisation, à Alice et à Zaza pour le prêt !

Livre lu dans le cadre du Prix Indiana où vous trouverez d’autres avis.

jeudi 29 juillet 2010

F.W. Crofts - Le tonneau


Editeur : RIVAGES POCHE - Date de parution : 12/05/2010 - Traductrice pour la VF : Dominique Mainard - 500 pages qui se lisent en apnée ...

Quatrième de couverture :
Londres, 1912. Les docks Sainte-Katherine. A l'intérieur d'un tonneau d'apparence anodine, on découvre le cadavre d'une jeune femme vêtue d'une robe de soirée. Qui l'a assassinée ? (…) Aux prises avec un plan d'une ingéniosité diabolique, deux policiers - le Français Lefarge et l'Anglais Burnley - sillonnent l'Europe pour démêler l'écheveau d'un des crimes les plus inventifs du début du XXe siècle.

Un des grands classiques de l'énigme, indispensable dans la bibliothèque de l'amateur de mystère.

"Sans doute le meilleur premier roman policier jamais écrit." (Raymond Chandler)


Une quatrième de couverture qui ne ment pas…
Je n’ai pas mis le résumé en entier car je trouve qu’il en dit de trop ! Surtout ne le lisez pas avant d’ouvrir ce bijou !

Je suis heureuse ! J’ai enfin pu terminer ce livre en savourant l’ambiance de cette époque. Et un roman policier de surcroit. Moi qui ne suis pas forcément une adepte de ce genre, j’ai été conquise !

Déjà, je me suis retrouvée dans un monde aux allures, certes désuètes, mais si agréables. Les transports par bateau, les télégrammes, Scotland Yard, un savoir vivre oublié… Car si je frappe à la porte d’une administration quelconque et que je demande un renseignement, je ne suis pas certaine qu’on me réponde « Oui Madame, je vais voir que je peux faire. Voulez–vous bien patienter ? ». Dans ce livre, on trouve des personnages polis et plaisants, l'atmosphère palpable de Londres et de Paris en ce début de XXième siècle.

Une intrigue ficelée avec brio et portée par une écriture délicieuse… je vous le dis : un pur moment de bonheur !

Un grand merci à Hélène, à mes mimines qui ont eu un moment de faiblesse mais qui se sont montrées efficaces (repos maintenant), et à

mercredi 28 juillet 2010

Comment augmenter notre PAL ?

Herisson08 propose un outil "augmenteur de PAL " !
Désolée, je vais faire un copier/coller de chez Sandrine (SD49) chez qui je me suis inscrite ( à cause de mes mimines...)

Le principe est bien expliqué chez Herisson08 et chez Sandrine...

J'ai fait un copier/coller du fameux principe :

Vous envoyez UN livre, et vous faites passer la chaine à 6 personnes volontaires, qui elles même là font passer à 6 autres personnes. Ce sont ces personnes là qui vous envoie un livre...

Vous recevez donc... 36 livres !
Pour que ça marche il faut que tout le monde joue le jeu, ce qui signifie qu'il vaut mieux demander aux 6 personnes plutôt que de leur donner la chaine de force. De plus il n'y a aucune assurance de recevoir 36 livres, puisque certaines personnes peuvent arrêter la chaine... mais même si seulement la moitié joue le jeu, c'est déjà largement assez énorme pour nos PAL.


Les adresses restent personnelles, on évite donc de les afficher sur des blogs ou forum, on les transmet uniquement par mail, et on essaye de rester en contact pour savoir ce que la chaine devient.


Incriptions par commentaire à ce billet

Donc si vous avez tout suivi, je recherche 6 personnes...

Première inscrite : Katell!

Et une deuxième inscription : Sofynet !

Michèle Halberstadt - Un écart de conduite


Editeur : A. Michel- Date de parution : 04/2010 - 138 pages bien trop courtes pour un tel sujet...

En 1974, Laure rompt avec sa famille et devient serveuse dans un bar des Landes dont le propriétaire livre aussi d'étranges colis. Naïve, Laure, 19 ans, se fait arrêter pour trafic de drogue et se retrouve condamnée à 6 ans de prison. La seule personne qu’elle préviendra sera son grand-père Dada.

Un livre qui a tout pour faire un film. Mais question lecture, toute cette histoire m’est apparue bien légère. Le grand-père trempé dans un milieu pas très catholique et qui va organiser la fuite de sa petite-fille, lui trouver des faux papiers et une nouvelle identité… Passons !

Par contre, la peur qu’éprouve Laure est toujours présente malgré les années qui passent. Sentiment qui l’étouffe et l’empêche d’évoluer dans la vie. Même mariée, elle reste prudente trop d’ailleurs pour ne pas évoquer de soupçon. Elle se veut la personne à qui on ne peut rien reprocher.

Doit-on payer toute sa vie pour un écart de conduite? Le thème n'est pas assez creusé et la fin m’a déçue… Une lecture qui sera très vite oubliée…

Le billet d'Hérisson08 pour qui c'est un coup de cœur.

mardi 27 juillet 2010

Nathacha Appanah - Le dernier frère


Editeur : Points - Date de parution : 21/08/2008- 210 pages très belles...

Un homme âgé, Raj, demande à son fils de le conduire sur la tombe d'un enfant, David mort à l'âge de 10 ans. Les souvenirs de Raj remontent et il nous raconte sa vie.
Un père alcoolique et violent, une vie miséreuse dans un village à l'île Maurice, les jeux avec ses deux frères, une mère aimante. Un drame survient, ses deux frères meurent à cause d'un cyclone. Peu de temps après, la famille déménage, son père devint gardien de prison et Raj, neuf ans, observe derrière la grille un enfant blond aux yeux bleus : David. Raj en manque cruel de l'amour de ses frères va tout faire pour se lier d'amitié avec David, le juif de Pragues. Nous sommes en 1945 et Raj ignore ce qui se passe dans le monde...

Un livre fort où l'on se retrouve face à un homme rongé par la culpabilité et ses remords.Pourquoi ses deux frères sont morts et pas lui? C'est lui qui aurait dû mourir, lui, le plus faible et le maladif. A travers l'amitié qui va naitre entre Raj et David, Raj essaie de retrouver un frère. Sentiment qui sera fatal à David.
Nathacha Appanah explore la palette des sentiments : Raj animé d'un sentiment d'amour fraternel pour David et qui essaie de remplacer ses deux frères, la crainte et la peur devant un père alcoolique et violent, la douceur de la mère. Le fardeau de la culpabilité ne s'est jamais allégé pour Raj et Nathacha Appanah nous le décrit avec pudeur et force. Les descriptions de la nature luxuriante sont magnifiques.
L'auteure nous relate un événement peu connu de l'histoire de la seconde Guerre Mondiale : la déportation de juifs essayant de rejoindre le Palestine pour fuir le Nazisme et refoulés sur l'île Maurice.

L'écriture est toujours aussi belle que dans la noce d'Anna mais les thèmes sont incomparables.

L'avis de Sylire qui renvoie à d'autres liens.

"Je ne sais pas si je dois avoir honte de le dire mais c'es ainsi : je ne savais pas qu'il y avait une guerre mondiale qui durait depuis quatre ans, quand David m'a demandé, à l'hôpital, si j'étais juif, j'ai dit non parce que j'avais la vague impression que juif désignait une maladie puisque j'étais dans un hôpital, je n'avais jamais entendu parler de l'Allemagne, je ne savais pas grand-chose en réalité. J'avais trouvé David, un ami inespéré, un cadeau tombé du ciel et en ce début d'année 1945, c'est tout ce qui comptait pour moi."

lundi 26 juillet 2010

Chris Cleave - Et les hommes sont venus


Editeur : NIL - Date Parution : 25/02/2010- 341 pages dont on ne sort pas idemne ...


Petite Abeille, Nigérienne, est dans un centre pour réfugiés à Londres depuis deux ans. Deux ans, durant lesquels elle a appris à parler un anglais impeccable pensant que ce serait suffisant pour être acceptée en Angleterre. A sa sortie, elle téléphone à Andrew et à Sarah, un couple de touristes dont sa fuite a croisé la route deux plus tôt sur une plage du Nigéria. Car Petite Abeille et sa soeur aînée tentaient d'échapper aux hommes qui sont venus incendier le village et tuer tout le monde. Le choc de deux mondes, de deux visions vont changer la vie de ces personnages. Au fils des pages, on comprend ce qui unit Petite Abeille à Andrew et Sarah...

Quel livre ! Un fois commencé, je n'ai pas pu le lâcher. Même si ce livre débute avec de l'humour quand Petite Abeille aide les autres réfugiées à parler en Anglais, la suite l'est moins.
Tous les jours ou presque, on lit ou entend qu'il y a des conflits dans des pays d'Afrique , informations auxquelles on prête une oreille plus ou moins attentive. Mais si un jour, on se retrouvait dans un de ces pays à devoir sauver un de leur habitant contre l'un de nos doigts. Est ce que l'on accepterait ou non? Notre vie en serait bouleversée quelque soit la réponse.

Le livre alterne le récit de Petite Abeille et celui de Sarah jeune femme moderne dont le couple battait déjà de l'aile lors de leur voyage au Nigéria.
Au fil des pages, on apprend ce qui s'est passé réellement sur cette plage et les conséquences...

Petite Abeille m'a touchée. Ses propos sur le regard que l'on porte sur les pays d'Afrique est percutant, dérangeant. Courageuse, elle sait jouer de la langue anglaise pour défier bien des situations. Ses espoirs se transforment un une résignation passive, elle qui souhaite juste être acceptée dans un pays où l'on veut d'une réfugiée supplémentaire qui viendrait grossir le flot important des demandeurs d'asile.
Sarah se cherche, essaie de vaincre ses démons, se pose des questions et tente d'avoir un nouveau départ dans la vie.

La fin est inattendue et m'a stochée... comme s'il fallait que ce soit toujours les mêmes qui fassent preuve de courage et d'humilité.

Un livre dense sur un sujet difficile. On est amené à se poser de questions et à regarder sa conscience bien en face...
Une lecture marquante, un témoignage sur deux mondes que tout sépare sauf l'idée de la liberté que chacun en fait.

Un coup de coeur !


Un grand merci à Leiloona pour ce livre voyageur, Stephie a également beaucoup aimé, d'autre avis chez l'ami BOB.

dimanche 25 juillet 2010

Anne de Rancourt - Un mètre quatre


Editeur : Pocket - Date de parution : 03/06/2010 - 128 pages

Nanou, sept ans, est hospitalisée ou elle comme elle le dit elle fait « des stages d’hosto ». Parce que ce monde, les « firmières », elle connait à force. Sa tante Alice lui offre un cahier bleu pour « dire tout ce qu’on a mal au cœur ou envie de rigoler ». Nanou écrit avec ses mots, son langage : la maladie de sa maman, la jalousie qu’elle éprouve envers sa sœur ainée, les copines et puis l’amour immense de sa tante.

Le hasard fait qu’il y a cinq jours j’ai écrit un billet sur Oscar et la dame rose d'Eric-Emmanuel Schmitt, une lecture qui m’avait bouleversée.

Un mètre quatre reprend ces mêmes thèmes: la maladie, le monde médical racontés par un enfant. Le récit est de la main de Nanou, sept ans, mais j’ai été gênée par les phrases trop infantiles. J’ai trouvé que l’ensemble du livre baignait dans les bons sentiments comme si l’auteure en faisait de trop. Quand Nanou parle de la sclérose en plaques de sa maman et de ses craintes : c'est juste et touchant.

La dernière page m’a laissée perplexe. Le livre se termine par un mot d’Alice. Aussi, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un livre autobiographique sauf que l’auteure se prénomme Anne.

Une écriture trop édulcorée à mon goût pour une enfant de sept ans. Aussi, cette lecture m’a juste effleurée…

Merci à l’ami BOB et aux éditions Pocket pour ce partenariat.

John McGahern - Les créatures de la terre


Editeur : Le Livre de poche - Date de parution : 25/01/2006 - 280 pages où l'âme humaine révèle le bon mais surtout le moins bon

La quatrième de couverture met en garde le lecteur :
"Les créatures de la terre » sont des êtres ordinaires confrontés aux situations élémentaires de la vie, et qui peuvent révéler des gouffres de méchanceté ou de bêtise, aussi bien que des trésors de bonté. Allez savoir… John McGahern nous offre, à travers trois nouvelles, une série de portraits hauts en couleur : deux vagabonds capables de tuer des animaux innocents, sans même savoir pourquoi ils le font ; deux policiers chargés d’arrêter l’homme qui leur offrait, en toute amitié, des billets pour la coupe de l’Ulster ; trois frères contraints d’assister aux obsèques d’un oncle qu’ils détestaient… Prenant prétexte de situations simples sinon banales, le grand romancier irlandais explore les thèmes de la solitude, de l’abandon, de l’incompréhension entre les êtres. Bien que sa vision du monde soit sombre, son humour et son exceptionnel talent de conteur éclairent ces récits d’une lumière contrastée comme celle qui ennoblit les paysages d’Irlande.

Tout y est dit car John McGahern à travers la précision de son écriture nous invite à un voyage peu commun.
L'Irlande, ses paysages et puis quelques uns de ses habitants... Ames humaines sans pitié ou emplies de bonté, capables du bon et du pire. Des pans de vies de personnes qui pourraient être vous ou moi, confrontées à une vie de solitude ou à un quotidien répétitif.

Ces nouvelles m'ont fait penser au recueil l' Antarctique de Claire Keegan : même ambiance, écriture juste qui met en exergue les failles...

A lire quand on n'a pas le moral dans les chaussettes.

L'avis d'Yvon qui m'a donné envie de lire cet auteur.

samedi 24 juillet 2010

Oyez, oyez, livres cherchent lecteur !

Même si c'est l'été, les livres continuent de voyager .

Je vous propose :

Vent printanier d'Hubert Haddad

Le cœur cousu de Carole Martinez ( s'il reste des personnes qui ne l'ont pas encore lu)

Week-end de chasse à la mère de Geneviève Brisac

Ah oui, ils n'aiment pas la plage, le sable et la crème solaire...

Geneviève Brisac - Week-end de chasse à la mère


Editeur : Seuil- Collection : Points - Date de parution : 1998 - 208 pages belles et touchantes

Paris, Nouk élève seule son fils Eugenio dans un minuscule appartement. Elle tâtonne et cède à tous les désirs et caprices de son fils. Rien n'est trop beau pour lui même si c'est au dessus de ses moyens. Pleine d'imagination, la sensibilité à fleur de peau, Nouk cherche comment mettre un peu de fantaisie dans leur quotidien avec humour. Noël approche et ils vont le passer tous les deux même si pour Eugenio ce n'est pas normal. Martha son amie les invite en Bretagne dans sa famille passer quelques jours.

Première rencontre avec Geneviève Brisac qui a obtenu le prix Fémina 1996 pour ce roman.

Nouk nous raconte son quotidien, son fils. A petite doses, elle distille des informations. Quel âge à Eugenio? Est elle divorcée? Des questions dont on n' a pas forcément la réponse. Ancienne peintre à succès qui a tout arrêté du jour au lendemain, elle veut élever au mieux Eugenio. Les reproches de Martha ou des collègues de travail, elle n'en a rien à faire. C'est son fils. Au fil des pages, on pressent que quelque chose n'est pas normal. Nouk est attachante comme un enfant qui vit ses rêves et fuit une réalité trop difficile. L'amour mère-fils est puissant mais semble devenir fragile quand Eugenio pose des questions ou quand le regard des autres s'en mêle.

J'ai été touchée par cette lecture. L'écriture y est belle et sensible tout comme Nouk.
Nouk qui tente, qui essaie de faire au mieux pour Eugenio et qui tente de dissimuler ses failles.

Un livre où la sensibilité, l'amour d'une mère pour son fil sont porteurs d'une fin inattendue.

vendredi 23 juillet 2010

Yoko Ogawa - Les paupières


Editeur : Actes Sud Babel- Date de parution : 03/10/2009 - 208 pages

Extrait de la quatrième de couverture:
Dans ce recueil de nouvelles, l'auteure explore l'angoisse des insomnies : une petite fille suit un vieil homme sur son île où vit un petit hamster sans paupières ; dans un avion, un homme d'une trentaine d'années révèle à sa voisine, une jeune Japonaise, les pouvoirs des histoires à sommeil ; une jeune femme part seule en voyage pour fuir ses insomnies...

Pourquoi ce livre? J'avais tout simplement envie de lire un auteur japonais. Mon choix s'est porté sur Yogo Ogawa dont les livres sont mondialement reconnus. Toujours est-il que j'ai raté le coche avec ce recueil de nouvelles...

Huit nouvelles et à la fin de chacune, j'ai pensé fortement "tout ça pour ça". Pas de chute ou de nouveauté ce qui m' a laissé un goût amer et profond de déception.
Toutes ces nouvelles ont un thème récurrent le sommeil. L'écriture est limpide, fluide mais ça n'a pas été suffisant...

Les avis de Marie et de Maggie ( désolée Katel pour le lien erroné)... Si d'autres l'ont lu, j'attends vos avis!

Cette auteure sera à l'honneur chez Pimprenelle le 25 août. Pour me faire une autre idée, je lirai un roman...

jeudi 22 juillet 2010

Carole Martinez - Le coeur cousu


Editeur : Gallimard - Date de parution : 12/03/2009- Collection Folio - 442 pages sublimes ...

J’ai été émerveillée par ce livre… Soledad m’a racontée la plus belle histoire qu’il soit. Une histoire si belle que j’ai eu l’impression de rêver. Pas une histoire de princesse mais l’histoire de sa famille qui commence par celle de sa mère Frasquita. Doux nom pour cette jeune fille qui en devenant femme se voit confier un coffret et des prières obscures. Le coffret contient son avenir. Magnificence de l’écriture qui donne toute sa puissance à cet héritage transmis de mère en fille. Mais, sous le soleil d’Espagne Frasquita doit être patiente. Ses doigts sont ceux d’une fée, elle coud et elle brode comme personne. Jeune femme remplie d’innocence au grand cœur, elle déploie tout son art quand elle découvre dans le coffret des fils aux couleurs les plus belles et les plus variées. Beauté des mots et beauté de ce qui se transforme sous ses doigts : le chiffon devient papillon convoité qui s’envole.

J’ai ressenti toute son émotion le jour où parée de sa robe cousue de ses mains, elle a uni sa vie à celle de José. Cœur qui bat, corps qui frémit et qui donne vie à Anita puis à Angela. Frasquita n’hésitera pas à braver les interdits et offrir son corps selon les cycles de lune pour donner un fils à José. J’ai écouté le chant mélodieux d’Angela, j’ai eu beaucoup de tendresse pour Anita, la silencieuse. j’ai admiré les dessins de Pedro , j’ai aimé comme mon propre enfant la petite Clara qui se nourrit du soleil , j’ai eu mal pour Martirio la fille de la nuit. Mais surtout j’ai suivi Frasquita perdue par son homme au jeu. Avec ses enfants, elle traversera le pays, le désert, elle verra l’océan. Elle rencontrera des révolutionnaires mais aussi des femmes qui l’aideront et sera toujours là pour ses enfants. Mère dévouée qui les protège, femme aimante dont l’aiguille et les fils font des miracles. J’ai vécu chaque mot, chaque phrase de cette lecture…

Un livre qui est bien plus qu’un coup de cœur… merveilleux, magnifique. La réalité, les contes, le monde onirique ne forment qu’un et c’est sublime. Un livre qui par son aspect riche en couleurs m’a rappelé Chocolat amer de Laura Esquivel mais en beaucoup plus grandiose.

Il s’agit du premier roman de Carole Martinez qui elle aussi possède un don précieux: celui d’écrire…

L'interview de Carole Martinez réalisée par Géraldine (petite veinarde!)

Trop de monde

Trente-huit ans de mariage ! Est ce que vous vous rendez compte de ce que ça représente ? Trente-huit ans à servir, à cuisinier des repas, à laver et à repasser du linge. Et tout ça pour qui ? Pour mon mari ! Courber l’échine devant Monsieur, acquiescer à toutes ses volontés et ses désirs sans piper un mot. Trente-huit ans de bons et loyaux services signés devant Monsieur le Maire et Monsieur le curé sans jamais s’entendre dire un merci ou un s’il te plaît. Juste des mots aboyés du matin au soir « quand est ce qu’on mange », « où sont mes lunettes », « je trouve jamais rien dans cette maison ». Mais le pire, c’est cette même phrase qu’il n’a jamais cessé de répéter. Le matin, la radio collée à son oreille, il écoute les informations. Aux mots crise, chômage, licenciement, il pose bruyamment son bol de café et déclare solennellement « tout ça, c’est parce que y’a trop de gens sur cette planète ».
Je m’éclipse, je le laisse parler tout seul. Je secoue la tête de désespoir car même pour les séismes ou les tremblements de terre, il n’a que ces mots à la bouche. Depuis deux ans qu’il est à la retraite, son acrimonie n’a fait que s’empirer. Quand il travaillait, il se plaignait pour tout et pour rien. Ce sont les gars des syndicats qui étaient contents, il était toujours le premier dans les piquets de grève. Tout juste s’il savait pourquoi il était là et pour quelle cause, il criait à plein poumons des slogans. Déverser son fiel lui suffisait. Ma matinée, je l’occupe à aller faire quelques courses pour lui préparer ses repas. Pendant que j’épluche les légumes, il lit le journal et ne cesse de ronchonner. Il peste, se gratte la tête et ensuite il prononce sa phrase fétiche. A le voir, on le croirait devant une assemblée quelconque buvant comme du petit lait ses paroles et applaudissant sa conclusion finale. Heureusement pour moi, je travaille à partir de 12 heures trente, j’échappe donc à la grand’messe télévisuelle de treize heures.

Le soir, il remet ça comme un vieux disque bloqué sur le même sillon. Il charrie son aigreur, il la cultive et la sème partout. J’étouffe de cet air vicié. Dans six mois, je serais à la retraite. Je devrais être contente et bien non. Les voyages resteront des espoirs que j’aurais nourris inutilement pendant des années. Monsieur ne va pas bouger de chez lui. Aller autre part et pour faire quoi ? Constater qu’il y a trop de monde partout. Il a brisé mes rêves, avorté mes désirs. Nous n’avons pas eu d’enfants car il n’en voulait pas. Il m’a ôté cette chance de voir mon ventre s’arrondir au fil des mois, de cajoler et de donner de l’amour. Pourquoi je ne l’ai pas quitté ou pourquoi suis-je restée? A force, ll a déteint sur moi. Ses paroles se sont muées chez moi en peur, en angoisses de l'inconnu. il fallait que ça cesse et que je me libère de son emprise.

(...)

Alors ce soir, pendant qu’il marmonnait devant sa télé, j’ai pris le grand couteau de la cuisine et je l’ai tué. (...) Désormais, je suis libre. Je n’éprouve aucun remord en voyant sa tête livide penchée sur le canapé. Pas même de la haine ou de satisfaction, juste de l’indifférence. J’éteins la télé. Je savoure ce silence. Derrière les persiennes, le monde m’attend. J’ouvre la fenêtre, l’air frais m’ampute de tous mes souvenirs.

Ma nouvelle vie commence.

Texte non publié en intégralité

Jean-Baptiste Destremau - Si par hasard


Editeur : Max Milo - Date de parution : 18/03/2010- 314 pages

Extrait de la quatrième de couverture :
Si par hasard tout votre monde s'effondrait, partiriez-vous à l'aventure ?
Claire a seize ans. Elle est en vacances dans l'Ouest américain lorsque sa famille disparaît dans un accident — elle échappe au drame. En plein désarroi, assommée par la culpabilité, elle décide que le hasard par lequel elle a survécu guidera désormais sa vie. De San Francisco à Tokyo, telle une âme en sursis, elle brûle les étapes de la vie, pour le meilleur et pour le pire. Au fil d'aventures heureuses ou tragiques, elle réalise peu à peu qu'elle porte en elle la force de créer son destin.


J'aurais voulu aimer ce livre. J'aurais voulu qu'il éveille en moi un intérêt ou des émotions. J'aurais voulu prendre plaisir à suivre les pérégrinations de Claire, comprendre ses choix et ses doutes.
Mais rien de tout cela ne s'est produit.
Peut-être parce que j'ai très vite imaginé ce que ma fille du même âge aurait fait ... aussi, ce récit m'est apparue peu crédible.

Un rendez-vous manqué.

Merci à Antigone qui a eu la gentillesse de me prêter ce livre.

mercredi 21 juillet 2010

Bloguer or not bloguer ...that's the question

Taguée par Miss Cynthia, je réponds à ces questions dignes d'une interview journalistique !

Qu'est-ce qui vous inspire : des lectures, des situations de la vie quotidienne?
Question importante qu’est ce que bloguer ? Tout m’inspire !Bien entendu mes lectures mais aussi des situations de la vie quotidienne pour mes billets d’humeur.


Qu'est-ce qui déclenche l'acte d'écrire?
Vous pouvez répéter la question ? J’ai souvent envie d’écrire mais l’acte lui même dépend de l'état de mes mimines (et oui!)

A quels moments de la journée le faites-vous? De quels endroits?
Alors entre 7h00 et 11h00 puis après 15h30 ( entre des deux c’est la sieste obligatoire). Mon ordi est dans ma chambre, un véritable QG où s’entassent une partie de ma PAL, mes carnets et des papiers griffonnés d’idées de nouvelles.


Comment et où vous installez-vous? Quel est votre environnement?
Je ne peux pas écrire et écouter la radio ou de la musique en même temps, j’ai besoin de silence.


Quels outils utilisez-vous pour écrire? (un traitement de texte ou directement dans votre éditeur de billets?)
Un traitement de texte pour repérer les erreurs de frappe puis un copier/coller...


Faîtes-vous beaucoup de recherches? Rédigez-vous beaucoup de brouillons ou d'articles que vous ne publierez pas?
Pour un billet concernant une lecture, je regarde qui en parle pour mettre des liens. Pour les nouvelles, c’est autre chose : écriture, impression du texte, rature, relecture, lecture à voix haute.
J'ai dans mes tiroirs des textes achevés mais comme je ne suis pas satisfaite de moi, je ne les publie pas.

Ecrivez-vous en prenant votre temps ou avec une certaine frénésie?
C'est variable comme le temps à Brest !

Au tour de Pickwick, Aifelle, Delphine , Gambadou, Canel et Géraldine d'y répondre...

Petits meurtres à l'anglaise




Génial! un film à l'humour so british et excellent !

Je me suis régalée !Allez, tous au ciné...on se dépêche !

Hubert Haddad - Vent printanier


Editeur : Zulma - Date de parution : 06/05/2010 - 61 pages magnifiques...

Extrait de la présentation:
De retour sur les lieux de l'impensable, Hubert Haddad écrit ces histoires vraies de tout leur poids d'imaginaire, vraies des milliers de fois hier à Drancy ou ailleurs, et aujourd'hui comme en filigrane dans les regards effrayés des exclus sur un monde en lente perte d'humanité.

D’Hubert Haddad, je ne connaissais qu’un seul titre Palestine, lecture que j’avais abandonnée. Aussi, quand Julien chez Dialogues m’a proposé ce livre, j’ai été étonnée.

Sauf qu’il connait mes goûts et je dis merci Julien ( je vous ferai des grosse bises sonnantes la prochaine fois) car ce livre est un bijou !
Quatre nouvelles à l’écriture ciselée qui nous plongent dans la rafle du Vel d’hiv de 16 et 17 juillet 1942. Sauf que tout le génie de ces textes apparaissent à la lecture car passé et présent s’enchevêtrent dans une symbiose à couper le souffle. Un temps unique qui donne plus de la force à ces nouvelles.

J’ai été subjuguée par ces textes émouvants et par l’écriture magnifique.
Un gros coup de cœur …

mardi 20 juillet 2010

Eric-Emmanuel Schmitt - Oscar et la dame rose


Editeur : Magnard - Date de parution : 13/06/2006 - Collection : Classiques & contemporains (79) - 81 pages bouleversantes...



En quelques pages, Eric-Emmanuel Schmitt m'a fait pleurer.
Il y a Oscar qui est condamné et qui le sait, petit bonhomme de 10 ans qui s'en ira sans avoir connu la vie. Oscar a dix ans, atteint d'une leucémie, la greffe n'a pas prise et même si personne n'ose le lui dire, il sait qu'il va mourir. Il est devenu un malade à part "j'ai compris que je suis devenu un mauvais malade, un malade qui empêche de croire que la médecine, c'est formidable". "Mamie-Rose fait partie des blouses roses qui viennent rendre visite aux enfants malades. Oscar s'est lié d'amitié avec Marie-Rose,ancienne catcheuse, qui vient le voir désormais tous les jours. Les parents d'Oscar habitent loin et leur jour de visite c'est le dimanche. Oscar leur en veut de ne pas lui dire qu'il va mourir. Mamie-Rose lui raconte ses anciens combats de catch mais surtout elle va permette à Oscar de vivre en quelques jours une vie d'adulte.
Un jour qui passe correspond à 10 ans. Oscar joue le jeu et tous les soirs écrit à Dieu comme le lui a conseillé Mamie-Rose.

Oh que oui, j'ai pleuré...
Car dans ce livre, Oscar, se pose des questions existentielles : la vie, la mort, Dieu. En quelques jours, il nous raconte la vie d'un adolescent qui va devenir un jeune homme : le mariage, la vie de couple, la vieillesse... c'est beau, très beau. Ses lettres écrites à Dieu sont innocentes et sincères. Devant Mamie-Rose, on ne peut qu'éprouver de l'humilité car à travers son personnage, il s'agit d'un hommage à toutes les Blouses roses anonymes qui donnent de leur temps auprès des enfants malades. Mamie-Rose va amener Oscar à accepter la mort sereinement. Et du statut d'enfant qui va mourir, il rassure son docteur , ses parents.

Une lecture très, très émouvante et qui a été une claque.. .Je peux simplement dire qu'en peu de pages, Eric-Emmanuel Schmitt nous amène très loin.

Un coup de coeur pour ce livre dont la portée nous amène à nos poser des questions.

Merci à Pimprenelle qui grâce son challenge m'a permise de découvrir ce livre extraordinaire.

D'autres avis chez l'ami BOB.



Mamie-Rose:
"Les gens craignent de mourir parce qu'ils redoutent l'inconnu. Mais justement, qu'est ce que l'inconnu? Je te propose Oscar, de ne pas avoir peur mais d'avoir confiance".

Oscar :
"Plus on vieillit, plus faut faire preuve de goût pour apprécier la vie.On doit devenir raffiné, artiste. N'importe quel crétin peut jouir de la vie à dix ou vingt ans, mais à cent, quand on ne peut plus bouger , faut user de son intelligence".

lundi 19 juillet 2010

Martine Cuhaciender - Acide caustique et petites gourmandises


Editeur : Siloë - Date de parution : 04/03/2010 - 103 pages corrosives...

Un titre prometteur pour ce recueil de treize nouvelles qui le mérite amplement !
J'ai adoré !


Un style vif, piquant , des tournures de phrases exquises et comme le dit la quatrième de couverture : "quelques belles leçons d'amour et de fidélité, mais également de haine et de ruminations sombres ; quelques regards aigres-doux sur la vie...".

Des nouvelles pas forcément à chute mais qui se révèlent être mordantes et succulentes !

Merci à Yvon pour ce prêt!

A lire et à déguster ....

Claire Legendre - L'écorchée vive


Editeur : B. Grasset - Date de parution : 06/05/2009 - 249 pages qui interpellent

Barbara travaille, vit avec François. Une jeune femme comme une autre me direz-vous ? Non, car Barbara possède un douloureux secret. Enfant, elle est née avec une malformation très importante au visage, uns de ces handicaps physiques qui terrifient les autres et leur font prononcer le mot infâme de « monstre ». Barbara a été opérée mais jamais elle n’a voulu en parler à François par peur, par crainte. Pour couper avec son passé, elle est même allée jusqu’à déménager dans une autre ville.
Un jour, elle reçoit une photo représentant plusieurs enfants où elle figure. Son visage a été enlevé. Ce n’est que le début d’une série d’envois anonymes. Qui peut lui vouloir du mal ? Barbara revient sur toutes ses années de l’enfance à son opération et raconte, cherche …

J’ai aimé ce livre ! On suit la vie de Barbara: les paroles et le regard d’autrui, l’apprentissage à se protéger des autres, les failles, les blessures jamais guéries…

Au fil des pages, on découvre sa personnalité qui évolue avec le temps. Il y a la peur des autres, la méchanceté gratuite ou non, ceux qui lui tendent la main ou se confondent dans la pitié. Mais le plus intéressant est l’évolution du comportement de Barbara, on la croit devenue forte depuis qu’elle a un visage comme tout le monde mais justement se fondre dans la masse quand la différence a toujours été présente se révèle bien difficile. On accède aux pensées de Barbara qui vont de l’incompréhension à la méchanceté.
S’accepter avec un nouveau visage, comment le vivre ? Claire Legendre nous le raconte, nous entraîne dans la vie de Barbara.

Une fois cette lecture commencée, je ne l'ai pas lâchée … La fin m’a laissée abasourdie, sonnée.

Un coup de cœur pour ce livre en forme de grand plongeon.


« On se fait des promesses, on ne se mettra pas en situation d’avoir honte, d’avoir mal, on n’ira pas titiller les petites plaies qu’on a au bout des doigts, on se protégera des risques, et quand on sera vieux, on ne se laissera pas dégrader, on se tuera avant. »


Merci à Canel pour le prêt, Gambadou en parle avec beaucoup d'émotion ...

dimanche 18 juillet 2010

Evelyn Waugh - le cher disparu


Editeur : Robert Laffont - Date de parution : 06/05/2010 - 182 pages de cynisme et d'humour noir

Hollywood fin des années 1940 et quelques membres de la communauté Anglaise so Bristish...
Lorsque Francis Hinsley, un employé modèle des studios Megalopolitain apprend son licenciement , il se suicide. Son jeune ami Dennis Barlow, poète dans l'âme et travaille à à Los Angeles aux Bienheureux Halliers , une entreprise de pompes funèbres animalières. Mais il se voit confier la mission d’organiser des obsèques dignes de ce nom à ce cher disparu.
Dennis découvre un monde, pardon, une entreprise dédiée aux rites funéraires les Célestes Pourpris.

Avertissement : cher lecteur qui te délecte d'humour noir, ce livre est pour toi !

Evelyn Waugh nous dépeint la mort sous l'aspect le plus incongru. Aux Célestes Pourpris, Denis devient "le délaissé", tout le personnel est aux petits soins pour lui. Et oui, il doit quand même choisir dans ce faste pompeux la dernière demeure du cher disparu. Dans ce lieu où la mort ressemble plus à des vacances de luxe, Dennis fera connaissance d'Aimee Thanatogenos, une cosméticienne pour défunt.

Ecrit avec cynisme et un humour noir succulent , les Célestes Pourpris ne sont que le miroir d'une societé de luxe et d'apparences.

J'ai lu ce petit bijou avec un grand sourire aux lèvres!

Je cherchais de l'humour noir avec une touche Bristish et Keisha m'a conseillée cet auteur.

Des avis chez l'ami BOB.

samedi 17 juillet 2010

Tracy Chevalier - La jeune fille à la perle


Editeur : Gallimard- Collection Folio- Date de parution : 06/03/2002 - 313 pages exquises...

17ème Siècle à Delft en Hollande, la jeune Griet 16 ans entre au service de de la famille Vermeer en tant que servante. Employée aux corvées ménagères, Griet est d'abord impressionnée par les tableaux exposés chez ses maîtres. Dans cette famille catholique, elle découvre la personnalité de chacun : Catharina, la maîtresse des lieux qui lui voue une antipathie, sa mère Maria Thins à qui rien n'échappe et Tanneke la bonne à tout faire et jalouse d'elle. Outre les corvées, Griet s'occupe des cinq enfants du couple. Elle ne voit jamais pour ainsi dire le maître Vermeer qui passe de longues heures dans son atelier à peindre. Griet est chargée d'une mission quotidienne : nettoyer l'atelier de celui-ci. Le maître Vermeer va découvrir que Griet possède des qualités d'observation très utiles pour ses tableaux. Et, au fil du temps, le maître va l'initier à la confection des couleurs. Mais les jalousies tapies dans l'ombre se réveillent...

Avec son écriture limpide et fluide, Tracy Chevalier m'a tout de suite plongée dans l'atmosphère de cette ville au 17ème siècle. Un voyage hors du temps que j'ai effectué avec plaisir. Les descriptions , les détails m'ont permis d'imaginer cette ville avec ses quartiers populaires, les difficultés de la vie à cette époque. J'ai apprécié l'écriture, belle et simple, pour exprimer la sensualité qu'éprouve Griet envers Vermeer. Tout y est décrit avec finesse comme les couleurs d'un tableau. Griet étant la narratrice, on se retrouve pendu à ses lèvres, on ressent ses inquiétudes et ses désirs. Car Griet est une jeune fille vive et intelligente, sensible et elle doit déjouer les coups bas portés à son insu. Aucune longueur et sur un rythme qui appelle à la contemplation de la peinture, on se laisse raconter cette belle histoire...

Un coup de coeur pour cette lecture tout simplement magnifique...

Merci à ma Fifille Ado de me l'avoir prêté... Un premier rendez-vous avec cette auteure qui ne sera pas le dernier.

Les avis de Sylire, Canel, le grenier de Choco, Katell, mon coin lecture ( Karine:)

vendredi 16 juillet 2010

Pierre Szalowski - Le froid modifie la trajectoire des poissons


Editeur : Héloïse D'ORMESSON - date de parution : 02/09/2010- 288 pages de bonheur...

Ne m’en voulez pas si je vous parle d’un livre que j’ai beaucoup aimé et qui est encore un coup de cœur. Pourquoi m’en vouloir ? Car ce livre paraîtra le 2 septembre ! Damned !

Vous voilà donc obligés de prévoir des futures négociations avec vos chères têtes blondes : Non ma chérie, cette année, on achète un cartable simple, basic et non celle à l’effigie de Barbie ! Pourquoi ? Parce que maman doit s’acheter un livre ! Compris ???

Je vous mets la quatrième de couverture car elle résume on ne peut mieux ce petit bijou :
4 janvier 1998, Montral. Un garçon de dix ans apprend que ses parents vont se séparer. Désespéré, il demande au ciel de l’aider. Le lendemain débute la plus grande tempête de verglas que le Québec ait jamais connue. Ce déluge de glace n’empêche pas son père de quitter la maison. Mais pour ses voisins, des évènements incroyables ou anodins font en sorte que leurs vies basculent peu à peu. Julie, danseuse en mal d’amour, accueille chez elle Boris, scientifique égocentrique, qui ne vit que pour ses expériences sur les poissons; Michel et Simon, les deux « frères » si discrets, qu’on ne voit jamais ensemble, ouvrent leur porte à Alexis, leur voisin homophobe. Face à l’adversité, des liens se créent; face au froid, l’entraide, la solidarité et l’altruisme enflamment les cœurs.

Le grand froid paralyse Montréal et va permette à des personnes qui habitent la même rue de faire connaissance et plus si affinités. J’ai lu ce livre en apnée totale le sourire aux lèvres ! Les personnages sont attachants, drôles …Et oui, dans l’adversité, n’importe qui se prend à parler au voisin au visage fermé et rembruni qu’il croise depuis des années. Une belle histoire d’humanité avec de l’humour : des sentiments décrits sans mièvrerie, un rythme entraînant, une écriture qui se boit comme du petit lait.

Alors, oui, c’est un livre avec une happy end mais pourquoi se priver d’une lecture qui nous remplit de bonheur et de gaité ?

Merci à Canel pour le prêt et merci Monsieur Szalowski pour ce livre!

Amour, gloire et beauté ....



Amour, passion ravageuse, gloire et beauté, des hommes aux physiques de rêve dignes de Dieux Grecs, des femmes sensuelles (croisement d'une barbie, d'une gazelle et d'un top-model)... Ils reviennent !!!!

Scènes d'amour torrides, sensualité, attention, ça va chauffer !!!!

Eh oui, je me suis inscrite chez Fashion et Chiffonnette, non pas pour lire un Harlequin, mais pour écrire une nouvelle digne de ce nom...

Attention, les Harlequinades 2010 seront agrémentées de ma plume et de mes fantasmes...

JM Erre - Made in China


Editeur : Points- Date de parution : 15/04/2010 - 220 pages pour travailler les zygomatiques...

Avertissement : lisez ce livre dans une pièce à isolation acoustique renforcée sous peine de vous retrouver dans une jolie camisole.

Toussaint Legoupil part en Chine enquêter sur sa naissance. Il est le fils adoptif de Mado spécialiste en chantage affectif, ex-bombonne d’hormone sexuelles sur jambes et de Léon, maire de la commune de Croquefigue-en-Provence. Croquefigue-en-Provence? Paisible commune de Provence où une secte au doux nom de MINOU qui voue un culte à Claude François s’est installée… Quoi de plus normal, me direz nous ?

Notre Toussaint mesure 1m 80 et est noir. Quoi de plus normal pour un asiatique me direz vous ?

Bien qu’ayant 25 ans, il réussit à échapper à la vigilance de sa mère. Toussaint arrive finalement à partir en Chine accompagné de Mimi Labrousse qui s’adonne à la musique sans oublier son adorable petite bêbête de compagnie : une chauve-souris.
En Chine, Sue Ellen, une panda femelle tombe amoureuse de Toussaint. Celui-ci qui passe à un nuit avec un travesti et se retrouve dans un orphelinat accompagné de Religieuses pas très catholiques et rencontre Mr Tao qui s’exprime comme Molière…

Quoi de plus normal me direz vous ?
Oui, car c’est déjanté !
Et pour écrire un livre aussi drôle et loufoque, l’auteur du récit qui n’est pas écrivain s’est aidé des manuels indispensables : la Bible de l’écrivain débutant, Ecrire un roman? Fastoche ! et La Littérature en kit. Aussi, il nous explique à nous lecteurs pourquoi son choix s’est porté sur telle métaphore par exemple .

Rassurez-vous, chers amis lecteurs, JM Erre nous confie à la fin du livre le nom de l’auteur de ce roman et une des chansons les plus célèbres de Mimi.

Pour les lecteurs impatients et aimants le jeu de l’oie, le livre peut être lu de façon interactive ! Vous décidez que Toussaint va passer l’après-midi dans sa chambre, très bien ! Rendez-vous à la page 139 pour la sieste assassinée.

Hilarant, loufoque, léger mais sans jamais tomber dans l’humour lourd ou gras, j’ai travaillé et musclé mes zygomatiques !

J’avoue une préférence pour l’histoire de série Z. Mais je vous laisse car je dois me procurer un certificat de bonne moralité … Lisez le livre et vous saurez pourquoi !

Merci à Gwen de m’avoir offert ce livre burlesque ! Et pour cette lecture commune, les avis de Pickwick et de Keisha qui a converti la blogo à JM Erre…

jeudi 15 juillet 2010

Jean-Marie Gourio - Alice dans les livres


Editeur : Julliard - Date de parution : 2005 - 134 pages

"Et moi, je suis une petite fille de six ans sous morphine. Je me prénomme Alice. Je suis à l’hôpital. Et je vais guérir(…) Tous les jours papa vient me voir et il me lit un livre, un seul, qui s’appelle "Alice au pays des Merveilles". Papa dit que je ressemble à Alice (…) je n’ai plus mes boucles couleurs de l’or."

"Et si moi, papa, je veux mourir à la maison avec toi. Non. Les petites filles ne meurent pas. Il joint les mains. Il se balance. Il prie."

Alice a six ans. Alice à l’âge de s’émerveiller, d’aller à l’école, de rêver, de découvrir la vie. Mais la vie a en décidé autrement. Elle doit se battre contre la maladie, prisonnière d’un corps malade. Alice est clouée au pays de l’Hôpital, un pays rythmé par le ballet des infirmières et des médecins.
Un pays où les mots souffrance, morphine viennent s’immiscer.

Pour échapper à la maladie, il y a Alice des pays des Merveilles. Le lapin Blanc l’entraîne dans d’autres mondes, d’autres histoires issues des livres.
Course poursuite contre la mort et la maladie, Alice chevauche les mots pour s’échapper et croise Alice du conte.

Parler d’un enfant malade est un sujet délicat, sensible. Jean- Marie Gourio nous fait partager l’univers d’Alice où la peur de mourir existe.

Un livre où réalité, fiction se croisent, s’enchevêtrent pour éviter toute brutalité… Beaucoup d'émotion et des larmes ont coulé le long de mes joues.

A tout âge, les mots et les histoires sont des alliés pour combattre la maladie.


« Dans tout l’hôpital c’est le silence. Les couloirs en sont remplis comme d’une eau. La douleur vit bien dans ces silences. Le vide la met en valeur. L’aiguise. La rend plus perforante encore qu’elle ne l’est le jour. Le silence plaque sa main sur les bouches. Le silence des drogue entretient le silence des douleurs. »

Merci à Florinette d’avoir fait voyagé ce livre jusqu’ à moi. Restling n’a pas pu le terminer … Fattorius en parle magnifiquement

Annie Proulx - Nouvelles histoires du Wyoming


Collection : Le Livre de poche - Date de parution : 03/06/2009- 307 pages d'immersion dans le Wyoming...

Onze nouvelles où l’on découvre le Wyoming, ses us et coutumes...
Immersion totale garantie dans un village perdu d’Elk Tooth avec les chevaux, la barmaid de choc et les ranchs. A travers ces récits, on découvre la vie de l'avocat héritier d'une famille d'amoureux de polo et de pur-sang, le routier roublard et alcoolique et les quelques âmes désœuvrées qui y habitent.

J’ai souri à la lecture de la première nouvelle "le trou de l’enfer" et bien qu’ayant fragmenté ma lecture, je me suis vite lassée de ces personnages et surtout du Wyoming. Inutile de m’offrir un voyage là bas, je n’ai aucune envie d’y mettre les pieds ! Le Wyoming, ce n’est pas pour moi et j'ai développé une allergie!

Les dialogues m’ont fait penser à ceux du livre les Misfits d’Arthur Miller reprenant les mêmes expressions et jurons. Mais, Annie Proulx creuse l’aspect psychologique de ces personnages. Malheureusement, ça n’a pas été suffisant pour moi….

Bientôt d'autres avis chez l'ami BOB qui grâce à ce partenariat m'a offert la possibilité de découvrir cette auteure.

mercredi 14 juillet 2010

Eliette Abécassis - La Répudiée


Editeur : Le Livre de Poche - Date de parution : 08/2007 - 124 pages d'amour et de lois hassidiques...

Extrait de la 4ème de couverture :
Au premier regard, Rachel a aimé Nathan, le mari qu’on lui destinait. Et c’est avec bonheur qu’elle a accepté son destin de femme pieuse dans ce quartier traditionaliste de Méa Shéarim, à Jérusalem, où elle a grandi. Mais au fil des années se dessine le drame qui la brisera : le couple n’a pas d’enfant. Et la loi hassidique donne au mari, au bout de dix ans, la possibilité de répudier la femme stérile.

Quelques explications avant tout ...
Le mouvement hassidique est unique en mettant l'accent sur le respect de la joie de commandements de Dieu (mitzvot), la prière du cœur et l'amour infini de Dieu et le monde qu'il a créé. Beaucoup d'idées pour hassidisme dérivés de la mystique juive (la Kabbale).Ce mouvement Hassidique est un mouvement ultra-orthodoxe du Judaïsme.

Dès les premières pages, j'ai été surprise par le style très épuré et dépouillé de ce livre. Mais comme Rachel vit dans le respect des lois Hassidiques, cette écriture convient pour montrer la soumission de cette jeune femme. Très croyante, baignée dans la foi, Rachel aime son époux Nathan d'un amour inconditionnel même si elle ne l'a pas choisi. Au bout de 10 ans de mariage, elle n'a toujours pas donné de descendance et elle sait que Nathan peut de ce fait choisir une autre femme. Nathan étudie les textes sacrés à longueur de journée et prie. Tout acte est régi selon les lois Hassidiques : les repas, l'amour et la condition de la femme est à l'opposé de notre image...
Rachel se retrouve confronté à un dilemme : respecter sa religion, sa foi ou la braver. A travers la soeur de Rachel, on perçoit un début d'émancipation dans les générations plus jeunes.

Ce livre pointe la fonction de la femme qui n'a aucun droit et qui est prisonnière de sa foi. Mais, pour moi, le mot Religion rime avec "dérive" et "intégrisme" quels que soient le Dieu, les textes dans lesquels l'Homme a foi..

Un livre touchant où l'amour ne pèse pas lourd et est balayé par des lois érigées selon une Religion...

D'autres avis chez l'ami BOB

mardi 13 juillet 2010

Je suis heureuse...

... de vous présenter les nouveaux petits de ma PAL :



La PAL se porte bien et est ravie de ses nouveaux rejetons!

Le cher disparu - Evelyn Waugh
Avec le temps - Michel Tréguer Retiré d'ici peu de la vente
Blessés - Percival Everett
Mélancolie de la masse critique - Christophe Paviot
Médiator 150 mg - Irène Frachon
Les pleurantes des rues de Pragues - Sylvie Germain
Le cœur cousu - Carole Martinez
Oscar et la dame rose - Eric-Emmanuel Schmitt
La musique d'une vie - Andreï Makine
Le jardin forteresse - Claude Pujade-Renaud
Made in China - JM Erre
Ma vie Balanga - Marceline Loridan-Ivens Livre prêté
L'origine de la violence- Fabrice Humbert
Je viens d'ailleurs - Chahdortt Djavann
La nuit des calligraphes - Yasmine Ghata
La jeune fille à la perle- Tracy Chevalier

Le livre de Michel Tréguer est retiré de le vente suite à un procès. Extrait de l'article du Télégramme du 6 juillet 2010 : " Le juge a estimé que l'équilibre entre liberté d'expression et respect de la vie privée penchait en faveur du plaignant, un homme dont le livre révélait qu'il était le fruit d'amours entre un soldat allemand et une jeune française, pendant l'occupation, à Bourg-Blanc. "

Les éditions Dialogues se retrouvent donc avec 1 200 livres invendables...

Nathacha Appanah - La noce d'Anna


Editeur : Gallimard - Date de parution : 15/05/2009 - Collection Folio - 178 pages magnifiques...

Sonia, 42 ans, marie sa fille unique Anna. Sur une journée, Sonia plonge dans ses souvenirs. Elle nous raconte sa liaison avec Matthew, son amour de jeunesse, puis la naissance d’Anna, ses peurs, sa vie de mère-célibataire, ses doutes et ses envies.

Ne vous arrêtez à ces deux lignes sommaire de résumé car ce livre est un coup de coeur ! J’y ai trouvé tellement d’échos, je me suis si souvent identifiée à Sonia que j’ai terminé ce livre avec des grosses larmes qui coulaient sur les joues. Sonia est une mère libre dans le sens où elle n’aime pas les conventions. Hors Anna a prévu un grand mariage où rien n’est laissé au hasard, tout ce que Sonia n’aime pas. Elle se sent souvent différente et surtout en sa qualité de mère. L’impression de ne n’avoir pas été une maman parfaite : topo de la maman qui prépare des bon gâteaux, qui est à 5h00 pétantes devant les grille de l’école et qui sait comment toujours comment élever ses enfants. Anna est l'opposé de sa amère : elle aime l’ordre, l’organisation et souvent elle endosse le rôle de mère : « ne fais pas ci, ça fait désordre ou habits toi comme ça ». Sonia n’est pas fantasque mais elle possède un côté « je vis pour moi et pas pour les apparences ou pour les autres ».

A travers Sonia et ses questionnements, je me suis reconnue. Car lors du mariage d’Anne, toutes ses interrogations remontent à la surface mais jamais sans aigreur ou amertume. Sonia possède de d’humour, un franc-parler et sous sa carapace, elle est très sensible.

Sonia évoque un jour où un vigile de sécurité ne croyait pas qu’Anna était sa fille et la douleur qu’elle a ressentie. Sonia a la peau matte, des cheveux noirs et Anna petite était blonde et possédait un teint de porcelaine. Je l’ai vécu cette situation plusieurs fois avec Fifille Ado. Mais la première fois m’est restée gravée à jamais et je connais ce mal qui donne envie d’hurler.

Au fil de la journée qui s’égrène, Sonia va se rendre compte qu’Anna lui ressemble même si ses choix sont différents des siens.

Le tout est écrit avec finesse et d'une manière très juste ....

A travers Sonia, on retrouve les relations mères-filles et des questions que l’on se pose un jour ou l’autre…

Un gros coup de cœur sincère, rempli d’émotions et de sensibilité !


Merci à Canel de m’avoir offert ce livre, les avis enthousiastes de Sylire, Chaplum et d’autres billets chez BOB.

lundi 12 juillet 2010

Qui veut gagner des livres ?

Un jeu concours pour gagner 5 exemplaires du livre « Un jour en mai » de George Pelecanos dans la collection Polar aux éditions


Ca vous tente?

Alors, lisez la suite.

Un concours sans question ce serait comme Questions pour un champion sans Julien Lepers. Aussi, après cogité longuement et mis à rude épreuve mes neurones, voici les fameuses questions. Attention, on ne s'éclate pas à la main à appuyer sur le buzzer.

Question numéro 1 :
quel est mon chanteur chouchou ?

Question numéro 2 :
combien y a-t-il de bars/cafés/ épicerie-dépot pains-tabac en Bretagne? Je sais c'est dur alors, je la remplace par une autre.
Quel est le lieu de Brest que je préfère : le port de plaisance ou le port de commerce ?

Question numéro 3 :
Hormis la lecture, quelle est mon autre passion?

Les réponses sont à envoyer jusqu'au 30 juillet par commentaires.
Le 31, je procéderai au tirage au sort de ma main innocente et sous l'œil attentif d'huissiers...

Je vous l'accorde le concours est difficile...

Concours gratuit et sans obligation d'achat ouvert à toute personne possédant un blog

Fatou Diome/Titouan Lamazou - Le vieil homme sur la barque


Editeur : Naïve - Date de parution : 21/04/2010 - 45 pages très belles...


Juste un extrait qui en dit long sur ce texte de Fatou Diome illustré par des dessins de Titouan Lamazou :

"Lire, c'est oser le vertige. On peut lire, comme on s'incline, révérencieux, ébloui par la fulgurance d'un bel esprit. Aveuglement ! Qui ne me guide pas me perd ! Or, je veux seulement trouver mon chemin. Qu'on nous laisse donc un œil ouvert!"

Ce livre est un très bel hommage rendu par Fatou Diome à son grand-père de sang et à Hemingway . Ces deux hommes ont beaucoup compté pour cetta auteure et avec sa très belle écriture, elle nous le raconte.
Les dessins sont purs et appuient les mots de Fatou Diome.

Qu'on se le rappelle : qu'importe le sang qui coule nos veines, qu'importe notre couleur de peau ou notre condition sociale, les livres ne connaissent ni le racisme ni la différence...

Merci à Sylire pour ce livre qui m'a énormément touchée...

dimanche 11 juillet 2010

Parce que ...

« Il ne faut pas aimer les livres en égoïste. Pas plus les livres qu'autre chose, en fait. Nous ne sommes sur terre que pour être passeurs, voyez-vous..." *

Je mets La porte des enfers de Laurent Gaudé en livre voyageur.

* : extrait de La tête en friche de Marie-Sabine Roger

Laurent Gaudé - La porte des enfers


Editeur : Actes Sud (Babel)- Date de parution : 29/05/2010 - 267 pages d'une histoire bouleversante

Une première rencontre avec Laurent Gaudé et qui ne sera pas la dernière.
Je voulais un auteur que je n'ai jamais lu , une belle écriture, une histoire qui me harponne... Karine de chez Dialogues m'a tendu ce livre.
Quand je l'ai commencé, j'étais loin de m'imaginer que j'allais vivre un voyage très fort...

2002, dans un restaurant de Naples, Filippo Scalfaro accomplit une vengeance. Il poignarde un client, le traîne jusqu'au cimetière sur un tombe. Il lui coupe deux doigts et le laisse agoniser.
1980, Naples, Matteo emmène son fils Pippo âgé de 6 ans à l'école. Le petit garçon traîne un peu en chemin, il faut se dépêcher. Une fusillade éclate, Matteo essaie de protéger son fils mais Pippo meurt.

Comment survivre à après la mort injuste de son enfant? L'enfer commence pour le couple. Guiliana est anéantie et devient indifférente à Matteo.
Matteo passe ses nuits à bord de son taxi, parcourant Naples sans but précis. Un soir, il fait la connaissance de Grace, une prostituée qui travaille dans les bas fonds de la ville.
Dans un café , Grace lui présente le curé don Mazerotti qui apporte son soutien aux pauvres et aux laissés pour compte. Mais surtout, il rencontre le professeur Provolone qui connaît les portes d'entrée d'où l'on peut accéder au monde des morts. Matteo suivi de don Mazerotti va s'y rendre pour ramener son fils.

Avec ce roman, on suit au fil des chapitres plusieurs personnages : Guiliana , Matteo et Filippo.
Guliana tient Matteo responsable de la mort de son fils. Elle lui demande réparation, vengeance. Mattao n' y parviendra pas et Guiliana partira. Femme brisée, emmurée dans son deuil, elle renonce à la vie et s'abandonne à la démence pour ne plus avoir mal.
Matteo porte le lourd fardeau de la culpabilité et ramener son fils du monde des morts va lui permettre de réparer sa faute.
Filippo n'est autre que le petit Pippo revenu de ce monde à part.

Tous le sentiments sont portés sans une seule fausse note par l'écriture de Laurent Gaudé. Je suis rentrée dans l'intimité des personnages, j'ai ressenti leurs émotions : symbiose parfaite. Et puis, il y a Naples et la description époustouflante du monde des morts. J'ai retenu mon souffle et j'ai à mon tour découvert ce monde surgit des entrailles de la terre. Jamais, l'auteur ne sombre dans la glauque ou le pathos... un tour de force sur des sujets aussi durs.

Et, j'ai été bouleversée par ce livre qui est un coup de coeur!

J'ai attendu plusieurs jours avant de rédiger mon billet car j'étais, une fois de plus, submergée d'émotions. Il a fallu que je m'en déleste peu à peu...

Un livre puissant et magnifique !

Beaucoup d'avis répertiorés chez l'ami BOB.

samedi 10 juillet 2010

Marie-Florence Gros - Tout contre




Andrea, écrivain, voit son voisin Nestor se faire renverser par une voiture sous yeux. Inquiète pour lui, elle va prendre de ses nouvelles.
Nestor, journaliste, enquête sur un trafic de filles de l'Est. Et, il rencontre Andreas dans d'autres circonstances...
Tous les deux s'aiment, vivent ensemble mais les aiguilles du temps se croisent, interfèrent dans la réalité. Est ce que la croisée des temps peut condamner leur amour?

Quand j'ai commencé le livre, j'étais enthousiaste : une construction originale qui sort des sentiers battus et une écriture très plaisante. Mais au fil des pages, je me suis questionnée sur cet imbroglio temporel et finalement c'est moi qui suis restée sur le bas côté de la route...

Pourtant, l'écriture de Marie-Forence Gros m'a ravie mais ce n'était pas suffisant.

Un rendez-vous raté avec ce roman qui joue avec le temps....

Merci à Keisha qui le fait voyager.
Les avis sont variés : Antigone, Liliba , Pascale, Chris89 de BiBlio

vendredi 9 juillet 2010

Fatou Diome - Celles qui attendent


Editeur : Flammarion - Date de parution : août 2010- 334 pages magnifiques et puissantes...

Sur une île où le travail est absent, l’Europe est convoitée par des hommes prêts à l’affronter pour gagner un rivage, une terre qu’ils espèrent meilleurs. Les fils, les maris partent laissant des femmes derrière eux. Ces femme, ce sont Arame et Bougna, mères de Lamine et Issa qui vont partir sous la cape de la clandestinité. Arame est réticente à de départ de projet même si ses dettes chez Abdou le commerçant ne font que s’accroître. L’Océan lui a déjà pris son autre fils et ses petits enfants sont à sa charge. Autant de bouches à nourrir mais qui lui donnent de la joie et la force de vivre ou de survivre « La survie, justement. Partout elle demande un effort, mais il des contrées où l’on côtoie tellement la mort que la survie elle-même semble un pied de nez fait à la vie. Sur ce coin de la planète, où les maigres productions journalières sont destinées à une consommation immédiate, la sérénité du lendemain n’est jamais assurée ».

Bougna est en guerre permanente contre la coépouse de son mari, jalousies de femmes entretenues par la polygamie du mari. Arame supporte son mari Koromâk , cloué au lit par l’arthrose et déversant son fiel. Un mari qu’elle n’avait pas choisi mais avec qui elle doit faire. De toute façon, jamais on ne se plaint ou alors en silence « alors, au lieu de râler devant plus souffreteux que soi, on mord le mouchoir et on trime du matin au soir. Pour beaucoup, vivre se résume à essayer de vivre. »

Lamine et Issa laisseront leurs jeunes épouses Coumba et Daba derrière eux. Bercées de rêves et d’amour comme toute jeune fille, leur quotidien est autre. Les devoirs imposés aux belles-filles ne sont pas de tout repos. Cuisiner, laver, nettoyer pour toute la famille et sans jamais broncher. L’Europe est la femme rivale qui leur a prise leur mari.

Les mères trompent leur peur de ne pas voir revenir les fils, les jeunes épouses attendent la présence de leur mari... Un seul mot pour elles attendre qui se décline au fil des saisons.

Les années passent, Issa et Lamine ne sont toujours revenus. Mais la vie n’attend pas, le fils d’Issa grandit et Daba voudrait connaître l’amour. Issa et Lamine découvrent la condition d’être clandestin en Espagne : la quête aux papiers et au travail.

Loin des émigrés, les amours varient, les secrets de famille affleurent. Les petites et grandes trahisons vont alimenter la chronique sociale du village et déterminer la nature des retrouvailles.
Le visage qu'on retrouve n'est pas forcément celui qu'on attendait .

De Fatou Diome, j’avais lu « Le ventre de l’Atlantique » et "La préférence nationale et autres nouvelles" . C’est une auteure que j’admire et que j’affectionne.

Avec « celles qui attendent», Fatou Diome nous fait partager l’intimité, le quotidien de ces femmes. Femmes courageuses, femmes de caractère et « parce qu’elles savent tout de l’attente, elles connaissent le prix de l’amour.» Un prix élevé fait de sacrifices.

Fatou Diome, c’est d’abord une écriture exceptionnelle. Chantante comme le fleuve Sénégal, véhiculant un phrasé riche comme une belle musique. Musique dont le tempo s’accorde, se modifie selon la vie des iles du Sénégal. Une écriture qui a la force de l’Atlantique en colère pour s’indigner ou dénoncer.

Pas de jérémiades ou de complaintes, Fatou Diomé décrit avec une verve ardente les travers des situations économiques de ce monde. Quand elle parle de son pays c’est toujours avec amour et avec le recul qui lui permet de pointer du doigt les failles. De son écriture coulent beaucoup de constats amers ou remplis de sagesse mais toujours très justes.

Ce livre est un hymne à ces femmes et on ne peut que se sentir humble et respectueux devant elles.

Un très gros coup de cœur pour ce livre qui fait partie de la rentrée littéraire !


Choisir un seul extrait est difficile car l’ensemble du livre est d’une beauté et d’une puissance incroyable !

« La vie, c’était simplement une barque où elles appréciaient le bonheur de ramer ensemble. Comme toutes les femmes de l’île, elles savaient qu’affronter la houle faisait partie de leur sort. »

Un grand merci à Dialogues croisés et son opération rentrée littéraire 2010 pour cette lecture.

jeudi 8 juillet 2010

Alan Bennett- La Reine des lectrices


Editeur : Gallimard - Date de parution : 07/05/2010 -Collection : Folio - 121 pages exquises...

Grâce à ce livre, je sais désormais pourquoi lorsque nous sommes allés à Londres, nous n’avons pas pu voir la Reine. Je pensais qu’elle essayait de trouver un chapeau pour sa tenue ou encore qu’elle s’entretenait avec le premier Ministre. Que nenni ! La Reine lisait ! Si !

A cause de ses chiens, la Reine a découvert dans la cour de Buckingham Palace le bibliobus. Par politesse, elle va emprunter un premier livre : « La lecture ne l’avait jamais beaucoup intéressée. Il lui arrivait bien sûr de lire comme tout le monde, mais l’amour des livres était un passe temps qu’elle laissait volontiers aux autres ».

Ce premier ne sera pas le dernier car la Reine se découvre une véritable passion pour la lecture. Comme nous, elle établit des LAL, planque son livre sous les coussins de son carrosse. Elle en vient même à délaisser ses obligations pour se consacrer à la lecture.

Truculent, léger et drôle, humour délicieux, ce livre est un régal !

« Ayant mené une existence à part, elle se rendait compte à présent qu’elle désirait ardemment éprouver un tel sentiment : elle pouvait parcourir toutes ces pages, l’espace contenu entre les couvertures de tous ces livres, sans qu’on la reconnaisse.»

« Elle découvrit également que chaque livre l'entraînait vers d'autres livres, que les portes ne cessaient de s'ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n'étaient pas assez longues pour lire autant qu'elle l'aurait voulu. »

Quelques autres avis: Canel, Lasardine ( la Ronde des post-it), Keisha, Gambadou...

Un grand merci à Livraddict et aux éditions Folio pour ce partenariat !
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