mardi 31 août 2010

Des chroniques mises à l'honneur

Dans la lettre mensuelle  de Dialogues, on trouve désormais des chroniques des membres  du club  des lecteurs croisés . Et surprise, dans ce numéro de septembre, , il y a mon billet sur Celles qui attendent de Fatou Diome  et celui  d'Yvon sur le livre Incident de personne d'Eric Pessan. 

Comment cette lettre s'est retrouvée entre mes mains? Je me confesse. Hier, j'ai été chez Dialogues et ma PAL a pris quelques centimètres.... 

Et sur le site du Cercle Points, ma chronique sur Démon de Thierry Hesse est mise à l'honneur ici :


Jonathan Coe- La pluie, avant qu'elle tombe


Editeur : Gallimard - Date de parution : 04/2010 - 267 pages

Avant de mourir, Rosamond  a laissé des cassettes enregistrées à l'attention d' une dénommée Imogen. Sa nièce Gill se rappelle vaguement d'une petite fille aveugle rencontrée lors d'un anniversaire, il y a bien longtemps. Gill décide d'écouter les enregistrements. Rosamond y raconte l'histoire d'Imogen à travers trois génerations de femmes en décrivant vingt photos.

Avec des « si »on mettrait Paris en bouteille...

Si je n'avais pas été limité à un poids de bagage pour notre départ en vacances, je n’aurai pas lu ce livre. Et oui, en fin de semaine dernière, je me suis retrouvée en panne de lecture… le comble! Et si le bureau de presse n'avait pas eu ce livre parmi les guides touristiques et les dix meilleures recettes de bouillabaisse, je ne l'aurai pas acheté. Heureusement, la couverture m’a attirée … j’arrête donc avec mes «si » (et là, soupirs de soulagement de votre part).

Avertissement : une fois qu’on commence ce livre, c’est trop tard… on ne peut plus s’arrêter.

Je n‘ai pas lu ce livre, non, j’ai écouté Rosamond me parler comme si j’étais Imogen. Rosamond décrit avec précision et minutie chaque photo. Sans les voir sous les yeux, je les ai imaginées. La trame de ce livre est inhabituelle car la narratrice est la voix d’une défunte qui choisit des photos pour expliquer à Imogen, aveugle, l’histoire de sa famille. Et bingo, j’ai été captivée par les vies de ces femmes liées à celles de Rosamond.

On remonte le fil du temps et on suit Rosamond enfant et sa cousine Beatrix. Mariée, Béatrix aura une première fille Théa qui elle-même donnera naissance à Imogen. Souvent l’histoire se répète d’une génération à l’autre, une hérédité plus lourde à porter et à assumer ou comme si le destin s’acharnait toujours sur les mêmes.

La vie de Rosamond sera mêlée à celle de chacune de ces trois femmes : amour, malheur, … Femme sensible, elle « portera » ces vies comme la sienne.

Je vous rassure ce n’est pas une lecture larmoyante ! Non, elle est juste très bien racontée car l’écriture est limpide et accroche le lecteur .

Seules les coïncidences racontées par Gill, la nièce de Rosamond, me sont apparues tirées par les cheveux. Mais, la vie est souvent un amalgame de circonstances, de coïncidences et de gênes…( pour ce dernier point, la passionnée de généalogie que je suis en est convaincue)

Une belle lecture qui m’a donnée envie de lire d’autres livres de cet auteur !

D’autres avis : Dasola, Cathulu, Keisha…qui d’autre ?

lundi 30 août 2010

Aki Shimazaki - Zakuro

Editeur : ACTES SUD - Date de parution : 03/02/2009 - 160 pages

Extrait de la quatrième de couverture :
La dernière fois que Tsuyoshi Toda a vu son père, c’était en 1942, quand ce dernier partait travailler en Mandchourie, d’où il a été déporté en Sibérie après la fin de la guerre. Vingt-cinq ans plus tard, alors que sa mère sombre peu à peu dans les errances de l’alzheimer tout en conservant l’espoir de revoir un jour son mari, Tsuyoshi apprend que son père, porté disparu, est vivant au Japon.

Quel plaisir de retrouver la plume délicate d'Aki Shimazaki !

Tsuyoshi qui croyait son père mort apprend qu'il est vivant et remarié. Que faire?   Le revoir  sans mettre au courant sa famille  Pour lui, l'essentiel est que sa mère puisse le revoir une dernière fois avant de mourir. Par respect et  par amour pour  sa mère désormais agée et atteinte d'Alzheimer, il organisera une rencontre entre elle et son mari
Etonnamment, Tsuyoshi  n'éprouve ni rancoeur ni colère  envers son père. Et au contraire, il comprend les raisons qui l'ont poussé à ne pas retrouver sa famille lors de son retour de Sibérie.
 
Ce livre m'a permis de découvrir un pan de l'histoire du Japon que je ne connaissais pas. Pendant la seconde guerre mondiale, plus de 600 000 Japonais ont été déportés en Sibérie pour exécuter des travaux forcés. Beaucoup y sont morts...
Avec Zakuro ( qui veut dire grenade) , on découvre que le Japon  lui-même a voulu bannir, oublier  cet épisode de son Histoire. 

Une fois de plus, Aki Shimazaki fait passer beaucoup d'émotions à travers l'histoire de son pays.
Pour  ceux qui ont lu Le poids des secrets, l'écriture ici est beaucoup moins minimaliste.
In the mood for Japan






dimanche 29 août 2010

"Vivement l'avenir" voyage

Je mets en livre voyageur Vivement l'avenir de Marie-Sabine Roger.
Qui veut le lire ?

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Voili, voilà....

Amanda Smyth - Black Rock

Editeur : Phebus – Date de parution : 26/08/2010 – 349 pages qui se lisent toutes seules et un très beau roman…


1955, Tobago, depuis sa naissance, Célia est élevée par sa tante Tassi. Sa mère est morte en lui donnant le jour et son père vit à Southampton en Angleterre. Entourée de ses deux cousines Vera et Violet, Celia possède un esprit vif et curieux. Son rêve est de partir de Black Rock et de rejoindre l’Angleterre. Célia déteste le second mari Roman de sa tante : un individu sans vergogne, alcoolique et coureur de jupons. En devenant une jeune fille, Roman se montre de plus en plus intéressé par les charmes de Celia. A 16 ans, il la viole. Celia s’enfuit de Black Rock et s’embarque pour Trinité là où sa tante Sula habite. Elle se fait engager en tant que domestique dans la famille du docteur Rodriguez.


Premier Avertissement : surtout ne lisez pas la quatrième de couverture qui en dit beaucoup trop !

Second Avertissement : une fois qu’on commence cette lecture, on ne la lâche plus…



J’ai aimé ce livre, oh que oui ! Et j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre le parcours de Célia. Car malgré le sort qui s’acharne sur elle, Celia fait preuve de courage et d’intelligence. Bien que traumatisée par son viol, elle va découvrir progressivement et tout en en douceur l’amour physique. Mais l’homme qu’elle aime est marié et chargé de famille. Animée d’une vengeance sourde envers Roman, elle se construit et apprend à composer malgré sa couleur de peau et son emploi. Et là, je sais que vous allez dire « mais ce livre n’a rien de nouveau, ce sont des thèmes récurrents ». Oui, les sujets abordés ne sont pas nouveaux : les différences entre les personnes de couleur, l’amour (qui fait tourner le monde depuis toujours), les sentiments… Mais, toute la différence est dans le style.


L’écriture d’Amanda Smyth est harmonieuse, un vrai délice ! Un style qui m’a captivée et transportée.


Un très, très beau roman qui m’a enchantée! Voilà… maintenant, vous savez ce qui vous reste à faire …


Je remercie les éditions Phebus pour ce livre.
Et un de plus :


Challenge 1% rentrée littéraire

samedi 28 août 2010

PAL carencée ou anémique? la solution !

Il y a quelques semaines Herisson08 a proposé un outil "augmenteur de PAL ".

Rappel du principe très bien expliqué de Sandrine (SD49) chez qui je me suis inscrite :

Vous envoyez UN livre, et vous faites passer la chaine à 6 personnes volontaires, qui elles même là font passer à 6 autres personnes. Ce sont ces personnes là qui vous envoie un livre...

Vous recevez donc... 36 livres !
Pour que ça marche il faut que tout le monde joue le jeu, ce qui signifie qu'il vaut mieux demander aux 6 personnes plutôt que de leur donner la chaine de force. De plus il n'y a aucune assurance de recevoir 36 livres, puisque certaines personnes peuvent arrêter la chaine... mais même si seulement la moitié joue le jeu, c'est déjà largement assez énorme pour nos PAL.


Les adresses restent personnelles, on évite donc de les afficher sur des blogs ou forum, on les transmet uniquement par mail, et on essaye de rester en contact pour savoir ce que la chaine devient.


Katell et  Sofynet  se sont inscrites donc il reste de la place.

Inscriptions par commentaire à ce billet !

Que de gentils commentaires... chouette!

Vu les commentaires que j'ai reçu suite à mon billet sur le livre d' Ann Scott - A la folle jeunesse,  lecture  abandonnée, je préfère supprimer mon billet.

Juste des  extraits de ces commentaires:
Chère Clara,

Vous allez voir que je ne suis pas un chic type.
Vous n'avez pas aimé ce roman et vous l'avez écrit, mais avec peu de talent. Ce qui est courageux.
Je me demande d'ailleurs comment on peut oser dire autant de conneries sur un livre que l'on a abandonné.
Et ne montez pas sur vos grands chevaux, s'il vous plait !
Vous avez écrit de la merde sur un livre brillant et ce n'est pas admissible !
Mais sachez que vous êtes bien moins pathétique que vos suiveuses.
Cordialement,
Albert.

Bonjour Clara,

Moi je suis un chic type. Je vous donne l'adresse du Twitter de L**** où elle vient de poster votre blog comme ca vous saurez d'où ca vient si la moitié de la twittosphère vous tombe dessus pendant le week end. A moins que tous choisissent de respecter votre immense professionnalisme.
Sachez que (j'ai effacé le nom de la blogueuse) est un traitre, il a trouvé ce livre intéressant sur un autre blog.
Bertrand, un chic type.

Bonjour,

Il est balaise l'article que vous avez écrit.
Vous avez dû réfléchir pour ça ou alors vous vous êtes basé sur un journaliste de télé 7 jours?
Non car c'est quand même excellent de ne pas savoir de quoi on parle,et encore plus de ne jamais avoir lu ann scott...
Vous êtes un journaliste raté qui se recicle sur twitter c'est ça?
Bien vu,c'est une réussite.
Et tant mieux qu'il y ait des personnes comme vous.Moi ça me donn enecore plus envie de tous les lire.

Et, un commentaire que j'ai supprimé où l'on compare ma famille à la famille Bidochon...

Donc je dis no comment...

Sous le soleil exactement...

Toujours en vacances et un accès internet aujourd'hui ( via l’Ipod de Monsieur)…

Samedi dernier, nous sommes montés dans l’avion sous le crachin et sans aucun remord. Le commandant a annoncé une heure vingt de vol pour arriver à Marseille où la température était de 34 degrés. Vous vous doutez bien que ce chiffre a provoqué une salve d’applaudissements parmi les rangées de passagers… j’ai juste prononcé un génial mais semble-t-il assez fort car les Fifillles m’ont dit « chut , maman, c’est la honte ») .
Le choc thermique a eu lieu dès que nous avons posé les pieds sur le tarmac de l’aéroport. L'effets s'est révélé non pas cinglant ou violent mais vraiment très agréable…


Des journées où l’on est en short et en t-shirt dès 7hoo du matin et jusqu’au soir. Penser « qu’est est ce qu’il fait chaud » mais sans le dire et savourer tous ces moments baignés par le soleil.
Le rythme des vacances qui s’installe sans horaires ou contraintes. Se laisser bercer par le chant des cigales, se promener dans la garrigue, lire et se rafraîchir. Rester dans l’eau même si c’est pour patauger ou ne rien faire sauf apprécier.
Et puis, il y a les gens du coin dont les mots chantent un accent gorgé de bonne humeur et de soleil.


Observer, écouter, humer pour se graver de belles images et que l’on espère indélébiles. Fermer les yeux pour bien s’en imprégner et pour pourvoir y piocher, plus tard, quand le besoin se fera sentir.


Mais demain, je serai contente de retrouver ma maison, mes toutous et mes autres animaux…
Un retour à la blogosphère en douceur : par contre, ne m’en voulez pas car je ne pourrai pas lire tous vos billets. Dépiler mes mails, y répondre… Bref, se remettre dans le bain de la blogosphère petit à petit…
Pour l’heure, je vous laisse pour aller me baigner….

vendredi 27 août 2010

Judith Perrignon - Les chagrins



Editeur : Stock - Date de parution : 18/08/2010- 208 pages

Angèle a été élevée jusqu'à l’âge de cinq ans par sa grand-mère Mila car sa mère Helena était en prison. De ce bâtiment où les femmes étaient emprisonnées, il ne reste rien. Un nouveau décor a pris place : des balançoires et des nouveaux quartiers. Helena s’est toujours montrée froide et distante avec Angèle. A la mort de sa mère, Angèle découvre dans des lettres qu’elle est née en prison. Angèle va tout faire pour découvrir l’histoire de sa mère et celle de naissance.

Malgré l’écriture fluide, je n’ai pas été convaincue par ce livre. Dès le début, Le rythme trop lent,à mon goût, instaure ajoute un parfum de mélancolie et de nostalgie au goût bien amer. Helena est froide, distante même avec sa propre fille Angèle comme si elle représentait un fardeau et non un espoir et l’avenir. L’histoire racontée par le journaliste qui avait suivi à l’époque le procès m’a semble irréelle. Seul personnage crédible et qui a retenu mon attention, la grand-mère de Mila : généreuse et attachante.

Je suis passée à côté de cette lecture et je n’ai ressenti que de l’indifférence…sans comprendre le chagrin d’Helena.

Ce livre a été chroniqué dans le cadre d’un partenariat avec le site
et dans le cadre de l’organisation du Grand Prix Littéraire du Web Cultura.



jeudi 26 août 2010

Thomas B. Reverdy - La montée des eaux



Editeur : POINTS – Date de parution : 26/08/2010- 142 pages d’une très belle découverte…

Dans un hiver interminable, la pluie ne cesse de tomber puissante et violente. Thomas se noie dans l’alcool, dérive dans la boisson pour surmonter le décès récent de sa mère et Eléonore son amour perdue. L’eau monte, les fleuves débordent et Thomas essaie ne pas sombrer pour ne pas se perdre.

Il existe de très belles découvertes fortuites ou hasardeuses. La montée des eaux en fait partie, j’ai lu ce livre en apnée charmée par l’écriture de Thomas B. Reverdy. Une écriture remarquable par sa construction et qui m’a submergée.

Dans l’appartement de sa mère, le contact, la vue des objets déclenche des souvenirs chez Thomas. Les souvenirs qui amènent le passé et le deuil pesant, insurmontable. L’alcool devient sa béquille quotidienne et l’océan dans lequel il plonge. D’Eléonore, il essaie de garder chaque mot de leur rencontre et les détails : trésor sublimé auquel se raccroche comme à une bouée de sauvetage.

Une très belle lecture où l’écriture devient maitresse, dominante et s’élève du récit, sensible, puissante, donnant encore plus de portée aux mots.

Quand j’avais le choix, je préférais , de loin, la côte en hiver, le pluie fine, le ciel gris, léger et dégradé confondu avec la mer bien avant l’horizon, la mer, la mer comme un grand lavoir à cerveaux brassant et ressassant inlassablement dans un bruit de verre pilé toutes les pensées qu’on lui confie et qu’elle nous emporte, la mer comme un tambour lent de lessiveuse à idées noires, gris et plate vue de la côte jusqu’autour de la terre.

Ce sont des villes d’attente et d’ennui, se dit-il, mesurés par des aiguilles aux horloges des gares, sous un ciel gris faible que vient percer l’aube, accordant un répit de lumière pâle, rose dans le ciel sous les nuages et bleue sur les façades, une trêve dans les jours et les nuits de pluie(…)

mercredi 25 août 2010

Marie-Sabine Roger - Vivement l'avenir


Editeur : ROUERGUE - Date de parution : 25/08/2010 - 302 pages d'humour et de bonheur...

Une petite ville de province coincée sous un ciel gris au nord de la France avec son canal et son poulailler industriel. Sur ce bout de terre qui est très loin de ressembler au paradis, Alex travaille en CCD au poulailler. Jeune femme de trente ans dont le physique se rapproche plus à celui d’un ado, elle loue une chambre chez un couple : Marlène dont la rancœur n’a d’égale que l’amertume et Bernard qui semble subir sa vie. Il y aussi Gérard le frère de Bernard. Handicapé sévère depuis sa naissance, Marlène le considère comme un boulet, un neuneu et un débile. Olivier dit le Mérou et Cédric passent leurs journées au bord du canal. Le Mérou tente d’y construire un barrage en y larguant ses cannettes de bières une fois bues. Cédric, le moral dans les chaussettes, sans emploi, quitté par ca copine, attend que les journées se passent.

Avec ce résumé, on pourrait croire à du Zola actuel mais ce serait sans compter sur l’humour et la verve de Marie-Sabine Roger !

Malgré sa carapace, Alex va commencer à s’occuper de Gérard qu’elle surnomme affectueusement Roswell. Elle lui raconte des histoires, écoute ses poèmes, rit avec lui mais surtout le considère comme une personne et non pas un monstre. Sauf que les petites attentions semées ici et là deviennent souvent des sentiments même si on veut garder ne pas s’attacher à personne. Avec un trolley bricolé, elle le promène au bord du canal. Ils vont faire la connaissance du Mérou dont le but de sa vie est son grand barrage en cannetes de bières et de Cédric qui a l’impression de s’être trompé de vie. Tous les quatre vont se vont se découvrir et commencer une nouvelle vie.
Le couple Marlène-Bernard vaut le détour ! Marlène serait prête à « perdre volontairement » Gérard mais elle se rebiffe d’indignation quand elle entend parler des animaux abandonnés. Bernard mutique n’attend rien de l’avenir. Marlène est plus bête que méchante et ressasse sa jeunesse, ses rêves avortés.

Avec ces personnages trentenaires, j’ai rigolé, j’ai souri, j’ai été ému (oui, tout ça) car ce sont la vie, l’espoir et les rêves qui l’emportent. L’apitoiement, le je-me-complais-dans-ma-galère sont bannis de ce livre. Et, ô joie, l’humour et l’ironie font mouche !

Marie-Sabine Roger nous dépeint la réalité de beaucoup de personnes qui galèrent et qui se demandent quel sera leur le lendemain. Comme dans La tête en friche, ses personnages semblent bruts de décoffrage, mais au fil des pages, les carapaces s’amenuisent, les masques tombent et nous révèlent des personnes sensibles ou attachantes, la tête remplie de rêves.

Alors, oui, j’ai aimé ce livre rempli d’humanité et je l’ai terminé avec un grand sourire aux lèvres ! Une belle histoire qui donne des ailes, du punch et qui redonne confiance et espoir.

Il ne faut pas passer à coté de cette lecture qui est une vraie bouffée d'optimisme et de bonheur !



Vous connaissez quelqu’un dont le rêve soit ça ? Vivre sa vie les deux pieds dans la merde, dans cette odeur pourrie des poulaillers industriels ?

Marlène elle a le vin récapitulatif.

Le Mérou, il a décidé depuis longtemps qu’après lui le déluge. Je ne dis pas que je trouve ça bien, mais au moins il est clair avec sa connerie.

Lui, je l’aurais bien vu en homme politique : son obsession c’est de laisser quelque chose après lui. Tant pis si c’est qu’un tas de merde.

Et leurs parents, à quoi ils ont pensé lorsqu’ils ont fait construire ici ? C’est la faute à pas cher, la voilà leur excuse. Mais si c’est pour vivre douze mois dans dans une baraque de merde au milieu d’un décor moisi, c’est payer cher l’économie.

Quelquefois, je me dis que devenir adulte, c’est perdre pour toujours le droit de s’amuser.


Et un de plus :

Yôko Ogawa - Une parfaite chambre de malade


Editions : Actes Sud- Datede parution : 31 août 2005- 155 pages

Ce livre est composé de deux longues nouvelles.
La première, Une parfaite chambre de malade, parle d’un jeune homme en phase terminale atteint d’un cancer. Il est la seule famille qui reste pour sa sœur ainée. Cette dernière passe tout son temps à l’hôpital à ses côtés et développe une obsession (ou un TOC ?) concernant l’hygiène et les déchets. Mariée, elle voit très peu son mari et noue une relation amicale mais ambiguë avec un médecin qui lui apporte du réconfort.
La seconde nouvelle La désagrégation du papillon met en scène une jeune femme et sa grand-mère. Toutes les deux vivaient ensemble mais la démence sénile de sa grand-mère oblige la jeune gille à la placer dans un institut médicalisé Le nouveau Monde. Elle vit très mal la séparation et se lance dans de grandes réflexions…

Avertissement : la gaité est inexistante dans ce livre… pour les sourires, l’enthousiasme, la joie de vivre, merci de revenir une autre fois.

Après la lecture du livre Les paupières , vous m’aviez conseillé La formule préférée du professeur ou La Marche de Mina . Il faut croire que tout Brest est plongé dans les œuvres de cette auteure car il ne restait plus que ce livre de disponible à la médiathèque. Aurais-je raté un challenge local quelconque ? Bon, toujours est-il que j’ai lu Une parfaite chambre de malade.

Et une fois de plus, je dois dire que la lecture de cette auteure m’a laissée perplexe...

La description de l’obsession maladive de la jeune femme m’a amenée à faire de nombreuses grimaces exprimant mon dégoût profond.

Dans la seconde nouvelle, j’ai trouvé très juste la description de la vieillesse :
Les taches marron clair qui parsèment la peau, de son cou vers la poitrine, sont pulvérulentes tellement elles sont sèches. Son ventre affaissé entre les os du bassin se soulève faiblement à intervalles réguliers. (…) Les deux jambes qui ne savent plus marcher s’étirent, sans force, comme deux tubes de verre creux. (…) Pendant ce temps là, son corps s’est flétri, s’est recroquevillé comme un fœtus.

Par contre, je suis complètement passée à côté des questions métaphysiques sur la normalité qui sont au cœur de ce texte…

Même si l’écriture est agréable, je n’ai pas compris l’intérêt ou le but final de ces deux nouvelles.

Deuxième rendez-vous raté avec Yôko Ogawa. Est-ce que la règle des fameux deux sans trois tombera tel un couperet ? Le verdict que vous attendez tous impatiemment une prochaine fois….

En attendant, on évite de se ronger les ongles ou de regarder le calendrier tous les deux jours et surtout de se poser la question « va-t-elle aimer oui ou non Yôko Ogawa ? »

Une seule lecture et deux challenges :

lundi 23 août 2010

Thierry Hesse - Démon



Editeur : Points - Date de parution : 19/08/2010- 470 pages magistrales...

Pierre Rotko est un grand reporter français dépêché aux quatre coins du globe pour couvrir les guerres, les zones en crises. Il s’intéresse également de près à toutes les catastrophes naturelles. Agé de 40 ans, célibataire, il rend quelquefois visite à son père ancien avocat du barreau qui ne sort guère plus depuis la mort de sa femme. De son père, Pierre connait ses racines Russes, son arrivée en France en 1953. Quinze jours avant de se suicider, son père Lev Rotko va lui raconter son l’histoire de ses parents Franz et Elena, victimes des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces révélations bouleversent la vie de Pierre : il veut comprendre et surtout en savoir d’avantage. Mais ses lectures ne lui suffisent pas, comme pour mieux coller au plus près à la vérité, il se rend en Tchétchénie à la recherche de son histoire, de ses origines.

En entamant cette lecture, j’étais loin, très loin de m’imaginer la densité de ce livre et le voyage que j’allais parcourir. Plongée dans la l’histoire la Russie, j’ai suivi l’histoire, les contextes politiques et leurs conséquences depuis 1920 à nos jours. Thierry Hesse revient en particulier sur la politique de Staline, le massacre juif de Babi Yar, …
A aucun moment, je n’ai eu l’impression de lire un livre ou manuel d’histoire car à travers la grande Histoire se joue celle de Franz et Helena. Leurs origines juives les conduiront à la mort, le père de Pierre échappera à ce destin en étant placé chez un couple qui s’en occupera.
Une fois arrivé en France, Lev, hanté par ses démons, changera son prénom comme pour enrayer le passé et se dédouaner de la culpabilité d’être vivant. En se rendant à Grozny plongé dans la guerre, Pierre va vivre au plus près les revendications d’un peuple opprimé.

Un pèlerinage nécessaire pour comprendre ce qui a pu arriver à ses grands-parents et s’approprier son identité qui découle de l’histoire de sa famille.

Bien plus qu’une fresque familiale, à travers ce livre foisonnant, Thierry Hesse soulève de nombreuses interrogations d’ordre géopolitiques et humaines.

Un roman magistral sur la quête de l’identité et la mémoire qui amène le lecteur à se poser de nombreuses questions. J’ai compris la démarche de Pierre car s’approprier nos origines nous permet de nous construire et d’avancer…

Les billets de Sylire, d’Ys et d’autres chez l’ami BOB.

J’étais venu pour les toucher, pour le sentir en moi. Mais pas seulement sentir, penser aussi. Penser : c’est une partie de ce qu’ils ont vécu, même infime, même lointaine.

dimanche 22 août 2010

Saki - L'insupportable Bassington


Editeur : R. Laffont -Collection : Bibliothèque Pavillons - Date de parution : 18/05/2006 - 260 pages succulentes!

Extrait de la quatrième de couverture :
C'est, nous prévient l'auteur, une histoire qui n'a pas de morale ; celle d'une femme, Francesca Bassington, qui, si on l'avait priée de décrire son âme, aurait dépeint son salon. Son fils Comus est beau, écervelé, incorruptible, insolent - bref, incapable d'arriver jamais à se montrer raisonnable.

Francesca Bassington vit dans une agréable maison à Blue Street. Le seul problème c’est que cette maison lui a été léguée par une vieille amie jusqu’à ce que la nièce de cette dernière, Emeline , se marie. Francesca voit en en son fils Comus le futur époux d’Emeline ce qui lui permettrait de conserver son confort. Mais Comus va faire tomber à l’eau les plans de sa mère...

Ce livre est un vrai régal. L’auteur a écrit ce livre en 1912, un siècle plus tard je le découvre, mais mieux vaut tard que jamais…

Saki dépeint à coups de canifs habiles et bien aiguisés la haute société Anglaise. C’est acéré, vif et succulent (rien que ça)! Francesca Bassington apparait bien plus attachée à ses bibelots qu’à son fils. Pas de relation mère-fils baignant dans de la tendresse ou dans de l’amour. Elle n’a qu’une idée en tête son confort ce qui l’oblige à trouver pour Comus une riche héritière. Son fils Comus, joyeux, fantasque et imprévisible, aime la vie et porte tout à la dérision avec humour.

Le roman prend un autre tournant abandonnant toute forme d’humour quand Comus part à l’étranger.
Sa mère le poussera à un avenir bien sombre. Alors qu’elle aurait pu continuer à jouir de sa tranquillité, elle se retrouve à regretter son fils. Bien que l’auteur prévienne que cette histoire n’a pas de morale, la fin est cruelle.

La galerie des personnages secondaires est succulente, les traits de caractère et les comportement sont décrits de façon exquise et intelligente.

Une lecture comme je les aime et qui comporte en bonus quatre nouvelles !

Merla était une de ces mouches humaines qui bourdonnent perpétuellement dans les rues grouillantes, et, par temps chaud, elle atteignait les proportions d’une mouche bleue. Lady Caroline Benaresq avait prédit publiquement qu’il y avait dans l’autre monde un papier tue-mouches spécialement réservé à son usage.

Il y a deux manières de recevoir une consécration : l’une, c’est d’être découvert si longtemps après votre mort que vos petits-enfants sont obligés d’écrire aux journaux pour établir leurs liens de parenté; l’autre, c’est d’être découvert comme Moïse enfant, à l’origine de sa carrière. Mervyn Quentock avait choisi la dernière méthode, qui est aussi la plus agréable.

vendredi 20 août 2010

Le soleil, la plage...

Le soleil, la plage, les baignades … A Brest ? Non !!! A mon tour de partir en vacances demain !

Au programme : découverte des calanques, repos, profiter de ma famille et lire en écoutant les cigales. Le bonheur !

Et pas d’ordi et de blogo pendant une semaine.
Mais, je vous ai programmé quelques billets…

A dans une semaine !

Jean-Louis Marteil - La Relique


Editeur : La Louve - Date de parution : 16/06/2009- 254 pages burlesques!

An de grâce 1130, en Rouergue et son abbaye qui a bien du mal renflouer ses caisses. Que de mieux qu’une relique pour attirer les pèlerins ? Encore faut-il en avoir une. Le père Abbé confie aux frères Abdon, Jérôme et Bernard la mission d’en ramener une. Sauf que nos trois moines sont loin, très loin d’être des agents 007. Bien au contraire ! Le moine Abdon, maladroit, pense sans arrêt à son estomac, le moine Jérôme est un fil de fer, peu bavard, sec, et le moine Bernard semble avoir de la bouillie à la place du cerveau.
Les aventures et les pérégrinations de ces trois antihéros sont loufoques et burlesques ! Sans oublier de nombreuses tentations pour ces hommes d’église…


Editeur : La Louve - Date de parution : 10/11/2009- 253 pages

Dix ans ont passé, l’abbaye s’est enrichie grâce à soi disant relique de Saint Vincent. Mais qui dit richesse dit convoitise et la relique est volée. Nos trois moines ont pour mission de partir à la recherche du voleur et de la ramener. De nouvelles aventures en tout genre les attendent. Juste petit bémol, même si j’ai rigolé, j’ai trouvé que l’humour s’essoufflait un peu dans ce deuxième tome.


Editeur : La Louve - Date de parution : 23/06/2010 - 255 pages

Deux mois après le retour de la relique, nos moines ont changé. Frère Abdon a compris que si on les envoyait à chaque fois sur la route, c’était dans le seul but de se débarrasser d’eux et Frère Jérôme se montre sensible. Nos trois moines ne veulent plus être les dindons de la farce. Moins humoristique mais plus porté sur des valeurs humaines, ce troisième tome conclut en beauté cette trilogie.

Dans ces trois livres, il s’agit d’un Moyen-âge haut en couleurs à l’opposé d’une période triste et grisâtre qui nous est présenté. Les personnages se retrouvent dans des situations cocasses et sont complètement dépassées par ce qui leur arrive. L’écriture est vive, frôle le déjanté et les notes de l’auteur sont un régal. A travers les aventures de ces moines, il en ressort des valeurs humanistes. L’église, la foi sont gentiment égratignées car avant d’être des hommes de foi, nos moines sont avant tout de simples hommes avec des défauts ...

Un vrai plaisir pour les zygomatiques !

Merci à l'ami BOB et aux éditions La Louve pour ce partenariat!

A lire, le billet de Lili Galipette très détaillé.

L'eau à la bouche

Sur le blog de Choco, j'ai appris que Marie Sizun, une auteure que j’aime beaucoup, a publié un nouveau roman Plage en vente depuis hier. J’ai failli m’étranger de surprise en avalant ma gorgée de café. Une leçon à retenir : ne jamais avoir quelque chose dans sa bouche quand on lit les blogs sous peine de mourir d’asphyxie, le visage mauve et les yeux convulsés …

Même la revue des Inrockuptibles s’y met ! Le numéro de septembre comporte un hors série avec 18 extraits de livres de cette rentrée littéraire. Tu ne le liras point sous peine d’enrichir ta LAL (premier commandement de la lectrice sage).
Au début, je l’ai juste feuilleté innocemment, du bout des doigts. Mais, l’écriture de Jean Echenoz avec Des éclairs m’a happée et le premier roman de Pauline Klein Alice Kahn m’attire.

Scotchée, aimantée, l’eau à la bouche (mais sans mon café), je lis et je relis les extraits … Les prochaines semaines s’annoncent belles !

Philippe Besson - En l'absence des hommes


Editeur : 10/18 - Date de parution : 08/01/2009 - 224 pages très belles ...

Été 1916, Paris, le jeune Vincent, 16 ans et insouciant, rencontre Marcel Proust. Une relation plus qu’amicale naît entre les deux. Le jour suivant, Arthur âgé de 20 ans, soldat en permission avoue à Vincent de l’avoir toujours aimé. Vincent découvre l’amour dans les bras d’Arthur. Pendant sept jours, ils vont vivre cet amour charnel en cachette. Arthur reparti à Verdun, Vincent trouve en la personne de Marcel Proust un confident.

La première partie de ce livre est consacrée aux rencontres qui vont changer la vie d’Arthur. Celle avec l’écrivain vieillissant que tout Paris respecte mais qui n'est pas dupe de ses penchants. La relation qui se noue entre eux est un amour platonique bien plus qu’une simple amitié. Vincent et Marcel Proust semblent vivre dans une bulle loin de l’horreur des tranchées.

Et il y a le grand amour avec Arthur, le fils de la gouvernante. Pendant une semaine, chaque nuit, ils vont s’abandonner à cet amour, le consumer, le vivre passionnément. Sous la plume de Philippe Besson, cet amour est pur et beau.

Arthur repart à Verdun et l’écrivain s’absente à Illiers. A travers les échanges épistolaires, on plonge dans l’effroi de la Grande Guerre avec la peur de la mort. Dans ses lettres à Marcel Proust, Vincent cherche du réconfort et l’écrivain devient le confident de cet amour. L‘été sera meurtrier, Arthur perdra la vie à la guerre. Dans la dernière partie du livre, la mère d’Arthur confie à Vincent un secret qu’elle porte depuis trop longtemps…

Ce livre m’a transportée ! L’amour y est décrit tout en pudeur, en sensualité et en élégance. Cet amour contraste avec l’horreur de la guerre mais dans les lettres d’Arthur, on comprend que le jeune homme ne vit que pour Vincent. C’est beau, très beau ! La dernière partie m’a scotchée et m’a bouleversée… Et, l’écriture de Phillippe Besson si fluide m’a séduite.

Je ne suis plus un enfant. Il ne faut pas se fier aux yeux verts, à la peau de fille, à cette fragilité de l'apparence, à la gracilité. Il ne faut pas croire que les yeux baissés, c'est forcément de la timidité. Je sais ce que je fais. Seize ans, c'est l'âge des possibles. Je ne m'interdis rien. Pourquoi m'interdirais-je quoi que ce soit ?


Et dire que sans le challenge d’Antigone, ce livre serait resté dans les bas fonds de ma PAL et je serais passée à côté de cette très belle lecture...

jeudi 19 août 2010

Abdelkader Djemaï - Un moment d'oubli


Editeur : Éd. du Seuil - Date de parution : 05/02/2009 - 85 pages

Un homme la cinquantaine passée erre dans une ville. Un homme à la dérive noyant son chagrin dans l’alcool et qui s’est retrouvé dans la rue. Un homme qui avait une famille et un travail. Comment peut-on en arriver là ?

Dans ce livre, on suit le cheminement de Jean-Jacques Sarranoné quelques années après la guerre. Les souvenirs de la vie passée et heureuse remontent à la surface, distillés, mettant encore plus en exergue sa situation actuelle. On veut savoir ce a pu se produire, pourquoi il a quitté sa femme et son fils adolescent. Son quotidien désormais c’est la rue, il est un clochard. Et on apprend le drame, la cassure, le chagrin qui sont devenus son fardeau. On comprend…

Et là, vu le thème, vous vous dites, elle a été bouleversée, fracassée d'émotions. Une vie qui bascule, un personnage qui perd pied… mais non, j’ai trouvé ce récit fastidieux même si j'ai compris le chagrin de cet homme.

Une lecture en demi-teinte et trop courte à mon goût.

Personne ne sait ton nom ni d'où tu viens. Tu n'as même pas un sobriquet, méchant ou sympathique.
Ni de chien ou de chat pour te tenir compagnie. Tu n'es qu'un fantôme, une silhouette morte, une ombre creuse qui se traîne sur les trottoirs de S...


Antigone a aimé l'écriture mais l'a trouvé également trop court...

mercredi 18 août 2010

Laurent Gaudé - Ouragan



Editeur : ACTES SUD - Date de parution : 15/08/2010- 180 pages

Nouvelle–Orléans, une forte tempête est annoncée. Alors que la plupart des habitants désertent la Louisiane, certains y demeurent comme Josephine Linc. Steelson, la «négresse »presque centenaire, Rose et son petit garçon , un groupe de prisonniers et un révérend. Kenau Burns lui quitte le Texas pour y revenir et retrouver Rose, son ancien amour, qu’il a quitté il y a six ans. Un cyclone d’une violence sans précédent s’abat plongeant la ville dans un décor apocalyptique.

J'ai eu du mal à rentrer dans ce livre où Laurent Gaudé nous fait découvrir par fragments chacun des personnages tout en suivant la progression du cyclone.

Mais, une fois plongée dans ce livre, j'ai suivi chacun des protagonistes. Josephine Linc. Steelson, forte personnalité, qui aime rappeler qu'elle est une vieille "négresse" n'est pas sans rappeler Zola Jackson de Gilles Leroy. Rose qui a du mal à aimer son petit garçon et qui peine dans la vie. Kenau Burns fuyant l'enfer des plateformes pétrolières et voulant oublier ces dernières années. Un révérend qui dans le cyclone voit l'oeuvre de la main de Dieu et se croit investi d'une mission divine. Des prisonniers, abandonnés dans leurs cellules, vont réussir à s'évader de la prison croyant accéder à une liberté.

Tous ces personnages vont se se croiser car l'auteur nous parle du cyclone Katrina qui s'est abattu sur la Nouvelle-Orleans en 2005 mais sans jamais le nommer. Alors que la nature reprend ses droits sur les Hommes, le cyclone va modifier la vie de ces personnages. Certains y gagneront en tranquillité intérieure, survivront ou périront.

Avec ce livre, Laurent Gaudé pointe les défaillances des missions de sauvetage et d'évacuation des habitants lors du cyclone Katrina.

J'ai particulièrement aimé Josephine Linc. Steelson, qui à elle seule porte l'histoire de la population noire de la Nouvelle-Orléans.

Un roman fort par l'écriture et ses personnages que j'ai pris plaisir à lire. Mais, durant toute ma lecture, j'ai eu à l'esprit le livre Zola Jackson de Gilles Leroy sur le même thème.

Je remercie Hélène et Dialogues Croisés pour ce livre qui s'inscrit dans le challenge du 1% de la rentrée littéraire.


mardi 17 août 2010

Andrea Camilleri - Le tailleur gris


Editeur : Métailié Noir -Date de parution : 10/2009 - 136 pages ou tout ça pour ça...

Le récit commence au premier jour de retraite du personnage de ce roman dont le nom n'apparaît jamais. Directeur d'une banque, il a épousé en secondes noces une veuve bien plus jeune que lui : Adele. Comment va t-il désormais occuper ses journées? Sa femme installe son jeune amant chez eux. Il tente de comprendre la personnalité si contradictoire et si ambiguë de sa femme.

Le narrateur ressasse le passé en quête de la vérité et analyse les comportements de sa femme. L'a t-elle déjà trompé dans le passé, éprouve-t elle de l'amour envers lui ? Quand tout semble indiquer qu'Adele ne l'aime pas, on la découvre soucieuse de son bien-être. Sauf que je me suis très vite aperçue du manège d'Adele ... A plusieurs moments, j'ai eu envie de secouer le mari et de lui dire mais tu ne comprends pas qu'elle agit dans ton dos?

Une histoire qui tourne autour du pot et une fin largement prévisible.

Une déception en ce qui me concerne...donc inutile d'en faire des tartines.

D'autres avis chez l'ami BOB.

lundi 16 août 2010

Encore un livre voyageur

L'effet Larsen de Delphine Bertholon est parti chez Liliba.

Les inscriptions pour ce livre voyageur se font toujours par mail et/ou commentaire....

Inception le film... ou la confusion totale !



Je vous mets le synopsis car je suis incapable d’expliquer ce film.

Dom Cobb est un voleur confirmé, le meilleur dans l'art périlleux de l'extraction ("inception" en anglais). L'extraction consiste à s'approprier les secrets précieux d'une personne, enfouis au plus profond de l'inconscient pendant qu'elle rêve et que l'esprit est le plus vulnérable. Le milieu de l'espionnage industriel convoite Cobb pour ses talents.

Dom Cobb devient alors un fugitif recherché sur toute la planète. A cause de cela, il perd son plus grand amour. Une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie antérieure. Au lieu de subtiliser une idée, Cobb et son équipe vont devoir en implanter une dans l'esprit d'une personne. S'ils y parviennent, cela pourra constituer le crime parfait.

Cependant aucune stratégie n'a pu préparer l'équipe à un ennemi dangereux, qui semble avoir toujours un coup d'avance. Un ennemi qui seul Cobb aurait pu voir venir.



J’ai accompagné Monsieur qui voulait voir ce film.

Plus de deux heures vingt à essayer de comprendre le concept. Mes pauvres neurones déficitaires n’ont pas compris les strates des rêves qui s’enchevêtrent… J’ai passé tout mon temps à me demander qui rêvait, qui étaient les méchants armés ( de longues séquences de pan pan ).

Inception, extraction, projection sont les mots clés et moi je dis confusion et déception

L’avis de Géraldine qui elle aussi est passée à côté de ce film...

dimanche 15 août 2010

Dorothy Parker - Mauvaise journée demain


Editeur : C. Bourgois - Date de parution : 15/04/2010 - 176 pages d'ironie et de dérision...

Avertissement : l’excuse « je n’aime pas les nouvelles » n’est pas valable...

Je me suis régalée avec ce recueil de seize nouvelles écrites dans les années 1930 par Dorothy Parker. C’est que cette chère Dame manie l’ironie, la dérision avec brio et finesse. Le tout porté par une une écriture vive et piquante : le bonheur !

Des textes intemporels qui n’ont pas pris une seule ride ! Dorothy Parker dissèque sous sa plume les caractères, les défauts humains et particulièrement ceux des femmes. Jalousies, mesquineries et méchancetés au programme. Sans oublier la situation d’embarras vécue au moins une fois par tout le monde : être invité à un dîner, ne connaître personne et faire la conversation avec son voisin sur le menu (l’horreur à son apogée).

A consommer sans modération ! Et à la fin de chacun de ces seize petits bijoux , on sourit de jubilation !

Le succès du docteur Langham tenait pour beaucoup à ce qu’elle avait l’art de transformer, aux yeux des submergés, un brin de paille imbibé d’eau en bûche solide.

samedi 14 août 2010

Delphine Bertholon - L'effet Larsen


Editeur : J.-C. Lattès- Date de parution : 25/08/2010 - 363 pages d'une histoire dont on ne sort pas indemne...

Août 1998, sous une chaleur écrasante, Paris s’est vidée de ses habitants. Nola, 18 ans, au lieu de passer ses vacances avec ses amies en Grèce se retrouve serveuse dans un bar de seconde zone. Elle et sa mère Mira viennent d’aménager dans « l’immeuble – mutant » qui est le reflet de leur vie décrochée. Quelques mois plus tôt, un cinglé a tiré sur de gens avant de se suicider. Son père faisait partie de ses victimes innocentes. Se reconstruire mais comment alors que sa mère passe ses journées enveloppée dans un cocon de couvertures dans sa chambre ? Selon les médecins, Mira présente des signes d’hyperacousie, elle ne supporte plus le moindre bruit. Nola joue le rôle de mère pour aider Mira alors qu’à 18 ans sa vie vient de basculer. Elle se bat pour deux et découvrira que les non-dits du passé sont lourds de conséquences.

Dès les premières pages, l’écriture m’a harponnée. Et quelle écriture ! Delphine Bertholon sait jouer de toutes les gammes : métaphores merveilleuses, des phrases où la poésie s’invite, le langage d’une fille de 18 ans et des pointes d’humour. Je n’ai pas lu l’histoire, non, j’ai basculé dedans.

Une histoire poignante mais qui ne sombre jamais le mélo. Les sentiments, les émotions de Nola sont décrits avec tant de justesse qu’on les ressent. Il y a une atmosphère si forte, si prenante qui se dégage de ce livre que je l’ai lu en apnée. Nola ne baisse pas les bras même si l’envie se fait sentir. Non, elle essaie d’avancer pour elle et pour sauver sa mère. Même si je n’ai pas vécu la situation de Nola, je suis ressortie de cette lecture bouleversée.

Un livre coup de cœur qui prend aux tripes et dont l’écriture est tout simplement sublime !

Une lecture tellement forte qu’il va me falloir du temps pour retrouver mes marques…

Il fallait s’y résoudre : sa souffrance était réelle. Invisible, incompréhensible, mais réelle. Et comment gérer cela alors ? Sa souffrance était aussi insensée que ta mort, papa, oui, le rapprochement était infaillible, la maladie de maman était un non-sens et les non-sens, rien à faire, on ne sait jamais par quel bout les prendre.

Si j’avais soupiré, je me souviens, une vraie campagne de pub pour la désespérance.

Au carrefour, une étrange lune jaune s’était coincée entre deux branches d’arbre, l’air d’un ballon en mousse perdu par en enfant.

Le monde se déploya tel un grand élastique et le cœur redémarra comme il le fait toujours- qu’on soit d’accord ou non.


Je remercie les éditions JL Lattes pour ce livre.

Les billets de Géraldine et de Keisha

Un livre qui s'inscrit dans le challenge du 1% de la rentrée littéraire :

vendredi 13 août 2010

Gilles Leroy - Alabama Song


Editeur : Gallimard Collection Folio - Date de parution : 05/03/2009 - 217 pages très belles...

Alabama , 1918, Zelda Sayre une des « Belles du Sud » s’éprend du lieutenant Scott Fitzgerald. Lui s'est juré de devenir un écrivain célèbre. Zelda jouit de son succès et de son impunité dans la ville de Montgomery :
Que voulez-vous qu'il m'arrive dans une ville où une rue sur deux porte mon nom? Je pouvais bien traîner toutes les nuits sans chaperon : je suis la fille du juge, petite–fille d’un sénateur et d’un gouverneur Nous avons bâti cette cité.Nous avons érigé ses premiers momuments, son capitole et ses églises.

Zelda et Scott se marieront à New-York. Zelda est fantasque, lui connait enfin le succès. Le jeune couple brille dans la vie mondaine. Succès, alcool, le tourbillon des excès déteint sur la romance et sur le couple. La narratrice est Zelda et on la suit à travers deux époques 1918-1920 et 1940. Deux récits savamment menés et enchâssés qui permettent de mieux comprendre la personnalité de Zelda.

De Zelda, la belle et indépendante qui voulait tant quitter sa terre natale, on découvre une femme blessée qui a perdu de son aura. Internée plusieurs fois en hôpital psychiatrique à la demande de son mari, elle revient sur le passé en dévoilant des pans peu glorieux. Scott ne pense qu'à ses écrits, il boit et se montre abject envers elle. Au fil des pages, on suit la chute du couple. On apprend que Scottt s'inpirait largement d'elle dans ses écrits quand il ne lui volait pas ses propres écrits.

Malgré tout, elle a continué de l'aimer :
Scoot, je n'arrive pas le haïr. A présent, je le regarde comme un gamin de dix ans. Je l'aime trop pour lui dire combien il m'a fait du mal.

J'ai été touchée et subjuguée par Zelda , par sa personnalité et son destin. J'ai appris qu'elle écrivait, chose que j'ignorais.

Le pari est réussi pour Gilles Leroy , il a voulu se glisser dans la peu de Zelda, il y est parvenu à merveille. Son écriture insuffle la vie à Zelda.

Ce livre mêle réalité et fiction, pour ma part je l'ai lu comme un très beau roman.

L'avis de Delphine qui m'a gentiment prêté ce livre et plein d'autres billets chez l'ami BOB .

jeudi 12 août 2010

Objectif PAL ... le retour !




Antigone avait lancé l’année dernière un défi qui consistait à faire diminuer sa PAL de façon drastique. Heureusement qu’à l’époque, je ne fréquentais pas encore la blogosphère littéraire car je n’aurai pas pu m’y astreindre !

Cette année, l’objectif est différent : ôter de sa PAL chérie un livre par mois et le lire.
Etant heureuse dans ma forteresse constituée de petites PAL(s), je me suis d’abord trouvée une excuse. Si je m’attaque aux fondations, les remparts vont s’écrouler … Mais regarder plus attentivement les bases, permet de redécouvrir des livres et de se dire : ah tiens, je l’avais celui là. Donc joie et plaisir !

J’ai scrupuleusement compté et j’en suis à 49 livres. Alors qu’encore avant-hier à vue d’œil, j’avais estimé globalement une trentaine de livres …
A ma décharge, je ne m’étais pas trop penchée ou contorsionnée pour les compter. Dans ce nombre, je n‘ai pas inclus les 4 quatre achats d’hier ni les livres à paraître de la rentrée littéraire…

A chaque livre enlevé de ma forteresse, j’essaierai de le remplacer par un de lu ou un emprunt médiathèque. Ce n’est pas forcément gagné…mais j’y crois !

Akiyuki Nosaka - La tombe des lucioles


Editeur : P. Picquier - Date de parution : 18/04/1995 - 144 pages

1945, Japon, un jeune adolescent Seita sur le point de mourir se souvient des derniers mois. Le décès de sa mère, l’enfer des bombardements, son errance avec sa jeune sœur Setsuko et la mort de cette dernière.

Le thème de cette nouvelle est touchant et dur. Deux enfants qui meurent de faim et sans que personne ne les aide. La guerre fait rage et ils se retrouvent seuls à essayer de survivre. Il y a tout l’amour de Seita pour Etsuko, il s’en occupe à la manière d’une mère envers son enfant.

Mais je n’ai pas aimé l’écriture. Peut-être que justement l’auteur a employé un langage où les mots sont mâchés, avalés pour mettre encore plus exergue la situation de ces deux enfants ? Une écriture où l’argot s’invite et qui ne m’a pas du tout séduite.

La tombe des lucioles est suivie d’une autre nouvelle les algues d’Amérique : un couple Toshio et sa femme Kyôko reçoivent quelques jours un couple d’Américains les Higgins. Toshio se montre réticent au début et se remémore la présence des américaine en 1945. L’admiration de Kyôko envers les Higgins tourne au désenchantement. Un texte qui m’a laissée indifférente surtout que Monsieur Higgins s’avère être un amateur de photos de femmes nues. Et pour satisfaire son invité, Toshio l’amène dans les bars à « hôtesse ». C’est crû …

Un rendez-vous raté avec cet auteur …

L'avis de Liyah.

Une lecture qui s’inscrit dans le challenge :

mercredi 11 août 2010

Gwénaëlle et Armande à Brest

Aujourd'hui avait lieu une rencontre au somment : bibi, Gwen et Armande .

Première arrivée chez Dialogues, j'ai réussi en moins de cinq minutes à craquer pour deux livres ( les libraires sont de vrais démons tentateurs quand ils connaissent vos goûts!)
Nous avons pris un café et Armande m'avait préparé une surprise !

Eh oui, Armande lit mais en plus elle fait maintes choses de ses mimines et doigts agiles,
Je vous laisse admirer la pochette qui contenait en plus un livre ( trop gâtée!)
















Et comme d'après vos commentaires, les livres empruntés à la bibliothèque ne comptent pas, je me suis fait plaisir !

Je suis donc ressortie de chez Dialogues avec quatre livres :
Mauvaise journée demain de Dorothy Parker
Maison des autres de Silvio d'Arzo
L'insupportable bassington de Saki
et Loin d'eux de Laurent Mauvignier.

Puis nous avons été déjeuné ( nous avons pu admiré les premiers rails du futur tramway...en fait à part les rails, c'est toujours le grand chantier et déambuler rue de Siam n'est pas aisé).
Nous avons papoté , rigolé ...

A 15h00, j'ai laissé les deux miss pour rentrer faire une grande sieste...

Les rencontres de blogueuses sont toujours de vrais moments de plaisir !

La photo d'Armande et de Gwen :

Gregory Mcdonald - Rafael, derniers jours


Editeur : 10/18- Date de parution : 03/09/2009 - 192 pages qui ont l'effet d'une claque...

Rafael, alcoolique jusqu’ à la moelle survit avec sa femme et se trois enfants près d’une décharge publique quelque part dans le sud-ouest des États-Unis à Morgantown. Sa vie change le jour où on lui propose un travail. Mais pas n’importe lequel : sa vie contre trente mille dollars. Etre le héros d’un snuff film.

Avertissement : ce livre est une claque ! Une claque sèche, puissante et si violente qu’on en reste bouche bée. On ne pleure pas tellement on est abasourdi…

Le livre comporte lui -même un avertissement : « le troisième chapitre est éprouvant, pour tout ce qu’il exprime de la cruauté humaine, qu’elle soit affective ou intentionnelle ».

Ayant lu ce prologue, j’ai commencé ma lecture sans avoir lu la quatrième de couverture. Canel qui m’a prêté ce livre m’avait juste dit qu’il était « terrible, très fort ». Tout de suite, on est plongé dans le bain. Rafael a appris qu’on cherchait quelqu’un pour un boulot bien payé. Il se rend dans un entrepôt et on lui explique le travail : il sera filmé pendant que deux bourreaux le tortureront jusqu’ à la mort. Les détails que lui fournit le producteur sont d’une cruauté extrême et j’ai failli abandonner cette lecture. Rafael accepte le contrat. Il y voit un avenir pour sa femme et ses enfants. Pour lui, c’est trop tard, l’alcool d’ici peu l’aura complètement anéanti. Et là, je me suis dit : non, il va reculer ! Il ne peut pas accepter !

Sous tension extrême, j’ai suivi Rafael dans les trois les jours qui précèdent le tournage. Impossible pour moi de lâcher le livre. Plus j’avançais dans ma lecture et plus j’avais la gorge serrée. Gregory Mcdonald nous décrit des hommes et des femmes abandonnés par la société. Mis à l’écart, ils dérangent et sont considérés comme des rebuts. Il leur reste l’alcool pour oublier. J’ai été bousculée par le tourbillon d’émotions que j’ai ressenties : révolte, indignation, dégoût, empathie, humilité devant le choix de Rafael. Son choix, son sacrifice est avant tout un acte d’amour, l’espoir d’une vie meilleure pour sa famille dans l’avenir.

Une lecture très forte dont on ne sort pas indemne, c’est le moins que l’on puisse dire. A lire !

Si je n’ai pas réussi à vous convaincre, il y a les billets de Canel, Sylire, Incoldblog et de Lasardine.

Avant ce livre, je ne connaissais pas le terme des Snuff movies et leur existence est sujette à polémique.

mardi 10 août 2010

Raisonnable...



Raisonnable : qui manifeste du bon sens, de la sagesse, de la mesure et de la réflexion.

Depuis quelques semaines, j’ai décidé d’être raisonnable. Ce mot tournicotait, prenait toute sa mesure quand on me proposait de me prêter des livres. L’âme en peine, je refusais …

Je vis entourée de piles de livres, mon bureau en est jonché. Mes PAL(s) me procurent un sentiment de sécurité, des perspectives de bonheur à venir (une pathologie ? un besoin irrépressible d’avoir des livres ? Messieurs les psys à vous d’analyser ...)

Et ce matin, à la médiathèque, j’ai fusillé le mot raisonnable. Exit, mort.
J’ai un peu tâtonnée n’ayant pas mon carnet LAL. Et comme petite fifille Ado me suivait à la trace, j’ai pris un peu au hasard quatre livres.

Quatre livres à découvrir, c'est raisonnable..non?

Trouée dans les nuages de Chi Li
Un moment d'oubli d'Adbelkader Djemaï
Les cris de Claire Castillon
Le tailleur gris d'Andrea Camilleri

Abdellatif Laâbi - Le fond de la jarre


Editeur : Gallimard- Collection : Folio - Date de parution : 07/2010 - 277 pages où l'on "plonge" dans Fès d'une autre époque ..

Namouss raconte son enfance au Maroc. A travers son regard d’enfant, on découvre Fès et ses coutumes, Fès d’une époque révolue.

Dès le départ, j’aurais bien aimé savoir à quelle date se déroule ce récit. Ma patience a été récompensée car soixante- sept pages plus loin, Namouss est à l’école et l’instituteur écrit la date de novembre 1949. Un peu moins perdue dans l’espace temps, j’ai suivi Namouss dont l’âge doit se situer entre 7 et 10 ans.

Sa mère, Ghita femme de tempérament, est omniprésente tout au long de ce livre. Une mère qui a la langue bien pendue, maîtresse du gynécée. Namouss passe beaucoup de temps avec elle. Son père Driss est plus discret comme le reste de la famille. L’école lui permet de découvrir et d’apprendre le français. D’ailleurs, il met un point d’honneur à être un bon élève. Il y a Fès la populaire : son marché, ses boutiques, ses codes des familles, sa culture et l’envie d’indépendance d’un pays qui se fait sentir. Le ton est léger souvent humoristique, il parle de monseigneur ramadan, mais j’ai trouvé le rythme de ce livre lent, trop lent à mon goût.

Au final, un livre qui permet de voyager, il suffit juste de fermer les yeux et se de laisser imprégner par le récit...

Merci à l'ami BOB et aux éditions Folio pour ce partenariat.

lundi 9 août 2010

Vous m'en direz des nouvelles


Editeur : Itinéraires- Date de parution : 15/09/2006- 148 pages ou 17 nouvelles

Chaque année, des concours de nouvelles fleurissent avec souvent à la clé un chèque pour les lauréats. En 2006, les éditions itinéraires ont lancé un concours et les dix-sept nouvelles retenues ont été éditées dans ce recueil.

Des nouvelles originales et variées. Ecrites avec ironie ou sur un ton plus grave.

Françoise Bouchet avec Secret de longévité a largement mérité sa première place sur le podium. Sa nouvelle est tout simplement exquise !

Et dans les lauréats, on retrouve Alain Emery ( auteur de divines antilopes ) et Magali Duru. Tous deux sont maintenant des nouvellistes reconnus.

Vous aimez écrire des nouvelles? Alors, un seul mot d'ordre : continuez...

Marceline Loridan-Ivens - Ma vie balagan


Editeur : R. Laffont - Date de parution : 09/10/2008 - 259 pages d'une vie de femme engagée ...

Je suis donc assise sur mon petit banc à essayer de démêler mon collier. C’est balagan. Balagan, en hébreu, cela veut dire le bordel, la carta. Le collier lui même est balagan, fait de bric et de broc, de faux brillants tout mélangés, bizarre. Il n se ferme pas, il faut le nouer, et après cela, il est tout embrouillé, je ne peux plus le dénouer. Mais finalement, il est bien comme ça. Balagan. Ma vie elle-même est balagan.

Marceline Loridan-Ivens née Rosenberg, soixante dix-huit ans revient sur sa vie. Pas de façon chronologique comme sur un CV mais en suivant le fil des souvenirs qui reviennent.

Le 29 février 1944, Marceline quinze ans est arrêtée par la Gestapo puis déportée à Birkeneau. 1945, fin de la guerre, Marceline a survécu et est revenue. Pas son père. Elle retouve une mère qui ne veut pas qu’elle parle de « là-bas », "l'antisémisme était très fort après la guerre" et on ne parlait pas de ce qui était arrivé aux Juifs. Chez Marceline, il y a chez cette formidable envie de vivre et de croquer la vie. Marceline s'amuse et danse à Saint Germain. Puis, un premier mariage et un divorce. Femme engagée, durant la guerre d'Algérie, elle aidera le FLN. Plus tard, elle rencontre avec le cinéaste Joris Ivens de trente ans son aîné. Un second mariage. Ils iront au Vietnam sous les bombardements puis en Chine réaliser des films malgré le contexte politique. Femme avide de liberté, elle parle également sans tabou du suicide son frère Marcel et de ses démons qui l'ont conduite à deux reprises à vouloir mettre fin à ses jours.

En toute simplicité, elle explique ses choix de femme.

Je n'ai pas d'amertume, ni de regret. Je nerenies pas ce que j'ai fait. J'assume mes erreurs, mes dérives, je les inscris à chaque fois dans mon chemin et dans l'histoire d'une époque à laquelle laquelle j'ai été très mêlée.

Pas d'apitoiement dans ce livre ! Au contraire, il s'en dégage un dynamisme sur fond d'humour. Même si quand elle parle de sa déportation et des conditions au camp, c'est dur, très dur.

Ce n'est pas une leçon de vie qu'elle nous fait. Non, elle raconte juste sa vie balagan ...

Un grand merci à Aifelle pour ce prêt, les avis de Mango, d'Antigone, et celui de Keisha qui renvoie à d'autres billets.

samedi 7 août 2010

Philippe Labro - Les gens


Editeur : Gallimard - Collection Folio- Date de parution : 03/06/2010 - 414 pages sur la quête des gens...

Extrait de la quatrième de couverture :
Trois destins parallèles s'entrecroisent, trois vies dont le seul point commun est le manque d'amour : Maria, une jeune orpheline californienne d'une beauté rare, Caroline, une Parisienne trentenaire, enfin Marcus Marcus, célébrité de la télévision, mégalo et parano. Autour d'eux, vont graviter toutes sortes de gens : la femme de l'ambassadeur américain en France, une intraitable executive woman, un détective privé, une coach sans scrupule, des loups et des agneaux...

Première rencontre avec Philippe Labro avec ce livre qui nous offre trois destins, trois récits menés en parallèle.
Le personnage qui m’a touchée est Maria, cette jeune californienne de 16 ans qui a fugué de chez ses parents adoptifs. Sa beauté ne lui attire que des ennuis et elle a développé une méfiance envers les hommes. Elle enchaîne les petits boulots, aide Rose à servir la soupe populaire à Los Angeles. Toujours sur le qui vive, elle va être celle qui semble la plus sage, la plus posée malgré son jeune âge. De la Californie à Paris, elle s’adapte avec facilité et fait tout pour ne pas se faire remarquer.
Il y a Caroline qui a quitté son mari pour un producteur de cinéma célèbre. Ce dernier se débarrasse d’elle du jour au lendemain sans préavis. Après un passage à vide, elle va commencer à s’intéresser aux autres pour ceux qu’ils sont. Et enfin, Marcus Marcus, présentateur télé, nombriliste, vaniteux, arrogant et égocentrique, rien que ça ! Un être abject adoré par des millions de téléspectateurs. La lumière attire bon nombre de phalènes aussi bon de personnes gravitent autour de lui. Mais à vouloir dominer toujours plus, à ressentir le vertige du pouvoir, on se brûle les ailes…

Comment vont il se rencontrer? Il faut lire le livre pour le savoir.

Philippe Labro nous offre un grand plongeon dans un monde bobo parisien où les gens organisent des dîners où il faut être vu, où chacun donne son avis sur tout et sur rien, l’important étant d’avoir le mot de la fin ou d’avoir marqué les esprits. Jalousies, mesquineries pour des personnes avides de scoops et de nouveautés. Superficialité, argent, domination, … un grand théâtre où le must est de parler avec un maximum de mots anglais, d’être toujours tendance, in et non out et de plaire à la cour. Un ballet de personnes ambitieuses, arrivistes, m’as-tu-vu qui par moment m’a donné le tournis.

Qui sont les gens? Eux, vous, moi ? Les gens pauvres de Los Angeles, ceux à qui l'ivresse du pouvoir a tourné la tête ? Des gens petits ou célèbres, pauvres ou riches qui cherchent le bonheur et l'amour. En apartés de la vie ces trois personnages principaux, il nous parle d'autres personnes et des évènements aux quatre coins soins de la planète comme pour rééquilibrer cette notion des gens.


L’écriture est limpide, la galerie de portraits de tous les personnages que nous offre Philippe Labro est intéressante et captivante.

Une lecture belle et plaisante sur le moment mais que je vais vite oublier...

"Les gens c'était tout le monde et c'était n'importe qui".

Merci à Livraddict et aux éditions folio pour cette découverte !

vendredi 6 août 2010

La rentrée littéraire et un challenge

Cette année, plus de 700 livres alimenteront les étals et les présentoirs de nos librairies dès le 25 août

Schlabaya reprend le flambeau du challenge du 1% de la rentrée litteraire. Le but ? Lire entre 7 et 8 livres de ces nouveautés.



Comme j'ai dejà repéré certains livres :
Vivement l'avenir de Marie-Sabine Roger
Qu'as-tu fait de tes frères? de Claude Arnaud
L'effet Larsen de Delphine Bertholon
Black Rock d'Amanda Smyth
En attendant la montée des eaux de Maryse Condé
Une heure dans un supermarché de Christine Jeanney
Tant que tu es heureuse d'Alma Brami
L'enquête de Philippe Claudel
celui de Claudie Gallay et j'en passe ...( Le coeur régulier d'Olivier Adam et Elles vivaient d’espoir de Claudie Hunzinger : déjà lus et chroniqués), donc je m'y suis inscrite!

Théo Diricq - Encore un jour sans massacre


Editeur : Pocket - Date de parution : 07/2010 - 96 pages grinçantes...

Artus 16 ans entre en seconde. Cynique, arrogant, il n’aime personne. Son passe temps favori : dénigrer ceux de sa classe, les profs, ses parents… Evidemment, Artus a un avis sur tout et retourne sa veste quand il le faut. Par contre, Artus, le rebelle, n’avait pas prévu d’éprouver des sentiments pour Lola… Misanthrope, hautain, il confie à son journal ses journées.

En comparaison à ce livre, la crise d’adolescence est une partie de plaisir ! Certes, Artus à l’esprit de contradiction comme tout adolescent et les autres sont des nuls qui n’ont rien compris. Mais dans son journal ou au lycée, Artus aime provoquer par des remarques sur des sujets comme le racisme, la religion, la société… Tout le monde est passé au vitriol ce qui donne un florilège de pensées assassines. L’amour rend souvent bête à cet âge et Artus nous le démontre.

Mais finalement, je me suis lassée de toutes ces remarques souvent gratuites...

Il n’empêche que dans ce livre, l’impudence de la jeunesse est présente avec beaucoup, beaucoup d’humour noir et l’écriture ne prend pas les chemins de traverse
.

Jeune auteur, Théo Diricq a écrit ce livre à 20 ans.

5 septembre : je déteste le sport parce que c’est la glorification du vide. Et on coudrait nous faire croire que c’est porteur de valeurs ou même d’une « philosophie », alors que c’est le seule discipline, avec peut-être la guerre, qui réunit des dizaines de milliers de personnes décidant d’être stupides au même moment. (…) Demain, il va falloir que je dresse la liste des postulants qui sont susceptibles d’avoir l’honneur de m’écouter pendant toute la journée.

5 décembre : Noël approche. Les décorations sont sorties dans les rues depuis déjà deux semaines. Fin novembre, c'est peut-être un peu précoce, mais si ça peut contribuer à faire oublier aux gens leur envie d'épargner, le plus tôt est le mieux. Et puis tout est bon pour nous faire oublier la morosité de l'hiver, son froid, sa nuit à 5 heures, ses traditionnelles échauffourées en banlieue. Cloitrés chez eux, les gens seuls envisagent les aspects positifs du suicide et les familles s'engueulent en prévision d'une réconciliation le 24. Tous ces éléments favorables contribuent à donner un aspect de ville fantôme. C'est le seul moment de l'année où j'aime me promener dans la rue.

26 janvier : j’ai vu une psychologue. J’ai commencé par lui faire remarquer qu’il n’y avait ni diplôme ni photo d’elle en mission humanitaire en Afrique accroché sur son mur, ce qui démontre un manque conjuré de compétences et de cœur. Elle m’a souri comme on sourit à un simplet, m’a fait assoir et m’a montré une tâche d’encre en me demandant ce que je voyais. J’ai distingué un sabre laser et une tête tranchée parce que j’avais revu "L’empire contre-attaque » la veille. (…)Elle m’a donné plusieurs conseils dont un qui m’a plu. Il faut que je fixe des objectifs et que je fasse le maximum pour les atteindre. J’ai fait remarquer qu’il était probable qu’un jour un de ses confrères avait donné le même conseil à Hitler et qu’on avait vu le résultat.


Merci à Bob et aux éditions Pocket pour ce partenariat !

jeudi 5 août 2010

Sylvie Germain - La Pleurante des rues de Prague


Editeur : Gallimard - Collection : Collection Folio- Date de parution : 1994- 128 page sublimes...

Elle est entrée dans le livre. Elle est entrée dans les pages du livre comme un vagabond pénètre dans une maison vide, dans un jardin à l'abandon. Elle est entrée, soudain. Mais cela faisait des années déjà qu'elle rôdait autour du livre. Elle frôlait le livre qui cependant n'existait pas encore, elle en feuilletait les pages non écrites et certains jours, même, elle a fait bruire imperceptiblement ces pages blanches en attente de mots.
Le goût de l'encre se levait sur ses pas.
A la lecture de ces premières lignes, j’ai su que j’allais aimer ce livre. La narratrice nous dépeint les apparitions de cette femme.

La Pleurante est l’image évanescente d’une femme sans nom, ni âge, ni visage. Corps immense dissimulés sous des vêtements sans forme et dont la claudication se voit mais ne s’entend pas. Elle marche sans bruit ne laissant aucune trace de son passage :
Cette femme ne fait aucun bruit en marchant. Ses pas sont silencieux , mais son corps, lui, est chuchotant. Un chuchotement de vent tremble dans les plis de sa robe, un discret chuchotis de l‘encre y frémit ou bien est ce des larmes .

Car son corps tout entier charrie des pleurs :
Son corps était un lieu de confluence d’innombrables souffles, larmes et chuchotements échappés d’autres corps. Qui donc pleurait ainsi en elle ?.

On ne la voit qu’à Prague dont elle est la mémoire depuis des siècles :

Elle est ainsi la géante au pied boiteux, la Pleurant des rues de Prague, elle porte dans les plis de ses hardes couleur de terre et de muraille des noms, des visages et des voix par milliers et par milliers.(…)Elle est la peau du temps.

Elle porte la douleur des vivants et des morts, les plaintes et les souffrances de vies. Vision fugitive emplie des cris d’horreur des victimes de la seconde guerre mondiale, elle porte la misère, les injustices. Mémoire des hommes, la narratrice revoit son père à travers elle, mémoire des gens humbles et pauvres :

Elle est la mémoire mendiante, la mémoire souffrante, mais qui jamais ne renonce, ne trahit son passé, n'abandonne son peuple. Elle est la mémoire qui marche, qui marche, glanant et ramassant tous les déchets jetés par la mémoire belle, sélective et hautaine. Elle recueille les vies infimes, les destins minuscules des gens de rien.

Je ne sais pas comment parler de ce livre tellement il m’a touchée … Un très bel hommage à Prague, à son histoire, à la mémoire des Hommes et à l’écriture. Une fois de plus, j’ai été envoûtée, subjuguée par la plume de Sylvie Germain et j’ai terminé ma lecture la gorge serrée d’émotions…

On ressent ce livre. Beauté des mots dont la puissance est portée tout en grâce en un texte sublime.

Tout reste à dire, tout reste à faire. A récrire. Ou peut-être, plutôt, tout reste à lire, car ce sont les autres, les vivants et les morts, qui constituent déjà le livre, tout livre.
Tout reste à lire, à travers les larmes, de ses yeux. A travers ce prisme de pitié. Pitié qui est aussi, surtout, fierté pour les autres, et exigence de dignité.


Un coup de cœur dont je parle maladroitement…
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