lundi 13 avril 2009

LES MIRACLES

Est-ce que les miracles existent ?
Drôle de question… Chacun selon ses propres convictions religieuses (ou ce qu’il en reste…), personnelles, intimes et son vécu a sa propre réponse.


L’INTELLO

L’ami de votre cher et tendre qui a bac + 15 ans sur son CV et qui passe son temps à étaler sa culture sur tout. Il sait tout sur n’importe quel sujet ! Les soirées avec lui virent au cauchemar pour vous, vous regardez l’heure discrètement puis ouvertement pour lui faire comprendre qu’il serait peut-être temps qu’il regagne ses pénates.

Mais non, il est lancé dans une discussion ou plutôt un monologue en regardant son café. Le thème est passionnant, il se demande si son café crème contient des atomes ! C’est clair, ça vous fait une belle jambe. Un café, c’est un café, atomes ou pas dedans. Vous lui suggérez que peut-être l’explication se trouve sur internet mais malheureusement en ce moment vous avez des soucis avec internet, pire, on vous a coupé votre accès (gros mensonge de peur qu’il veuille bidouiller votre ordi et trouver le pourquoi de la panne..).

Comme vous êtes passionnée par ce débat (si, si…), vous avez envie de connaître la réponse vite, très vite. Au moins, demain matin quand vous prendrez votre café, vous le regarderez non plus comme le simple breuvage du matin qui vous réveille et qui vous délivre votre première dose de caféine de la journée, mais comme une potion de chimie. Enfin, vous avez réussi à vous débarrassez de l’ami de votre mari ! Lui aussi de toute façon commençait à bailler discrètement…

Alors quand vous lui posez la question « croit-il aux miracles ? » Il vous répond :

-Mais, d’où tu sors ça ? Tout s’explique par la science, les maths, la physique et la chimie. Tout se prouve alors tes miracles tu les gardes pour toi.

Et là, vous préférez mettre fin à la conversation avant que l’ami de votre mari se décide à vous expliquer pour la nième fois une théorie, un théorème auquel vous ne comprenez rien…Qu’est ce que vous en avez à faire d’abord ? Pour vous, 2+2 font 4, point barre, après que certains éminents scientifiques démontrent que ce n’est pas forcément toujours le cas… Ca vous laisse plus que perplexe.

Allez expliquer cela à votre banquier quand votre compte vire au rouge « Oui, mais vous savez, que d’après la dernière parution de la revue Finance et Math. Ah, mais vous ne connaissez peut-être pas ? (histoire de faire comprendre à votre banquier que vous en savez plus que lui… et par la même occasion de lui mettre un peu la honte). Donc, la base même des mathématiques serait faussée, par conclusion, je suggère que vous m’enleviez le « moins » qui se trouve devant mon solde le temps que l’on en sache un peu plus sur cette nouvelle découverte. »

FIFILLE ADO


Votre Fifille Ado ne croit pas en Dieu aux dernières nouvelles et donc à fortiori pas aux miracles. Elle est imbattable pour le shopping et la mode, quelle est la couleur tendance, la coupe de jean actuelle… Et quand vous lui demandez en quoi elle a foi, elle vous répond :

-A la réincarnation mais je pense que les miracles sont possibles !

Ah, là, vous êtes plus que surprise, les miracles, on les trouve dans la Bible, dans la Tora et le Coran mais pas chez le livre sacré des bouddhistes.
Vous essayez d’aller plus loin dans le débat :


-Je ne comprends pas, les miracles n’existent pas dans la religion bouddhiste.
-Je n’ai jamais dit que je croyais au Bouddhisme !
-Mais la réincarnation est une des bases de cette religion.
-Oh, écoute, je ne comprends rien à tes questions…et puis, j’ai des trucs à faire.


Fifille Ado possède le don de s’esquiver comme une anguille quand elle se mélange les pinceaux et/où quand ça l’arrange. En résumé, elle se compose un mixte de religion, en piochant dans l’une ou l’autre ce qui lui convient…

Vous admettez que l’éducation religieuse que vous lui avez apporté n’a peut-être pas été suffisante. Vous ne l’avez pas fait baptiser mais pour une bonne raison et ce pour qu’elle puisse elle-même choisir librement sa religion plus tard. Vous lui avez inculqué (enfin, vous l’espérez profondément) vos valeurs morales : respect, tolérance, aide envers autrui… que vous transmettez également à votre Petite Fifille.

VOUS QUAND VOUS PETEZ UN PLOMB


-Si les miracles existaient, je n’aurais pas à supporter vos disputes (vous parlez de celles de vos adorables Fifilles), vos chamailles à longueur de temps ! Et le miracle ce serait une femme de ménage qui viendrait m’aider car j’ai l’impression d’être votre bonniche plutôt qu’autre chose !

Lors de vos explosions, personne à part votre cher et tendre ne vous écoute ou presque. Ce qui est d’autant plus désagréable et insultant.

-Qu’est ce que je viens de dire ?
-La même chose, comme d’habitude
, soupire Fifille Ado. Qu’on ne fait rien, et que l’on te considère comme une moins que rien… ce qui est faux !


Vous dites votre fameux « je ne dis plus rien », vous êtes incomprise par votre progéniture! Vous vous enfermez dans un mutisme qui ne dure guère plus de 3 ou 4 minutes. Vous pensez que quand ce sera leur tour d’élever leurs propres enfants, vous rirez jaune. Elles viendront vous demander conseil, et vous leur répondrez que vous ne pourrez pas leur en donner. Eh oui, pendant des années, elles vous auront rabâché (ce qu’elles auront forcément oublié) qu’elles seront tout votre opposé : super cool, super attentive, super maman sur tous les plans.

VOUS EN TEMPS NORMAL


Vous ne savez pas trop… Les miracles ?
Si les miracles existaient bel et bien, vous et votre idéalisme seraient comblés : plus de famine, plus de guerre, plus de maladie, plus de misère, plus d’enfants massacrés… tout serait rose !


Décidemment, vous êtes et vous resterez une grande utopiste

vendredi 27 mars 2009

Delphine DE VIGAN "No et moi"

Lou treize ans en classe de seconde est une enfant dite précoce. Considérée par les autres comme la fille qui a deux ans d’avance, elle est systématiquement mise à l’écart. Le cerveau toujours en ébullition, Lou aime se rendre à la gare pour regarder les voyeur et , s’imprégner de leurs émotions de départ ou de retrouvailles. Chez elle, l’ambiance est morose. Sa mère ne s’est pas remise du décès de sa petite sœur âgée de quelques mois et depuis elle évolue comme un automate. Son père lui tente de faire comme si tout allait s’arranger en se masquant la réalité. A la gare d’Austerlitz, elle remarque une sans-abri, une jeune fille plus âgée qu’elle et ose l’aborder. Rejetée par sa mère, ballottée d’un foyer d’accueil à un autre, une scolarité abandonnée et No n’a personne à qui se raccrocher. A dix-huit ans, elle ne peut que compter sur elle-même.

No et moi c’est d’abord l'histoire d'une amitié entre de deux jeunes filles qui ont en commun d'être en marge de la société car elles ne rentrent pas dans la normalité. A l’heure du chacun pour soi, des amitiés virtuelles où on est capable d'envoyer des avions supersoniques et des fusées dans l'espace, d'identifier un criminel à partir d'un cheveu ou d'une minuscule particule de peau, de créer une tomate qui reste trois semaines au réfrigérateur sans prendre une ride, de faire tenir dans une puce microscopique des milliards d'informations. On est capable de laisser mourir des gens dans la rue , Lou se donne la mission d'aider No. Cette jeune fille possède cette foi de croire que l'on peut changer le monde et de se battre contre les inégalités qui ne sont pas tolérables. Malgré son manque de confiance en elle, Lou va tendre une main à No que le vie n’a pas épargnée et qui connaît trop le goût des désillusions. Lou va réussir à convaincre ses parents d’héberger son amie qui va pouvoir se poser. Cette parenthèse va changer bien des choses... 

Delphine de Vigan se glisse avec brio dans la peau de Lou pour nous décrire la réalité des sans-abri. On ne peut être que touché parce roman où l’innocence et la lucidité se côtoient dans le regard de Lou. Il s’agit d’une des forces de ce roman car en donnant la parole à une adolescente qui veut renverser l’ordre des choses, Lou nous transmet sa volonté et sa détermination. Pas de pathos mais des émotions palpables qui prennent à la gorge. Une lecture en panée totale dont je suis sortie ébranlée. Un roman qui interpelle et dont l’humanité est tout simplement belle et généreuse !

jeudi 26 mars 2009

DIGNITE A VENDRE

Pourquoi ce post ?

La femme d'un ami belge fibro, lui aussi, est atteinte d'un cancer. Depuis un an , elle percevait des indemnités de la sécurité sociale. Ces dernières vont être suspendues et comme son mari travaille toujours encore un peu malgré sa fibromyalgie, sa femme recevra ZERO Euro par mois de la part des Organismes et Mutuelles.
ZERO Euro pour se soigner, en étant atteinte d'un cancer !!!!


NOUS METTONS EN VENTE NOTRE DIGNITE AUX ENCHERES


NOUS LA VENDONS PARCE QUE CETTE SITUATION EST SCANDALEUSE, HONTEUSE .... TOUT SIMPLEMENT INADMISSIBLE !


La dignité… joli mot, joli concept qui déchire les entrailles comme un poignard pour beaucoup, qui les fait s’agenouiller, hurler, pleurer quand ils en ont encore la force.
Mais la dignité leur permet de rester debout, de se dire que demain peut-être sera un autre jour, de reculer toujours encore un peu plus les dernières limites qu’ils se sont fixées.

Qu’est ce que la dignité ? Est-ce cette volonté qui reste ancrée en nous quand on a tout perdu ou pratiquement ?

On peut se mettre de belles œillères autour des yeux, se dire que ça n’arrive qu’aux autres, se bercer d’illusions pour se rassurer, se croire à l’abri parce qu’aujourd’hui on a un toit et à manger. Combien l’ont pensé et pourtant ils sont bien là à essayer de survivre juste à côté de nous avec leur dignité …

Je m’appelle Odile ou Chantale, Paul, Axel ou Charles ou Cécile. J’ai 19 ans ou 24 ou 36 ou 56 ans, peu importe…J’habite dans une grande ville, ou dans un bled paumé. Marié, divorcé ou célibataire…. J’ai des enfants à élever, à nourrir, à éduquer ou je n’ai que moi. Je travaille ou non, je fais des petits boulots comme on dit à gauche et à droite… mais ce que je gagne ou ce que je perçois ne me permet pas de vivre décemment. Malade ou en bonne santé, valide ou non, j’ai de la famille, proche ou éloignée, ou alors j’ai coupé les ponts avec elle. Ma vie était tracée, linéaire et puis, il a fallu juste d’un accroc, d’un incident de parcours pour me faire tomber, pour que je trébuche ou que je vacille avec cette peur de tomber plus bas.

D’une main tremblante, rassembler mes papiers : le montant de mon loyer, l’attestation de la CAF où est inscrit que j’ai 3 enfants et le papier des ASSEDIC … De la paperasse, des feuilles où seuls les montants qui y sont inscrits ont de l’importance. Je les ai tellement lues et relues que les chiffres dansent devant mes yeux. Les serrer fortement contre ma poitrine en priant intérieurement pour ne pas dépasser le quotient qui à lui seul détermine si on va nous aider ou non. Calculer à longueur de temps les moindres dépenses, les additions qui font tourner la tête et que je note dans un petit calepin. L’heure du passage du facteur, c’est la pire de la journée … se diriger vers la boîte aux lettres avec la frousse de trouver encore une facture. Toujours compter, pour s’apercevoir qu’il n’y ne reste rien, pas de quoi payer le loyer une fois de plus….Se demander pour combien de temps on a encore un toit, deux mois ou un peu plus. Et après ?

Je passe mes journées à attendre dans des files pour avoir un lit juste pour une nuit, ou pour un repas chaud. J’erre de foyers où quelquefois on me laisse quelques jours et puis ensuite, je repars. Repartir toujours et encore … c’est mon quotidien.

Fuir l’endroit où l’on j’ai trouvé refuge pour la nuit en ramassant mes deux ou trois sacs qui contiennent toute ma vie. Dans le froid, le ventre affamé, trouver un banc au chaud, y voler quelques minutes avant que la police ne débarque ou que le commerçant d’à côté vienne me faire déguerpir. S’en aller encore, la tête basse, pour éviter le regard des passants et puis aller m’assoir sur un bout de carton et tendre la main en ravalant mon orgueil et ma fierté. Ne pas prêter attention aux insultes, à la méchanceté que certains vous crachent en pleine figure. Au début, j’en pleurais mais maintenant je m’y suis habitué, je n’ai pas eu le choix… C’était ça ou crevé.



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