vendredi 30 mars 2012

Kéthévane Davrichewy - Les séparées

Éditeur : Sabine Wespieser - Date de parution :

Alice et Cécile se connaissent depuis le plus jeune âge et sont soudées par une amitié fusionnelle entamée au collège sous la France de Mitterrand. Un peu plus de trente plus tard, cette  amitié possessive, unique s'écrit au passé, enterrée par toutes les deux.

Ce roman alterne des flash-back depuis les années quatre-vingt  et le présent des deux femmes trente ans plus tard. Issues de milieux différents, Alice et Cécile nourrissent leur adolescence de lectures et de musiques. Leur amitié si forte et si précieuse est entière. Devenues quinquagénaires, leur amitié n’aura pas résisté aux lézardes qui se sont formées. Même si comme dans un couple, elles auront tenté de braver les creux en espérant retrouver cette complicité perdue. Il n'y pas une seule  raison qui a provoqué la fin de cette amitié mais l’amoncellement de petites couches empilées de non-dits, de concessions faites et  regrettées, de remords enfouis et de jalousie. Ce qui les liait n'a pas été remplacé par de l'indifférence. Pire, cette  amitié forte tissée sur des années a laissé place à de la rancœur. Le présent est bien loin des jours heureux. Alice est désœuvrée. Elle vient de clore son histoire d'amour qui durait depuis plus de vingt ans tandis que Cécile est plongée dans un coma profond suite à un accident.

Le ciment et les failles de cette amitié se nichent dans une écriture toute en finesse.
Après la mer noire, toujours avec sensibilité,  Kéthévane Davrichewy nous parle du cheminement intérieur de deux jeunes filles devenues des femmes : les espoirs, les pensées  non avouées à l'autre, les rêves, la part du jardin secret que chacun préserve,  les désillusions multiples. Des sentiments complexes ressort une émotion qui est palpable!  Encore une belle lecture qui m'a touchée et qui a réveillé bien des souvenirs sur de nombreux plans…

Cécile était une disparue. Le fait qu'Alice puisse la croiser en chair et en os n'y changeait rien. Le plus difficile était la solitude. Elle avaient été deux. Le moindre détail du quotidien avait été partagé, le dîner des enfants, leurs projets professionnels, les rendez-vous chez le coiffeur, les gens qu'elle voyaient, les films qu'elles voyaient, les livres qu'elles lisaient, leurs relations avec leurs maris. Les pensées d'Alice se heurtaient désormais à l'écho.

De nombreux avis (différents) sur Babelio

jeudi 29 mars 2012

Yasunari Kawabata - Les pissenlits


Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Février 2012 - 246 pages

Ineko atteinte de cécité partielle est confiée à un hôpital psychiatrique. Cette étrange maladie l’empêche de voir des objets ou des parties du corps par moments. Sa mère et son amant Hisano l’y ont laissée et sur le chemin du retour, leur conversation les amène à aborder différents sujets.

Ce livre est un inachevé donc il ne faut pas s‘attendre à y trouver une fin en bon uniforme. Hisano ne peut regretter que la mère d’Ineko est choisi l’hôpital psychiatrique pour la soigner. Rempli de remords, il ne peut s’empêcher de penser qu’il aurait pu l’aider à guérir. Temporairement, certaines parties du corps de son amant deviennent invisibles aux yeux d’Ineko. L’établissement situé loin de la ville est réputé pours ses soins et sa tranquillité. Mais Hisano ne veut pas la laisser immédiatement et il propose à la mère d’Ineko de rester une nuit au village le plus proche. Tous deux parlent de la mort accidentelle du père d’Ineko survenue alors qu’elle était enfant et en sa pérsnece. Cette vision serait-elle à l’origine de sa cécité partielle? Et si le destin avait été autre, quel serait le présent aujourd’hui ? Sur le chemin qui les mène au village, tous deux sont victimes d’hallucinations comme l’avait été le père d’Ineko à la fin de la guerre. Il trouva la vie sauve grâce à la  vision d’une jeune fille. De questions en digressions, Hisano et la mère d’Ineko s’interrogent.

Dans une écriture elliptique qui fait appel aux sens, ce livre est une réflexion sur la mort, la folie et le conséquences des actes accomplis ou non. Si le rythme instaure une forme de tranquillité propice à la réflexion,  j'ai été néanmoins déconcertée par certains passages axés sur la philosophie métaphysique du qui suis-je dans ce monde et pourquoi... 


mercredi 28 mars 2012

Nathalie Hug - La demoiselle des tic-tac


Éditeur : Calmann-Lévy - Date de parution : Mars 2012 - 201 pages convaincantes ! 

1937. Rosy  et sa mère « Mutti » ont quitté l’Allemagne pour la Moselle. La grand-mère-paternelle de Rosy les héberge. Oncle Edy, le frère de son père et sa fille vivent également dans la maison de la grand-mère. Rosy subit humiliations et vexations à cause de ses origines pourtant Mutti ne cesse de lui affirmer que ce territoire appartient à l’Allemagne. Deux ans ans plus tard, Rosy n’a pas avoir peur mais en 1944, tout bascule à nouveau. Mutti et Rosy se cachent dans une cave pour se protéger. Avec l’arrivée des Alliés, la population pourrait les tuer. Mais le bâtiment s’effondre alors que sa mère venait juste sortir chercher des vivres. Rosy se retrouve seule et bloquée dans la cave.

Avertissement  : évitez la quatrième de couverture qui en dit beaucoup trop.
 
Rosy âgée de onze ans est une victime des guerres qui ont secoué la France. Prisonnière dans la cave, Rosy n’a que ses souvenirs pour lui tenir compagnie. Les bons et les mauvais même si les bons sont plutôt  rares. Ses moments de bonheur sont ceux passés avec Oncle Edy et Andy, son seul et  unique ami qui l’a toujours défendu face aux autres enfants. La figure paternelle manquante est remplacée par Oncle Edy mais celui-ci est parti combattre en 1939 à côté des Français.  La France, l’Allemagne : deux noms de pays qu'elle entend souvent. Déformés quand on l’injurie ou dit avec ferveur par grand-mère Oma Chouchou patriote française qui ne l'aime guère et par sa mère Mutti, autoritaire et sèche, fervente adepte d’Hitler.  Quelques mois après le départ  d’Oncle Edy, la Moselle est de nouveau sous la coupe Allemande. Un répit de courte durée pour Rosy car les Alliés pilonnent la région en 1944.
Les guerres ont disloqué sa famille et Rosy porte ce fardeau depuis son arrivée en France. Car personne dans la région n’a oublié  l’annexion en 1871.   Dans cette cave, elle qui rêvait de devenir secrétaire du Fürher est désormais rongée par les doutes, tiraillée et ne sait plus quoi penser des discours de sa mère. Les jours passent, Rosy n’a quasiment  plus de vivres. Elle trouve le livre que se mère protégeait soigneusement "Mein Kampf" et des lettres. Dans ces dernières, Rosy va découvrir certains mensonges des adultes, des mensonges qui bien entendu font très  mal. 

Cette histoire est celle d’une  enfant victime de ses origines qui s’est trouvée au mauvais moment et au mauvais endroit. Mais c’est  également celle d’une enfant victime des vérités tues au sein de la famille.  J’ai lu ce livre d’une seule traite parce qu’il s’en dégage beaucoup d’émotions et parce qu'il  y a une question qui revient sans cesse à l’esprit : est-ce que Rosy va  s’en sortir vivante ? 
Rosy subit les convictions politiques des adultes qui  s’entrechoquent. Un des atouts de ce roman est l’authenticité !  Car on a ce sentiment  de lire les pensées  d’une fillette de onze  ans en  1944 et qui par la force des choses n’a  pas pleinement vécu son enfance.  Avec beaucoup de justesse , ce livre nous parle de la guerre, de la haine, de la différence !

De temps en temps, Oncle Edy évoquait ce fâcheux épisode du cerf-volant en ces termes : Rosy, ce n'est pas la  faute aux enfants, il se raconte de mauvaises choses sur l'Allemagne et Hitler en ce moment, et les gens ont peur. Ils ont peur de la guerre. Ils ne veulent plus vivre ça. 

Un grand merci  à Dialogues croisés ( fournisseur de bonheur) ! 



mardi 27 mars 2012

Xavier de Moulins- Ce parfait ciel bleu


Editeur : Au Diable Vauvert - Date de parution : mars 2012 - 203 pages de vie et d'humour! 

Antoine, trente-sept ans, divorcé et père de deux filles, n’arrive à pas à digérer le mariage de  son ex-épouse. Pourtant, il vit avec Laurence mais il ne cesse de regarder en arrière. Il entretient avec Mouna sa grand-mère de quatre-vingt-huit ans une belle complicité. Ses visites à la maison de retraite sont pour lui l’occasion de se confier à Mouna et  de l’écouter. 

Antoine espionne discrètement son ex-épouse Alice. Il n’a pas encaissé son remariage récent même s’il vit avec Laurence, maman de trois garçons qui a gardé de bons contacts avec les pères différents. Antoine s'est rapproché de sa grand-mère avant son divorce car Mouna est la grand-mère qu’on aimerait tous avoir ! Non seulement, elle possède un humour assez corrosif mais surtout elle écoute Antoine. Sans juger sa situation, elle le pousse à aller de l’avant. Car Antoine s’interroge. Non pas en pratiquant le nombrilisme mais en  s’interrogeant sur nos relations avec nos aînés, la mort, la peur de vieillir. Des réflexions qui font mouche, souvent sans concession avec une dose d’humour relevé et beaucoup de réalisme ! 

Alors oui, j’ai été très émue par ce livre qui reflète la vie ! Les familles recomposées,  l’amour intergénérationnel, nos propres peurs et angoisses face à la mort et au temps qui passe, la place des personnes âgées dans notre société actuelle.
Le style  de Xavier de Moulins fait la part belle à un humour  teinté d'ironie mais entre les lignes, beaucoup de sensibilité et de lucidité perlent. Le tout est sans guimauve ! Absolument contemporain, ce roman est une invitation  à aller de l'avant  et il nous fait  réfléchir au sens que nous donnons à la vie !  Un livre hérisson tant j’y ai inséré de marque-pages !

 Ma grand-mère reste floue sur ses amitiés, parce que :
-Il arrive un âge dans la vie où il vaut mieux pas ne pas trop s'attacher. On prend vite froid aux enterrements.  

Les vieux sont des enfants, ils perdent leurs neurones comme des doudous. 

Entourée par cette saloperie de solitude la vie des vieux prend des allures de mégots. Je me dis que Mouna est en train de fumer le filtre et qu’elle le sait. 

Les billets de Céleste , Mimipinson.

Merci à Babelio et à l'éditeur pour cet envoi.

lundi 26 mars 2012

Didier Decoin - Une Anglaise à bicyclette


Éditeur : Stock - Date de parution : Juin 2011 - 375 pages à l' écriture raffinée !

Dakota du Sud, Décembre 1890. La tribu des indiens Lakotas à Wounted Knee est massacrée. Ehawee, âgée de trois ans, y échappe et est confiée à Jayson Flannery, photographe de son état, qui doit rejoindre New-York. Au lieu de la laisser dans un orphelinat, il décide d’emmener la fillette avec lui dans le Yorkshire. Jayson Flannery ment  sur l’identité d’Ehawee renommée Emily et prétend qu’elle est sa fille adoptive.

Le début du roman s’ouvre sur le massacre d’une tribu de Sioux, les Lakotas, aux Etats-Unis. L’armée américaine demande à Jayson Flannery, un  photographe anglais qui se trouve sur les lieux  par hasard d'effectuer  un cliché de chaque indien tué.  Ehawee a échappé de peu à la mort. Personne ne sait que faire de cette fillette indienne de trois ans retrouvée saine et sauve. Jayson Flannery s’apprête à rejoindre sa terre natale en prenant le ferry à New-York.  Au lieu de confier la fillette à un orphelinat, il embarque avec elle en direction de l’Angleterre. Ehawee renommée Emily est censée être sa fille adoptive. Ce jeune homme veuf depuis peu décide d’élever Emily comme sa propre fille.  Il invente un passé à Emily qui  grandit et s’acclimate à sa nouvelle vie. Solitaire, elle aime écouter les  vieilles comédiennes que Jayson photographie. Des femmes sur le déclin en mal d’une jeunesse et d’une beauté passées qui prennent plaisir à  enjoliver  leurs heures de gloire éphémères. Le Constable Tredwell doute des dires du photographe car celui-ci n’a  jamais pu produire le moindre papier attestant qu’Emily a bien été adoptée. La jeune femme devenue majeure accepte la demande en mariage de Jayson. Son mari  lui offre une bicyclette  et très vite, Emily aime se promener  des heures durant dans la campagne anglaise. Au cours d’une ses expéditions à bicyclette, elle découvre dans les journaux une affaire qui divise l’opinion.  Deux filles affirment avoir rencontré à plusieurs reprises des fées avec photographies à l’appui. Le grand Conan Doyle les défend et soutient l’existence de ces êtres fantastiques. 

Didier Decoin  nous offre une histoire à  l’écriture raffinée et délicate. Et ce roman semble se fondre comme par enchantement dans la campagne anglaise du début du XX ème siècle. L'auteur explore les facettes du mensonge et celui de la vérité. Celle de la vérité remaniée, souvent  embellie à l’instar des portraits retouchés. 
Hélas, mon enthousiasme a été terni car l'auteur termine par une fin précipitée.  Ce qui est bien dommage car ce livre possède de nombreux atouts ! 

Rien, ni dans son langage  ni dans ses manières, ne peut laisser supposer qu'Emily n'est pas irlandaise, et une Irlandaise élevée en Angleterre, avec les exigences et la vérité que cela implique. Désormais, ce qui pourrait trahir ses origines sioux lakotas n'est plus d'ordre du visible : elle ne s'est pas contentée d'emprunter aux vieilles comédiennes leur accent irréprochablement anglais, elle a appris d'elles l'art d'enfouir sa propre vérité pour en endosser une autre.

Le billet de Jérôme .

Cette lecture rentre dans  le cadre de la 10ème édition du prix des Lecteurs du Télégramme.


samedi 24 mars 2012

Polisse



Film de Maïwenn avec Marina Foïs, Karine Viard, Joey Starr, Frédéric Pierrot, Karole Rocher

Synopsis : Le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs) ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables; c’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… Comment ces policiers parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours ? Fred, l’écorché du groupe, aura du mal à supporter le regard de Melissa, mandatée par le ministère de l’intérieur pour réaliser un livre de photos sur cette brigade.

Après avoir vu La taupe où je me suis mortellement ennuyée (j’en étais arrivée à compter le nombre de fois où la personne assise devant moi trifouillait son pot de pop-corn), puis plus récemment La vie d’une autre que j’ai moyennement aimé ( pas de quoi pousser des cris d’enthousiasme), j’ai été scotchée à mon canapé par Polisse.
Réalisé par Maïwenn, ce film raconte la vie de la Brigade de Protection des Mineurs et rend compte du travail difficile de ces policiers. Celui d’aider et surtout de préserver face à des adultes dans toutes sortes de situations. Entre l'esprit de groupe, les engueulades, la tension à évacuer et la camaraderie, on suit leurs activités au quotidien. La violence revêt plusieurs formes et oui, il y a des scènes qui ne sont pas faciles, c'est certain. J’ai été émue, révoltée par ce que des adultes peuvent faite subir  à des enfants (d'ailleurs, qui ne le serait pas?). Mais la réalisatrice a su apporter des touches d’humour ce qui permet de relâcher la pression ressentie durant certains passages. Les acteurs sont  convaincants  apportant crédibilité à l'ensemble.
Un film où l’espoir et la  vocation qui animent ces hommes et des femmes crèvent l’écran ! Mon bémol ira à l’histoire d’amour (très) prévisible et au personnage interprété par Maïwenn.

L'avis de Géraldine

vendredi 23 mars 2012

Jim Dodge - L'oiseau Canadèche

Éditeur : Cambourakis - Date de parution : 2010 - 119 pages loufoques, irrésistibles et succulentes!

Titou se retrouve orphelin à trois ans. Il n’a qu’au monde un parent :  son grand-père Jake octogénaire qui aime sa dose quotidienne de Vieux Râle d’Agonie (dont il a la recette  « quatre-vingt-dix-sept degrés : un véritable concentré de vapeurs divines » ) et porté sur le jeu. Pepé Jake bataille (de façon plus ou moins légale) et obtient la garde  de son petit-fils. Les années passent, Titou devient un solide jeune homme de vingt-deux ans qui a pour passion les clôtures. 

Avertissement : Si vous êtes allergique à quelques lignes de déjanté,  ce livre n’est pas pour vous...

Et l’oiseau Canadèche dans tout ça, me direz-vous ? On ne se s’impatiente pas car il faut savoir que ce livre c’est un moment de  bonheur ! Rires, émotion et plaisir sont garantis si vous aimez ce qui sort de l’ordinaire.  Titou et son grand-père Jake sont heureux  tous les deux. Si pépé Jake croit au pouvoir de l’Immortalité grâce au  Vieux Râle d’Agonie qu'il raffine, Titou aime les clôtures. Creuser des trous, construire des piquets, aligner du  grillage même si les clôtures ne protègent rien du tout (car ils n’ont pas d’animaux). D’ailleurs, c’est dans un trou qu’il trouve un bébé canard colbert femelle après le passage du sanglier Cloué-Legrouin. Recueillie par Titou et pépé Jake, Canadèche a son caractère. Bien portante, elle ne vole pas et partage l’existence paisible des deux hommes. Mais Cloué-Legrouin n’a pas dit son dernier mot, ni Pépé Jake, ni Titou,  ni Canadèche et moi, je n'en dis pas plus, sauf lisez-le!

J’ai eu des petites étincelles de bonheur dans les yeux durant toute ma lecture parce que cette histoire qui flirte avec le conte  fait du bien ! 
Drôle, irrésistible, succulente et tendre avec une bonne bouffée d’optimiste, ce serait vraiment dommage de s’en priver ! Cerise sur le gâteau, l'auteur nous offre des réflexions pleines de sens sur la vie.

Si les similitudes des deux hommes étaient rares, elles avaient beaucoup de fond : elles reposaient sur l'amour émerveillé qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre, sur une gentillesse qui allait bien au delà de la simple tolérance : un accord du sang qui touchait le cœur de l'un comme de l'autre.

Le billet de Theoma qui recense tous les autres



jeudi 22 mars 2012

Russell Banks - Lointain souvenir de la peau


Éditeur : Actes Sud - Date de parution : Mars 2012 - 444 pages magistrales ! 

Calusa, Floride. Le Kid, vingt et un ans, vit sous une tente à côté d’autres sans abri sous le  viaduc Claybourne. Il s'agit d'un délinquant sexuel en  liberté conditionnelle. Fiché dans un registre national accessible à tous, il porte en permanence un bracelet électronique à la cheville et n’a pas le droit de se trouver  à moins de huit cent mètres de tout endroit qui accueille des enfants ( écoles, parcs, …) . Exclus, marginalisés, tous s’appellent par des surnoms comme le Véreux un ancien avocat arrivé fraîchement.  Le Kid se méfie de tout le monde et d’ailleurs chacun garde son histoire et son passé  pour lui. Quand  un éminent Professeur en sociologie s’intéresse à lui  pour une étude, il se montre réticent. Le  Kid a eu assez de  problèmes comme ça pour s‘en attirer plus. Mais le Professeur semble vraiment vouloir l’aider.  

Je ne sais pas si tous les romans de Russell Banks sont du même gabarit mais en tout cas, croyez-moi,  ce livre c’est vraiment quelque chose ! 
L’histoire du  Kid c'est d'abord une enfance solitaire, une mère plus occupée par ses amants de passage qu’à surveiller les activités de son enfant. Un gamin sans problème pourrait-on dire ayant pour compagnon et ami un iguane. En grandissant, il va tuer le temps en regardant des films pornos à longueur de journées sur internet. Voilà comment le Kid s’est retrouvé dans un cercle vicieux, un engrenage qui l’a conduit droit dans un piège tendu par la police. Inculpé pour détournement de mineur, le Kid n’a pas d’autre endroit où aller que ce coin abandonné sous le viaduc. Dans cet endroit, ses « voisins » sont  des délinquants sexuels de tous degrés. Lorsqu’un Professeur en sociologie, un génie reconnu, va à sa rencontre pour lui poser des questions, le Kid est sur ses gardes. Dans un premier temps, le Professeur apparaît comme un individu qui veut l’épauler pour  un avenir meilleur. Le Kid n’est pas foncièrement mauvais et il éprouve de la honte vis-à-vis de ses actes.  Il s'interroge, soupèse le bien et le mal. Deux notions omniprésentes qui reviennent dans différents contextes.
Mais tout n’est pas noir ou blanc. Ce serait trop simple.  Russell Banks  nous rappelle que les personnalités sont souvent bien  plus complexes.
Je n’en dirai pas plus sauf qu’il est impossible de lâcher ce livre hypnotique, dérangeant et brillant!

Avec intelligence,  l'auteur creuse et sonde au plus profond ses personnages ! Sans vouloir donner de leçons et avec  beaucoup d’humanité, il nous pousse à la réflexion sur les dérives et les contradictions d’une société où les libertés individuelles croisent l'exclusion.  
J’ai été touchée, remuée et interpellée par ce livre magistral  que je ne suis pas prête d’oublier !

Les secrets et les mensonges vous bouffent de l'intérieur jusqu'à ce qu'il ne vous reste  une peau mince et dure semblable à la coquille d'un de ces œufs dans lesquels on perce un petit trou pour les vider de leur contenu avant de les peindre pour Pâques. 

Le billet de Cuné ( merci!!!)

mercredi 21 mars 2012

Nicolas Fargues - La ligne de coutoisie




Éditeur : P.O.L. - Date de parution : Janvier 2012 - 167 pages trop courtes....

Le narrateur, un quadragénaire écrivain qui n’a rien écrit depuis belle lurette décide de partir s’installer en Inde. Il invite à un dernier repas ses deux enfants ( il est divorcé) , son frère, sa voisine avec qui il a couché de temps en temps. Après un ultime au revoir à ses parents,  il s’envole pour Pondichéry.

En manque d’inspiration et lassé de tourner en rond, le narrateur prend le taureau par les cornes. Partir loin ! A son repas de départ, chacun cherche un sujet de conversation pour combler l’ennui régnant. On prendrait presque pitié pour cet homme qui a récuré son appartement de fond en comble avant de rendre les clés. D'une courtoisie exemplaire, il  se laisse marcher sur les pieds et  n'ose jamais contester. Son exil en Inde apparaît comme une fuite et un renouveau. Partir c'est laisser ses problèmes derrière soi.  Hélas, son arrivée en Inde ne se passe pas comme prévu. Les déboires sur place s'accumulent et les problèmes de la réalité le rattrapent l'obligeant à rentrer à Paris.

J'ai aimé le style de Nicolas Fargues !  J’ai souri de l’humour ironique et grinçant  de l'auteur, de ses descriptions précises aux réflexions désabusées ou cinglantes visant notre société de consommation et ses personnages. Réflexions qui sonnent d'autant plus juste quand le narrateur pratique avec art l'autodérision. Mais dans un livre, il y a l'écriture et l'histoire. Aïe ! (et c'est là que ça fait mal ). Car j'ai trouvé l'histoire trop courte à mon goût et pas assez poussée. Après avoir tourné la dernière page,  je suis restée sur ma faim. Dommage.

Mais comme j'ai aimé l'écriture, je relirai cet auteur !

Le billet de Leiloona  plus enthousiaste que moi.


lundi 19 mars 2012

Catherine Lépront - Esther Mésopotamie


Éditeur : Points - Date de parution : Janvier 2012 - 209 pages lues en apnée totale!

Catherine Lépront nous transporte hors du monde ou plus exactement, elle concentre tout l’intérêt du lecteur autour de quatre personnages et d’un immeuble situé à Paris. Au 5ème étage, le professeur Osias Lorentz, surnommé le Doktor par Anabella Santos João dite Ana , la gardienne-concierge, est un expert en art sumérien. Souvent absent, il n’en est pas moins au cœur des attentions d’Ana et de la narratrice. Cette dernière employée pour des traductions passe ses journées dans un bureau séparé de l’appartement d’Osias par un vestibule. Le quatrième personnage n’est autre qu’Esther Mésopotamie. La femme dont Osias est amoureux et que ni Ana et ni la narratrice ne connaissent.

Arrivée en France à l’âge de seize ans pour fuir un futur mariage au Cap-Vert, Ana exerce son  pouvoir de gardienne de l’immeuble et de secrétaire personnelle du professeur depuis de nombreuses années. Une femme à la forte personnalité jurant en créole et qui voue à Osias Lorentz une admiration protectrice et possessive. Quand la narratrice qui a abandonné très rapidement ses études de droit est embauchée par le professeur pour des travaux de traduction, Ana voit en elle une concurrente. Renfermée sur elle-même, la jeune femme semble être à la recherche de sa place. Mais une femme va les rallier :  l’énigmatique Esther qu’Osias aime en secret sans qu’elle le sache. Qui est-elle, à quoi ressemble-t-elle? Le professeur, un homme discret et cultivé, marié à deux reprises entretient toujours le mystère.
Vingt années se déroulent et notre narratrice amoureuse d’Osias tait ses sentiments. Pourquoi cette attitude alors qu'elle jalouse comme Ana  l'intrigante Esther ? Je n'en dis pas plus. Si le temps s'est égrené, il a également nourri et sculpté les sentiments de ce trio où les soubresauts inattendus de la vie ne sont pas oubliés...

Je vais arrêter de dire que je n’aime pas les écritures aux longues phrases car j’ai plus qu’aimé le style de Catherine Lépront! Une écriture poétique qui déploie les mots, enveloppe le lecteur. 

J'ai lu en apnée totale cette histoire belle, envoûtante sur les  désirs, l'amour, l'absence et  le façonnement des sentiments ! Et une écriture qui m'a subjuguée !


Un grand merci  à Véronique de Dialogues pour ce conseil de lecture !

Je ne veux pas recommencer à me traîner comme une chienne blessée d'un lieu à l'autre comme je l'ai  fait, et prétendre au retour, le sourire aux lèvres que j'étais en Norvège, pour m'occuper de mon ami de jeunesse affecté maintenant d'une lancinante douleur à un bras et dont les résultats d'examens n'avaient pas entièrement satisfaits son cancérologue, Il va tout à fait bien maintenant, merci, on peut tourner la page. Je suis lasse de toute cette escroquerie.

 

dimanche 18 mars 2012

Cypora Petitjean-Cerf - La belle année


Éditeur : Stock - Date de parution : Février 2012 - 317 pages plaisantes.

Tracey, onze ans,  habite dans une banlieue en région parisienne. Intelligente et vive, elle doit composer avec une mère méprisante et de surcroit enceinte, un beau-père d’origine japonaise qu’elle n’aime pas et un père qui vit dans bulle où les phobies sont nombreuses. Sans compter que cette année, Tracey entre au collège.

Dans ce roman, la narratrice est Tracey et  c’est elle qui  nous raconte son quotidien de jeune collégienne en banlieue. Car Tracey a effectué sa rentrée en classe de sixième où elle retrouve son meilleur ami Cosimo et ceux qui jouaient déjà aux caïds en primaire. Dotée d’une forte personnalité, Tracey est autonome.Heureusement car sa  mère ne lui montre aucun signe d’amour  et l’humilie dès qu'elle en a l'occasion. D’ailleurs, je me suis demandée comment son compagnon pouvait la supporter tant elle est amère et désagréable. Tracey va souvent voir son père qui habite tout près. Là aussi, elle n’a pas gagné à la loterie… Son père ne quitte pas son appartement sans vie sociale ou presque. En une année beaucoup de choses vont changer dans les amitiés et dans les liens familiaux.  D’une nature à être sur ses gardes, Tracey va laisser, petit à petit, tomber son armure.

Un brin espiègle, Tracey nous raconte avec humour et entrain sa vie. Il s’agit d’une lecture plaisante où l'environnement, les relations sont bien décrites (mais qui pour autant ne me laissera pas  un souvenir impérissable). De cette auteure j’ai nettement préféré Le  musée de la sirène et  Le corps de Liane. 

Prier ne changera pas la fin du livre mais, puisque la religion permet de demander l’impossible, autant ne pas se priver. C’est l’un des avantages de la foi.

Les billets de Cathulu, Leiloona

samedi 17 mars 2012

10ème édition du prix des Lecteurs du Télégramme

La 10ème édition du prix des Lecteurs du Télégramme est lancée !

Cette année, la sélection comporte six livres et non dix comme précédemment. Il s'agit de  :

"Karen et moi" de Nathalie Skowronek (éd. Arléa)
"Les trois lumières" de Claire Keegan (éd. Sabine Wespieser )
"L’homme de Lewis" de Peter May (éd. Rouergue)
"Une Anglaise à bicyclette" de Didier Decoin (éd. Stock)
"Un peuple de promeneurs" d’Alexandre Romanès (éd. Gallimard)
"Chroniques de la révolution égyptienne" d’ Alaa El Aswany ( éd. Actes Sud)


J'ai déjà lu les deux premiers de cette liste, il ne m'en reste plus que quatre livres à découvrir.

Petit rappel : ce sont les lecteurs qui votent et qui donc élisent le lauréat. Pour ceux et celles qui veulent participer, vous trouverez toutes les informations sur le site du Télégramme (et nul besoin d’habiter le grand Ouest pour s’inscrire).



jeudi 15 mars 2012

Dany Laferrière - Chronique de la dérive douce


Éditeur : Grasset - Date de parution : Février 2012 - 221 pages attachantes !

En 1976, Dany Laferrière fuit Haïti et sa dictature. Agé de 23 ans, il arrive à Montréal. Sous forme de sonnets, il nous raconte l'exil et son entrée dans une nouvelle vie.

J'ai vingt-trois ans aujourd'hui
et je ne demande rien à la vie,
sinon qu'elle fasse son boulot. 
J'ai quitté Port-au-Prince parce
qu'un de mes amis a été trouvé
sur une plage la tête fracassée
et qu'un autre croupit dans une
cellule souterraine. Nous sommes
tous les trois nés la même année, 1953. 
Bilan : un mort, un en prison
et le dernier en fuite.

De cet auteur, je n'ai lu que Le charme des après-midi sans fin et Tout bouge autour de moi. Avec ce livre, je découvre une nouvelle facette de l'écriture de Dany Laferrière. Cet exil à Montréal  a façonné l'homme et l'auteur. Il connaît à son arrivée la soupe populaire avant de trouver un travail à l'usine.
A Montréal, il trouve la solidarité entre immigrants mais il y a également la peur, la pauvreté. L'alcool, les femmes et la  littérature l'aident à affronter tous ces changements.
Avec un regard franc et audacieux, ce roman initiatique m'a rappelé par le fond et la forme  l'amour est un chien de l'enfer de Charles Bukowsky. Ici, le ton est différent mais il y a cette même volonté d'aboutir à son rêve. Celui de venir écrivain.

Ce n'est pas toujours simple
pour celui qui vient d'un pays d'été 
où tout le monde est noir 
de se réveiller dans un pays d'hiver 
où tout le monde est blanc. 
Certains jours, on ne voit les choses 
qu'en noir et blanc.

J'aime la sincérité de cet auteur ! Et j'ai été particulièrement touchée par ces textes non dénués de poésie et d'humour. 

Le billet de Jérôme

mercredi 14 mars 2012

Philip Caputo - Clandestin


Éditeur : Cherche Midi - Date de parution : Mars 2012 - 733 pages et un très bon roman! 

Gil Castle a perdu sa femme dans les attentats du 11 septembre. Anéanti par la douleur, cet homme d’affaires vend ses biens, quitte New-York et part s’installer en Arizona près du ranch de son cousin. Le Mexique n’est pas bien loin et une nuit, Gil recueille un clandestin.

Et encore un bon roman ! Oui !!! Fichtre, j’ai la main chanceuse en ce moment ! Un roman très bien construit où il n’y a rien à redire sur tous les plans ! Même pas un petit bémol, non rien de tout ça ! Après la mort accidentelle de son épouse, Gil  Castle aspire à la tranquillité.  Il se déleste de ses biens et accepte la proposition de la femme de son cousin Blaise : venir en Arizona. Gil quitte New-York et s’installe dans une vieille maison sur les terres où son grand-père Ben Erskine a vécu. En sauvant un clandestin d’une mort certaine, il  est loin de se douter tout ce qui se trame  aux abords de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Bien entendu, il y a  le trafic de drogue mais aussi d’autres enjeux pour les deux pays.  Et voilà comment Philip Caputo nous embarque dans une histoire passionnante !  Car non seulement, il y a le récit actuel sur Gil et sa reconstruction mais il y a également celui concernant son grand-père Ben Erskine. Un homme qui semble difficile à cerner au départ dont la vie n’a pas été un long fleuve tranquille…Et comme souvent, le présent plonge ses racines dans le passé.
Sur fond de trafics en tous genres avec des personnages bien campés, voilà un roman foisonnant, intelligent et drôlement bien écrit ! Sans être une passionnée de nature comme certaines (la principale intéressée se reconnaîtra...), les descriptions de ces terres du sud américain sont superbes !

Ils roulèrent en silence jusqu’à atteindre un croisement en T où les directions étaient gravées sur des panneaux en bois fixés à un poteau.  A côté, une pancarte en métal érigée par la police des frontières prévenait : ATTENTION, RISQUE DE CONTREBANDE ET D'IMMIGRATION ILLEGALE DANS CETTE ZONE. SOYEZ CONSCIENT DE VOTRE ENVIRONNEMENT. Castle se demanda à haute voix ce que le fait d'avoir conscience de son environnement pouvait signifier.
"Ca signifie que si vous tombez sur des marijuanitas, vous pouvez soit faire semblant de ne pas les voir, soit soulever votre chapeau et dire :"Bienvenidosa  los Estados Unidos, passez une bonne journée", expliqua Tessa, l'initiant un peu plus aux usages de l'Ouest, l'Ouest moderne.

Les billets de Cuné, Keisha

mardi 13 mars 2012

Kate O'Riordan - Un autre amour


Éditeur : Folio - Date de parution : Mars 2012 - 347 pages dévorées!

Après- un week-end passé Rome, Connie rentre seule à Londres. Son mari Matt a préféré y rester. Désemparée, elle dit à ses trois garçons que leur père est retenu pour un congrès de dentiste. Pour Connie, cela ne fait aucun doute, son mari va rentrer  et ils reprendront leur vie sans histoire…

Avertissement : une fois commencé, difficile de reposer ce livre !

Qu’est ce que j’ai aimé ce livre ! Je l’ai aimé de la première à la dernière ligne ! Et ll y a tant à dire ! Kate O’Riordan nous immerge dans la vie de couple et de famille de Connie et Mat. Mariés et heureux en apparence, Matt est dentiste et Connie a créé depuis peu avec sa meilleure amie Mary une petite entreprise. Le couple a  trois garçons âgés de dix à dix-sept ans. Ce week-end à Rome censé être en amoureux va tout changer car Matt y a revu son amour de jeunesse Greta. Ces retrouvailles rallument l'amour et Matt est perdu même si sa famille l'attend. Si au départ du livre, Connie veut sauver les apparences face à ses enfants et à son entourage, elle va évoluer tout au long de ce roman. Car Greta, Matt et Conny se connaissent depuis l’enfance. Petit à petit, on découvre le passé. Les failles apparaissent, les personnalités se modifient comme au travers d'un kaléidoscope.

Ce livre sur l’implosion du couple, sur les différents sentiments est très riche! Rien n’est laissé au hasard, tous les personnages  sont creusés et en même temps, on se demande où l'auteure va nous mener ! Personne ou rien n’est épargné, ni même Mary la  bonne amie célibataire toujours dévouée (et qui un sérieux penchant pour Saint Antoine). L’auteure décrit à merveille  des personnages  plus vrais que nature !

Dans ce brillant roman,  Kate O’Riordan dissèque avec subtilité et finesse la nature humaine !
Après le garçon dans la lune qui avait été un coup de coeur, cette auteure continue de me séduire  ! 

Les billets de Cathulu, Chiffonnette, ChocoKathel, Theoma

lundi 12 mars 2012

Gaëlle Josse - Nos vies désaccordées



Éditeur : Autrement - Date de parution : Mars 2012 - 142 belles pages !

François Vallier, pianiste à la renommée internationale apprend par hasard que son ex-compagne Sophie est internée en hôpital psychiatrique. Il y a trois ans, elle avait disparu du jour au lendemain. Pour retrouver son ancien amour, il plaque tout et se rend à Perpignan où Sophie se trouve.

Après son premier roman  les heures silencieuses, j’attendais le nouveau livre de Gaëlle Josse et ma patience a été récompensée ! Toujours avec cette même écriture délicate, sensible, l’auteure nous parle des remords, de la culpabilité et de l’amour.
François espère beaucoup en voulant revoir Sophie. Il veut comprendre pourquoi elle est partie brusquement il y a trois ans. On l' a prévenu : Sophie est fragile, emmurée dans un silence à l'hôpital psychiatrique. Le seul fil qui la relie au présent et/ou au passé est la musique, la musique de François qu’elle écoute tout les jours. François essuie un premier refus des médecins mais décide de rester et d'attendre.  Les souvenirs refluent : sa rencontre avec Sophie, leur amour et les blessures. A-t-il refusé de voir le mal-être grandissant de celle qu’il aimait ? Est-il responsable de la folie dans laquelle elle s’est engouffrée ? La rencontre lui permettra-il de se délester d’un poids et de reconquérir Sophie ? Je n’en dirai pas plus…

Ce roman est bercé par une musique d’où les émotions émergent. Belles, douloureuses et décrites avec finesse!

Avec Sophie, j'ai tout reçu, et tout perdu. Je me suis cru invincible. Je nous ai crus invincibles.  Jamais je n'ai été aussi désarmé qu'aujourd'hui, ni plus serein peut-être. Je veux jouer pour la guérir. Pour inverser le cours du torrent.

Les billets de Liliwenn, Noann

dimanche 11 mars 2012

Florence Aubry - Le garçon talisman


Éditeur : Rouergue- Date de parution : Mars 2012 - 142 pages et une claque !

Heinrich, seize ans,  s’est sauvé de l’internat. Dans ce pensionnat, les autres enfants appelés les enfants du  diable comme lui  étaient les seuls élèves. En attendant de pouvoir quitter son pays, il doit faire attention. Ne pas s’exposer de trop au soleil  et surtout veiller à ne pas se faire prendre. Val, un adolescent de dix sept ans refuse que sa sœur Aurore meurt. Elle est plongée dans le coma depuis un accident. Il tente le tout pour le tout et se rend chez un Sorcier qui lui demande des cheveux d’enfants du diable. Et il y a Joseph, ancien orpailleur, rongé par la solitude dans sa vieille maison près de la rivière. 

Mais quel  livre ! Je l’ai lu en apnée totale !!! Un livre sur la différence inspiré d’un fait de société. Dans certains pays d’Afrique, on confère aux  albinos  le don de guérir ou d’autres superstitions. Et voilà comment des enfants sont mutilés sous le sacre tout puissant de la sorcellerie. Aucun pays n’est nommé dans ce livre, l’histoire pourrait se passer n’importe où. Heinrich s’est enfui du pensionnat pour fuir la mort. Son corps est recherché, les enfants comme lui sont tués  pour fabriquer des talismans qui seront revendus chers, très chers.  Il a réussi à se cacher  au port où  il vend tous les quinze jours ses cheveux aux pêcheurs. Quand il aura assez d’argent, il pourra quitter son pays. Val lui veut sauver sa sœur. Surtout que l’accident qui l’a plongée dans le coma était une sorte de défi de sa part. Le Sorcier est la seule chance qui lui reste. Pour guérir sa sœur, il faut des cheveux d’enfants du diable. Pour s’en procurer, il se rend chez Joseph. Les destins d’ Heinrich, Val et Joseph vont se croiser…

J'ai été scotchée par l'ensemble : l'écriture, l'histoire ! Sans temps mort, ce livre intelligent sur la différence interpelle et émeut ! Je me suis prise une  grande claque et je n’avais pas lu un aussi  bon roman pour Ados depuis (bien) trop longtemps ! Et impossible de choisir un extrait...

vendredi 9 mars 2012

Pensées, pensées...


Je suis dans la cuisine moléculaire : un demi dragibus ovale, 2 dragibus ronds...Je n'ai pas  encore trouvé le juste dosage et la journée s'annonce déjà dure.

Hier, j'ai réussi à mettre le pied hors de chez moi ( une victoire!).
J'ai croisé une voisine.  Une dame retraitée de plus de 80 ans.
Elle : "vous avez l'air fatiguée !".
Moi , évasive : "un peu"
Elle " quand même à votre âge, d'être dans cet état  là, c'est triste!"
Moi "..."
Elle " vous  n'avez pas des idées noires ? parce que quand même vous ne pouvez plus travailler, vous avez une maladie, etc..,".
Moi, stupéfaite" : ben non"..."
Elle "A votre place, je "
Moi, pensant stop "ma devise est carpe diem, j'ai une maladie, je l'ai acceptée. J'ai été une jeune cadre dynamique et je  je ne serai  pas  une retraitée dynamique avec plein d'activités. Me morfondre ne servirait à rien. Je préfère profiter de la vie quand je le peux. "
Et toc !
Elle, abattue comme si c'était elle la malade" oui mais quand même...".

Je suis partie en lançant un bonne fin de journée. Je n'aime pas ces discours.

Allez, je vais au dodo !

Quelques indiscrétions autour du 10ème prix des lecteurs du Télégramme...

Le lancement du 10ème prix des lecteurs du Télégramme aura lieu le 17 mars prochain.
En attendant cette date où vous connaîtrez la totalité de la sélection, je peux déjà vous dire que cette année le nombre de livres sera inférieur à dix. Autre scoop :  deux livres que j'ai beaucoup aimés en font partie!

Il s'agit de :
Karen et moi de Nathalie Skowronek et Les trois lumières de Claire Keegan.

Rendez-vous le 17 mars (même heure et même endroit)!




mercredi 7 mars 2012

Après le quart d'heure américain...


Après le quart d’heure américain, je lance la demi-heure où je vais à peu près bien par jour. Et oui ! Un nouveau traitement (qui s'ajoute aux autres) avec beaucoup d’effets secondaires. Pour couronner le tout, j’ai une méchante crise (la sale bestiole s’est réveillée). Quand réussir à se brosser les dents est l’acte héroïque de la journée, quand on l’impression de passer en continu sous un rouleau compresseur et d’avoir chaque nerf branché sur du  220 volts, inutile d’imaginer que je suis en état de lire, de répondre à vos commentaires ou  de passer chez vous...

Je mets donc mon blog en mode automatique pour quelques jours. A très bientôt !

Marie-Sabine Roger - Bon rétablissement


Éditeur : Rouergue - Date de parution : Mars 2012 - 205 pages et un coup de cœur ! 

Jean-Pierre Fabre, veuf, sans enfants, retraité, né le 4 octobre 1945 ( le même jour que la Sécurité Sociale) est hospitalisé. Tombé à l’eau en pleine nuit, il doit la vie à un prostitué qui l’a repêché. Une fracture du bassin l’immobilise. Avec ses airs bougons, il subit son hospitalisation. Le policier qui s’occupe de l’enquête vient souvent le voir ainsi qu’une gamine de 14 ans, bien rondelette, pour lui emprunter son ordinateur.

Quel plaisir de retrouver Marie-Sabine Roger ! Car Marie-Sabine Roger c’est une écriture unique,  une gouaille, une sincérité, des phrases  qui accrochent la rétine, le cœur et l’esprit.  Cette fine observatrice de notre société aime les gens écorchés par la vie, des personnes dont on parle peu.  Seul et entre deux « vous pouvez fermez la porte !», Jean-Pierre tue le temps en repensant à sa vie. Pas une vie de rêve mais il ne se plaint pas. Lorsque le prostitué qui l’a sorti de l'eau lui rend visite, Jean-Pierre ne s’attendait  pas à rencontrer un étudiant. Aïe… et oui, un sujet qui fait mal et dont on parle peu. Et il y a en  d'autres  dans ce roman.

Tous les personnages de ce livre ont une histoire, des blessures, des rêves mais je n’en dirai pas plus. Parce que comme moi je veux que vous soyez émus, que vous rigoliez et que vous soyez touchés par cette belle tranche d’humanité ! Avec beaucoup de sensibilité, d'humour et de tendresse, l'auteure nous dépeint des personnages attachants et  terriblement humains. Et les dysfonctionnements de l'hôpital ne sont pas oubliés...

Sans guimauve et sans misérabilisme, ce roman fait énormément de bien mais il nous invite également à la réflexion ! Un  coup de cœur entier sur toute la ligne ! J’ai relu des passages rien que pour le plaisir et j’ai inséré plein de marque-pages !!! Et si vous ne le saviez pas, Marie-Sabine Roger fait partie de mon top 5 de mes auteurs chouchous… que oui, que oui ! 

Il m'arrive parfois de verser ma larmette. C'est de l'incontinence de mémoire, de l'énurésie de sentiments.

Entre quinze et vingt ans, la vie ressemble à un documentaire animalier : on lutte pour les amours et pour  le territoire. S'il fallait pisser dans les coins chaque fois qu'on est en chaleur, les lycées fouetteraient comme des urinoirs.

Ce n'est pas la croyance qui me gêne , c'est ce que certains croyants en font.On a tué et on tuera encore au nom d'un Dieu hypothétique, auquel on prête - s'il existe - bien des médiocrités humaines.Au final, je me demande même ce que je crains le plus, de l'intégriste violent ou du prosélyte onctueux. Chacun brandit à la la face su monde son Dieu, ses préceptes et ses textes sacrés, comme autant de drapeaux dans un stade. Les fanatiques ne sont qu'une foutue bande de hooligans de merde : dangereux, hostiles et  butés.

mardi 6 mars 2012

Tim Parks - Le calme retrouvé


Éditeur : Actes Sud - Date de parution : Janvier 2012 - 323 pages sur le chemin de l'harmonie...

Avoir mal, supporter la douleur et se confronter au scepticisme des médecins : les examens sont normaux, vos maux sont psychosomatiques. Je ne suis pas la seule à être passée par ce chemin. Tim Parks, la cinquantaine sonnante a des problèmes de prostate. Des douleurs inexpliquées par le corps médical bien pensant. Car qui dit examens normaux renvoient le patient face à un mur en France ou chez nos voisins Italiens.

A travers ce livre, j’ai revécu une partie de mon propre ( et looooong) chemin de croix médical. Comme l'auteur, il y a quelques années, j’ai entendu, impuissante et désœuvrée, la science médicale qui me disait « vos douleurs sont dans votre tête». Quand la médecine traditionnelle ne peut rien pour vous, on se tourne vers des médecines dites alternatives. Tim Park grâce à la méditation va réconcilier son corps et son esprit.

Pour avoir lu de nombreux ouvrage sur la gestion de la douleur, ce livre par rapport à d’autres ne culpabilise pas celui qui a mal. Car nombres de livres vous accusent d’être responsables de vos maux ou alors vous vendent des méthodes (ou des stages). Ici, rien de tout cela.
Si j’ai trouvé le début assez lent,je pense qu’il était important pour Tim Parks de bien situer le contexte.

Avec humilité, intelligence et humour, l’auteur nous retrace son parcours et ce livre sonne de belles réflexions très justes à méditer ! Tim Parks parle de sa personne, ne l'oublions pas :  chacun est différent et ce livre n'a pas pour but de dire à un malade arrêtez vos médicaments. Je suis certaine que ce livre parlera d'autant  plus aux personnes atteintes de douleurs chroniques...

Conclusion. C'est une grosse erreur d'imaginer qu'on peut revenir à une meilleure relation avec son corps en se contentant de le malmener en le jetant dans l'action extrême. Dans mon cas, il était temps de trouver comment sortir de ma situation  délicate sans chasser une forme de tension en plongeant dans une autre.
Résolution.Si j'écrivais un jour sur cette "maladie", ce serait une fois guéri, quand elle ne serait plus une "affection". Et alors, avec les mots les plus simples.Pas d'ours blancs au poil qui se fracassait. Pas de littérature maniérée aux dépens du bien-être.

Les billets de Cathulu, Cuné, Papillon

lundi 5 mars 2012

Donald Ray Pollock - Le diable tout le temps


Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Février 2012 - 370 pages hors normes et hypnotiques !


Etats-Unis. Roy prédicateur prêche la foi avec Roy son cousin invalide. Convaincu de pouvoir ressusciter les morts, il tue son épouse. Les deux hommes s’enfuient laissant la fillette de Roy. La femme de Willard se meurt d’un cancer. Willard dresse des croix, tue des animaux et oblige son fils Alvin à prier des heures durant pour la guérison de sa mère parmi le sang et la puanteur des cadavres. Ajoutez un couple marginal qui s’en prend aux auto-stoppeurs, un pasteur avide de jeunes filles et vous obtenez ce roman hors normes !

Hors normes, car dérangeant et  en même temps impossible de le lâcher ! Donald Ray Pollock nous entraîne dans une Amérique où les hommes sont revenus traumatisés de la guerre du Vietnam jusqu’aux années soixante. Des personnages tourmentés, mystiques en proie à leurs propres démons. L’argent, le sexe, le meurtre, la puissance et Dieu. Car tous ont une foi inébranlable dans la religion hormis Alvin. Lorsque sa mère décède, son père se suicide. Recueilli par sa grand-mère très croyante, il suit un parcours presque « normal »mais la violence le gagne. Inéluctablement, l’auteur tisse une toile d’araignées où ses personnages sont pris au piège. 

Ca clashe, ça bouscule !L’écriture se fait  agressive,  dure, ne ménageant pas  le lecteur. Pas de pâquerettes et d'eau de rose mais la noirceur de l’âme humaine. Terrifiant.

J’ai été complètement hypnotisée par ce roman qui est une grande claque ! Vous êtes prévenus, on ne sort pas indemne de cette lecture...

samedi 3 mars 2012

Patricia MacDonald - Le poids des mensonges


Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Février 2012 - 323 pages de suspense diablement bien menées !

Catlin mène une existence heueruse entre son mari avocat et son beau-fils âgé Geordie de six ans. Un matin après avoir déposé Geordie à l’école, celui-ci disparaît. Très vite les soupçons pèsent sur Catlin…

Le terme de page-turner s’applique parfaitement à ce thriller ! Evitez de le commencer un soir comme moi, sinon prévoyez l’anti-cernes pour le lendemain matin.
Aucun temps mort pour ce livre très bien mené. Catlin semble une belle-mère parfaite, elle adore son mari et Goerdie. Mais, elle s’est bien gardée de cacher certains pans de son passé à son mari. Et là ça fait mal dans un couple quand la vérité surgit… La trame, certes, n’est pas originale mais elle tient le lecteur en haleine. Seuls petits bémols : quelques métaphores sûrement liées à la traduction m'ont semblée un peu bancales.

Je n'ai pas vu venir la fin ! En conclusion, un thriller psychologique qui tient toutes ses promesses ! 

Le billet de Cajou

vendredi 2 mars 2012

Haruki Murakami - 1Q84 (Livre 3 Octobre-Décembre)


Éditeur : Belfond - Date de parution : Mars 2012 - 530 paqes et la boucle est bouclée!

Enfin, je l’ai lu ! L’interminable attente après le livre 1 et le livre 2 ont pris fin. Si vous ne les avez pas encore eus entre les mains, il est préférable d’aller directement au dernier paragraphe…

Rappelez-vous, le livre 2 s’achevait sur la mort du leader des Précurseurs, tué par Aomamé et le père de Tengo était malade. Dans ce dernier volet, un troisième personnage intervient dans la narration et dans l’histoire : Ushikama. Cet ancien avocat devenu déctective privé doit découvrir qui a tué le leader des Précurseurs. Au sein de la secte, la mort du Leader a été cachée.  Aomamé  vit toujours recluse dans son appartement d’où elle a aperçu Tengo. Aomamé va-elle suivre les conseils du Leader ? Tengo et Aomamé vont-ils se retrouver ? Et si oui dans quel monde ? Ne comptez pas sur moi pour vous le dire !
Si J’ai trouvé les 150 premières pages un peu lentes avec des répétitions, le reste s’enchaîne vite.Par rapport aux deux tomes précédents, le style est moins poétique, plus direct.  Et il y a une nouveauté: l’humour via le personnage Ushikama  ainsi que des références littéraires comme à Proust. Si dans les précédents livres, l’attention était également portée sur Fukari, ici elle est moindre.
Entre des chasses-croisés improbables et Aomamé qui s’aperçoit d’un événement majeur, je ne me suis pas ennuyée ! Tout en espérant une fin heureuse ( la romantique qui sommeille en moi s'était réveillée), les pages se sont vite tournées !

Avec ce troisième livre, la boucle est bouclée (formule qui veut tout dire quand on l’a lu) et 1Q84 est une œuvre formidable !  Ma préférence va cependant au livre1.

jeudi 1 mars 2012

Résultats de l 'épisode 2 Qui veut gagner des livres...

Au jeu concours pour gagner
- 10 exemplaires du livre Les soldats de l’aube  de Deon Meyer 
- 10 exemplaires des Aventures d’Arsène Lupin  de Maurice Leblanc
dans la collection Point Deux aux éditions Points.

Les réponses aux questions sont :

 1°) Les aventures d'Arsène Lupin contient combien d'enquête ?
 a- 1
 b- 2
 c- 4

2°) Quelle est la particularité des livres Points Deux ?
a - Je ne sais pas..
b-  Leur format est différent et ils tiennent dans la main
c-  Les concepteurs ont trouvé que c'était un joli nom de collection

3°) Brest va bientôt avoir :
1- Un tramway ( mise en circulation en juin... j'ai hâte!) et 2- Un funiculaire (oui, Brest aura un funiculaire et sera le deuxième ville de France a en possédé un).
3- Une plage artificielle ( quand même, nous ne sommes pas à Dubaï...)

Et les gagnants sont :
Caroline, Stoufnie, Norethtrud, Miss Bouquinaix, Verval ( j'ai besoin de ton adresse postale!!!), Sharlène, Agathe, Sophie, Line et Chloé. Je vous envoie un mail de confirmation.

Amanda Eyre Ward - Ferme les yeux


Éditeur : Buchet Chastel -Date de parution : Mars 2012 - 319 pages adorées!

Etats-Unis. Austin, Août 2010.Lauren agent immobilier et trentenaire est très proche de son frère Alex depuis l’enfance. Surtout depuis ses six ans quand leur mère leur mère a été retrouvée assassinée et leur père arrêté. Si Alex a toujours été convaincu de l’innocence de ce dernier, pour Lauren il est coupable. Quand Alex lui annonce son départ prochain pour l’Irak en tant que médecin, Lauren angoisse et panique. Son compagnon Gerry assiste impuissant à ses crises. A l’autre bout de l’Amérique, Sylvia, quarantenaire, quitte le père de son futur enfant. Enceinte de cinq mois, elle rejoint New-York où habite Victoria son amie depuis toujours.

Dire que j’ai aimé ce livre est un euphémisme car je l’ai adoré ! Et une fois commencé, je n’ai pas pu le reposer. Bref, je l'ai dévoré! 
Déjà, l’écriture d’Amanda Eyre Ward m’a harponnée. Avec un style limpide, fluide et sans fioriture, l’auteure commence son roman en revenant à l’époque du décès de la mère de Lauren. Histoire de nous titiller et de nous ferrer (mission réussie !). Puis, on découvre la vie de Lauren adulte. Lorsque son frère part en Irak, Lauren devient sujette à des crises d’angoisse oppressantes. Le passé a refait surface : Alex lui a parlé de leur père, de ses visites en prison et de sa conviction de son innocence. Quant à Sylvia qui fuit le présent en bus, elle se dessine un avenir pour elle et son futur bébé. Victoria, son amie, l’amie qu’elle a toujours aidée va à son tour pouvoir la dépanner. C’est ce qu’elle pense. Lauren commence à avoir des doutes sur la culpabilité de son père tandis que Sylvia espère avoir pris la bonne décision en quittant son ami. Toutes les deux plongent dans leurs souvenirs...

Difficile de ne pas en dire de trop pour ne rien dévoiler de l’intrigue de ce roman très habilement construit. Sachez que Lauren, Sylvia et Victoria sont liées par un secret qui a changé plus d’une vie. On découvre au fil des pages la personnalité de chacune et comment l’enfance les a façonnées. Si la mère de Lauren est décédée jeune, celle de Sylvia l’a élevée seule et sans amour. Victoria fille unique de parents fortunés a toujours eu ce qu'elle voulait.Trois vies chahutées, bouleversées tôt ou tard...

Petit à petit, les pièces du puzzle s’imbriquent et offrent un tableau sans compassion et  vraiment captivant avec beaucoup de subtilité! Un très, très bon moment de lecture !
Ce roman a obtenu le grand prix des Lectrices ELLE USA en septembre 2011.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...