Éditeur : Le Rouergue - Date de parution : Mars 2015 - 252 pages lues d'une traite !
Rien ne laissait présager que ce dernier vendredi avant les vacances de février allait devenir une journée effroyable au collège Rosa Parks à Marseille. Bien sûr, les virus de saison avaient fait des malades mais rien de grave ou d'alarmant. Sauf que trois élèves en début de matinée qui présentaient des symptômes comme un saignement de nez meurent dans des conditions atroces.
Et tout se déroule très vite. Guillaume Guéraud excelle à se mettre dans la peau de ces adolescents d'abord incrédules puis paniqués. Car la situation ne va pas en s'améliorant. Les élèves tombent comme des mouches. A midi, on compte trois cents morts parmi les élèves, le personnel du collège, les pompiers et les équipes médicales dépêchées sur place . Et on est plongé dans une abomination de morts et d'agonies horribles. Médecins et pompiers s'affairent. Un périmètre de sécurité est établi autour du collège et interdiction de sortir pour qui que ce soit. Le collège est placé en quarantaine, les parents totalement affolés veulent des informations alors qu'une équipe médicale découvre qu'il s'agit d'un virus inconnu. Outre ce qui se passe au collège, le récit est émaillé par les flashs infos, par les conversations téléphoniques du directeur, des médecins. Ainsi que les ordres du préfet et deux visions de la situation s'entrechoquent.
Guillaume Guéraud nous dépeint avec psychologie qui se passe dans le tête de ces adolescents. Emmurés dans une terreur paralysante ou espérant trouver une solution pour s'en sortir. Sauf que quelques collégiens ont décidé de s'enfuir. Je n'en dis pas plus !
Ames sensibles s'abstenir car cette hécatombe est décrite avec beaucoup de détails. Ca clashe, ça remue, la tension palpable va en crescendo tout au long du roman. Et cerise sur le gâteau, la fin laisse planer un suspense qui fait froid dans le dos...
Un roman lu d'une traite car j'étais ferrée !
Par contre, je pense que ce livre conviendrait à un public plus âgé que 14 ans.
Même les grandes gueules s'effondraient sans un bruit. Grandes ouvertes sur le silence. Telles de simples masques de carnaval. Grimaçants et muets.
Le billet de Moka
Lu de cet auteur : Anka- Baignade surveillée
Affichage des articles dont le libellé est Roman/nouvelles... littérature dite pour les Ados (mais à lire sans limite d'âge). Afficher tous les articles
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mardi 10 mars 2015
lundi 30 décembre 2013
Jenny Valentine - La double vie de Cassiel Roadnight
Éditeur : Ecole des loisirs - Traduit de l'anglais par Diane Ménard - Date de parution : Septembre 2013 - 277 pages dévorées !
Chap est dans un foyer pour jeunes paumés où il refuse de donner son nom. Sa vie a basculé un 5 novembre, le jour où il a perdu à ses yeux toute identité. Les responsable du centre lui présente la photo de Cassiel Roadnight un adolescent dont la famille est sans nouvelle depuis deux ans. Les deux garçons se ressemblent à tel point que Chap décide de mentir et de dire qu’il est Cassiel.
Très vite, Chap comprend qu'il s'est mis dans une drôle de situation et il a peur que la véritable famille de Cassiel ne découvre la supercherie. Mais sa nouvelle famille est émue et heureuse du retour de Cassiel. Chap doit jouer un rôle, anticiper des questions et surtout comprendre pourquoi le véritable Cassiel a disparu. Car dans la famille Roadnight, il y a des tensions, des zones floues. Ce roman, vous le comprenez, prend très vite l’allure d’un thriller où l’on découvre la vie de Chap et celle de Cassiel. Et c’est totalement réussi ! J’ai tourné les pages avec frénésie et un taux d’adrénaline conséquent car Jenny Valentine distille à petites doses les informations et une pression grandissante.
Un roman très bien orchestré sur l’identité, la famille et les liens entre individus où cerise sur le gâteau la littérature a sa place ! Juste un petit bémol pour la fin mais qui est largement compensée par l'ensemble.
Chap est dans un foyer pour jeunes paumés où il refuse de donner son nom. Sa vie a basculé un 5 novembre, le jour où il a perdu à ses yeux toute identité. Les responsable du centre lui présente la photo de Cassiel Roadnight un adolescent dont la famille est sans nouvelle depuis deux ans. Les deux garçons se ressemblent à tel point que Chap décide de mentir et de dire qu’il est Cassiel.
Très vite, Chap comprend qu'il s'est mis dans une drôle de situation et il a peur que la véritable famille de Cassiel ne découvre la supercherie. Mais sa nouvelle famille est émue et heureuse du retour de Cassiel. Chap doit jouer un rôle, anticiper des questions et surtout comprendre pourquoi le véritable Cassiel a disparu. Car dans la famille Roadnight, il y a des tensions, des zones floues. Ce roman, vous le comprenez, prend très vite l’allure d’un thriller où l’on découvre la vie de Chap et celle de Cassiel. Et c’est totalement réussi ! J’ai tourné les pages avec frénésie et un taux d’adrénaline conséquent car Jenny Valentine distille à petites doses les informations et une pression grandissante.
Un roman très bien orchestré sur l’identité, la famille et les liens entre individus où cerise sur le gâteau la littérature a sa place ! Juste un petit bémol pour la fin mais qui est largement compensée par l'ensemble.
mercredi 18 décembre 2013
Stéphane Servant - Le cœur des louves
Éditeur : Le Rouergue- Date de parution : Août 2013 - 542 pages denses, creusées et hypnotiques !
Célia est arrivée la première au village où a vécu sa grand-mère. Elle-même y venait passer ses vacances d’été avec ses parents puis seule avec sa mère. Aujourd’hui, l’adolescente y met les pas non pour quelques jours mais pour beaucoup plus longtemps. Sa mère Catherine romancière dont les heures de gloire sont loin derrière elle lui a imposé ce choix pour toutes les deux. Au village coincé entre les montagnes, personne ne voit d’un bon œil la venue de ces étrangères.
Tina la grand-mère de Célia n’était pas aimée des villageois qui la traitaient de sorcière. Pourtant, ils venaient chez elle et Tina les recevait dans sa chambre pour les soigner. Le retour de Célia et de Catherine réveille de vieilles histoires que personne n’a envie de voir éclater au grand‘jour. Des histoires ancrées de superstition. Célia s’occupe de Catherine qui a cessé de jouer son rôle de mère. Son père est parti depuis des années, Catherine rongée par l’angoisse de la page blanche vit dans un monde d’alcool et de relations éphémères. Célia retrouve Alice avec qui elle jouait enfant. Alice mystérieuse dont le père à la main leste. Alice l’initie à la forêt, au plaisir d’être libre dans la nature, de se sentir forte comme une louve. Des animaux synonymes d'hantise pour ces villageois.
Mais ce roman parle aussi de la peur qui pousse l’homme, qui l’accule à commettre les actions les plus viles et les plus empreintes de lâcheté, des femmes qui se sont battues pour marcher la tête haute. Et on est ferré par l’écriture de Stéphane Servant qui intercale le récit de Célia, jeune fille perdue, en proie aux doutes et à la rébellion et celui de Tina à vingt ans.
Au fil des pages, l’histoire prend de l’ampleur, creuse les personnages entre la réalité et les secrets enfouis. Les faiblesses, la peur de l’étranger, le racisme, le pouvoir de l’argent, la solidarité, la condition féminine, l’amitié, le poids des mots tus ou accusateurs et ce village d’où rien ne doit sortir jalonnent ce livre qui recèle bien des surprises !
Un vrai roman dense, fouillé, envoûtant et hypnotique ! J’ai été valdinguée par tous les sentiments présents : l'injustice, la souffrance, l'amour, l'amitié mais aussi le pardon. Pour en revenir à l'écriture de Stéphane Servant, elle prend aux tripes comme elle sait se faire poétique. A lire à partir de 16 ans et sans limite d’âge….
dimanche 8 décembre 2013
Hubert Ben Kemoun - Les hasards sont assassins
Éditeur : Pocket Jeunesse - Date de parution : Mai 2013 - 187 pages dévorées!
Stanislas de Saint Avril fils unique n'a qu'une ambition : rentrer dans la police. Refusé, sa fierté d'égocentrique prend une claque et il ne comprend pas pourquoi. Lui qui a si "brillamment" passé les épreuves ne voit qu'une possibilité qui a pu motiver cette décision. Le psy qui qui lui a posé des questions est le coupable. Alors, Stanislas va faire justice lui-même pour réparer cette erreur. Il se rend au cabinet du psy et lui demande de modifier son rapport. Mais ce dernier refuse et s'en suit un premier meurtre pour Stanislas. Fabrice, treize ans, est un adolescent comme tant d'autres. Ranger sa chambre, passer du temps avec ses parents ne sont ses priorités. Il est invité à un fête qui tombe le jour d'un mariage. Ses parents ne veulent pas céder : il les accompagnent c'est tout.
Le hasard fait que la route de Stanislas et de Fabrice vont se croiser. Le hasard que l'on ne maitrise pas, une idée idiote de la part d'un adolescent pour punir ses parents de ne pas pouvoir aller à une fête, un psychopathe qui se prend pour un justicier et la vengeance qui peut mener loin, très loin.
Je n'en dirai pas plu sur ce livre que j'ai dévoré ! Une construction qui alimente un vrai suspense, une écriture qui colle aux personnages avec des conséquences à effet domino sans guimauve et qui démontrent ô combien certains actes ont de très lourds impacts. Terrible, scotchant ! Par contre, ce roman est indiqué à partir de 12 ans et honnêtement, je le conseille pour des ados de 14 ou 15 ans minimum.
Lu dans le cadre de la masse critique jeunesse Babelio
mardi 11 juin 2013
Jean-Claude Mourlevat - Silhouette
Éditeur : Gallimard Jeunesse - Date de parution : Janvier 2013 - 221 pages et 10 nouvelles que je ne suis pas prête d'oublier..
Le nom de Jean-Claude Mourlevat pour en avoir lu le plus grand bien sur les blogs. Récemment un lecteur de mon blog m’a conseillé par mail de le lire. Hasard des circonstances (que l’on remercie après coup), Theoma et Lucie venaient de publier des billets qui m'avaient mis l'eau à la bouche, Charlotte faisait du ménage de printemps dans sa biblio et j’ai eu dans les mains ce livre.
Et je suis scotchée !
La première nouvelle commence fort, très fort. Une mère de famille apprend qu’un film avec son acteur fétiche aura lieu près de chez elle et ils recherchent des figurants. Elle écrit, passe un mini-casting et est retenue ! Cerise sur le gâteau, elle apparaîtra avec l’acteur lors d’une scène. Famille, amis, collègues de travail tous sont au courant et le jour de la sortie du film, ils sont aussi impatients qu’elle. La suite est cruelle. Un uppercut direct. Le ton est donné.
Jean-Claude Mourlevat s’intéresse à des personnes de la vie ordinaire, pas des supers héros non bien contraire, des personnes comme vous ou moi avec des qualités, des défauts et des faiblesses. Il introduit très habilement un grain de sable ou de sel dans leur vie. On est suspendu aux lignes car la chute est un couperet. Pas de l’invraisemblable mais des chutes qui rentrent dans le domaine du possible. Et ça fait mal, ça vrille le cœur car la nature humaine n’est pas si belle que ça.
L’auteur nous le rappelle dans chacune de ces nouvelles avec brio. Une écriture qui nous prend par la main, des textes forts, marquants qui laissent ce goût particulier de l’injustice et de la férocité humaine.
A découvrir absolument !
vendredi 31 mai 2013
N.M. Zimmermann - Sous l'eau qui dort
Éditeur : Ecole des Loisirs - Date de parution : Mai 2013 - 441 pages fichtrement géniales !
Dentown pourrait être une petite ville comme tant d’ autres avec son usine détenue par la riche famille Constantine. Au lycée, certaines filles comme Claudia sont populaires et attirent tous les garçons. Gabriel Constantine frime dans sa voiture de sport tandis que John prend le bus. John qui est effacé, timide et est le souffre-douleur des autres lycéens. Mais Dewtonw possède son lac où il y a déjà eu plusieurs noyades : une adolescente, un petit garçon... Un endroit où personne n’ose s’aventurer car près de là, vivent deux femmes et une fillette Grace surnommées les sorcières. Un homme maltraité par sa femme, une étrange maladie qui contamine peu à peu les habitants, des changements vont s’opérer et modifier des existences.
Qu’est-ce que ce roman est génial ! Surtout ne lisez pas la la quatrième de couverture qui, je trouve, en dit un peu trop. Chaque chapitre met l’accent sur l’un des personnages Claudia, John, Gabriel, Grace mais aussi le médecin, un professeur et d’autres encore. Et l’on suit l’histoire qui va toucher l’ensemble de la ville à travers les pensées, les rêves mais aussi les actes de chacun. Le lac a la réputation d’être maudit mais certains vœux peuvent y être exaucés. Sauf que la contrepartie n’est jamais gratuite. Quand une maladie étrange touche des habitants, le médecin sait que l’heure est venue pour chacun de rendre des comptes.
Je n’en dirai pas plus mais j’ai dévoré ce livre ! ll y a une part de fantastique ( oui, vous avez bien lu et c'est la première fois sur ce blog que vous voyez ce mot!) mais elle est est amenée à la façon des contes ou des légendes et elle s'insère parfaitement dans l'ensemble !
Un livre intelligent sur l’envie, la jalousie, l’exclusion, les différences, le phénomène de groupes. Cerise sur le gâteau, il est drôlement bien écrit !
J’en redemande ( tout comme Fifille number Two) !
dimanche 28 avril 2013
Claire Castillon - Tous les matins depuis hier
Éditeur : Ecole des loisirs - Date de parution : Mars 2013 - 180 pages drôles, fraîches et criantes de vérité !
Manon bientôt 10 ans est fan, archi fan, de la chanteuse Cindy Pacosa dont les posters tapissent sa chambre. Fille unique, elle partage sa passion avec sa meilleure amie. Ses parents surtout sa mère la couvent et Manon ne le supporte plus. Elle a toujours un pied dans l’enfance et un autre dans l’adolescence ( elle réclame plus de liberté). Manon pour qui les garçons étaient inintéressants ou stupides (ou les deux à la fois) va croiser dans le bus scolaire un grand (c’est-à-dire un sixième) et son petit cœur va fondre…
Il s’agit du premier roman pour la jeunesse que Claire Castillon écrit et c’est une grande réussite ! Non seulement elle se glisse avec aisance dans la peau de Manon mais excelle aussi dans la description des parents. Les situations sont criantes de vérités et une fois de plus je me suis reconnue (que voulez-vous, j’ai l’attitude de la mère qui énerve systématiquement sa progéniture). Une mère qui papote avec les commerçants ou qui avant d’acheter des vêtements détaille l’étiquette pour le lavage et qui aime savoir ce que font ses enfants. En somme, j’ai apporté la honte totale à mes fifilles qui soufflaient et me lançaient des regards noirs.
Comme il s’agit de Claire Castillon, elle joue avec les mots et nous offre des dialogues truculents tout en décryptant si bien cet âge entre deux. Manon est une fille vive qui fait preuve de détermination, d'humour, et qui porte un regard tendre ou ironique sur ce qui l'entoure. Et à dix ans, on change d’avis facilement, on aimerait quelquefois retrouver l’insouciance de l’enfance mais grandir quand même et surtout très vite.
Frais, rythmé, drôle et tendre, ce livre est à ne pas bouder !
Il faut flatter les stars pour qu'elles durent. Elles sont comme les camélias, a dit Cindy Pacosa, elles dépérissent si on ne s'en occupe pas.
Je n'arrive même pas à savoir si je suis jolie. Mes parents me l'assurent, mais j'ai remarqué que les parents balancent rarement à leur enfant : "T'es moche".
Il s’agit du premier roman pour la jeunesse que Claire Castillon écrit et c’est une grande réussite ! Non seulement elle se glisse avec aisance dans la peau de Manon mais excelle aussi dans la description des parents. Les situations sont criantes de vérités et une fois de plus je me suis reconnue (que voulez-vous, j’ai l’attitude de la mère qui énerve systématiquement sa progéniture). Une mère qui papote avec les commerçants ou qui avant d’acheter des vêtements détaille l’étiquette pour le lavage et qui aime savoir ce que font ses enfants. En somme, j’ai apporté la honte totale à mes fifilles qui soufflaient et me lançaient des regards noirs.
Comme il s’agit de Claire Castillon, elle joue avec les mots et nous offre des dialogues truculents tout en décryptant si bien cet âge entre deux. Manon est une fille vive qui fait preuve de détermination, d'humour, et qui porte un regard tendre ou ironique sur ce qui l'entoure. Et à dix ans, on change d’avis facilement, on aimerait quelquefois retrouver l’insouciance de l’enfance mais grandir quand même et surtout très vite.
Frais, rythmé, drôle et tendre, ce livre est à ne pas bouder !
Il faut flatter les stars pour qu'elles durent. Elles sont comme les camélias, a dit Cindy Pacosa, elles dépérissent si on ne s'en occupe pas.
Je n'arrive même pas à savoir si je suis jolie. Mes parents me l'assurent, mais j'ai remarqué que les parents balancent rarement à leur enfant : "T'es moche".
mardi 16 avril 2013
John Green - Nos étoiles contraires
Éditeur : Nathan - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Catherine Gibert - Date de parution : Février 2013 - 331 pages très, très émouvantes !
Hazel seize ans un cancer de la thyroïde. Depuis ses poumons sont mal en point en point d'où une bonbonne d'oxygène en permanence. Sur l'insistance de sa mère, elle se rend une fois par semaine à un groupe de soutien pour cancéreux. Mais Hazel n'est pas dupe et voit la réalité en face. Lors d'une séance du groupe, elle rencontre Augustus dont la jambe a dû être amputée.
Sur la blogo, ce livre a contribué à l'augmentation de la consommation de mouchoirs et a été pour beaucoup un coup de cœur. Une fois l'objet entre les mains, j'ai lu un éloge plus que dithyrambique sur la quatrième de couverture " ça frôle le génie". Bon, je n'irai pas jusque là....
Même si on devine qu'entre Hazel et Augustus qu'une histoire d'amour va naître, même si on sait que le livre ne finira pas par « ils se marièrent, eurent une ribambelle d'enfants et vécurent longtemps », un arc-en-ciel d'émotions est eu rendez-vous.
Avec Hazel, on se prend en pleine figure le cancer mais c'est surtout sa lucidité qui fait mal. Sa mère a arrêté de travailler pour s'occuper d'elle, son traitement a un coût financier non négligeable et elle sait qu'elle est condamnée. Ironique pour tromper la peur, sous sa carapace blindée Hazel se protège et cache sa sensibilité. Et il y a sa rencontre avec Augustus, un garçon qui tombe amoureux d'elle.
Je n'en dirai pas plus sauf j'ai souri, j'ai été balayée d'émotions et que je l'ai refermé la gorge serrée. Deux adolescents qui ont grandi trop vite à cause de la maladie, un roman lumineux où la lecture a un rôle et où la vie, l'amour sous toutes ses formes scintille !
John Green évite le pathos et le ton est juste. Des personnages criants de vérité et attachants (y compris les parents et Isaac du groupe de soutien).
Cette belle leçon de vie ne peut laisser personne indifférent !
Les billets de Bladelor, Hérisson, Jérôme, La Fée Boudonnaise, Lasardine, Leiloona, Liyah, Mélo, Noukette, Sandrine, Stéphie, Un autre endroit pour lire...
Un grand merci à celle qui m' a prêtée ce livre !
vendredi 21 décembre 2012
De grandes espérances de Charles Dickens adapté par Marie-Aude Murail et illustré par Philippe Dumas
Éditeur : Ecole des Loisirs - Date de parution : Novembre 2012 - 525 pages dévorées et aimées !
Philip Pirrip dit Pip orphelin depuis sa naissance est élevée par sa sœur. Sévère et acariâtre, elle conte à qui veut l’entendre de l’avoir élevé à « la main » et aime se faire plaindre. Pip est une contrainte pour elle, heureusement son mari Joe forgeron a beaucoup de tendresse pour le jeune garçon. Une vraie complicité les unit et Pip n’a aucun secret pour lui. Alors que le jeune garçon est au cimetière où reposent ses parents, il rencontre un forçat évadé de prison qui l’oblige à voler des vivres et une lime sans ne dire mot à quiconque sous peine de terribles représailles. Pip obéit et n'en parle à personne.
Sa vie revêt un tournant différent lorsque miss Havisham une dame âgée et riche l’invite à venir le distraire. Il rencontre sa fille adoptive Estella. Belle mais hautaine. En grandissant, Pip se rend compte de sa pauvreté, de son manque d'éducation et nourrit secrètement l’ambition de changer le cours de son destin. Bien qu’il semble content de travailler en tant qu’apprenti avec Joe, il apprend à lire et à écrire grâce à Biddy une jeune fille au grand cœur.
Quand un homme de loi de Londres se présente chez sa sœur avec une proposition étonnante, il peut se permettre de nourrir de grandes espérances. Car un bienfaiteur inconnu dont il ne doit pas chercher à connaître le nom désire parfaire son éducation et à en faire un véritable gentleman. Pip quitte sa sœur, Joe et commence une tout autre vie. Son rêve se réalise enfin mais tout n’est pas si rose que prévu. Ses rencontres, sa nouvelle condition l’amèneront à découvrir les facettes humaines. Je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoiler tout le sel de ce roman et les aventures de Pip !
Les personnages sont hauts en couleurs, fouillés, dépeints avec leurs défauts et qualités, la métamorphose de Pip ne manque pas de surprises.
Est-ce que sa complicité demeura intacte avec Joe, aura t-il honte de ses modestes origines?
L’enfant naïf est bien loin et sa personnalité évolue dans un milieu où l’hypocrisie, la jalousie et le pouvoir de l’argent dominent.
J’ai lu ce roman avec un grand plaisir ! Marie-Aude Murail a allégé subtilement et intelligemment le texte de Dickens afin de le rendre accessible à un lectorat plus jeune mais sans le dénaturer. Un magnifique hommage à cet auteur car elle a su garder l’ambiance et le style d’origine! Le récit est jalonné par les illustrations de Philippe Dumas qui renforcent les émotions. Une belle lecture qui comblera plus d’un lecteur (de 13 ans à 109 ans) !
Qu'il me soit permis de confesser sans quel état d'esprit j'attendis l'arrivée de Joe. Ce n'était pas exactement avec plaisir. Non, v'était avec un gêne considérable et un vif sentiment de ridicule. Si j'avais pu payer pour l'empêcher de venir, je l'aurais fait. Ma seule consolation, c'était qu'il allait débarquer à l'Hôtel Barnard, et non à Hammersmith. Peu l'importait qu'Herbert vît Joe, car je l'estimais. Mais j'étais d'une nervosité extrême à la pensée qu'il pourrait être vu par Drummle. C'est ainsi que, dans la vie, nous commettons nos pires bassesses pour des gens que nous méprisons.
Le billet de Nadael
vendredi 9 novembre 2012
Ahmed Kalouaz - Mon cœur dans les rapides
Éditeur : Rouergue - Date de parution : Novembre 2012 - 137 belles pages !
Pendant les vacances scolaires
de sa dernière année de collège, Juliette part dix jours en camp de canoë en Ardèche pas très loin de chez
elle. Au dernier moment, une copine à elle Léa s’inscrit également. Agée de quinze ans, les garçons sont loin d’être la préoccupation de Juliette et
pourtant…
La fin du collège marque des changements pour les adolescents : l’entrée au lycée en septembre, l’orientation scolaire qui se profile. Pour Juliette ces vacances d’été sont l’occasion de souffler un peu et de partir en camp. Elle et sa sœur sont des habituées des séjours à thèmes sportifs. Léa qui l’accompagne est un peu son opposée : extravertie et surtout elle collectionne les petits amis, des relations éphémères qui lui conviennent. Au village où se situe le camp, elle croise plusieurs fois Nicolas souvent perdu dans ses pensées. Un adolescent qui préfère la solitude à la compagnie des autres. Peu bavard, il aime écrire des poèmes sur des galets qu’il dépose dans la nature. Des cadeaux pour ceux qui les trouvent. Juliette a le cœur qui bat la chamade quand elle le voit et tous les deux vont vivre leur premier amour entourés des poèmes d’Apollinaire et des gorges de l’Ardèche. Dix jours où une métamorphose s'opère. Magique et belle.
Ahmed Kalouaz signe encore un excellent livre. Fort, intelligent et sensible. Comme pour une partition de musique, il décroche des mots justes sur les sentiments, les premiers émois des adolescents.
Le tout avec pudeur et où rien n’est brusqué. Premiers pas maladroits ou hésitants, premier baiser échangé,
premières caresses. Pas de guimauve mais la poésie du
style de l’auteur. Avec subtilité, il laisse le soin à chacun d'imaginer jusqu'où va la relation (physique) entre les deux jeunes amoureux.
Un livre lu et recommandé
également par fifille en classe de
troisième qui comme moi a succombé à l’écriture d’Ahmed Kalouaz dont je suis fan. Et comme je suis une grande sentimentale, je suis contente de lire que le premier amour est une relation qui a de l'importance...
J’entends, dans un souffle, l’enfance passer, et ses murmures
dans mon cou me parcourir le corps. Des mots pour voguer sur la voie lactée qui s’allume au-dessus
de nos têtes. Je ne connais pas ce silence, après la furie de nos doigts tremblants
et gauches, nos souffles redevenus réguliers, et cette larme sur ma joue.
mardi 23 octobre 2012
Irène Cohen-Janca - Demander l'impossible.com
Éditeur : Rouergue - Date de parution : Septembre 2012 - 229 pages très bien menées !
Antonin seize ans est un ado sans problème. Un
garçon avec de l’humour et qui trouve ses parents un peu trop englués dans la
conformité. Sa sœur Emma est la fille "parfaite", très exigeante avec elle-même. De trop d’ailleurs.
Antonin est un adolescent classique : une petite copine pour la première fois, un meilleur ami, le collège et qui surfe sur les
réseaux sociaux mais sans y étaler sa vie. Il aime bien son oncle Max
qui a toujours aux lèvres des slogans de
Mai 68 et une vision du monde différente de celle de ses parents. D'ailleurs, sa mère
ne l’apprécie pas trop. Pour elle, son beau-frère devrait avoir depuis
longtemps une vie rangée (comme eux). Les
parents d’Antonin ont une vie bien huilée et quand Emma commence à maigrir de façon inquiétante, ils ne voient rien. Emma, 18 ans, brillante et excellente, loin d'être un fille influençable par les apparences. Pourtant,
leur mère est psychologue et lorsqu'Antonin tire la sonnette d’alarme, ils ne vont
pas comprendre. Pas tout de suite. Leur prise de conscience de l'anorexie d’Emma va être un électrochoc. Entre temps, Léa a quitté Antonin et le clochard qui s'est installé sur le
trottoir d’en face de leur maison est toujours là. Un
clochard qui intrigue Antonin.
Voici un livre en parfaite adéquation avec
son temps et qui est très bien mené! Antonin est le narrateur et ses impressions, ses rêves, ses
questions, son humour et sa vie sont très bien rendus ! J’ai vraiment eu l’impression
de lire ce qu’un ado aurait pu écrire.
mercredi 19 septembre 2012
Anne Percin - Comment devenir une rock star (ou pas)
Éditeur : Rouergue - Date de parution : Septembre 2012 - 322 pages et un bon moment de lecture!
O toi lecteur, souviens-toi, nous avions
laissé Maxime entre les mains de la douane et sa douce dulcinée, Natacha partait toute seule à en vacances à Londres. Une amende, un tour au commissariat
de police et Max n’a pas trop le cœur de
rentrer chez ses parents (on peut le comprendre). Dans son carnet il retrouve le numéro de téléphone de son tonton
Christian (le frère son père qu’il avait rencontré suite à l’infarctus de Mamie
Lisette). Et voilà que Max s’installe avec une petite
appréhension quelques jours chez tonton à Creil. Il faut dire que Christian au chômage, vivant
dans son minuscule studio et n’ayant pas de vie sociale peut effrayer par son aspect
légèrement déprimé. Mais si le tonton apparait comme un perdant ou un raté, il
est un guitariste hors pair doté de l’oreille absolue et pour qui sa Finder (sa guitare) est un objet sacré.
Voilà commence la suite de the life de
Maxime. Bien entendu, on ne change pas l’équipe
et on retrouve Kevin, Alex, le policer du Kremlin-Bicêtre qui avait terrorisé Max et Mamie Lisette. Un nouveau personnage Julius haut
en couleurs fait son apparition. Et Max dans tout ça ? Il a son bac à préparer sans compter l’examen pour
intégrer Sciences Po. Et surtout il va
former un groupe de musique. Un vrai qui s’éclate quand il joue et où quand
on entend les premières notes de basse accompagnées de batterie, on est transcendé de la tête aux
pieds par la foi de la musique (le bonheur!). Mais avant,
l’amour le fera souffrir,il deviendra
presque accro à la philo ( si !), et en apprendra davantage sur sa famille. Et surtout il grandit car comme dit Mamie
Lisette on ne grandit pas tout seul et cette Mamie, je donnerai
cher pour la connaître. Car imaginez une Mamie qui vous laisse son sous-sol
pour faire de la musique, qui accueille vos nouveaux amis sans jamais avoir de
préjugés, qui ne ronchonne pas parce que vous faite des crêpes pour six ou
sept personnes. Non Mamie Lisette ne fume
pas la moquette comme son fils Christian
mais elle est tolérante. Et cet adjectif
revient dans ce livre sans être cité. Le groupe de Rock de
Max est avant tout l'aventure de quatre personnes qui n’ont rien en commun hormis leur passion
pour la musique. Des personnes très humaines venant de différents milieux et
horizons.
Je ne vous en raconterai pas
plus sauf que Max occupe son nouvel an d’une
façon complètement loufoque (j’ai rigolé !), que j'ai soupiré de regrets d’avoir laissé les CD
remplacer mes vinyles (et oui, la bêtise n’a pas d'âge) ou de joie à la lecture de certains noms de groupe (mes goûts musicaux ne s’arrêtant pas à Miossec et à Bashung pour ceux qui en doutaient).
Seuls petits bémols : j’ai quelquefois buté sur le langage djeuns, l’humour et les réflexions de Kevin flirtent
souvent avec le vulgaire. Et comme ils sont meilleurs amis, Kevin a un peu
déteint sur Max. Mais, avec son groupe, il retrouve sa marque de fabrique et il
acquiert une ouverture d’esprit !
Ce troisième tome (la suite de comment (bien) rater ses vacances,
comment (bien) gérer sa love story) comporte beaucoup de références musicales (une bible!), de l'humour, des situations (complètement) délirantes et ce changement perceptible à l'adolescence qui s'appelle la maturité! Un bon moment de lecture !


samedi 4 août 2012
Ruta Sepetys - Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre
Éditeur : Gallimard Jeunesse - Date de parution : 2011 - 424 pages et une alchimie qui ne s'est pas produite...
1941. Les troupes de Staline envahissent la Lituanie. Lina âgée de 15 ans est arrêtée avec sa mère et son jeune frère par la NKVD. Ils se retrouvent avec d’autres personnes dans des wagons à bestiaux pour un long parcours qui
les mène en Sibérie. Tous ont leur nom inscrit sur une liste. Une liste de personnes susceptibles d’être
dangereuses selon les renseignements soviétiques. Lina se demande pourquoi et
surtout ce qu’il est arrivé à son
père professeur à l’université.
Ce retrace une période de l’histoire peu ou mal connue : l'envahissement
de certains pays comme la Lituanie par les Soviétiques durant la Seconde Guerre Mondiale. Les opposants lituaniens ou représentant
une forme de menace étaient déportés en Sibérie via des trains. Ces transports par voie ferrée ne sont pas sans rappeler ceux utilisés par les nazis. Des personnes entassées
dans des wagons à bestiaux et réduits à
la promiscuité où les plus faibles dépérissent. En Sibérie, les kolkhozes les attendent, ces
camps où des heures de travail sont
obligatoires pour un quignon de pain. Lina se raccroche à sa passion du dessin pour ne pas sombrer face
à la peur et à l’humiliation. Des conditions de détention inhumaines, révoltantes
mais où la solidarité est présente. Animée par l’espoir de retrouver son père
vivant, Léna endure le pire.
Malgré les
qualités indéniables de ce roman, je suis restée en dehors de cette
lecture. Je ne décide pas si l’alchimie
se produit ou non, et ce livre n’a pas su me toucher. Pourquoi ? Je n’ai pas d’explication.
Le billet de Valérie (qui comme moi n’a pas
été pas sensible) et dont le billet renvoie
à de nombreux liens tous positifs. Donc ne vous fiez pas à mon avis...
mercredi 11 juillet 2012
Guillaume Guéraud - Anka
Éditeur : Rouergue (collection Doado noir) - Date de parution : Janvier 2012 - 108 pages et une grande claque!
Quand des policiers annoncent à Marco que sa mère est décédée, il ne comprend pas. Sa mère est bien vivante pourtant Madame Fontan épouse de Thomas Fontan, âgée de vingt neuf ans, d’origine roumaine a été retrouvée morte dans un parc public.
La mère de Marco était au courant de cet arrangement déguisé en mariage. Son père ne menait pas une double vie mais dix ans plus tôt Anka avait représenté un petit coup de pouce financier. 1 500 euros en signant un bout de papier à la mairie. Personne ne dit rien, ni vu ni connu. Les parents de Marco continuaient leur vie tranquille et la mariée avait ses papiers officiels en France. Mais Anka est décédée. Toute seule et de tuberculose dans un parc public à Marseille. Et si personne ne semble s’indigner ou à peine évoquer quelques remords très vite oubliés, Marco lui veut comprendre. Comment, pourquoi l’impossible et l’inacceptable peuvent être rendus anodins. Un adolescent qui cherche, trouve et encaisse les découvertes comme des uppercuts jusqu’à un point de non retour. Celui du trop plein. Et ça clashe. Pour lui comme pour le lecteur.
Avec des phrases courtes et sèches, Guillaume Guéraud laisse son lecteur suspendu à ses mots. La tension s’installe très rapidement et j’ai tourné les pages avec une sensation de malaise grandissant. Comme Marco, j’ai été interpellée, écœurée, dégoûtée. Un livre sans concession qui agit comme un électrochoc !
Le billet de Theoma
mercredi 13 juin 2012
Hélène Vignal - Plan B pour l'été
Éditeur : Rouergue - Date de parution : Avril 2012 - 216 pages qui se lisent toutes seules!
Avertissement : si vous avez aimé Comment ( bien ) rater ses vacances d’Anne Percin, précipitez-vous sur celui-ci !
Louise, quinze ans, en vacances chez Jamie sa grand-mère à
Morgat avec sa mère. Elle a prévu et organisé d’aller passer une semaine en
camping à Bénodet avec Théo son grand copain et sa mère. Hélas, cette dernière
doit rentrer à Paris pour le travail. Adieu le camping ? Non car Louise est bien déterminée à bousculer
Jamie pour qu’elle les accompagne.
Plantons le décor et les caractères. Morgat, charmante commune de la Presqu’Ile
de Crozon et Jamie. La grand-mère
coincée, maniaque, hyper-organisée entre l’arrosage de ses rhododendrons et les
courses à la biocoop, vieille depuis toujours. Elle a ses habitudes et s’y
cramponne. Entre elle et Louise, sa petite-fille, il y a un monde. Le décalage des générations a creusé un fossé, des incompréhensions réciproques. Quand la mère
de Louise doit rentrer à Paris pour remplacer une collègue, Jamie sermonne Louise
« on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie ». Mais voilà, cette
semaine au camping avec Theo est capitale. Son meilleur ami est homosexuel et ses parents aux préjugés bien
ancrés n’en savent rien. Pour lui, cette
semaine est une bouffée d’oxygène, une échappatoire. Louise va secouer Jamie mais bien
plus qu’elle ne le pense… Et les voilà qui partent tous les trois en camping à
Bénodet (charmante commune balnéaire près de Quimper). Louise va apprendre l'histoire de Jamie, découvrir vraiment qui elle est.
Si ce livre est truffé d’humour, il n’en demeure pas moins
qu’il aborde la guerre d’Algérie et ses conséquences, l’homosexualité et les liens
entre générations. Frais, dynamique et touchant, il se lit tout seul avec des personnages attachants! Vivement la suite !!!!
Lu Dévoré et aimé également par Fifille de 14 ans.
jeudi 26 avril 2012
Louisa Reid - Des bleus au cœur
Editeur : Plon - Date de parution : Avril 2012 - 314 pages émouvantes!
Rebecca et Hephizbah sont jumelles ou plutôt étaient car Hephizbah
est décédée. Deux adolescentes de dix-sept ans, filles d’un Vicaire extrémiste qui
pour la première allaient au lycée. Rebecca
sait ce qui s’est réellement passé.
Alternant le récit de Rebecca par le présent et celle d’Hephizbah
avant son décès, très vite, on comprend que les jumelles ne vivent pas une situation familiale normale.
Toutes deux ont peur de leur père un
vicaire qui ne prêche pas que la bonne parole. Soumise, leur mère semble elle-aussi endoctrinée.
Pour Hephizbah, leur scolarisation est
une échappatoire : fréquenter d’autres jeunes, sortir en cachette. Rebecca
atteinte d’un handicap physique n’a pas
d’amies et aime lire à la bibliothèque du lycée. Activité interdite par leur
père comme tant d’autres. Un père tyrannique qui a commis l’impensable sur une
de ses propres filles… Un père utilisant la violence physique et morale. Et comme souvent dans ces cas, personne de l’extérieur ne s’est rendu
compte de l’enfer que vivent les deux adolescentes.
Ce roman pointe du doigt les dérives religieuses, la maltraitance
sous toutes ses formes. Une lecture émouvante, dure par moments qui m’a beaucoup touchée !
Des parents comme les nôtres,somme toute. Des fous camouflés sous des vêtements anodins, , qui affichaient des sourires et rassemblaient de l'argent pour de grandes causes. Des fous qui s'agenouillaient pour prier et qui, une fois à l'abri, calfeutrés derrière les portes de leurs maisons, tombaient le masque et libéraient tout leur poison.
mercredi 18 avril 2012
Isabelle Rossignol - J'ai décidé
Editeur : Flammarion ( collection Tribal) - Date de parution : Avril 2012 - 174 pages et un avis mitigé...
Dans ce roman, il est question de lire arbitre, de religion, de la peur des parents. Grâce à une professeur
de français ce qui donne de belles citations d’Annie Ernaux ou de Simone de Beauvoir, la jeune fille va se prendre en main. Cependant, j‘ai trouvé que les clichés étaient trop
nombreux et gâchaient l’ensemble. Petit rappel, 15 000 adolescentes se retrouvent mères en France chaque année...
Cynthia, 17 ans, élève en classe de seconde découvre qu’elle
est enceinte. Il s’agit d’un accident lors de sa première expérience sexuelle
avec un garçon qu’elle ne fréquente plus.
Lorsqu’elle effectue un test de grossesse et qu’elle s’aperçoit qu’il
est positif, Cynthia visiblement n’ a jamais entendu parler de l’IVG ou de la pilule
du lendemain. Et là, je suis tombée de haut! Pour
avoir deux filles ados, la contraception et les différentes solutions pour mettre un terme à une grossesse sont abordées dès la classe de quatrième en cours de SVT. Mais non,
Cynthia apprend tout cela en discutant avec des copines. Deuxième point qui
fâche, Cynthia habite en banlieue et les conversations entre filles m’ont hérissée
les poils des bras et il m’aurait fallu un dictionnaire pour décrypter ce
qu’elles disent.
Le billet de Stephie plus enthousiaste que moi.
lundi 2 avril 2012
Claire-Lise Marguier - Le faire ou mourir
Éditeur : Rouergue - Date de parution : Septembre 2011 - 103 pages dont on ne sort pas indemne!
Dam, 16 ans , est un adolescent solitaire, mal dans sa peau.
Lorsque Samy et sa bande le défendent contre des skateurs, la vie de Dam va
changer.
La littérature Ado recèle de pépites. Des pépites sans
guimauve mais qui savent mettre le doigt là où ça fait mal et qui interpellent le
lecteur. Ce livre en fait partie et croyez-moi, on sort complètement
sonné de cette lecture ! Dam souffre et on le devine très
vite. A l'âge où l'on tente de s'affirmer ou de se construire, Dam a perdu pied. Il compense son mal-être par
des scarifications que personne n'a deviné. Sous
ses apparences gothiques, Samy veut l’aider à mettre des mots sur ses
maux. Car Samy a compris sa détresse et sa grande sensibilité
contrairement à ses parents. Ensemble, ils sont bien mais la différence
fait peur tout comme l’attirance et l'envie.
La suite est un coup de poing, un véritable tsunami (vous êtes prévenus)! Je n’en dis pas plus
car en un peu plus de cent pages, Claire-Lise Marguier nous livre une histoire
où la noirceur côtoie l'éphémère, le tout dans une écriture où il n'y a rien à redire !
Le billet de Theoma qui renvoie à d'autres liens
dimanche 11 mars 2012
Florence Aubry - Le garçon talisman
Éditeur : Rouergue- Date de parution : Mars 2012 - 142 pages et une claque !
Heinrich, seize ans, s’est sauvé de l’internat. Dans ce pensionnat,
les autres enfants appelés les enfants du
diable comme lui étaient les seuls élèves.
En attendant de pouvoir quitter son pays, il doit faire attention. Ne pas s’exposer
de trop au soleil et surtout veiller à ne
pas se faire prendre. Val, un adolescent de dix sept ans refuse que sa sœur Aurore
meurt. Elle est plongée dans le coma depuis un accident. Il tente le tout pour le tout et se rend chez un
Sorcier qui lui demande des cheveux d’enfants du diable. Et il y a Joseph,
ancien orpailleur, rongé par la solitude dans sa vieille maison près de la rivière.
Mais quel livre ! Je l’ai lu en apnée totale !!!
Un livre sur la différence inspiré d’un fait de société. Dans certains pays d’Afrique,
on confère aux albinos le don de guérir ou d’autres superstitions. Et
voilà comment des enfants sont mutilés sous le sacre tout puissant de la sorcellerie.
Aucun pays n’est nommé dans ce livre, l’histoire pourrait se passer n’importe où.
Heinrich s’est enfui du pensionnat pour fuir la mort. Son corps est recherché,
les enfants comme lui sont tués pour fabriquer
des talismans qui seront revendus chers, très chers. Il a réussi à se cacher au port où il vend tous les quinze jours ses cheveux aux pêcheurs. Quand il aura assez d’argent, il pourra quitter son pays. Val lui veut sauver sa sœur. Surtout que l’accident qui l’a
plongée dans le coma était une sorte de défi de sa part. Le Sorcier est la seule chance qui lui reste. Pour guérir sa sœur,
il faut des cheveux d’enfants du diable. Pour s’en procurer, il
se rend chez Joseph. Les destins d’ Heinrich, Val et Joseph vont se croiser…
J'ai été scotchée par l'ensemble : l'écriture, l'histoire ! Sans temps mort, ce livre intelligent sur la différence interpelle et
émeut ! Je me suis prise une grande
claque et je n’avais pas lu un aussi
bon roman pour Ados depuis (bien) trop longtemps ! Et impossible de choisir un extrait...
mardi 27 décembre 2011
Benoît Séverac - Silence
Éditeur : Syros jeunesse - Date de parution : Septembre 2011 - 150 pages au ton juste!
Je dois dire que j’ai été agréablement surprise par ce roman pour ados. Les thèmes de la drogue et du handicap sont abordés sous un angle qui devrait toucher bon nombre d’adolescents car le ton est juste. Suffisamment pour faire réfléchir le lecteur, l’amener à tirer lui-même ses propres conclusions tout en étant également un livre préventif. Car oui, on peut devenir handicapé en avalant de la drogue. Ou en mourir. Le personnage principal Jules commet beaucoup d’impairs. Aller à une soirée alors que ses parents pensent qu’il passe la soirée chez son ami (et vice versa), mentir à la police qui enquête sur un trafic de drogue… Sans être un délinquant ni le fils parfait, cet adolescent est tiraillé de questions où bien entendu l’amitié a une place importante. Il va lui falloir accepter son handicap et vivre avec. Jules trouve un appui solide auprès de Damien un infirmier. Et Damien lui apprend à positiver malgré sa surdité.
Le billet de Liyah
Aller à une rave pour la première fois, avaler deux cachets d’ecstasy pour impressionner sa copine. Sauf que Jules, un lycéen tranquille n’avait pas prévu de se réveiller à l’hôpital dans un silence total. Un silence qui perdure. Après quelques jours passés dans le coma, Jules est définitivement sourd.
Si le dénouement est prévisible, il n’empêche que ce roman possède de nombreuses qualités !
Le billet de Liyah
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