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samedi 9 février 2013

Pete Hamill - Tabloid City


Éditeur : Balland - Date de parution : Novembre 2012 - 404 pages indigestes...


Sam Briscoe est rédacteur en chef d’un grand quotidien à New-York. Ce journaliste septuagénaire de l’ancienne génération vit au rythme de l’adrénaline injectée par l’actualité. Etre le premier informé, titrer la  une parfaite, courir après le temps.  Le journalisme est sa vie. En vingt quatre heures, les dés sont lancés sèchement. Un double meurtre vient d’être commis. Cynthia Harding  a été sauvagement tuée à son domicile après une réception qu’elle donnait pour récolter des fonds.  Pendant presque trente ans, elle et Sam ont été amant. Durant cette même nuit, Sam Brisco apprend que le journal  version papier paraîtra le lendemain pour la dernière fois.  

Je me suis torturée l’esprit pour savoir comment rédiger  billet. J'ai hésité entre les premières phrases  :
Minuit. Sam Briscoe, salle de rédaction du New York World, 100 West Street. 
Lui, c’est Briscoe. Soixante et onze ans. Un mètre quatre-vingts, quatre-vingt-dix kilos. Ici, c’est la salle de rédaction du dernier quotidien du soir de New York. Il en est le rédacteur en chef. On l’aperçoit qui se faufile dans un coin. Il a un pardessus en travers de l’épaule gauche et tient sa veste par le col. Les manches de chemise sont retroussées deux fois au-dessus des coudes, soigneusement 
et celle-ci  (page 141) qui ravira sans aucun doute les amis de la poésie un type a balancé la sauce dans le vagin de sa mère et il s'est tiré. 

Ce livre patchwork à l'écriture hybride entre le télégramme et la dépêche est censé mettre le lecteur dans le bain de l’action. Le placer au centre névralgique du récit, que lui ou aussi sente la pression ou les émotions des personnages. J’imagine car j’ai soupiré d’ennui devant l’amoncellement des clichés et j'ai frôlé l’indigestion de cette écriture balancée comme des salves. Aussi, j’ai essayé  de passer outre le style (en évitant au passage de me prendre une rafale de phrases) pour m’intéresser à la palanquée de personnages que l'on suit durant ces 24 heures. Sam Briscoe, Josh revenu d’Irak handicapé,  Malik l'américain musulman djihadiste et dont le père est policier, la jeune journaliste qui ne trouve pas de boulot, la mère de famille d'origine mexicaine en situation irrégulière et bien d'autres... Tous s'agitent car New-York ne dort jamais. La solitude est une compagne, le travail du journaliste prime sur ses émotions. Sam Briscoe veut mener son enquête et trouver qui a tué Cynthia Harding,  empêcher l'inéluctable pour le journal. Une brochette  (fourre-tout) de personnages pour représenter New-York perpétuellement en constante  mutation et l'ensemble est  sombre, se laisse glisser  dans une certaine fatalité limite déprimant.
Certains des personnages ne m'ont pas laissée indifférente. Pire, je les ai trouvés mauvais comme de pâles copies avec un goût de déjà vu, une écriture qui m'a agressée et je n'ai strictement rien aimé dans ce livre.

Que dire de plus? Rien sinon qu'à partir de la page 242, je l'ai lu en  diagonale. Ah oui, si comme moi  vous avez envie d'aller un jour à New-York, juste un petit conseil : évitez cette lecture... 

L'avis d' Hélène que je rejoins entièrement.






samedi 26 janvier 2013

Tess Gerritsen - Le voleur de morts


Éditeur : Presses de la Cité - Date de parution : Novembre 2012 - 408 pages et une déception...

Julia nouvellement divorcée achète une vieille maison et découvre par hasard un cadavre enterré dans son jardin. Les experts sont formels : la femme décédée a été tuée et surtout son corps a plus d’un siècle. Julia se lance dans les recherches pour découvrir l’identité de son hôte …
A Boston en 1830, Aurnia  sur le point d’accoucher est malade et hospitalisée. Lors de ses visites, sa sœur Rose fait connaissance avec Norris l’un des jeunes étudiants en médecine. Bien que brillant, ses conditions modestes le différencie des autres futurs médecins tous issus de famille notables et riches. Peu après avoir accouché d’une petite fille, Aurnia décède suite à une fièvre puerpérale. Rose arrivée depuis quelques mois d’Irlande décide de s’occuper de l'enfant. Couturière, vivotant dans les bas quartiers, elle est prête à se sacrifier pour sa nièce. De son côté, pour financer ses études Norris aide un homme peu scrupuleux à voler des cadavres dans des cimetières qui serviront de cobaye aux futurs médecins.
Des meurtres sont commis et à chaque fois notre jeune étudiant se trouve près des lieux. Assez pour que la police le suspecte d'être le coupable.  Rose ne sait plus vers qui se tourner car des personnes veulent récupérer sa nièce  à tout prix.

Ces deux histoires menées en parallèle vont, vous vous en doutez, converger au fil des pages. Rien de neuf ou d'extraordinaire pour l’histoire actuelle de  Julia qui  est du déjà lu et relu. Par contre la plongée dans Boston en 1830 est un plus intéressante avec les premiers pas de la médecine, de la chirurgie. Mais hélas, les trames des deux histoires se devinent aisément et surtout l’ensemble est agrémenté d’une romance (chabada-bada, chabada-bada) consternante.
Sans cet aspect fleur bleue et sans la personne de Julia qui fait office de pot de fleur, ce polar aurait pu susciter chez moi autre chose que de l'ennui. Autre point qui fâche pour un polar de la sélection ELLE, l'écriture on ne peut plus simpliste...
Avec de l'amouuuur et la  bravoure ( mais pas de glamour),  ce livre est  une déception (mais soyons positifs : vu que l'intrigue n'est pas compliquée, en lisant une page sur deux aucun risque de se perdre).




lundi 21 janvier 2013

Jussi Adler-Olsen - Délivrance


Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Janvier 2013 - 665 pages imposibles à lâcher !

Une bouteille à la  mer repêchée en Ecosse rejoint le département de police V à Copenhague. La bouteille contient un message de SOS écrit  en danois et datant d'une dizaine d'années. Le vice-commissaire Carl Mørck ne prend pas l'affaire à la légère car le message a été écrit avec du sang.  Chargé d'enquêter sur des dossiers non résolus  avec ses deux assistants Assad et Rose, il s'attaque à celle-ci.

Si l'affaire peut dater à priori, Carl Mørck ne se doute pas que le criminel applique toujours le même schéma bien rôdé. Faire connaissance dans une famille aisée ayant plusieurs enfants et appartenant à une secte religieuses. Sympathiser avec les parents, enlever deux des enfants et demander une très forte rançon. Puis, il ne libère qu'un seul des enfants, tue l'autre et menace la famille. Si jamais elle parle à la police ou à la communauté, il frappera à nouveau. On suit en parallèle le nouvel enlèvement  que prépare le criminel tout en prenant connaissance de son environnement proche et de son passé , et   l'enquête de police.  Et quand deux enfant sont à nouveau enlevés  et que l'on sait ce qui les  attend, la tension tension monte d'un cran.

Pour moi, ce thriller est  bon par l'intrigue diablement bien ficelée et par le suspense "temps" qui va en crescendo !  L'ensemble saupoudré  habilement d'humour l'emporte largement  sur une écriture un peu faiblarde par moment tout comme certaines incohérences ( la femme du tueur porte une robe rouge deux pages plus tard, elle est en jean).
Et je me suis surprise à tourner les pages de plus en plus vite et à ne pas pouvoir lâcher ce livre !
N 'ayant pas lu les livres précédents, si j'ai eu  un peu de mal au départ  à situer qui étaient Rose, Assad, Hardy et à cerner la personnalité de Carl Mørck, je n'ai pas été bloquée dans ma lecture.

Pas de temps mort, effet  page-turner garanti et une enquête très bien menée ! Une chose eet certaine, Jussi Alder-Olsen sait ferrer son lecteur !

Les billets de Keisha, Lystig, Valérie
Et trois challenges dont celui de Lystig dans lequel je m'incruste !











samedi 12 janvier 2013

Françoise Guérin - A la vue, à la mort


Éditeur : Edition du masque - Date de parution : 2007 - 352 pages et un bon roman policier !

Paris et sa banlieue, trois hommes sont retrouvés morts en peu de temps avec des point communs : le meurtrier a dessiné un œil au dessus de chaque corps et a organisé des mise en scène macabres ( victime énuclée et baignant dans son sang). Le commandant Lanester est chargé de l’enquête avec son équipe. Mais à la vue du troisième cadavre, Lanester perd la vue. Il ne voit plus rien or les examens médicaux sont normaux, de quoi  y perdre son latin… Sans compter que le meurtrier continue d’agir. Comment le retrouver alors qu'il se cherche lui-même?

Mais qu’est ce que je suis contente d’avoir retrouvé Lanester, son caractère un beau bougon, son humour souvent caustique et toute son équipe ! Après Cherche jeunes filles à croquer, j’ai lu ce livre qui marque les débuts de Lanester. Commandant de police et profiler (oui, je vous parle d’un livre et non pas d’une série télé), sa spécialité est de dresser le  le profil du tueur et ce qui l’amène à agir. Mais lorsqu’il se rend sur la scène de l'un des crimes, il devient aveugle. Il ne voit plus rien et quand le médecin lui annonce que le symptôme est d’ordre psychologique, il décide d’aller consulter une psychanalyste. Tout est nouveau, il doit apprendre à utiliser son ouïe, son odorat pour combler l’absence visuelle. Mais mener une enquête en étant aveugle n’est pas si simple…Au 36, l'état de santé de Lanester fait désordre et des rumeurs circulent. De plus, le meurtrier prend un malin plaisir à semer la zizanie dans l’équipe. Ajoutez-y un chauffeur de taxi d’origine polonaise qui materne Lanester et des séances de psychanalyse où le commandant joue cartes sur table. L'intrigue policière se double d'un voyage existentiel pour Lanester. Bref, un vrai régal !

Un polar vivant, humain, des personnages attachants ( une mention particulière au médecin légiste), de l’humour et beaucoup de psychologie en toile de fond ! Que demander de plus ? Rien ! 

Françoise Guérin m’a gentiment envoyé ce livre voyageur. Il peut continuer son chemin vers vous ( à condition de jouer le jeu : pas de prise d'otage du livre et l'envoyer à la personne suivante), il suffit de  m'adresser un mail que je  transmettrai à l'auteure.


dimanche 16 décembre 2012

Françoise Guérin - Cherche jeunes filles à croquer


Éditeur : Le Masque - Date de parution : Octobre 2012 - 390 pages qu'on ne lâche pas !

Le criminologiste Eric Lanester du 36 quai des orfèvres est envoyé à Chamonix avec son équipe. Des cadavres à foison? Non, mais plusieurs jeunes filles anorexiques qui ont séjourné dans une clinique spécialisée pour troubles alimentaires ont disparu.

Voilà, un livre dont les pages se tournent toutes seules ! Eric Lanester  et ses collaborateurs sont loin de ressembler à des personnages de télé (désolée de casser un mythe).  Surtout que notre criminologiste réputé a perdu confiance en soi.  Mais son équipe connaît son boulot. L'hypothèse des simples fugues est écartée  et toute la difficulté de l'enquête est de travailler en l'absence de corps. Rajouter une équipe de gendarmerie qui s'incruste,  une écriture et un humour qui apportent beaucoup de crédibilité  à cette histoire et vous obtenez ce livre qu'on ne lâche pas !  Il  y a du suspense, beaucoup de touches de légèreté distillées  subtilement  qui permettent d'éviter l'écueil du plombant !
Car l'anorexie, ses causes et surtout ses conséquences sont décrites dans ce polar. L'ensemble s'insère naturellement  dans le déroulement de l'histoire sans que cela paraisse rajouté ou inutile.

Cerise sur le gâteau,  l'écriture de Françoise Guérin est un délice ! Un livre qu'on ne quitte pas ! Après Mot compte double,  j'ai découvert une autre facette du talent de cette auteure.

Les billets de Cathulu ( une fois de plus), Kathel

-Hum... mon maître à penser, dans ce métier, répétait toujours : " Quand on a plus de trois suspects dans une enquête, c'est qu'on s'y prend comme un manche!"
Ouais... Pourquoi c'est toujours les conneries que je dis qu'on retient pour la postérité ? 




vendredi 14 décembre 2012

Brigitte Aubert - La ville des serpents d'eau


Éditeur : Seuil - Date de parution : Septembre 2012 - 286 pages et une déception. 

Il est difficile pour Vincent Limonta de revenir habiter à Ennatown sa ville natale. Inspecteur de police à New- York , il a été radié pour avoir tué sous l’emprise de l’alcool une mère innocente. Grâce au prêtre de la ville, il travaille comme jardinier et entretient le cimetière. L’ancien rappeur Snake T. devenu handicapé est de retour au bercail lui aussi. Treize ans plus tôt, des fillettes ont été enlevées et retrouvées noyés. Seule une. Vera Miles dont le corps n’a jamais été retrouvé.

Les premières pages nous plongent dans une horreur totale. On découvre la seule fillette survivante  maintenant âgée de dix-neuf ans et tout ce qu’elle a subi. Séquestrée, maltraitée et violentée par son ravisseur, elle a une petite fille Amy de cinq ans. Elle a peur de mourir. Amy doit appeler  cet homme Daddy qui n’hésite pas à la frapper. Une seule solution est possible : Amy doit s'enfuir pour prévenir la police. La fillette muette qui ne connaît que le monde extérieur par les livres se retrouve dehors à la veille de noël dans un froid glacial. Le neige, la forêt, les chiens, les bruits, tout est nouveau ou n’est pas comme dans les livres. Le monsieur noir qu’elle rencontre ne sait pas lire et ne vit pas dans une maison. Black Dog, demeuré et SDF ne se pose aucune question sur la fillette.
Il suffit qu’un nouveau journaliste publie un article sur cette ancienne histoire d’enlèvements et qu’une une fillette maigrichonne, sale soit vue en compagnie du SDF pour que les esprits s’échauffent. Le coupable est tout désigné et la chasse à l’homme est lancée. Mais personne à part Vincent Limonta se pose la question de savoir d’où surgit cette gamine.

L’histoire alterne les deux récits. Celui d’Amy et celui de l’ex flic. Même si j’ai apprécié comment Amy raconte sa façon de voir le monde, d’essayer de comprendre ce qui l’entoure, je n’ai pas du tout adhéré aux personnages de Vincent Limonta et surtout à celui de Snake T..
L'humour incisif de Brigitte Aubert m' a très vite lassée tout comme l'histoire.  
Une écriture qui flirte trop souvent avec le vulgaire,  une facilité dans la trame qui s’appuie sur du déjà lu à maintes reprises. Bref,  une déception. 


 

dimanche 9 décembre 2012

Jeffery Deaver - Instinct de survie


Éditeur : Le Livre de Poche - Date de parution : Octobre 2012 - 521 pages de rebondissements !

Après leur semaine de travail, Steven et Emma Feldman viennent passer un week-end dans leur résidence secondaire située près du lac Mondac dans le Wisconsin. Un endroit au calme, isolé où Michelle une amie à eux doit les rejoindre. Sauf que deux individus pénètrent dans la maison. Steven a juste le temps d’appeler la police, de prononcer « c’est » et le couple est abattu. Intrigué par cet appel, le shériff demande à l’inspecteur Brynn McKenzie de se rendre sur place pour s’assurer que tout va bien.

Brynn délaisse la soirée familiale pensant être de retour d’ici peu auprès de son mari et de son fils. En arrivant aux abords de la maison, elle a l’intuition que quelque chose ne tourne par rond. Au lieu d’appeler des renforts, elle préfère aller vérifier par elle-même. Dans la maison, elle découvre les corps  abattus du couple alors que les deux tueurs sont toujours là. Commence alors une course poursuite nocturne dans la forêt  où elle et Michelle tentent de s’enfuir poursuivies par les deux hommes. Brynn a un côté épouse de MacGyver et l’on apprend par exemple comment fabriquer  une boussole avec trois fois rien ou comment distraire l’attention de ses ennemis. Si cette partie du livre m’a semblée un peu longuette comme au jeu du chat et de la souris, l’auteure introduit très vite plus d’un rebondissement et ce livre devient un véritable page-turner ! Pas le temps de souffler, on va de surprise en surprise et de révélation en révélation.
Brynn qui m’avait un peu énervée par son côté super Wonder Woman se révèle au fil des pages une femme comme une autre avec des problèmes personnels à gérer . Même si la fin m’est apparue surfaite et que certaines ficelles sont un peu grosses ( comme certaines coïncidences), ce livre remplit efficacement son rôle ! Ce thriller basé plus sur l’action que sur le psychologique est avant tout une lecture sans prise de tête et Jeffery Deaver sait ferrer son lecteur.

De nombreux billet sur Babelio

mardi 4 décembre 2012

Bernard Minier - Le cercle


Éditeur : XO - Date de parution : Octobre 2012 - 559 pages et un thriller bien mené ! 

Claire Diemar professeur en prépa khâgne est retrouvée morte chez elle dans sa baignoire. L’affaire semble simple car un de ses élèves Hugo est retrouvé au domicile de la jeune femme. Le commandant Martin Servaz se charge de l’enquête à la demande de la mère d’Hugo qui est son ancien amour de jeunesse.

Un étudiant amoureux de son professeur, une dispute qui tourne mal et tout pourrait classer le meurtre de Claire Diemar en crime passionnel. A Marsac, petite ville universitaire du sud-ouest, des rumeurs courent sur la professeure décédée et sur ses méthodes d’enseignements. Margot la fille de Martin Servaz est une élève de cette prépa où lui-même avait étudié. Hirtmann un tueur psychopathe s’est échappé et est de retour dans la nature. Et s'il était le coupable ? Mais le meurtre de Claire Diemar est le premier d’une série de morts atroces (âmes sensibles, attention) et sur le campus des étudiants ont crée une sorte de clan spécial. Pour la suite, et bien, lisez-le...

Ce livre réunit tous les ingrédients d’un bon thriller : des fausses pistes, des évènements imprévus et du suspense. Mais j’y ai trouvé des longueurs et surtout des détails inutiles qui selon moi nuisent à l'ensemble. Même si ce n'est pas un coup de cœur, j’ai quand même accroché à l'hameçon donc mission à demi accomplie pour ce livre !

Le billet de Mango

 


 

lundi 26 novembre 2012

Pierre Lemaitre - Sacrifices


Éditeur : Albin Michel - Date Parution : Octobre 2012 - 362 pages terriblement efficaces !
 
En plein Paris, le braquague d'une bijouterie ne se passe pas comme prévue. Une femme Anne Forestier aperçoit le visage des malfaiteurs. Molestée rudement, elle aurait pu mourir. Alors qu'elle est hospitalisée, le commissaire Verhoeven de la Criminelle se charge de l'enquête.On s'étonne en hauts lieux mais le commissaire Verhoeven ne va pas lâcher prise car Anne Forestier est la femme qu'il  aime...

Un nouveau livre de Pierre Lemaitre est pour moi un événement à ne pas rater. Sous aucun prétexte. Surtout quand je retrouve le commissaire Verhoeven. Sacrifices s'ouvre sur une scène d'une  terrible violence, Anne Forestier est une poupée de chiffon que les braqueurs s'amusent à déchirer, perdant du  sang comme du coton. En loques mais toujours en vie et transportée à l'hôpital. Camille Verhoeven est prévenu car son numéro de téléphone figure comme celui étant le plus appelé à partir du téléphone d'Anne. Alors même s'il est de la Criminelle et quitte à balancer quelques mensonges, à ne dire aucun mot sur sa liaison avec Anne, il est décidé à retrouver les coupables. Verhoeven  déploie les grand moyens, accumule mensonge sur mensonge auprès de sa hiérarchie. Il y a quatre ans sa femme Irène était tuée, il lui a fallu du temps pour retrouver un semblant de vie. Anne qu'il connaît depuis quelques mois s'est trouvée au mauvais moment au mauvais endroit. Alors non, ne pas s'impliquer est impossible.

Pas le temps de souffler dans ce dernier volet de la trilogie avec le commissaire Verhoeven. On retrouve ce qui a fait le succès de Travail soigné, Robe de marié et AlexUne écriture sèche, directe, sans fioriture. 
Histoire racontée en temps réel par Verhoeven et par le braqueur, le suspense gagne en intensité.
On est balloté, secoué et quand le commissaire se rend compte qu'il a fait fausse route, les dernières soixante dernières pages deviennent brûlantes.  
Un thriller vif, percutant, électrique. Pour ceux qui ont lu Travail soigné  et Alex comme moi, le final est une claque.

Un petit bémol : j'ai trouvé un peu trop rapide le dénouement par rapport au reste du livre et je regrette sincèrement de ne plus retrouver dans le futur le commissaire  Verhoeven.
Camille tu vas me manquer !

De cet auteur, mon préféré demeure toujours Robe de marié.







mercredi 14 novembre 2012

Gillian Flynn - Les apparences


Éditeur : Sonatine - Date de parution : Août 2012 - 570 pages scotchantes qu'on ne lâche pas ! 

Avertissement : ne commencer pas ce livre le soir en allant au lit car vous ne pourrez pas le reposer avant de l’avoir terminé ( une erreur que j’ai commise…).

Amy et Nick forment un couple idéal. Habitants à New-York, mariés depuis presque cinq ans, tous deux sont journalistes. Sans problème d'argent surtout qu'Amy a inspirée enfant puis adolescente toute une série de livres écrits par ses parents. Mais la crise est passée par là, ils ont perdu leur travail et  les parents d’Amy ont dépensé sans compter. La mère de Nick est atteinte d’un cancer et Go la sœur jumelle de Nick a besoin d’aide.  Ils quittent New-York pour venir s'installer dans la ville natale de Nick dans le Missouri.  Nick et Go ouvrent un bar  grâce à de l'argent prêt par Amy dans cette petite ville de province où de nombreuses entreprises ont fermé. 

Le jour de leur  cinquième anniversaire de mariage un cauchemar sans nom commence. Nick  trouve le salon sens dessus dessous et Amy a disparu. La suite?  570 pages que j’ai dévorées !!! Ce livre est tout simplement diabolique, scotchant, captivant  et  hypnotique ! On suit en parallèle le récit de Nick et le journal intime d’Amy. Nick devient rapidement le coupable aux yeux de tous sauf qu’il y a des retournements de situations (et pas des moindres). On découvre au fil des pages les vraies personnalités de Nick et d’Amy. Chacun a sa vérité, qui croire? On ne sait pas sur quel pied danser. A la moitié du livre, un coup de théâtre magistral double la montée d'adrénaline !  Les non dits, les secrets, les manigances, l'idéalisation du mariage,  les manœuvres pour arriver à ses fins ... tout est distillé savamment.
Gillian Flynn dissèque la vie de ce couple aux apparences trompeuses et nous mène là où elle veut jusqu'au point final qui laisse un goût très, très ambiguë...Impressionnant !
Superbement construit, à vous donner des frissons dans le dos tant la manipulation et l'ombre de la  paranoïa qui planent sont machiavéliques, j’ai adoré !
 
Les gens aiment bien s'imaginer qu'ils connaissent les autres : les parents veulent croire qu'ils connaissent leurs enfants. Les femmes veulent croire qu'elles connaissent leurs maris.


 

lundi 22 octobre 2012

William Kent Krueger - Blood Hollow


Éditeur : Le Cherche Midi - Date de parution : Septembre 2012 - 467 pages efficaces ! 

Aurora état du Minnesota. Une jeune fille disparait lors d'une fête pour le nouvel an. Charlotte Kane est la fille unique d'un ancien médecin originaire de la petite ville. Avec sa sœur et sa fille Charlotte, il est venu habiter à Aurora depuis peu. Lui et sa famille menaient une vie discrète. A la fin de la période hivernale, le corps de Charlotte est retrouvé. Elle a été tuée. Tous les soupçons se tournent vers son ancien petit ami Solemn Winter Moon, un Indien de la réserve Ojibwe qui a déjà eu quelques petits démêlés avec certains des habitants. L'ancien shérif Cork O’Connor est persuadé de son innocence.

Si j’ai trouvé que la première centaine de pages était un peu lente, la suite  a balayé cette première impression. Charlotte Kane est une jeune fille à papa qui en cachette boit et  sortait avec un garçon peu fréquentable. Lors d'une fête pour le nouvel an, elle disparaît . Les recherches restent vaines et l’espoir de la retrouver vivante est quasi nul vu le froid et la neige. Avec la fin de l'hiver, la nature rend son corps. La piste accidentelle est éliminée, il s'agit d'un meurtre.  Solemn  a le profil idéal  avec son tempérament fougueux et assez imprévisible sans compter ce qu’il a  pu commettre comme petits délits. Formellement accusé, il s’enfuit. Mais même si toutes les preuves sont contre le garçon, Cork O’Connor est convaincu du contraire et il est bien décidé à trouver le meurtrier. 
Les rebondissements s’enchaînent avec en prime des évènements étranges voire un peu  mystiques. Et là, les pages défilent à toute allure ! 
Le travail sur soi-même, l’identité culturelle et les rejets  vis-à-vis de la communauté indienne par leurs différences jalonnent ce thriller. Cerise sur la gâteau :  pour une fois pas de flic alcoolique ou porté sur la boisson  (ce qui est appréciable). 
En conclusion , un thriller efficace qui remplit son rôle !

Les billets de Keisha, Irrégulière



 

vendredi 14 septembre 2012

Susan Hill - Des ombres dans la rue


Éditeur : Robert Laffont - Date de parution : Avril 2012 - 401 pages et pratiquement autant de soupirs d'ennui...

Avertissement : O toi lecteur, si tu cherches un bon thriller, si tu veux tourner les pages avec frénésie, si tu veux te ronger  les ongles d'angoisse ou avoir l’esprit occupé tant tu te demandes qui est le coupable, tu peux passer ton chemin !

Prenez une femme  médecin Cat dont le mari est mort. Son frère Simon Serrailler est inspecteur. Célibataire comme il se doit et qui aime boire un verre de whisky quand il rentre chez lui (encore un). A Lafferton, deux prostituées sont retrouvées mortes mais avant cela il faut se taper lire quand même un bon nombre de pages où on nous détaille le quotidien de Cat. Ses difficultés à accepter la mort de son mari, à s’occuper de ses enfants.  D’autres personnages viennent se greffer : la belle-mère de Cat et de Simon, le doyen de la cathédrale comme pour enrober l’histoire ou comme pour un livre qui doit  en comporter un minimum. L’auteure utilise le même procédé pour chaque corps retrouvé. Ce qui permet en début de chapitre de se dire « tiens, ils ont retrouvé un cadavre » ! Car une autre femme disparait elle-aussi.  L’enquête n’en est pas une,  il ne s’agit ni plus ni moins que d’une succession d’évènements. Et le summum, on devine très facilement qui est le coupable ( du suspense? nada!).

J’ai soupiré très, très souvent d’ennui. Après ma lecture,  quand je me suis rendue compte que la 4ème de couverture en disait plus qu’il n'en faut (ce qui m'aurait épargné  300 pages), je me suis dit que j’ai tout simplement perdu mon temps ( et j'ai failli m'arracher les cheveux. A défaut de me ronger les ongles) ...
Un livre comme certains feuilletons télé où l'on peut regarder le 1er épisode, rater au moins 4 saisons et arriver à comprendre ce qui se passe.
Une écriture banale, une trame d’une simplicité affligeante et une grosse déception!












Le billet de Théoma qui renvoie à d'autres liens (et à ce rythme, on va pouvoir créer un anti fan-club)

mardi 21 août 2012

Pierre Lemaitre - Cadres noirs

Editeur : Le livre de poche -date de parution : 2011 - 444 pages qui ne se lâchent pas!

A cinquante-sept ans, Pierre Delambre est un ancien DRH qui pointe au chômage depuis quatre ans. Pôle emploi, les petits boulots  avec en prime l’humiliation d’être devenu un homme dont aucune entreprise ne veut. Il ne croit plus pouvoir décrocher  un emploi dans son secteur. Alors quand il reçoit une convocation pour un entretien, il est décidé à ne pas laisser passer sa chance.

Le chômage chez les seniors est  un problème toujours irrésolu et  toujours d’actualité. A cinquante-sept ans, Pierre Delambre est lessivé, vidé. Quatre années de chômage ont suffi. Sans compter les difficultés financières qui sont apparues même si sa femme travaille. L’appartement n’est pas fini d’être payé et le bas de laine est presque épuisé. Il en est réduit à  des jobs alimentaires dont il n’ose pas parler à son épouse et à ses filles. Et justement il s’est fait virer du dernier. L’espoir renait quand il reçoit une convocation pour un entretien. La batterie de tests passée,  il est retenu ainsi que trois autres candidats pour une ultime épreuve. Une simulation de prise d’otages où les candidats devront juger le sang-froid, le comportement de certains cadres de l’entreprise. Ces derniers n’étant évidemment au courant de rien. La femme d’Alain est effrayée par ce mode de recrutement et lui demande de laisser  tomber. Mais Alain est décidé à tout pour avoir ce boulot. Une quête du Saint Graal où il ment, emprunte de l’argent  pour enquêter sur les autres candidats. Le début de la descente aux enfers est amorcée. Et quand quelqu'un lui confie qu'il n'est n’est qu’un simple  figurant depuis le départ et qu’il  n’aura pas ce travail, Pierre ne va pas en rester là.  Je ne vous en dis pas plus !
Malgré une  fin convenue où les ficelles sont un peu grosses, ce thriller psychologique est diablement efficace !  J’ai été tenue en haleine par les nombreux rebondissements et même si Alain dépasse toutes  les limites, je n'ai pas pu m'empêcher de  ressentie de l'empathie pour lui.
Avec ce livre, Pierre Lemaitre avance brillamment sur le terrain social avec la vision du monde du travail assez proche, hélas, de ce qu’elle est ( pour le moment, les simulations de prises d'otages ne rentrent pas (encore) dans les processus de recrutement...).

De cet auteur, mon préféré est toujours Robe de marié ( lu également  Travail soigné et Alex).

Ce qui est difficile ce n'est pas d'être chômeur, c'est de continuer à vivre dans une société fondée sur l'économie du travail. Où que vous tourniez les yeux, il n'est question que de ce qui vous manque.

De nombreux billets sur Babelio




dimanche 12 août 2012

Thomas H.Cook - Au lieu-dit Noir-Etang...


Éditeur : Seuil - Date Parution : Janvier 2012 - 355 pages captivantes!

Août 1926. Chatham, Nouvelle-Angleterre, Henry Griswald est scolarisé à l’école de garçons dont son père est le directeur. Une nouvelle professeur Melle Channing arrive d’Afrique pour enseigner les arts plastiques. Elle est logée dans une maison isolée au lieu dit Noir-Etang. Très vite, Henry est fasciné par Mme Channing. En effet, la jeune femme a beaucoup voyagé avec son père. Un an plus tard, Chatham devient le décor de plusieurs décès.

Avertissement : on évite la quatrième de couverture qui en dit beaucoup mais vraiment beaucoup  trop ! 

De Thomas H.Cook, j’avais lu les leçons du mal (billet en attente d’être rédigé un jour) et j’avais apprécié son écriture mais beaucoup moins l'histoire. Cette fois, l'étincelle s’est produite  avec ce livre construit sur des flash back. En effet, l’histoire nous est racontée  par Henry devenu un homme âgé et habitant toujours à Chatham qui renoue avec ses souvenirs. Dès le départ, nous savons qu’il y a eu un procès et des meurtres. Lesquels ? Nous le découvrons seulement  à la fin. Par ses voyages, Melle Channing offre à Henry une vision de liberté. L’adolescent se sent étriqué dans sa vie et en vient même à détester peu à peu son père pour ses principes. Très vite, Mr Reed, professeur également,  et Melle Channing passent du temps ensemble. Mais Mr Reed est marié et père d’une fillette âgée de quatre ans.  Henry passe souvent  voir Melle Channing pour lui montrer ses dessins et il se propose d’aider Mr Reed à la construction de son bateau. Il devient le témoin, un acteur passif de la relation qui se noue entre eux et  pense de façon romanesque que Mr Reed et Mme Channing vont quitter Chatham et vivre leur amour. Il n’en sera rien.

Je m’étais imaginée une toute autre fin, peut-être plus spectaculaire car l’auteur distille au fil des chapitres des extraits du procès et surtout il nous « promet » des évènements tragiques. Et ce sera mon seul bémol car j’ai trouvé que qu’il y avait trop de ces répétitions qui néanmoins maintiennent le suspense mais alourdissent un peu l’ensemble. L’écriture est remarquable et ce livre est captivant par la psychologie des personnages et le contexte de l’époque qui sont très bien rendus! Tout au long de ma lecture, une question m’a taraudée : comment se fait-il qu’Henry qui aspirait à quitter Chatham y vive encore. La réponse est liée aux drames qui ont lieu ont brisé ses rêves d’adolescent laissant place à de l’amertume.

Une phrase me frappa à jamais : « La vie ne vaut d’être vécue qu’au bord de la folie ». Je me souviens qu’une exaltation farouche gonflait mon cœur à mesure que je lisais et relisais cette phrase dans ma chambre, et qu’il me semblait qu’elle illuminait tout ce que j’avais ressenti jusqu’alors. Aujourd’hui encore, je suis frappé de constater que nulles ténèbres n’avaient jamais surgi d’une flamme aussi vive. 

mercredi 27 juin 2012

Brigitte Aubert - Freaky fridays


Éditeur : Editions La Branche - Date de parution : janvier 2012 - 220 pages sans aucun temps mort !

Mamie Hélène est une tranquille sexagénaire qui arrondit ses fins de mois en confectionnant des gâteaux. En se rendant chez ses voisins les Devauchelle , elle est témoin du carnage de toute la famille. 

Ne vous fiez pas au portait tranquille de la retraitée qui manie avec dextérité le rouleau à pâtisserie ! Car Mamie Hélène est une ancienne professionnelle de la gâchette alors on ramasse vite fait la gaine Playtex, on enlève son tricot de corps Damart, on déchausse ses charentaises et en avant toute ! Mamie Hélène veut connaître la vérité sur le meurtre de la famille Devauchelle et quitte à reprendre du service, elle n'a peur de se mouiller.  Débordante de punch ( vous ne la trouverez  pas à somnoler dans son fauteuil l'après-midi devant une série télé ô combien passionnante), possédant un humour corrosif,  elle en fait voir de toutes les couleurs aux meurtriers de ses voisins. Magouilles, intérêts financiers et géopolitiques, les cadavres s'accumulent à Deauville.  

L'écriture de  Brigitte Aubert est vive et entraînante. On ne s’ennuie pas une seconde et malgré la (sur)dose d'actions,  je me suis bien amusée!

Il n'y avait pas de portillon électronique à l'entrée.Ils avaient pu donc rentrer enfouraillés. Pas avec les fusils ayant servi au massacre, certes, mais ils pouvaient avoir leur artillerie perso sur eux. Plus personne ne dit "enfouraillé", ma vieille, ça date. Tu es bonne pour faire du strip intégral aux Noëls des maisons de retraite.


Les billets de Cathulu, MyaRosa, Noann, Yv

mercredi 6 juin 2012

John Verdon - N'ouvre pas les yeux


Editeur : Grasset - Date de parution : Mai 2012 - 568 pages et un coup de cœur ! 

Jillian Perry est retrouvée décapitée dans la cabane du jardinier lors de la réception de son mariage avec le docteur Scott Ashton un brillant psychiatre. Le jardinier du Docteur Ashton d’origine mexicaine un certain  Hector Flores est introuvable et l’enquête piétine depuis quatre mois. La mère de Jillian demande à l’ancien inspecteur de police Gurney d’enquêter. Il se donne quinze jours pour faire la lumière sur ce meurtre.

Si j’avais eu un avis partagé sur 658 le premier livre de John Verdon et bien, j’ai été happée et captivée par celui-ci ! La jolie mariée était  loin d’avoir une personnalité simple. Décrite comme narcissique, à moitié folle et aux mœurs légères par sa propre mère, elle a connu son futur mari en tant que patiente. Scott Ashton dirige une clinique d’un genre un peu particulier où il s’occupe des abuseurs sexuels.  La cérémonie du mariage a été filmée mais sur aucune des vidéos, la fuite d’Hector Flores n’est visible. D’ailleurs, personne ne l'a jamais côtoyé hormis son patron et sa fiancée. D'après les dires du docteur Ashton, Hector Flores n'aimait pas Jillian. Gurney va reprendre l’enquête à zéro en n’omettant aucun détail. Je n'en dis pas plus sauf les surprises sont de taille et que ce thriller est réussi sur toute la ligne!

Ce livre est un vrai  plaisir car l’intrigue est menée de main de maître et axée sur la psychologie. Aucun temps  mort, aucune longueur et impossible de lâcher cette lecture une fois commencée ! J’ai tourné de plus en plus en  vite les pages pour connaître le dénouement final ! Un coup de cœur!


Le billet d'Isa

jeudi 31 mai 2012

Mons Kallentoft - Eté

Éditeur : Points - Date de parution : Mai 2012 - 447 pages et un polar bien ficelé !

A Linköping en Suède, alors que l'été est caniculaire une adolescente est retrouvée dans un parc. Choquée, nue et portant des plaies, ella a subi des violences et son corps  a été lavé soigneusement. Près d'un lac, le cadavre d'une jeune fille est découvert enterré dans le sable. La commissaire Malin Fors se charge de l'enquête.

Cet auteur est une découverte et j'ai été agréablement surprise par ce livre ! L'atmosphère de cet été où les températures battent tous les records est bien rendue par l'écriture aux phrases courtes de l'auteur. Dès le départ, cette chaleur poisseuse semble nous coller à la peau. La commissaire Malin Fors est humaine, elle a ses propres faiblesses mais c'est une femme déterminée.  Elle creuse toutes les pistes ne voulant écarter aucune possibilité car les analyses sont formelles : les deux jeunes filles ont bien été agressées par une seule et  même personne. Et là, on plonge dans un pays au visage différent de celui que l'on s'imagine généralement. Un pays où le racisme existe et où les préjugés sont nombreux. Le rythme sans être haletant m'a convenue car la tension s'installe au fil des pages et monte en crescendo. L'auteur fait parler la jeune file retrouvée morte ce qui ajoute une touche singulière à ce livre.

Pour conclure, un bon polar ! Par contre, une fois de plus, on évite la 4ème de couverture qui en dit beaucoup trop sous peine de  se priver de surprises!

De nombreux avis sur Babelio


jeudi 3 mai 2012

Wulf Dorn - L'interprétation des peurs


Éditeur : Le Cherche Midi - Date de parution : Mai 2012 - 417 pages terriblement efficaces!

En l’absence de Chris son compagnon , Ellen psychiatre tout comme lui dans le même établissement lui a promis de s’occuper du cas d’un nouveau patient. Une femme en état de choc qui lui confie avoir peur d’un homme, le croque-mitaine. La patiente n’en dit pas plus et disparaît de la clinique. Curieusement, toutes les traces de son admission ont été effacées et seule Ellen l’a vue. Quelques jours plus tard, un individu agresse Ellen et il lui lance une sorte de défi. Elle dispose de quarante-huit heures pour sauver la vie de cette patiente.

Quand sa patiente se volatilise, Ellen se pose des questions. Forcément car personne d'autre à la clinique n’a vu cette femme hormis elle et Chris. Or ce dernier est parti pour une dizaine de jours sur une île à l’autre bout de monde coupée de tout moyen de communication. Son confrère Mark ne la croit pas et lui suggère de prendre du repos. Mais Ellen est bien décidée à retrouver sa piste car pour elle cette femme est en danger. Peu de temps après, Ellen se fait agresser par un individu qui visiblement connait très bien ses habitudes. Son agresseur la lance sur un jeu de pistes effrayant qui va durer quarante-huit heures. Un véritable cauchemar ! Violences psychiatriques, terreurs... l’individu ne recule devant rien et  pousse Ellen dans ses propres retranchements là où les peurs enfouies sommeillent.
J’ai failli m’arracher les cheveux à plusieurs reprises car j’ai cru deviner qui se cachait derrière cette machination infernale. Mais je me suis trompée à chaque fois ! J’ai suivi le raisonnement d’Ellen et comme elle, j’ai eu tout faux. Sauf que je n’ai pas vu venir le fin mot de l’histoire. Terrifiant, glaçant à vous hérisser les poils des bras. J'ai été scotchée !

Dans ce livre, l’auteur nous mène aux confins de l’âme humaine.Un très, très bon thriller qui n'hésite pas à jouer avec nos nerfs !

Le chemin menant à ce qu'on appelle communément la folie n'est pas aussi long qu'on on pourrait le penser. Il suffit parfois d'un petit problème de communication entre quelques cellules cérébrales pour déclencher une catastrophe. 

dimanche 8 avril 2012

Terry Kay - Le kidnapping d'Aaron Greene

Éditeur : Le Cherche Midi - Date de parution : Avril 2012 - 538 pages et un avis mitigé.

Aaron Greene a pour travail la  distribution du courrier dans une banque.  Il s'agit d'une jeune homme effacé qui passe inaperçu. Kidnappé, ses ravisseurs demandent une rançon non pas à sa famille mais à son employeur.

Imaginez que des gens que vous ayez côtoyés pendant plusieurs mois ne se souviennent pas de votre visage ou même de votre nom. Imaginez que personne ne prête vraiment attention à votre présence. C’est le cas d’Aaron Greene. Sans dévoiler toute l’intrigue de ce livre, cet aspect joue dans son kidnapping.  Un enlèvement peu ordinaire car Aaron est traité aux petits soins dans une maison où tout est mis en œuvre pour qu’il se sente à l’aise. La rançon est demandée par le journaliste Cody Yates. Entendez par là que ses conversations ont été enregistrées pour donneur lieu à des montages audios. La banque refuse de payer la rançon et un vieil homme d’affaires riche décide de verser une somme importante pour la libération d’Aaaron incitant chacun à faire de même. Les médias se mêlent très vite à cette affaire qui passionne et partage l’opinion publique. 

Si ce thriller remplit sa fonction de « je tourne les pages à toute allure » avec de l’humour et une trame bien ficelée ( avec une mention spéciale pour le duo qui mène l’enquête), j'ai des bémols. Aaron m'est apparu  bien trop mou et l’épilogue m’a laissée sur ma faim.   

- Tu crois qu’il a pire sentiment au monde, Aaron ? Quand les gens te regardent sans te voir ? Je crois qu’il n’y a rien de plus douloureux et pourtant tout le monde le fait. Regarde par la fenêtre, Aaron. Regarde tous ces gens qui marchent  tête baissée sans regarder personne. Tu sais pourquoi ? Ce n’est pas vraiment parce qu’ils n’ont pas envie de voir les autres, mais parce qu’ils ont peur que personne ne les voie.

Les billets de Cuné et Keisha

dimanche 1 avril 2012

Peter May - L'homme de Lewis


Éditeur : Rouergue - Date de parution : Octobre 2011 - 315 pages et une plongée en apnée dans les îles Hébrides ! 

Suite à son divorce, Fin Macleod abandonne son travail de policier et rejoint sa terre natale l’Ile de Lewis. Sur l’ile, un cadavre est retrouvé,  protégé depuis cinquante ans par les tourbières. Les analyses d’ADN démontrent qu’il est un membre de la famille de Tromod Macdonald. Mais, Tromod n’a jamais eu officiellement de frère ou de cousin et il devient le suspect principal. Atteint d’Alzheimer, il s’enfonce dans son passé mais ne dit rien sur ses souvenirs d’enfance et d’adolescence, époque à laquelle a eu lieu l’assassinat de l’homme des tourbières.

Amoureux des landes et des paysages Ecossais, ce livre est pour vous ! Fin est revenu sur l’Ile de Lewis sans projet particulier : retaper la maison de ses parents et s’y installer. Son couple n’a pas survécu à la mort de leur unique enfant. L’Ile de Lewis représente pour lui la quête d’un nouveau départ même s’il ne tarde pas à croiser Marsaili, la fille de Tromod qui était son grand amour de jeunesse.  Lors de  la découverte du cadavre conservé dans les tourbières, il ne peut pas rester les bras croisés. Tromod est impliqué d’une façon ou d’un autre dans ce crime. Fin veut faire la lumière sur ce meurtre et trouver qui est vraiment Tromod.En parallèle de l’enquête, on plonge dans les souvenirs de Tromod. Des souvenirs durs, douloureux qui nous dévoilent l’histoire des "Homers". Ces orphelins de confession catholiques étaient placés dans des familles sur les îles Hébrides et utilisés comme main d’œuvre bon marché. Je n 'en dis pas plus!

Le personnage de Tromod, son histoire, sa confusion  du passé et du présent sont très bien rendus ! L’écriture rend hommage à la cette nature puissante et sauvage avec des descriptions magnifiques. J’ai eu la gorge serrée en découvrant le sort des Homers. Par contre, j’ai trouvé l’enquête en elle-même moins intéressante. Trop de coïncidences à mon goût permettent à Fin de la résoudre.

Chez lui ? Etait-ce vraiment son "chez-lui" maintenant, s’interrogea-t-il. Ce coin de terre ravagé par le vent où diverses factions ennemies, nées de cette religion protestante impitoyable, dominaient la vie de tous. Où hommes et femmes passaient leurs vies à lutter pour réussir à vivre de cette terre, ou la mer, exploités pendant les périodes de crise par les entreprises qui s'installaient puis repartaient quand les subventions étaient épuisées, laissant derrière elle les témoignages délabrés et  rouillés de leur échec.

Et un livre de plus pour la 10ème édition du prix des Lecteurs du Télégramme.


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