dimanche 30 octobre 2011

Jonathan Franzen - Freedom

Éditeur : Editions de L'Olivier- Date de parution : Août 2011 - 718 pages

Voilà un livre qui n’est pas passé inaperçu par les réactions qu’il a suscitées : déception, abandon ou engouement.  

Des années 1970 à 2010, le lecteur suit la famille Berglund et Richard, le meilleur ami des parents.
Patty est d’abord tombée amoureuse de Richard, chanteur emblématique d’un groupe de rock  pour finalement se marier avec son ami Walter. Les contraires s’attirent et si Richard est un tombeur aimant les filles, son ami Walter est un étudiant consciencieux.  A vingt ans, Patty, étudiante et  basketteuse  voit sa carrière se terminer par un accident.  Les mois passent et elle se rapproche de Walter ( à défaut de Richard).  Plutôt que de retourner chez ses parents avec qui elle ne s’entend pas, le mariage avec Walter lui offre une échappatoire. Quelques années plus tard et deux enfants en plus  Joey et Jessica,  Patty  a tout pour être heureuse mais ne l’est pas. Walter l’adore. Walter le gentil, Walter l’aimable et souriant.  Lorsque Joey, adolescent, décide de quitter le toit familial, Patty s’écroule entraînant dans son sillage Walter. Patty avec ses excès, sa démesure  de sentiments est la figure pilier de ce livre. Alternant les récits sur chacun des personnages et la truculente autobiographie de Patty (son sens de la répartie m’a souvent régalée), il y a de quoi donner de l’eau au moulin.  Mais, ce livre manque à mon goût de surprise.  Tout est terriblement prévisible du point de vue de l'histoire et des personnages. ll s’agit du  principal reproche que je ferai à ce livre. 

Dans de nombreux romans, la faille du rêve américain et ses laissés pour compte sont mis en avant. Ici, il s’agit d’une société qui est décortiquée. Une société dans son contexte global.  Sous  plusieurs présidents avec des orientations politiques et en prime une guerre en Irak. Une société avec son économie libérale qui permet à de grands adolescents comme Joey  de jouer au  Monopoly frauduleux avec de vrais billets de banque et de décrocher gros. 

Alors certes,  Freedom est un livre qui  n’est pas parfait mais au moins il ne nous dresse pas un beau et grand portait de société et  de la famille pour nous faire plaisir.  Si certains préfèrent garder leurs œillères, d’autres ont des sursauts de conscience (et quand cette bête  se réveille, c’est affreux). Et, la famille Berglung ne passera  pas à travers les mailles du filet.  Un roman dense qui quelquefois peut donner l’impression de longueurs ou de partir dans tous les sens tant il y a à dire. 

Malgré mes bémols, à aucun moment, je n’ai eu envie de l’abandonner. Un roman largement plus agréable à lire qu’une encyclopédie sur  le changement de la société américaine durant ces quarante  dernières années...

Les billets de Keisha et de ClaudiaLucia qui tous deux renvoient à  d’autres liens.

Merci à Price Minister pour cet envoi.

samedi 29 octobre 2011

Sophie Fontanel - Grandir

Éditeur : Robert Laffont - Date de parution : 2010 - 145 pages débordantes d'amour sincère...

Pudeur, amour, délicatesse… ce sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit après avoir terminé ce livre. En faisant mouche de finesse ou de jeux de mots, Sophie Fontanel parle de l’avancée en âge d’une mère et se glisse dans la peau de la grande fille. A plus de quatre-vingt ans,  les années ont tendance à s’accompagner  de tracas et de peurs :  besoin d’aide, perte d’autonomie, chute, fractures... Et, comme pour contrecarrer le poids des soucis,  l’amour omniprésent  bondit littéralement de chaque page ! Dans ce livre brossé en scénettes, l’auteure use de l’humour, de la tendresse et pose  un regard très juste  sur cette étape de la vie. Ou comment elle s’implique, aide et donne à sa mère de la quiétude. Un zoom sur  cette relation mère-fille avec des moments de complicité qui pétillent et qui comblent largement  les doutes que la fille ressent. Avec ce livre, Sophie Fontanel  légitime les interrogations lorsque les rôles sont inversés avec l'âge et j'applaudis!

Alors, voilà comment j’aime Sophie Fontanel. Au naturel, sans fard,  quand elle range  au  placard les paillettes et  laisse place à l’émotion sincère.  
J'ai été très touchée par cet hymne d'amour très beau et très pudique ! Avec une très nette préférence par rapport à  L'envie.

Maintenant, qu'elle oublie tant de choses, elle peut savourer les joies de l'improviste. Je dis que je viens, et puis je viens, mais elle, elle avait oublié que je venais, et pour un peu elle m'applaudirait. Chaque visite est un coup de foudre. Chaque personne, une rencontre nouvelle.


vendredi 28 octobre 2011

Rencontre avec Nathalie Skowronek

Nathalie Skowronek le 25 Octobre 2011 à Brest

J’ai eu la chance de rencontrer Nathalie Skowronek l’auteur de Karen et moi lors de sa venue chez Dialogues. Plaisir teinté d’une émotion particulière car à la lecture de son livre, je me suis plusieurs fois identifiée à sa narratrice. Aussi, nous avons échangé sur des points (assez) personnels. Le stylo est resté sur la table et ce fut une rencontre riche sur le plan humain ! Nathalie Skowronek est d’une sensibilité à fleur de peau telle que je l’avais imaginée. Une belle jeune femme, posée dont la voix douce vous enveloppe. A la lecture de son livre, j’avais  eu les yeux embués de larmes et face à elle également…

Mais, je vais partager avec vous un peu de ces beaux moments.
Dans Karen et moi, il s’agit du rapport à la lecture qui permet à la narratrice de cesser de plagier le bonheur ou de le simuler pour enfin vivre ses choix. Une femme qui a le sentiment de regarder passer sa vie. L’écriture très naturelle a demandé beaucoup de réajustements pour arriver à ce résultat final où les deux voix se mêlent, celle de Karen Blixen et celle de Nathalie Skowronek. D’ailleurs, dans Karen et moi, la genèse du livre est expliquée dès les premières pages  avec beaucoup de sincérité. La franchise, cette pudeur qui découle à chaque ligne ont été travaillés pour rendre au plus juste cette fluidité. Au fur et à mesure de l'écriture, certains éléments sont venus s'ajouter.
Pour Nathalie Skowronek, ce livre lui a permis, sous un prime littéraire, de donner  une vision d'elle qui lui ressemble même s'il s'agit aussi d'un "moi de roman".  Roman cathartique ? Pas tout à fait, si l'auteure parle très justement d’une déconstruction pour revenir au plus près de soi (avant de se reconstruire, il faut d’abord enlever certaines pièces du puzzle), l'espoir premier était avant tout d'écrire un beau livre.

Vous l’aurez compris,  cette rencontre avec Nathalie Skowronek m’a beaucoup, beaucoup apportée ! Et, pour finir en beauté , je veux vous dire qu’un second roman est en cours d’écriture !

Comme d’habitude, tous mes remerciements à Clémence ! Et pour ceux qui n’habitent pas Brest ( oui, il y en a..) une interview de Nathalie Skowronek est en ligne sur le site de Dialogues. Et le site de l'auteure, c'est ici .

mercredi 26 octobre 2011

Haruki Murakami - 1Q84 (Livre2 Juillet-Septembre)

Éditeur : Belfond - Date de parution : Août 2011 - 526 pages et je veux la suite !

Si vous êtes prêts à endurer une souffrance terrible, alors lisez le livre 1 puis le livre 2. Mais, attention : vous êtes prévenus, il faudra attendre mars 2012 pour connaître la suite et là je dis que c’est franchement cruel !

Ce deuxième livre s’achève comme une fin de chapitre. J’ai même cherché après la table des matières, un indice ou un renseignement complémentaire : rien, nada ! Car si le livre 1 est plus axé sur les personnalités d' Aomamé et de Tengo, ici, nous commençons à mesurer le monde 1Q84. Que dis-je ? ! Non,  pas « nous » car Haruki Murakami distille  quelques  grappes d’informations sur ce monde. On pense y avoir posé un pied ou les deux, on tâtonne, on s’interroge. Qu’en est-il vraiment ? Les pages se tournent, l’écriture est toujours aussi délicieuse et la notion du mal est posée.  Le leader des Précurseurs , un homme qu'elle devait tuer, révèle à Aomamé l'équilibre du monde... Les neurones accélèrent le mouvement  et le cœur bat la chamade ! Oui, parce qu’en plus pour mieux nous torturer, il va peut-être y avoir en plus une histoire d’amour. Alors, on y  croit ! Et voilà comment je me retrouve en mode soupape de l’autocuiseur qui tournoie à la cadence  maximale! J’ai terminé la page 526 en disant haut et fort aux murs de ma chambre " monde cruel !" et prête à mordre mon oreiller...Là, pour le coup,  je pense avoir eu une tension un peu plus élevée que la normale.

L’ambiance installée dans le livre 1 est toujours présente doublée du (calque du) monde 1Q84.  Les Little People existent, il y a deux lunes et je suis toujours en extase totale. Le coup de cœur se prolonge mais l’attente va être très loooooongue ! Je veux la suite ! 

mardi 25 octobre 2011

Catherine Leblanc - Ce crime

Éditeur : Balivernes - Date de parution : 2010 - 56 pages

2005, Jonas, quinze ans, en classe de seconde est tué par un autre garçon de sa classe. Dix ans plus tard, certains des élèves reviennent sur les événements.
Quinze ans, l’âge où il est encore permis de rêver  son avenir. Mais c’est également un âge où certains jouent les caïds, où les filles peuvent se montrer pimbêches et où les clans sont déjà formés. Une période où la bêtise associée une blague méchante à la base virent au drame. La mort de Jonas. A travers treize témoignages de ces adolescents  devenus adultes, chacun revient sur cette classe de seconde.  Des témoignages où les mots à demi-avoués sur cette honte d’avoir pu participer d’une façon ou d’une autre à la mort de Jonas côtoient la honte ou une forme d’impassibilité.  On devine les timides qui cachent leurs émotions,  les poids des remords ou de la culpabilité.  Des  vies marquées à tout jamais  et celle de Jonas supprimée.

Ce petit livre à l’effet d’un boomerang !  Ce qui fait partie de la vie d'une classe de seconde y est exprimé à travers ces portraits ciselés : les bandes, la frime, la provocation ou la domination…  Un récit polyphonique impeccable  que l’on aimerait voir entre toutes les mains  jeunes ou moins jeunes. Fifille number two l’a lu et a aimé. Court, intelligent et efficace !

L'avis de Landibiblog

Merci à  Babelio et à sa masse critique!

lundi 24 octobre 2011

Nathalie Skowronek- Karen et moi

Éditeur : ARLEA - Date de parution : Août 2011 - 146 pages d'une grande sensibilité !


« Karen et moi est d’abord l’histoire d’une rencontre, une rencontre que seule la littérature rend possible, entre un écrivain magnifique, Karen Blixen, morte en 1962, et une petite fille de onze ans qui lit La Ferme africaine sous une tente. »
Cet extrait de la quatrième de couverture décrit le pouvoir des livres. L'aspect magique  où l’impossible devient possible, où la vie d’une femme en aide une autre.  Avec une  sensibilité incroyable, une seule voix s’élève de ce livre. Une seule voix  pour deux femmes : Karen Blexter et Nathalie  Skowronek. Parce que quelquefois des vies semblent se superposer ou prendre les mêmes directions, des affinités se créent.  Et dans ces lignes,  l’une et l’autre semblent proches, sœurs d’une certaine façon.  Nathalie Skowronek nous livre ce réconfort, la force puisée dans la vie de celle qu’elle admire. Celle qui comme elle est partie loin de sa famille, toutes deux ont eu ce besoin de liberté.  Des mêmes envies, des souffrances similaires également et l’entraide surgit des mots. Si l’identification semble parfois poindre, Nathalie  Skowronek a su prendre son élan. 

Maintenant, je comprends pourquoi ce premier roman a été plébiscité par mes libraires ! 
Mêlant autobiographie et biographie,  ce livre est touchant et pudique avec une émotion sincère! L'écriture est belle tout en étant naturelle.  Une belle découverte ! 

J'ai l'impression qu'en parlant d'elle  j'arriverai à parler de moi.Je suis lasse, lasse de mentir. Et, comme Karen, j'ai l'espoir que l'écriture pourra me sauver.

Les billets de Griotte, Nadael 


Ce livre fait partie de la sélection de la 10ème édition du prix des Lecteurs du Télégramme


dimanche 23 octobre 2011

Ce 23 août particulier

Le poème Paroles de Jacques Prévert parle de Brest et  des bombardements qui y ont lieu durant la seconde Guerre Mondiale. Gwen nous invite à choisir un lieu et à y raconter ce qui se passe. Seule consigne, notre texte doit se dérouler entre 19 juin 1940 et le 18 septembre 1945. 

Ce poème de Prévert, on le connaissait. Trop bien même. J’ai beau avoir 96 ans, j’ai encore toute ma tête ! Parce qu’une des voisines plus loin dans le couloir, celle-là elle perd la boule. Je me souviens d’une date, le  23 août 1944. Ce jour là, je suis devenue veuve et mes enfants orphelins. En ce temps là, on habitait à Guipavas à Toulgoät. Vous voyez l’ancienne route de Brest à Guipavas, là où il y a un lotissement avec à l’entrée un grand sapin ? Notre ferme était là comme celle des Jaouen. Depuis, tout a été vendu et racheté pour construire, vous pensez bien mais à l’époque, Brest n’était pas étendu comme aujourd’hui et pour y aller, c’était en charrette ou alors à pied en se levant de bonne heure. En août 1944, Toulgoät était sur la première ligne de front Allemand et les Allemands campaient un peu partout, même à la ferme ! Yves, mon fils à l’époque avait quatre ans et ma fille Paule deux ans. J’étais enceinte  de Françoise. Je me rappelle du jour où j'ai accouché d’Yves, les bombardements sur Brest avaient déjà commencé. On a perdu une vache tuée par une bombe. 
La ferme de Toulgoät appartenait à mes beaux-parents donc ils surveillaient les petits pendant qu’on était aux champs ou autour des bêtes. Je n’étais pas tranquille de voir tous ces Allemands près de chez nous.  On les évitait et eux-aussi. Il y avait dans le groupe un gamin, un jeune qui devait avoir dix-sept ans. Celui-là, il me faisait pitié… si jeune.   Le 14 août,  on a dû évacuer la ferme sur l’ordre des Allemands. Comme la route vers Guipavas était minée, on s’est arrêté chez les Bihan.  Il n’y avait que le père qui était là. Pendant quelques jours, on s’est serré à la dure mais on était tous habitués.  En ce temps là, les gens s’aidaient. Et puis est arrivé le 23 août. Je me doutais bien que mon mari faisait partie d'un réseau de la résistance avec son frère. Jamais il ne m’en a parlé mais je comprenais bien à ses absences qu’il y avait quelque chose. Un groupe d’Allemands s’est  présenté et directement ils ont fouillé les sabots de mon mari. Il m’a regardé... je n’oublierai jamais ce moment.  Dans la paille d’un des sabots, il y avait un papier caché. Tout a été très vite, les Allemands criaient, les hommes ont été poussé près de l’étable. Des mitraillettes dans le dos. Yves pleurait, la petite Paule cachait son visage dans mon tablier. Des renforts Allemands sont arrivés rapidement. Mon mari, , son frère et Louis Jaouën ont été emmenés par les Allemands. On ne pouvait rien faire. Vous me demandez quelle heure il était ? Oh, je ne sais plus, sûrement dans l’après-midi. Le soir, je suis partie aux nouvelles. Personne ne savait rien.
Attendez, je cherche mon mouchoir. Nous, les vieux, on a souvent les yeux qui coulent. On n’a jamais retrouvé le corps de mon mari comme ceux des six autres personnes arrêtées ce jour là. C’est ça le  plus dur. Oh oui, j’ai passé du temps dans les champs à cherchez des traces mais rien. Ma fille Françoise est née avant terme à cause de toute cette histoire. Bien sûr, que lorsque la guerre a été déclarée, mon mari a été mobilisé. Mais à cause de ses problèmes de santé, il faisait de l’hypertension,  il a été hospitalisé puis comme on disait « mis en congé » pour trois mois. 

Voilà, vous m’avez demandé ce qui s’est passé le 23 août 1944, je vous ai répondu maintenant j’aimerai bien me reposer. 

Ce texte est dédié à la grand-mère de mon mari qui aurait eu 96 ans. Son mari été arrêté le 23 août 1944 suite probablement à une dénonciation . Lui et son frère faisaient partie du réseau « Guipavas » de résistance ainsi que d’autres personnes. L’arrestation a été publiée dès le lendemain dans la presse de Landerneau. On n’a jamais su où  ils ont été fusillés. Certaines personnes disent avoir aperçu des hommes encadrés par des Allemands au vieux St Marc à Brest dans la soirée. Il y a eu et il y a encore des questions. 
Je me suis inspirée librement des faits tels qu'elle les racontait…  Seule la date est inchangée, les noms de personnes et de Toulgoät sont purement fictifs. Par respect pour les personnes qui ont vécu ce drame et leurs familles.

Et les gagnantes sont ...

Et oui, le jour des résultats pour le jeu la couleur des sentiments/ The help a sonné !
Les réponses aux question étaient le suivantes :
1° ) Quel est le nom de l’actrice qui interprète  le rôle de Skeeter ?
Emma Stone
2°) Dans l’extrait ci-dessous où se trouve la femme qui hurle à la lecture du livre ?
Dans son lit !!!
3°) Et une dernière question : quel est le nom du dernier album de Miossec ?
Chanson ordinaires
Cette question ne comptait pas mais j'aime bien vous faire  des petits  rappels concernant Miossec...

Quelques explications, certaines ont émis le souhait de participer que pour un  ( ou deux ) des 3 lots.
J'ai donc effectué trois tirages au sort et pour celles qui n'avaient rien précisé, leur nom était d'office pour chacun des tirages. Une main innocente (celle de Monsieur... je n'avais que lui) et deux huissiers pour contrôler le bon déroulement des opérations :


Les  cahiers moleskine reviennent à Saxaoul ( dis-donc, la miss tu es née sous une bonne étoile!) et Mango.
Ankya et Mireille mijoteront de bons petits plats avec les tabliers de cuisine, et enfin Pascale/Majorie et Joëlle iront au ciné!
Merci de me communiquer vos adresses postales au plus vite par mail.

samedi 22 octobre 2011

Eric Puchner - La musique des autres

Éditeur : Albin michel - Date de parution : 2008 - 231 pages

Après Famille modèle, j’ai eu envie de découvrir le recueil de nouvelles d’Eric Puchner (et premier livre).

En neuf long textes, il nous déroule des tranches de vies. Ca clashe, ça interpelle ou ça dérange comme dans "Les enfants de Dieu". Ecrire une nouvelle sur de grands enfants attardés mentalement  et rejetés par leurs parents,  c’est  presque du politiquement incorrect! Dans la portée musicale (jeu de mots facile, je vous l’accorde),  on est loin mais vraiment très loin d’une symphonie où les petits oiseaux gazouillent dans le meilleur des mondes possibles. Eric Puchner joue sur le discordant et ses personnages ne rentrent pas dans le moule de la société américaine. Ou alors ils en sortent justement d'une certaine façon comme on sort du cadre ou du moule. Un alcoolique, un émigré, une mère qui a abandonné son mari et ses enfants …Ils nous tendent leurs miroirs.  Et, a fortiori,  l’image renvoyée peut être déplaisante ou déroutante.L'écriture est foisonnante de détails et donne vie à des personnages vulnérables, quelquefois pathétiques mais toujours attachants.

J'ai souri franchement ou carrément jaune, je me suis mordue les lèvres, j'ai baissé les yeux ...  Ce mélange de subtilité faussement naïve et d’humour en font un recueil qui (r)éveille plus que des simples émotions !

vendredi 21 octobre 2011

Juste ou injuste ?

Pour que tout le monde profite de ce que je poste sur Facebook ( c'est à dire deux phrases toutes les trois semaines) car oui, je me suis ajoutée dans la grand monde virtuel où tout le monde est ami. Non, le monde de Oui-oui n'a pas été (entièrement) reproduit et les amis de mes amis ne sont pas forcément mes amis. Complexe, hein?
Donc hier soir , je disais que la parole du jour revenait  à mon maître-nageur qui pour la seconde fois m'a fait travailler les bras pour le crawl. Ce qui donnait moi, toute guillerette après avoir bu la tasse, cracher (de l'eau) et fait 8 mètres, et qui demande à bout de souffle "alors ?". Sa réponse : "ça ressemblait à de la survie". Pas à dire, j'aime ses encouragements mais il est juste.


Qu'est ce qui est juste et qu'est ce qui ne l'est pas?
Damned, on dirait un devoir de philo. Qu'un élève se fasse insulter, qu'on lui dise sèchement et à plusieurs reprises : "tu as vraiment un pois chiche à la place du cerveau ! ". C'est méchant mais quand il s'agit d'un prof qui le dit , on doit réagir comment ? Surtout quand c'est son enfant (fifille number two en classe de 4ème)


Aïe.. Oui et ce n'est pas la première fois. Certains  professeurs se donnent un droit :  celui d'insulter ou de  ridiculiser, d'humilier les élèves devant la classe entière... 

Et là, on va me dire : il faut prendre rendez-vous avec le prof principal, écrire un mot dans le cahier de correspondance.  Mais là, j'ai une petite anecdote à vous raconter. Quand Fifille number one était en classe de seconde, une prof l'a prise en grippe. Pour faire court, la professeur l'a plus qu'humiliée devant toute la classe dont une partie rigolait et l'autre était mi-figue, mi-raisin. Donc, j'ai écrit à la professeur de façon diplomatique avec tact et respect ( du Cdt en toutes lettres) qu'elle n'avait pas à faire cela. J'ai déclenché une tempête ! Fifille a vu brutalement ses notes descendre et pendant deux trimestres, la prof balançait devant tout la classe "oh mince, je ne suis pas contente, je vais le dire à ma maman". Six mois où à quinze ans, elle est assister aux cours le ventre noué par la peur. 

Malaise dans l'enseignement en effet ... 
Alors, qu'est ce qui est juste et qu'est ce qui ne l'est pas?

jeudi 20 octobre 2011

Theresa Révay - Dernier été à Mayfair

Éditeur : Belfond - Date de parution : Octobre 2011 - 472 pages de pur bonheur ! 

Eté 1911, Londres. Julian, Evangeline, Edward et Victoria Rotherfield ont l’insouciance de la jeunesse dorée . Si Julian en tant qu’aîné a de nombreux devoirs et obligations, son cadet Edward a comme danseuse le jeu et l’aviation. Alors que Victoria s’apprête à faire son entrée dans la haute société anglaise en tant que débutante, sa sœur Evangeline prend part  à des réunions de suffragettes dans les quartiers ouvriers. Trois ans plus tard,  l'ombre de la première Guerre Mondiale se dessine et va faucher bien plus que des soldats innocents. 

Pour commencer, on oublie la couverture qui ne reflète en rien le contenu de cet excellent roman ! Et, je me suis couchée  à des heures peu raisonnables  tellement j’étais captivée par ce livre ! Aux premiers abords, on pourrait penser qu’il ne va être question que du destin de ces quatre jeunes gens de la haute société anglaise. Et bien non, on y croise toute une jeunesse de l’époque, des Anglais mais également des Français, avec ses espoirs et ses revendications. Autant de personnages que l’on va suivre jusqu’en 1919.  Suite au décès de son père, Julian endosse les devoirs qui lui incombent et se marie sans amour.  Si Victoria aime les bals, Evangeline préfère militer pour de droit de vote des femmes avec les suffragettes.  Arrêtée, elle connaît la prison  et la barbarie infligée aux femmes qui refusent de s’alimenter.  Edward est le plus fantasque de tous. Il rate de peu de remporter une course d’aviation et par la même occasion de rembourser ses dettes de jeu.  La société anglaise édouardienne est à  bout de souffle, l’industrie est en plein essor et les femmes veulent l’égalité. En France, la noblesse connait aussi le revers de la médaille. Les  personnalités se révèlent au fil des pages de la  première partie qui réserve bien des surprises !
Dans la seconde partie, on "vit" les combats de la Somme à côté de ces soldats anglais comme si on y était. On admire ces femmes devenues infirmières pour  aider et l'on ressent le désarroi d'une population qui pleure ses fils.  L’auteure réussit à faire ressortir l’émotion, la peur, le courage et  la prise de conscience d’une guerre qui s'embourbe.
Tenir le  lecteur sur presque cinq cent  pages est un pari et l'auteure  le réussit haut la main ! Non seulement, elle évite trop de rebondissements dans la première partie mais surtout la seconde partie est d’une véracité époustouflante.
Je vous ai juste donné  quelques éléments mais il y en  a tant que je vous laisse le  plaisir de le lire à votre tour !

Theresa Revay nous offre  un très, très bon roman  historique ! Ce livre est riche, dense, saisissant par les détails  avec des personnages crédibles et attachants ( je pense notamment à Jean, le jeune prêtre français ou à May Wharton, une femme journaliste et aviatrice). Des personnages qui sont le portait d’une génération sacrifiée.  Alors oui, j’ai  vibré et j'ai eu les yeux embués à la lecture de certains passages...
Un vrai et  grand bonheur de lecture !

Et ils tombaient les uns après les autres, fauchés comme des épis dans un champ de blé, pulvérisés par les obus, sans comprendre ce qui leur arrivait  puisqu'on leur avait garanti  que les Allemands seraient morts, sans comprendre comment leurs amis d'enfance, leurs camarades de bureau , meurs cousins et leurs frères succombaient pas dizaines, par milliers sous les rafales des mitrailleuses que les Allemands avaient tirées de leurs  abris, ni d'où sortaient les  uniformes vert-de-gris recouverts de poussière de craie qui se dressaient à une centaine de mètres et contre lesquels ils venaient se briser vague après vague sous une pluie de balle qui leur arrachaient la tête et fouettaient leur corps. Mais ils continuaient à avancer, ils enjambaient ceux qu'ils aimaient, sans jamais cesser de tomber, épaule contre épaule, et leur sang détrempait  la terre de France.
 

mercredi 19 octobre 2011

Annabel Pitcher - Ma sœur vit sur la cheminée

Éditeur : Plon jeunesse - Date de parution : Octobre 2011 - 236 pages

Une des sœurs aînées de Jamie , Rose est morte dans un attentat à Londres. Il était âgé de cinq ans. De Rose,  Jamie n’a gardé que peu de souvenirs. Mais cinq ans après, il sait que sa famille n’en est plus une. Jasmine, la jumelle de Rose, fait tout pour montrer désormais sa différence. Leur mère est restée à Londres, Jasmine  et Jamie vivent à la campagne avec leur père qui noie son chagrin dans l’alcool.  Tout se complique le premier jour d’école pour Jamie. On l’a placé à côté d’une musulmane et son père dit que  les musulmans ont tué Rose.

Même si le tableau de départ peut paraitre bien sombre, le narrateur est Jamie et c’est avant tout un petit garçon de dix ans qui croit encore à  Superman. Comme tous les enfants, il a besoin de rêves et de refuges imaginaires. Aussi,  il a bien du mal à s’imaginer de bouts de Rose dans l’urne qui est posée sur la cheminée ou alors à sa façon. Sa mère et son père se sont séparés. Sa sœur  Jasmine âgée de quinze ans endosse plusieurs rôles pour protéger Jamie. Et s'il y a un personnage qui m’a vraiment touchée, c’est bien celui de Jasmine. Sa jumelle est morte et en tant qu’adolescente, elle cherche à s’affirmer. Pour se différencier de Rose et pour faire son travail de deuil également. 

Les attentats, la question de la religion, l’amalgame musulman et terroriste, la mortTous ces sujets sont traités dans ce livre mais avec le regard de Jamie. Et j’ai envie d’ajouter heureusement d’ailleurs car ce côté quelquefois drôle, enfantin  fait du bien et évite la sinistrose !  

Cathulu l’a lu en version adulte.

Edit de 22h00 : il s'avère que la version adulte est la même. Texte identique mais couverture différente. Une version Senior serait en cours ( il suffit de rajouter le décès d'un des grand-parents dont les cendres seraient dans une urne) et hop, le tour (marketing) est joué !




mardi 18 octobre 2011

Qui veut gagner ?

Un livre phare que j’avais i aimé et qui m’avez  faite vibrer ces derniers mois va bientôt sortir au ciné. Oui ! La couleur des sentiments (The Help)  sera sur nos écrans de cinéma  en  France à partir du 26 octobre 2011. 

Et je vous propose un petit jeu (non pas pour gagner des millions) mais :
2 tabliers de cuisine  (d’une valeur unitaire de 25 euros )
2 cahiers Moleskine  (d’une valeur unitaire  de 15 euros)
2 *2 places de ciné.

Alors qu’est ce qu’on dit ? Chouette ! Mais avant il va falloir répondre à quelques petites questions…
1° ) Quel est le nom de l’actrice qui interprète  le rôle de Skeeter ?
2°) Dans l’extrait ci-dessous où se trouve la femme qui hurle à la lecture du livre ?
3°) Et une dernière question : quel est le nom du dernier album de Miossec

© 2011 DreamWorks II Distribution Co., LLC

Les habitués/habituées de ce blog et demeurant en France Métropolitaine peuvent jouer en me répondant avant le 22 octobre minuit uniquement par mail ( je bouderai les réponses données par téléphone, fax ou autre...).

lundi 17 octobre 2011

Mikaël Hirsch - Les successions

Éditeur : L'Editeur - Date de parution : Août 2011 - 278 pages

Avertissement : je reprends ma devise désormais célèbre : " à quoi bon faire des tartines quand je n'ai pas aimé ?"
A Tokyo, Pascal Klein, propriétaire d'une galerie d'art, voit enfin peut-être poindre le fin de sa quête. Celle d’un tableau de Chagall ayant appartenu à ses grands-parents. Fils d’un peintre, il s’agit d’un homme passionné par l’Art et son évolution mais aussi tourmenté.

Un résumé sommaire pour un livre qui m'a laissée dubitative…  Et ce pour plusieurs raisons. J’ai eu du mal à rentrer dans ce livre où j’ai trouvé que l’auteur en faisait trop au niveau de l’écriture. Un style allant même jusqu'à  être"pompeux" à mon goût. Puis,  je me suis emmêlée  dans les fils qui au lieu de se montrer conducteurs pour moi ont été source de grands moments de solitude ( et oui!). Je n’ai pas compris toutes les réflexions de ce galeriste sur l’évolution de l’Art ou ses questions existentielles (que ceux ou celles veulent crier  à l’inculture le fassent, j’ai prévu un bouclier !). La trame principale mène Pascal Klein à Tokyo à la recherche d’un tableau. Pas un tableau connu du public mais une toile du célèbre peintre Chagall. Le tableau se trouvait accroché dans la chambre d’enfant de son père. Après la Seconde Guerre Mondiale, il n’y a plus aucune trace du tableau. A ce récit s’ajoute l’histoire de Ferdinand de Sastres. L’homme, un  collectionneur excentrique,  possédait  une multitude d’œuvres d’art toutes enfermées dans des caisses.  Chaque semaine, sa vaste demeure voyait voyait son lot de visiteurs. Ferdinand de Sastres leur décrivait avec ferveur  les joyaux qu’il possédait bien que le doute planait sur leur existence.  Cette histoire dans l’histoire m’a intéressée mais  il était trop tard…

Je suis complètement passée à côté de ce roman dont nous avons fait avec Mango une lecture commune. Pourtant,  j'avais apprécié de cet auteur le précédent roman Le réprouvé.

Mon avis se rapproche de celui de d'Aifelle et de  ValérieCynthia, Daniel Fattore et Yv  ont aimé.

dimanche 16 octobre 2011

Laissez-nous...

Copyright Kot
Et voici ma participation à l'atelier de Leiloona "Une photo, quelques mots". A nous d'écrire un texte à partir de la photo ci-dessus.

Jean avait toujours été considéré comme quelqu’un de moyen . A l’école, ses maitres puis ses professeurs disaient de lui qu’il était un élève passable, le genre d’écolier qu’on  remarque à peine. Silencieux, ayant peu d’amis et souvent perdu dans ses pensées. Ses deux premières petites amies le trouvèrent  gentil mais un brin ennuyeux. Tous deux mirent  un terme rapide à leur relation. Jamais Jean n’aurait eu le courage de les quitter même si Cathia avait une haleine capable de décimer une colonie de mouches ou qu’Anna rigolait bêtement dans n’importe quelle circonstance. Jean était un de ces enfants venu au monde trop tard dans une famille déjà composée. Il grandit un peu tout seul. Ses parents, des commerçants, n’avaient pas de temps à lui consacrer et ses sœurs avaient passé l’âge de jouer à la poupée. Après des études de comptabilité, ses parents et ses sœurs furent étonnés qu’il décroche brillamment son diplôme. A son habitude, Jean ne montra aucune  marque de satisfaction particulière. Son père lui décrocha une remarque acide dont lui seul était capable «  mais est ce qu’un jour tu pourrais au moins te montrer heureux, ne serait-ce que pour ta mère  ? ». Son fils ne lui répondit pas, il prit sa veste et sortit.   Dans les rues, un bruit sourd s’élevait.  On percevait ce bruit des pas qui martèlent le bitume, pas de slogans scandés au mégaphone. Intrigué, Jean décida de se hisser sur un lampadaire.   La foule compacte marchait en sa direction. Des  banderoles de toutes sortes étaient déployées dans le ciel. Jean ne s’était jamais intéressé aux revendications ou à la politique.  Mais la vue de ces manifestants lui procura un sentiment de fraternité. Des frissons lui parcouraient le dos. Une personne lui donna un tract.  Il le prit, le lut et un sourire aux lèvres, il  partit rejoindre le cortège. Le papier comportait juste ces mots « laissez-nous tranquilles ». 

samedi 15 octobre 2011

Lauren Groff - Les monstres de Templeton

Éditeur : 10 x 18 - Date de parution : 2010 - 512 pages succulentes!

Suite à une histoire d’amour qui s’est mal terminée, Willie Upton, future archéologue, revient dans sa ville natale de Templeton. Elle retourne vivre avec sa mère Vivienne une ancienne hippie qui depuis à trouvé la foi en la religion baptiste. La petite ville est en émoi car le cadavre d’un monstre marin s’est échoué sur les berges du lac. Willie dont les rapports avec sa mère n’ont pas toujours été au beau fixe a toujours pensé que son père était un hippie. Mais, Vi annonce à Willie qu'elle lui a menti  et que son père vit à Templeton. Au lieu de lui dire son nom, Vi lui lance une intrigue à résoudre. Une enquête où la grande et les petites histoires interviennent...

Voilà un vrai bon roman !!! Le genre de roman où l’on sourit de plaisir de la première à la dernière page. Si vous aimez les histoires de famille, ce livre est pour vous ! Si vous aimez l’histoire de l’Amérique, ce livre est pour vous également ( ohoh, Keisha tu es cuite !). Dans ce roman, on navigue dans deux siècles d’histoire de l’Amérique par le bais de la famille de Willie. La ville de Templeton tient son nom de son fondateur Marmaduke Temple dont Vi descend. Willie a toujours cru qu’elle était le fruit involontaire de l’époque où sa mère vivait dans une communauté à San Franscisco avec trois autres hippies. Autant dire que Willie s’est toujours mise martel en tête que la probabilité de connaître son père était quasi archi nulle. Vi apprend à sa fille que son père vit à Templeton mais qu’il est en plus un descendant illégitime de Marmaduke Temple ! Heureusement pour Willie, Vi habite toujours l'ancienne demeure familiale  et la ville a gardé de nombreux documents ayant un rapport avec son fondateur. Et voilà que Willie se lance à la recherche de son père en mettant le nez dans de vieilles lettres et de vieux papiers. Mais que serait la généalogie sans les secrets de famille me direz-vous ? De plus, Willie a ses propres problèmes à régler (que je vous laisse découvrir).

Dans une écriture vive, enlevée, Lauren Groff signe un roman bien construit, dynamique et souvent drôle ! Des personnages bien campés, terriblement humains avec leurs qualités et leurs défauts, des mensonges et des vérités mis à jour, un contexte prenant et voilà un excellent moment de lecture ! 
De cette auteure, j’ai lu Fugues, un recueil de nouvelles paru après ce livre mais  je la préfère nettement en tant que romancière ! 

Les billets de Cathulu, Chiffonnette, Cuné, Karine:), Manu, MangoYs toutes conquises!

vendredi 14 octobre 2011

Haruki Murakami - 1Q84 (Livre1 Avril-Juin)

Éditeur : Belfond - Date de parution : Août 2011 - 534 hypnotiques  !

Je n’ai pas envie d’en dire trop sur ce livre. J’ai envie de garder intacte la chrysalide de ce petit bijou. Que chacun découvre le monde dans lequel Haruki Murakami nous fait entrer. Un monde où l’on suit en parallèle Tengo et Aomamé. Nous sommes à Tokyo en 1984, les deux jeunes gens sont presque  trentenaires. Enfants, ils fréquentaient la même école mais sans être amis. Un jour, cependant Aomamé a croisé fortement la main de Tengo qui l’avait défendu. Ce souvenir les a marqués tous les deux même si depuis ils se sont perdus de vue. Tengo enseigne les mathématiques et écrit sans être publié. Aomamé dispense des cours de stretching dans un club de sport.  Un éditeur propose à Tengo de récrire le roman d’une jeune fille de dix-sept ans et Aomamé tue un homme qui battait sa femme. 

Je ne connaissais pas Haruki Murakami avant que l’onde de phénomène 1Q84 ne parvienne jusqu’à moi. Un phénomène et un succès largement mérité ! Un livre hypnotique qui m’a fait oublier deux fois mon arrêt de bus, qui m’a scotchée par l’écriture et dont je suis ressortie ébahie ! Dans ce livre  il est question de secte, de religion, de traumatismes  mais aussi de l'art d’apprécier la vie, de Little People et de l’apparition d’une seconde lune visible que par certains. 
Je suis plus que conquise ! J’ai aimé  chaque phrase et j’ai bu chaque mot ! Haruki Murakami possède une écriture belle, envoûtante, mélodieuse où la poésie se distille harmonieusement.   Chapeau bas à la traductrice Hélène Morita pour avoir su recréer l’ambiance, la symbiose entre les mots et le lecteur ! Epatée, je suis et je commence d'ores et  déjà le livre 2.

En tant que lectrice, ce livre m'a procurée une forme de bonheur sans précédent! Oui, vous avez bien lu...Haruki Murakami m'a prise par la main, par le cœur et par l'esprit et je le suis. Où ?Je ne ne sais pas vraiment mais je suis plus que confiante. Un billet court car parler de ce livre est difficile tant je l'ai aimé!

Devenir libre, qu'est ce que cela veut dire finalement?  s'interrogeait-elle bien souvent. Est-ce que cela signifie réussir à s'échapper d'une cage pour s'enfermer dans une autre, beaucoup plus grande ? 

mercredi 12 octobre 2011

Penser dans sa tête...

Je ne sais pas ce qui se passe au-dessus de nos têtes mais il semble que la grand manitou m’ait encore confondu avec une marmotte. Pourtant, je ne suis  pas recouverte entièrement de poils et je ne vis pas à la montagne. En attendant qu’il répare son erreur ( s’il la reconnaît), je dors ! ( Je reviens  dès que possible ...)


Sinon, j’ai appris que l’on pouvait penser avec autre chose que dans sa tête ! Avec mon planning de premier ministre, hier après un rendez-vous, je me suis aventurée dans un magasin de chaussures où je ne mets jamais les pieds. J’avais déjà  regardé la devanture lors des soldes et je croyais que le prix affichés ne tenaient compte d’aucune remise… Erreur, erreur. Sauf que mes petits  pieds ne sont pas petits ( un 41 fillette)  et que grâce à l’hérédité( merci à la famille de ma grand-mère paternelle), j’ai un hallux valgus. Heureusement pour moi, je ne suis pas Cendrillon car j’aurais explosé l’escarpin en verre… 

Donc trouver chaussure à mon pied n’est pas aisé. Dans ce magasin (situé en haut de la rue Siam) se tenaient  trois vendeuses dont une déjà occupée avec une cliente. Juste quelques secondes après moi, une femme entre, tout de suite une vendeuse s’empresse de s’enquérir de ce qu’elle recherche comme modèle. Et là, j’ai vécu un grand moment de solitude. 
Apparemment, personne n’était décidé à venir me renseigner. Je m’assois, un ange passe puis un second. Enfin, la troisième vendeuse daigne me demander d’un air pincé si elle peut me renseigner. Et là, j’ai été prise d’une envie furieuse de lui répondre : oh non, je me suis arrêtée juste pour prendre un café, la bonne blague. Je prends sur moi et je lui explique ce que je recherche et là, elle me regarde avec des yeux ronds comme une soucoupe. Oui,  me trouver des bottines avec talon mais pas trop semblait pour elle un défi impossible à relever.

Et, elle me dit en me prenant de haut « Si vous pouviez me dire ce que vous pensez dans votre tête, ça m’aiderait ».
Ce à  quoi je réponds « nous avons  beau être dans un magasin de chaussures, sachez Madame, que je pense toujours dans ma tête et non pas dans mes pieds ». Un "au revoir" un peu sec  (j'avoue)  et je suis partie laissant la vendeuse en position poisson privé d’oxygène… Sans remord. Non mais!

lundi 10 octobre 2011

Claire Huynen - Série grise

Éditeur : Le Cherche Midi - Date de parution : Janvier 2011 - 109 pages hautement réjouissantes !

Ce court roman décrit le quotidien d’une maison de retraite vu par un de ses pensionnaires. On pourrait s’attendre à un  récit ennuyeux partagé entre les parties de dominos, les siestes devant le feuilleton de l’après-midi, le temps à tuer en attendant le dîner… Que nenni !  Car bien qu’âgé notre narrateur ne compte pas s’enfermer dans un mouroir... 
 
En devenant pensionnaire de la  maison de retraite pour personnes valides de Mathusalem, notre narrateur accepte le poids de l'âge mais ne se résigne pas à devenir un "vieux con". D'un caractère bien trempé, il nous décrit sur un ton hautement cynique et jubilatoire le quotidien de la maison de retraite. Ses pensionnaire, sa directrice, le train-train : rien n’y échappe et tant mieux ! Et, notre  narrateur use de surcroît de la dérision. Cette arme se révèle une fois de plus efficace pour dépeindre avec sensibilité ce qui se cache derrière les mots qui font peur.  Cerise sur le gâteau : Claire Huynen nous offre en plus une écriture ciselée à merveille. Alors, que demander de plus ?



Ce n’est de ma part que simple curiosité. La curiosité de voir mon corps ainsi vieillir. De me regarder me flétrir. D’observer mes sens s’écailler. Il n’y a dans mon regard nulle perversité. Non plus de dégoût. Je n’en ressens d’ailleurs aucune tristesse. C’est juste pour moi un exercice du regard.


Les billets d’Amanda, Cathulu

 

dimanche 9 octobre 2011

Horloge déréglée

Gwen nous invite à écrire sur des objets qui nous définissent. Hélas, malgré mes récents gazouillis, j'ai une forte crise (ressentir la douleur en dormant n'a rien de très réjouissant), aussi j'ai fait court et j'ai détourné la consigne...Voili, voilà! 

Toute journée a un début et une fin. Depuis quelques années, elle s’est  détachée de cette réalité. Le sablier du temps a pris une autre dimension. Quand elle ouvre les yeux, elle aimerait pouvoir se rendre dans "un grand terrain de nulle part" (comme le dit si bien Bashung). Espace sans limites définies où  les étoiles argentées donnent vie aux doubles lumineux.  Son ombre animée du souffle des mortels se promènerait sans carapace. Nul besoin de bouclier dans ce lieu où les légos désarticulés, les danseuses cabossées aux tutus déchirés vivent sans appréhension.   Son ombre avancerait, un livre et un carnet à la main.  Elle noterait ses impressions et ses idées. Elle n’aurait pas peur d’écrire et si quand même ce sentiment la gagnerait, elle aurait assez de confiance en elle  pour le débusquer.  Des enceintes accrochées aux arbres diffusent de la musique. Et dans ce lieu où rien n’est ordinaire, chacun a la possibilité d’écouter ce qu’il désire. Des photos pour la plupart anciennes aux bords dentelées ornent un grand tableau magnétique.  En passant devant, elle murmure des prénoms aux sonorités surannées. Mais depuis que la figure de son père y figure , elle  a refermé ce classeur et s’interdit de le ré-ouvrir. La  blessure est encore trop fraîche, elle a tout juste un an.  Son ombre possède l’aisance et certaines facilités qu’elle a perdues. Elle la regarde sans une once de jalousie mais avec envie. Son ombre représente ce qu'elle a perdu. Pourquoi avoir peur de la maladie quand on est en bonne santé ? Regret de jours heureux où l'insouciance  prédominait. Mais au fond d’elle, elle sait qu’elle et son ombre ne font qu’une toutes les deux. Indissociables pour toujours. Le terrain a disparu et a laissé place à la rue. Ses pas martèlent le bitume. A son rythme qui n’en est pas un, horloge déréglée depuis bien longtemps qui ne compte plus le temps.

vendredi 7 octobre 2011

Lydia Millet - Comment rêvent les morts

Éditeur : Le cherche midi - Date de parution : Octobre 2011 - 288 pages

Enfant, Thomas n’avait qu’un seul but : gagner toujours et encore de l’argent. Qu’il devienne agent immobilier avec comme seul crédo le bénéfice était une suite logique.  Sa vie va basculer à la suite de plusieurs incidents. Des drames petits ou grands qui vont lui permettre d’ouvrir les yeux sur le monde et de prendre conscience de la vraie valeur de la vie.  

Si à la lecture des quarante premières pages, je me suis demandée (avec angoisse) à plusieurs reprise s’il s’agissait bien d’un livre de Lydia Millet que je tenais entre les mains, la suite me l’a bien confirmée. Ouf ! Après un premier  chapitre un peu lent sur l’enfance de T. ( ou Thomas si vous préférez),  on le découvre à l’âge adulte.Agent immobilier brassant beaucoup d’argent et célibataire. Lorsque son père quitte sa mère, cette dernière vient s’installer chez lui. Sa mère frôle de très près la mort et en revient définitivement changée. Et il s’agit du premier domino qui va déclencher la chute des autres.  Thomas rencontre l‘amour en la personne de Beth, une jeune femme adorable, gentille qui décède brutalement. Une espèce animale s’éteint sur une île où il menait son plus gros projet immobilier.  De fil en aiguille, Thomas s’intéresse aux animaux en captivité. Il délaisse peu à peu  les gens superficiels et s’ouvre à l’essence de la vie.Car une suite de dominos qui s’effondre peut révéler des splendeurs.
Je ne vais pas vous raconter entièrement ce livre. Je vous dirai juste qu'il n'y a pas de happy end et que mon petit cœur d’artichaut handicapé s’est serré fortement à plusieurs reprises (quand vous le  lirez, vous comprendrez pourquoi). Bien entendu,il s’agit du système capitaliste qui est pointé du doigt, ce besoin toujours important et impétueux d’avoir encore plus d’argent. Mais il y a autre chose. 
Lydia Millet apporte une autre dimension, du respect et une valeur ajoutée à la vie quel que soit son origine. Contrairement à son précédent livre Le cœur est un noyau candide, je n’ai pas retrouvé les accents à la  Richard Powers dans l’écriture. Et, cet aspect m’a manquée …

Mais, il s’agit d’un bon livre à mettre entre toutes les mains !

Je pense que Keisha  est du même avis que moi !


Il avait besoin de Casey, pensa-t-il, parce qu’il aimait sa compagnie, parce que sa présence le rendait plus complet, mais il ne pouvait nier qu’au départ il avait également pensé lui faire une faveur. Voilà où s’était située son arrogance. C’était une erreur de penser que parce qu’une personne était déchue, blessée, malade ou  imparfaitement complète, vous lui donniez davantage par votre présence qu’elle ne pouvait elle-même vous offrir. C’était une triste erreur.

jeudi 6 octobre 2011

Sana Krasikov - L'an prochain à Tbilissi

Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Octobre 2011 - 274 pages ou 8 nouvelles

 Avec ce premier recueil de nouvelles, Sana Krasikov nous dépeint la vie d’émigrés des pays de l’Est en Amérique. Des nouvelles où les femmes  sont les personnages majeurs, les pièces maitresses de ces tranches de vie. Poursuivant le bonheur et d’une vie qui est souvent à construire, le pays d’origine n’est jamais loin. Mari, parents, langue, coutumes … Le cordon n’est jamais coupé  malgré le déracinement, les espoirs inaboutis. Un rien suffit : se rappeler les études abandonnées, une photo de l’enfant resté au pays.  L’auteure nous dépeint des vies banales et sans éclat à première vue. Mais dans chacune de ces nouvelles,  une forme de  ténacité est le dénominateur commun. Ténacité d’essayer de vivre mieux, de s’adapter ou celui de continuer à subir. 

Il n'empêche que Sana Krasikov nous renvoie des bouffées d’émotions fortes, violentes, amères ou tendres. Comme l’amour d’une mère ou celui d’un mari qui s’est éteint, la « rage » qui prend aux tripes ou qui vous laisse en fond de cale. Des textes où l’on retrouve l’âme des pays de l’Est et ce sont des vies bien plus fortes qu’elles n’y paraissent... Le tout dans une écriture où il n' y a rien à redire. Mais ( mon fameux "mais") , seul bémol à mon goût,  l'auteure multiplie un peu trop  les personnages à chaque texte. On lit une nouvelle ou deux à la suite mais pas le recueil d'une traite.

Il faut dire qu'ils étaient si nombreux à avoir échoué de ce côté-ci de l'Atlantique. Tout un monde transposé, telle d'une tache d'encre sur une carte repliée, d'un continent sur un autre. 

mercredi 5 octobre 2011

Véronique Bizot - Un avenir

Éditeur : ACTES SUD - Date de parution : Août 2011 - 102 pages 


Paul reçoit un courrier de son frère jumeau lui demandant de passer à l’ancienne maison familiale vérifier si un robinet ne fuit pas. Même si Paul n’habite pas à côté, il effectue le déplacement. Il trouve étrange qu’Odd se soit absenté. Paul se retrouve seul dans la maison chargée de souvenirs.

J’aime Véronique Bizot car elle  a le don de surprendre son lecteur. Pas au tournant d’une page mais directement et de façon franche. Et Un avenir ne manque pas à la règle ni à celle de l’ambiance que j’avais pu découvrir dans Mon couronnement. Si vous pensiez effectuer  la danse de la chenille ou brailler à tue tête des chansons issues d’un répertoire digne d’un mariage, préférez un autre jour. Ou annulez, ce sera plus simple. Véronique Bizot nous ouvre la porte sur un univers peuplé de solitude et  d'évocations émergentes des brumes de l’enfance et de l’adolescence. Souvenirs où l’on découvre la famille de Paul. Une famille qui claudique : chaque membre portant  pour ainsi dire  son lot d’étrangeté ou d’hérédité. Dans cette maison perdue dans une campagne emmurée dans le froid,  si Paul au départ se sent mal à l’aise, il parvient peu à peu à trouver ses marques. 

Mêlant l’art, les drames, et les attentes de la vie, ce livre est une invitation à sortir des sentiers battus des romans conventionnels. Il suffit juste de se laisser embarquer et de ne pas avoir d’appréhension ! Et, Véronique Bizot évite au lecteur de sombrer dans un marasme quelconque. Au final, une forme de douce mélancolie ressort de cette lecture, empêchant le lecteur de s’apitoyer et l'invitant au  voyage et à l'introspection.

Il existe une photo de nos parents prise dans une rue d'Oslo, sur laquelle elle ne semble pas encore effrayée par le regard voilé de notre père, un regard qui n' exprimait rien, même à l'époque de leur rencontre. De notre mère émane cette lumière mate propre à la Norvège et comme une espèce d’insouciance, je suppose qu'alors elle riait beaucoup et que notre père devait en quelque sorte se nourrir son rire, qui le dispensait lui-même du moindre effort de gaieté.
  

mardi 4 octobre 2011

Quelques statistiques...


Faites une croix sur votre calendrier, je parle de statistiques ! Mais pas n’importe lesquelles… 

Miossec est entré directement en troisième position des ventes  avec son nouvel album Chansons ordinaires. Chez Dialogues Musiques (pour les non Brestois : en plus, de la librairie Dialogues, nous avons  également un vrai disquaire), il se vend en moyenne 40 albums par jour. 

Et voilà, il s’agissait de mes chiffres… 
Crédit Photos : Ouest-France

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