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mercredi 8 juin 2011

Catherine Leblanc - Visages entre les lignes

Éditeur : KIROGRAPHAIRES - Date de parution : Mai 2011 - 152 pages et 13 nouvelles...

La quatrième de couverture indique que ces nouvelles ont été  composées à partir de quelques mots trouvés dans la presse. Des existences modifiées et  résumées dans un faits divers ou dans un entrefilet de quelques lignes.
De Bagdad sous les bombes à un pays de l’Est, de la France à un pays d’Afrique, Catherine Leblanc nous fait partager les rêves, les espoirs ou les désillusions de ses personnages. Un jeune adolescent  est épris de liberté  et se réfugie dans l’écriture, une femme se bat pour la sauvegarde des arbres au pied de son immeuble, un homme a une peur bleue du vendredi  13, un  humanitaire se débat avec les moyens du bord dans sa léproserie, une jeune fille  pousse son père alcoolique dans les escaliers et la chute lui est fatale.  Voici quelques uns des personnages que l’on suit dans ces nouvelles.  Des personnages différents, attachants  ou qui nous poussent à nous interroger. Ce ne sont pas les chutes qui importent dans ce recueil mais le déroulement de la nouvelle et l’écriture. D’ailleurs, le titre sied à merveille ! Visages entres les lignes car l’écriture de Catherine Leblanc prend des tournures différentes, change de ton et  colle au plus près  des personnages. Elle se fait poétique, charrie les remords et l’amour sous toutes ses formes!
Je suis passée par l'arc en ciel des émotions : certains de ces textes m'ont laissé sonnée, d'autres m'ont émue.  Une belle découverte !!!!  

 

mercredi 4 mai 2011

Frédérique Clémençon - Les petits

Éditeur : Editions de l'Olivier - Date de parution : Janvier 2011 - 200 pages et 8 nouvelles cinglantes !


Les petits, c’est mignon. Tout le monde le dit. Oh, ces enfants adorables avec leurs airs innocents, leurs grands yeux empreints de naïveté. Tiens, il a bousculé son petit copain ? Oh, ce n’est pas grave. Il ne l’a pas fait exprès. Forcément. C’est un enfant. Il ne peut pas penser à mal.  Qui irait oser imaginer l’inverse ? Non, impensable. Vraiment. Vous en êtes certains? Détrompez-vous...

Frédérique Clémençon nous envoie une gifle en pleine figure. Les petits ne sont pas tous des anges. Ni les adultes d’ailleurs. En huit nouvelles scotchantes, elle met le doigt sur des sujets pas jolis, jolis. Dérangeants mais criants de vérité.  L’injustice, l’exclusion, les différences à tout âge et dans tous les milieux. Une mère de famille qui s’éloigne de ses enfants. L'amour maternel qui s'épuise et se meurt lentement. Ou encore la petite fille modèle adulée par sa mère et vouée à une grande carrière de pianiste. Le rêve avorté du parent qui le transmet  à son enfant ( mon fils, tu seras... !).Mais quand le vent de la rébellion se soulève, attention, la chute sera d’autant plus dure.

Alors, forcément je ne pouvais qu’aimer ce livre mais ( le fameux mais),  pourquoi  écrire des phrases longues, très, très longues?  Si longues que j’ai eu l’impression de me perdre par moment…J'aurais préféré plus de concision comme dans la dernière nouvelle. Et c’est dommage car l’écriture de l’auteure m’a déstabilisée.  Alors, oui ce sont des nouvelles qui ont l'effet d'une douche froide ( à condition de ne pas s'égarer dans les looongues phrases).

Les billets de Cathulu, Gwen, Lucie, Noann
Oui,  j'aime  les nouvelles ...

lundi 11 avril 2011

Sophie Simon - American clichés

Éditeur : JC Lattès - Date de parution : Avril 2011 - 220 pages

Sophie Simon dit d’elle « mais quand j’écris, ça change tout : je suis une fille de l’Ohio attirée par les grands mythes de l’American way of life ». Et ce pour notre plus grand bonheur !
Premier livre et premier recueil de nouvelles fort réussi ! American clichés comme son titre l’indique nous plonge aux quatre coins des Etats-Unis de 1950 à nos jours. A travers onze nouvelles, elle nous brosse le portait de ce qui fait l’Amérique. Les espoirs, les rêves mais aussi les désillusions et le désenchantement de ses personnages. La quatrième de couverture indique : « on les rencontre à un moment crucial de leur vie. Là où quelque chose, normalement, devrait changer la donne ».   Et ce  sont  autant de vies qui vont basculer.  Avec des  personnages qui nous semblent proches,  l’auteure use à merveille des clichés du mythe américain . On y rencontre Howard, employé modèle à la voix d’or et qui aime chanter. Mais, sa femme préfère de loin s’occuper de ses fleurs plutôt que de lui adresser un signe d’affection ou  une marque d’encouragement.  Peter rêve des paillettes d’Hollywood et veut quitter à tout prix la ferme familiale. Dans Vern et Doreen, l’amour et la jalousie sont revisités. Peut-on continuer sa vie calme et paisible alors qu’on a tué quelqu’un par accident ? Ed est partagé entre avouer l’accident qu’il a commis  ou se taire comme le lui suggère sa femme.
Sophie Simon nous rappelle que le bonheur a quelquefois un prix élevé. Sous des aspects édulcorés,  on décèle de l’amertume, de la tristesse ou de l’ironie . Des nouvelles lues et savourées  comme un bon milk-shake et que je ne suis pas prête d’oublier.
Un seul conseil :  à lire !!!

mercredi 23 mars 2011

Christian Ost - Un dé en acajou a disparu

Editeur : Quadrature - Date de parution : Janvier 2011 - 119 pages

Le titre complet de ce recueil est "un dé en acajou a disparu et autres nouvelles économiques". Oui, vous avez bien lu : économiques ! Pourtant, et ça n’est pas un scoop, tout le monde sait que je me suis fâchée avec les chiffres il y a quelques années.  Mais, point de chiffres ou de termes barbares et place à onze nouvelles de qualité !
Une écriture limpide, fluide  pour cet auteur qui est quand même docteur en  économie (allez, je le lui pardonne..) et professeur. Et là, Christian Ost n’a pas à rougir de complexe à  côté des nouvellistes. Car il sait manier la dérision sur son sujet .
Sans détailler toutes ces nouvelles essentiellement à chute, j’ai eu une préférence pour There is no bussiness like e-business  qui est excellente pour faire travailler ses zygomatiques. Ou quand par hasard un internaute se retrouve  par erreur à passer par erreur une commande auprès d’un magasin de jardinage. Dans Demain, j’anticiperai amour et économie ne font pas bon ménage (un conseil : si votre mari préfère se délecter des pages boursières au lieu de vous admirer dans votre petite nuisette, prêtez-lui ce livre!). Star Economy est un petit bijou…
Un recueil à lire !

Edit /Précisions : Quand je dis que je me suis fâchée avec  les chiffres c'est parce qu'ils  compartiment les personnes, les classent dans  une catégorie et les étiquettent.  On  se retrouve dans un pourcentage. On saute à pied-joints de célibataire à mariée, on fait même des enfants à virgule !  Et quelquefois, les nombres deviennent des ghettos d’où il est difficile de sortir.Et dire que dans ma vie "antérieure", j'étais Chargée d'Etudes dans le domaine ... des chiffres !

Conseillé et apprécié également par  Cynthia, Sylire

dimanche 26 décembre 2010

Fabrice Colin - La vie extraordinaire des gens ordinaires

Éditeur : Flammarion - Date de parution : 02/09/2010 - 328 pages

Vingt et une nouvelles et un fil conducteur, le narrateur. Vingt et une tranches de vies peu courantes de personnes rencontrées aux quatre coins du globe par un homme qui a voyagé. Cet homme et sa rencontre avec l’auteur forme elle aussi une nouvelle car en fait, rien n’est banal.
En préface, Fabrice Colin nous explique qui a écrit ce livre. Ce n’est pas lui mais un homme hospitalisé, malade qui se savait condamné. Cet homme a bourlingué pour  chercher à rencontrer des gens qui ont vécu des choses extraordinaires. Il a écrit chacune de ces histoires et à demander à Fabrice Colin d’en faire un livre.  Le premier récit où il est question d’un chasseur de nuages m’a un peu désarçonnée. Eh oui, car le fantastique, le surnaturel ou l’irrationnel rentrent en compte dans la vie de certains de ces personnes. Et puis, il y a ceux et celles dont l’existence a été modifié ou qui ont changé leur perception de la vie. Une jeune fille qui a perdu son ticket de loto gagnant, un surfeur  âgé qui attend la vague, celle qu’il voit en rêves depuis des années.  Chaque rencontre est différente, une surprise en  soi !
J’en ai aimé plus que d’autres, certaines m’ont fait sourire comme l’homme qui est roi d’un mini-royaume, d’autres m’ont émue. Libre à chacun d’y croire ou non.  
Toutes ces personnes nous délivrent un message sur la vie et on ne peut être que réceptif ...
Etre heureux, ça s’apprend sans réfléchir.

mercredi 15 décembre 2010

Luc-Michel Fouassier - Les hommes à lunettes n'aiment pas se battre

Éditeur : QUADRATURE - Date de parution : 03/11/2010 - 108 pages

Extrait de la quatrième de couverture : « Les personnages des seize nouvelles qui composent ce recueil ont décidé d’éviter les joutes frontales. Pourtant, ils n’en demeurent pas moins résolus à se faire entendre ».
Avant d’entamer cette lecture, j’ai lu la quatrième de couverture et je m'étais imaginée des nouvelles avec un dénominateur commun. Ca n’a pas été le cas… Tant pis, et je vais dire que ce n’est  pas grave car j’ai pris beaucoup de plaisir à les lire.  Seize nouvelles où l’on retrouve l’homme à lunettes dont le fils se voit obligé à son tour d’en porter et où l’on découvre d’autres personnages. Une femme rongée par la jalousie matérielle, un homme qui se ballade avec une grenade dans sa poche ou un autre qui idolâtre le tennisman  Bjorn  Borg …
Autant de nouvelles variées, très bien  construites et avec une écriture impeccable. J’ai souri, j’ai été surprise par certaines chutes ou par le fin mot de l’histoire. Ma préférence étant pour Page de pub et le COD. Même s’il a manqué l’étincelle, le p’tit truc en plus  pour en  faire un coup de cœur, j’ai passé un agréable moment de lecture et je ne vais pas m’en plaindre !
Un grand merci aux éditions Quadrature qui confirment, une fois de plus, la grande qualité de ses publications.
Les billets de Sylire et d'Anne.

jeudi 9 décembre 2010

Martin Page, Quentin Faucompré - La mauvaise habitude d'être soi

Éditeur : Editions de l'Olivier - Date de parution : 04/11/2010 - 145 pages

Sept nouvelles entre l’absurde et le fantastique. Imaginez-vous qu’un matin, un policier débarque  chez vous et vous déclare que vous avez été assassiné. Ou encore qu’un inconnu vous aborde et vous propose de devenir vous, ou qu’on vous annonce que vous êtes non pas un homo sapiens mais le dernier individu d’un cousin de cette espèce.
Les nouvelles sont mon pêché mignon, ma danseuse … Oui, j’avoue ! Et avec ce recueil, j’ai eu l’impression de faire un tour de manège à fond les manettes.  La première nouvelle m’a laissée bouche bée (tel  un poisson hors de l’eau en train d’asphyxier). On vous déclare que vous  êtes un cadavre alors que vous parlez, vous respirez. Il y a de quoi suffoquer … Ce recueil nous plonge dans un autre monde et l’on ressent un frisson délicieux. Exit la logique, le rationnel ! Chaque nouvelle nous confronte au non-sens, à l’absurde et nous pousse dans nos retranchements.  Amis cartésiens, vous êtes prévenus !
Ces nouvelles sont accompagnées de dessins. Et comme moi et le dessin nous ne sommes pas amis,  je suis passée très vite sur ces illustrations.  L’écriture de Martin Page est  précise, limpide et efficace.
Un moment de lecture agréable d’où je suis sortie grisée….
Les billets de Cathulu (merci pour le prêt) et d’Antigone.
Mais mener une vie saine, pour un chômeur, est un exercice de tous les instants, une vraie épreuve physique. Nul besoin de salle de sports, de cours de gym : vivre est en soi une discipline olympique.

lundi 22 novembre 2010

Sylvain Tesson - Une vie à coucher dehors

Éditeur : Folio- Date de parution : 14/10/2010 - 206 pages

15 nouvelles dépaysantes ! Sibérie, glens écossais, Mer d’Egée, Géorgie, Pays de Galles  ou la pointe Finistère (un peu moins dépaysant, je vous l’accorde), voilà les lieux où se jouent ces scènes de vie. On passe de la mer aux montagnes, on se promène également dans l’Histoire.
Avant de lire ce recueil, j’ai juste envie de vous dire : prenez votre sac de couchage et en route !  
Des nouvelles au goût de voyage, étonnantes  non par la chute mais par le contenu. Des textes où la nature est présente. Si bien décrite qu’on s’y croirait ! On entend le vent souffler, on imagine la mer démontée, les naufrages, les grandes plaines…. Et pour compléter (ou gâcher) le tableau, l’Homme. L’Homme souvent vaniteux, fat ou qui se croit  supérieur. Il arrive qu’il fasse repentance comme dans Les porcs ou alors que la Nature donne la leçon.  La première nouvelle L’asphalte donne le ton de ce recueil.  J’ai enchaîné ces textes avec plaisir et avidité ! Car l’écriture est belle, elle possède  un  style qui fait penser aux récits d’aventure. Et puis, il y a ces phrases relevées ou qui en disent tant : « l‘enfer, ce n’est pas les autres, c’est quand ils vivent trop près ». Une mention spéciale pour La statuette et  Le bug qui plairont, j’en suis certaine,  à tous les hommes qui ont tendance à sous estimer les femmes…
Du bonheur à consommer sans modération ! S’en priver serait un péché…
Un grand merci à Livraddict et à Folio pour ce partenariat !
L’odeur du goudron brûlant macéré dans les seaux de bois le galvanisait. Le fumet du progrès avait un goût de chair brûlée.
En Russie, la société mettait quarante ans à passer l’éponge sur vos crimes. C’était long, mais ensuite, c’était plus rentable que l’absolution des péchés sous les bulbes orthodoxes.

lundi 1 novembre 2010

Céline Robinet - Faut-il croire les mimes sur parole?

Éditeur : Diable vauvert - Date de Parution : 2007 - 235 pages

Soit  18 nouvelles. Toutes ne sont pas des bijoux mais il y en  qui vous titillent ou qui  vous clouent sur place. C’est que l’écriture de  Céline Robinet ne laisse pas indifférent! C’est vif, sans temps mort. On sent qu’elle aime bousculer les idées reçues ou faire réagir le lecteur. Mais, le mais, certaines chutes sont hélas prévisibles comme dans la première nouvelle Si les poules avaient des dents. Une famille où le père est dentiste. La fillette se gave de bonbons pour enfin avoir un rendez-vous avec son père. Le père, la mère et  la fillette prennent  la parole à tour de rôle. Il y a les remords des parents  de trop travailler et de ne pas profiter de l’enfant. Et l’enfant qui manigance pour enfin voir son père.  
Un coup de cœur pour  Mes dents, bleues de froid  qui parle du viol et Faut-il croire les mimes sur parole ?  où il est question de l’immigration  clandestine. L’auteure sait jouer des mots et c’est un réel plaisir pour certaines des nouvelles !
Un recueil à l’humour grinçant… dommage que toutes les nouvelles ne soient pas de qualité égale mais à découvrir  pour l’écriture  !

Le problème, c’est vous, vous qui vivez à l’extérieur, quand vous revenez au Pays, en vacances, vous incarnez des choses inexistantes, vous dépensez de l’argent comme si vous en  aviez par millions, vous jouez aux riches pour ne pas avoir l’air minables, et ensuite vous dites que l’argent ne fait pas le bonheur ! Pourtant vous vous trompez. A Dakar, avec la télé, on sait tous comment les étrangers sont traités en Europe, vous vivez dans des taudis, des foyers d’immigrés, comme des clandestins, dans des appartements sans chauffage et vous vous contentez du RMI ou des ASSEDIC. Dites-nous la vérité s’il vous plait, pour que les jeunes arrêtent de risquer leur vie, parce qu’au Pays on ne voit que votre argent (…)

Merci à Canel pour le prêt, l’avis de Biblio.

vendredi 8 octobre 2010

Christine Jeanney - Une heure dans un supermarché

Editeur : Quadrature- Date  de parution : septembre 2010 - 128 pages

Avertissement : ce recueil de nouvelles est un coup de cœur !


Lundi matin, neuf heures trente.
Je traverse le quadrillage blanc du parking jusqu’aux sigles bleus des places pour handicapés. Je passe entre deux poubelles remplies de sable. Le sports vitrées coulissent sur de l’air chaud et de la musique. Passé le tourniquet, on peut tourner à gauche vers les produits d’entretien, ou à droite et ainsi longer les caisses, ou encore continuer en face vers les promotions du jour.
Mais je n’achèterai rien. Aujourd’hui, je regarde.

Et oui, pour notre plus grand bonheur, Christine Jeanney  observe  les clients dans différents rayons. Ceux qui hésitent ou qui achètent sans perdre de temps, et avec chacun d’eux, une histoire est révélée.  L’histoire de leur vie, de  leurs envies, de leurs regrets ou celle de  leurs espoirs. Car on ne se contente pas de rester dans ce petit supermarché, on les suit dans leur quotidien, leurs habitudes.

18 personnages tout à fait réalistes, des personnes que l’on peut soi-même croiser et comme le dit la quatrième de couverture « des personnes ordinaires qui ressemblent à tout le monde. Ou à personne».

Un fil conducteur en filigrane, on retrouve ou on aperçoit juste un des personnages dans le déroulement d’une autre scène. Et , tout s’imbrique ou s'enchevêtre avec aisance et facilité.
18 nouvelles et  autant de  thèmes différents !

J’ai souri, mais le plus souvent j’ai été  émue et touchée.  
L’écriture est vive et fait preuve d’originalité. Un sans faute sur toute la ligne ! Un recueil tout simplement génial...
Je remercie Patrick ( non pas Bruel) mais des éditions Quadrature pour ce livre…

dimanche 3 octobre 2010

Nicole Versailles - Les dessous de table

Editeur : Memory Press- Date de parution : septembre 2010 - 159 pages

Nicole  Versailles a le sens de l’observation et une écriture bien trempée, c’est le moins que l’on puisse dire !
A travers ces  dix-huit nouvelles, elle enlève les masques d’apparat, elle  gratte le vernis  et nous dévoile la nature de ses personnages. Les dessous de table, un titre qui colle parfaitement à ce que l'on chache: la main d’une épouse qui  irait se poser sur le genou de son voisin et amant, des pieds qui se cherchent, une sandale enlevée dévoilant  un bas sale et troué…
Des textes courts, nets et précis où sous les gentils sourires, les regards bienveillants se cachent  des défauts, des envies … la nature humaine sous ses aspects les plus vils.
Pas de fioriture,  Nicole Versailles  joue avec les mots et dépeint l’arc en ciel des sentiments. Des nouvelles de qualité, un style vif… bref, du bonheur !
Nicole Versailles c’est également Coumarine et un blog petites paroles de Coumarine qui fêtera demain ses 6 ans d’existence !  

L'avis d'Antigone

dimanche 26 septembre 2010

Alain Emery - Les petits devants

Editeur : du DOUAYEUL - Date de parution 2006 - 35 pages

Avec ce recueil de quatre nouvelles primées, Alain Emery  confirme qu’il est un grand nouvelliste. Ces nouvelles portent  sur des thèmes comme la vieillesse, les non –dits. Quatre nouvelles d’exception et  une écriture superbe !
Les chutes travaillées nous laissent le goût de nos faiblesses  ou nous font réfléchir. Difficile de rester indifférent à la lecture de la nouvelle les petits devants. Un homme  découvre d’où provient  la richesse de sa famille, une richesse au prix la dénonciation pendant la seconde guerre mondiale. Quelle sera sa réaction finale ?
Des nouvelles qui amènent  à se poser  bien des questions...
Un petit recueil et quatre pépites...

Mon grand-père est entré dans le grand monde en portant le dos, en plus de son fourbi d’orfèvre, une croix dont l’ombre le condamnait. Il lui a suffi de fuir les regards pour esquiver sa conscience. Piquer du nez sur ses  cailloux, travailler d’arrache-pied et laisser le labeur le patiner. Le temps a fait son œuvre. C’est devenu la faute de l’époque. Celle à pas de chance. Lui-même a fini par ne plus se souvenir. Les autres non plus. L’oubli est un cercueil capitonné.
Hélas, ce  recueil  a été édité  en un nombre  d’exemplaires limité, du même auteur, je vous conseille (fortement) de lire  Divines Antilopes.


mardi 21 septembre 2010

Isabelle Marsay - Haute sécurité

Editeur : Les Soleils Bleus - Date de parution : 01/2010 - 32 pages

Avertissement : ô toi le lecteur qui aime Molière,les pièce de théâtre classiques, passe ton chemin...

Ce texte est  une très courte pièce de théâtre qui s'ouvre sur : Les trois protagonistes  marchent en se suivant dans un bac à sable. Ils portent des bonnets de bain et des gants en plastique, un chronomètre et de longues tenues identiques. Au dos de la tunique, un numéro à huit chiffres commençant par o6.  Chacun d'entre d'eux tient une batte de base-ball.

Nos trois personnages sont formatés. Des hommes déshumanisés comme des robots qui répètent à l'unisson des phrases types.
Ce texte pointe un monde où il n'y aurait aucune place pour la différence, la liberté et la pensée d'expression. Car nos trois personnages se doivent de penser la même chose... moutons de panurge (lobotomisés?).

Certes...  mais, je n'ai pas été convaincue. C'est trop court et l'ensemble est peu étoffé.

Merci à l'ami BOB et aux éditions du soleil bleus pour cette découverte.

dimanche 19 septembre 2010

Marie-Sabine Roger - Il ne fait jamais noir en ville

Editeur : Thierry Magnier – Date de parution : 12/05/2010 - 105 pages ou 10 nouvelles


L’exercice de la nouvelle est un Art difficile. L’auteur doit mettre en scène très vite un décor, une ambiance, savoir aiguiser la curiosité du lecteur et le ferrer tel  un poisson. Marie -Sabine Roger y réussit une  fois de plus avec brio.

Pas de chutes sanguinolentes dans ce recueil, les nouvelles ne sont pas corrosives  comme  dans les encombrants mais quel  bonheur ! 

Je l’ai relu encore une fois  pour le plaisir car ce sont des nouvelles tendres (comme la parenthèse) , dures ( pas à pas) ou qui nous amènent sur des chemins plus intimes : tout  va bien, sans blessure apparente.

Marie-Sabine Roger sait décortiquer l'âme humaine. Observatrice de tous les jours, elle décrit ces moments avec une écriture à couper le souffle.  Elle joue avec les mots, décline des phrases  où chaque mot  a son importance .... le parfait équilibre !

Dix nouvelles qui m'ont touchée, émue ou qui m’ont fait sourire. Je l'ai lu deux fois et je le relirai  ( voilà, pourquoi j'achète des livres. Je peux me délecter tant que je veux...  )

Pari  réussi une fois de plus !

Les avis  d'Antigone, Canel, Cathulu, Encres vagabondes

La mémoire est un bien qui ne prend sa valeur que lorsqu'elle se partage.
Si la parole est sans écho, elle n'atteint  pas l'autre versant. Elle ne prend pas les vents, les courants ascendants. Elle s'abîme.
Si la  paroles est sans écho, elle n'est plus qu'un discours vide, souvenir du passé, vestige.Bientôt, sans doute, elle n'est plus rien.

mercredi 8 septembre 2010

Claire Castillon - Insecte

Editeur : Livre de poche - Date de parution : 03/2007 - 160 pages cinglantes

Avertissement : ô toi la mère qui adore ta fille ou ta fifille, toi qui ne voit que le bien partout et dont la vie semble tremper dans le rose , un conseil : passe ton chemin sous peine d'être traumatisée.

Insecte ou dix- neuf textes courts et cinglants ! Dès la première nouvelle, on est prévenu du ton de ce recueil. Claire Castillon ne fait pas dans les bons sentiments mais plutôt dans le tranchant, l’acéré, les situations qui dérangent.
Une plume sans concession, nette et directe qui vous abasourdit, qui fait rire ou rire jaune.

Les rapports mère-fille sont disséqués, des rapports où la méchanceté, la cruauté existent, même si souvent il y a toujours un fond d’amour ….
Cet amour maternel qui fait taire la mère battue par sa fille adolescente, l’amour de la fille pour sa mère qui se rebelle car cette dernière va mourir d’un cancer.

C’est cinglant, écrit sans concession avec des phrases courtes qui vont droit au but et qui  percutent !


Un coup de cœur !

Le billet de Sylire

lundi 9 août 2010

Vous m'en direz des nouvelles


Editeur : Itinéraires- Date de parution : 15/09/2006- 148 pages ou 17 nouvelles

Chaque année, des concours de nouvelles fleurissent avec souvent à la clé un chèque pour les lauréats. En 2006, les éditions itinéraires ont lancé un concours et les dix-sept nouvelles retenues ont été éditées dans ce recueil.

Des nouvelles originales et variées. Ecrites avec ironie ou sur un ton plus grave.

Françoise Bouchet avec Secret de longévité a largement mérité sa première place sur le podium. Sa nouvelle est tout simplement exquise !

Et dans les lauréats, on retrouve Alain Emery ( auteur de divines antilopes ) et Magali Duru. Tous deux sont maintenant des nouvellistes reconnus.

Vous aimez écrire des nouvelles? Alors, un seul mot d'ordre : continuez...

mercredi 4 août 2010

Martine Cuhaciender - Mémé passe à la télé


Editions Siloe - Date de parution : 15/10/2004 - 127 pages d'ironie, de cynisme et de rires ...

Avertissement : si vous pensez que tout le monde possède un bon fond, déborde de gentillesse et d’humanité, ce recueil n’est pas pour vous. Ne le lisez pas sous peine de tomber des nues ou pire de risquer un traumatisme important et irréversible …

J’ai rigolé, je me suis délectée avec jeux de cirque où mémé ( sponsorisée, dopée) est l’une des concurrentes dans un show télévisuel. Avec d’autres nouvelles comme par exemple grand-mère, une belle journée à la campagne, la vie n’est pas un long « roman-fleuve » tranquille , on découvre un cynisme qui donne froid dans le dos (cynisme allant de 9 à 99 ans ..).

Un recueil de quinze nouvelles variées : j’ai été surprise par des chutes que je n’ai pas vu venir, l’émotion a également pointé son nez …

Mais où va-t-elle chercher tout ça ? Dans le quotidien (la femme mariée qui est plongée dans la lecture de son Harlequin) et dans nos défauts ! Elle passe le tout à la moulinette de l'ironie.

Avec une écriture bien trempée, Martine Cuhaciender décortique l’âme humaine pour mon plus grand plaisir !

Du même auteur et à lire également Acide caustique et petites gourmandises

Après être passée à la télé, Mémé peut voyager...

mercredi 21 juillet 2010

Hubert Haddad - Vent printanier


Editeur : Zulma - Date de parution : 06/05/2010 - 61 pages magnifiques...

Extrait de la présentation:
De retour sur les lieux de l'impensable, Hubert Haddad écrit ces histoires vraies de tout leur poids d'imaginaire, vraies des milliers de fois hier à Drancy ou ailleurs, et aujourd'hui comme en filigrane dans les regards effrayés des exclus sur un monde en lente perte d'humanité.

D’Hubert Haddad, je ne connaissais qu’un seul titre Palestine, lecture que j’avais abandonnée. Aussi, quand Julien chez Dialogues m’a proposé ce livre, j’ai été étonnée.

Sauf qu’il connait mes goûts et je dis merci Julien ( je vous ferai des grosse bises sonnantes la prochaine fois) car ce livre est un bijou !
Quatre nouvelles à l’écriture ciselée qui nous plongent dans la rafle du Vel d’hiv de 16 et 17 juillet 1942. Sauf que tout le génie de ces textes apparaissent à la lecture car passé et présent s’enchevêtrent dans une symbiose à couper le souffle. Un temps unique qui donne plus de la force à ces nouvelles.

J’ai été subjuguée par ces textes émouvants et par l’écriture magnifique.
Un gros coup de cœur …

lundi 19 juillet 2010

Martine Cuhaciender - Acide caustique et petites gourmandises


Editeur : Siloë - Date de parution : 04/03/2010 - 103 pages corrosives...

Un titre prometteur pour ce recueil de treize nouvelles qui le mérite amplement !
J'ai adoré !


Un style vif, piquant , des tournures de phrases exquises et comme le dit la quatrième de couverture : "quelques belles leçons d'amour et de fidélité, mais également de haine et de ruminations sombres ; quelques regards aigres-doux sur la vie...".

Des nouvelles pas forcément à chute mais qui se révèlent être mordantes et succulentes !

Merci à Yvon pour ce prêt!

A lire et à déguster ....

dimanche 4 juillet 2010

Carole Fives - Quand nous serons heureux


Editeur : Le Passage- date de Parution : 14/01/2010 - 160 pages ou 31 nouvelles...

Un recueil de trente et une nouvelles où Carole Fives nous entraîne dans des vies d'hommes et de femmes résolument contemporains. L'écriture est vive et elle nous embarque avec facilité dans l'existence de ces personnages.

Sur un nombre aussi important de nouvelles, la qualité n'est pas égale et j'ai ressenti une certaine lassitude.

Mais, il y a des pépites, des nouvelles qui m'ont coupée le souffle! Pas forcément des nouvelles à chutes mais où le talent se résume aux situations et à la psychologie des personnages.
Le meilleur est pour la fin où elle joue de l'auto-dérision sur ses propres écrits...

Une auteure que je vais suivre...

Merci à Gwen pour le prêt!
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