J’avais demandé à Véronique de chez Dialogues * des nouvelles grinçantes, ironiques, elle m’a souri en me disant « j’ai ce qu’il vous faut ». Elle est revenue avec « Les encombrants » de Marie-Sabine Roger. « Les encombrants », on pense tout d’abord à des meubles volumineux et bien non, pas du tout, les encombrants désignent les personnes âgées : celles qui se retrouvent en maison de retraite ou bien celles qui tentent encore de convaincre leur famille qu’elles peuvent encore rester chez elles, qu’elles y arrivent, qu’elles se débrouillent.
Certains seront choqués, indignés, révoltés : quand même si ce n’est pas honteux de parler de la sorte des anciens !
Mais, sous ce titre, on découvre des nouvelles où l’amour, l’espoir ont place. D’autres sont teintées d’un cynisme et d’une ironie qui reflètent , hélas, la réalité. Autre point important : des chutes ficelées à merveille et au final, on garde en mémoire ces encombrants très attendrissants…
*non, je n’ai pas d’action chez Dialogues ou un membre de ma famille qui y travaille
vendredi 28 août 2009
mardi 25 août 2009
Philippe CLAUDEL " Le rapport de Brodeck" - "La Petite fille de Monsieur Linh"
Se lancer à lire Philippe Claudel c’est d’abord envisager de passer des heures, des journées entières où l’on se retrouve piégé par l’histoire et l’intrigue. On ne peut pas leur y échapper, elles nous obsèdent, nous hantent. Elles mettent à jour des émotions puis les intensifient, les projettent violemment comme l’écume de la mer déchaînée sur les rochers.
« Le rapport de Brodeck » est admirable et le thème de la guerre, cher à cet écrivain, est omniprésent. La guerre avec ses effrois, ses abominations, et la peur qu’elle engendre. Cette peur qui pousse l’homme, qui l’accule à commettre les actions les plus viles et les plus empreintes de lâcheté. En filigrane, on se pose des questions et l’on pense à ceux qui ont vécu cette période.
Tout le monde est concerné par la guerre : un grand-père ou un arrière grand-oncle lui aussi déporté et qui en est revenu un jour alors que toute la famille avait perdu espoir. Des hommes et des femmes brisés à tout jamais. Certains d’entre eux n’ont pas voulu en parler tellement l’horreur était à son apogée mais ils n’ont jamais pu oublier ce qu’ils avaient vu et subi. Comment oublier ces souffrances physiques, morales et cette humiliation qui fait vomir, qui fait penser que l’on est plus rien, ni personne ? Impossible…
Je voudrais parler aussi d’un autre livre de Philippe Claudel « La Petite fille de Monsieur Linh » qui m’a littéralement secouée. Je me suis prise de tendresse pour ce vieil homme expatrié qui lutte, qui veut vivre pour sa petite fille. Un livre bouleversant de sentiments qui m’a conduite doucement, sans aucune précipitation à découvrir sa vie d’avant et à aimer cet enfant. Il espère pouvoir offrir le meilleur à sa petite fille alors on voudrait, simplement, pouvoir l’aider ce Monsieur Linh...
« Le rapport de Brodeck » est admirable et le thème de la guerre, cher à cet écrivain, est omniprésent. La guerre avec ses effrois, ses abominations, et la peur qu’elle engendre. Cette peur qui pousse l’homme, qui l’accule à commettre les actions les plus viles et les plus empreintes de lâcheté. En filigrane, on se pose des questions et l’on pense à ceux qui ont vécu cette période.
Tout le monde est concerné par la guerre : un grand-père ou un arrière grand-oncle lui aussi déporté et qui en est revenu un jour alors que toute la famille avait perdu espoir. Des hommes et des femmes brisés à tout jamais. Certains d’entre eux n’ont pas voulu en parler tellement l’horreur était à son apogée mais ils n’ont jamais pu oublier ce qu’ils avaient vu et subi. Comment oublier ces souffrances physiques, morales et cette humiliation qui fait vomir, qui fait penser que l’on est plus rien, ni personne ? Impossible…
Je voudrais parler aussi d’un autre livre de Philippe Claudel « La Petite fille de Monsieur Linh » qui m’a littéralement secouée. Je me suis prise de tendresse pour ce vieil homme expatrié qui lutte, qui veut vivre pour sa petite fille. Un livre bouleversant de sentiments qui m’a conduite doucement, sans aucune précipitation à découvrir sa vie d’avant et à aimer cet enfant. Il espère pouvoir offrir le meilleur à sa petite fille alors on voudrait, simplement, pouvoir l’aider ce Monsieur Linh...
lundi 24 août 2009
NOSTALGIE DES ANNEES PASSEES
Nous y sommes. La dernière ligne droite avant la rentrée scolaire, plus que quelques jours, et vos enfants vont s’armer de leur sac à dos pour le collège et le lycée. Un peu de nostalgie vous gagne…
Terminé les kermesses où vous deviez confectionner des gâteaux. Fini la vente de tickets de tombola que vous remplissiez à votre nom, pour ne pas déranger les voisins mais surtout qu’ils se sentent obligés d’en acheter :
Oh, mais c’est Mme Cambry avec sa fille… Alors, tu es en quelle classe maintenant ?... Deux euros, le ticket, ah quand même….Mais comme tu es bien mignonne, je vais t’en prendre un.
Vous tirez définitivement un trait sur le primaire et sur le mot « maîtresse » à moins qu’un jour votre mari, piqué par une mouche quelconque, en ait une. Evidemment, vous ne le souhaitez pas ni pour aujourd’hui, ni pour demain, ni pour sa crise de la quarantaine, ni quand vous serez tous les deux vieux et tout rabougris. Vous ne lui laisserez aucun prétexte pour s’enticher d’une plus jeune et plus jolie femme que vous, hors de question.
Comme si c’était hier, vous vous souvenez de l’entrée de votre aînée en petite section. La gorge nouée, vous l’aviez laissée à regret. Pour être honnête, vous étiez pratiquement à supplier la maîtresse de rester encore quelques minutes alors que votre fille s’était déjà ruée sur un des pots à crayons feutres. On vous avait pratiquement chassée de l’école et toute la journée vous aviez ressenti un sentiment effroyable de culpabilité. Vous vous étiez rongée les sangs à l’idée qu’un garçon, repéré le matin même, lui pique sa briquette de lait ou pire qu’une des petites filles , jalouse de ses barrettes, lui défasse sa jolie queue de cheval.
En fait, vous auriez pu partir sans dire un mot ou lui faire un câlin, elle ne s’en serait même pas aperçue…
Vous aviez posé une journée de congés pour ce jour mémorable, préparé le repas favori de votre petite fille chérie (jambon, purée) afin de lui éviter la cantine.
A l’heure du déjeuner, vous aviez passé votre temps à la harceler : tout va bien, tu es sûre ?... tu peux tout dire à maman, tu le sais … si tu veux, tu peux rester cette après-midi à la maison …non, tu préfères retourner à l’école ? Ah bon…
Vous aviez capitulé et vous l’aviez ramené, vous, l’âme en peine et elle, toute contente.
A seize heures, vous étiez déjà dans votre voiture sur le parking de l’école. Un signal ressemblant plus à une sirène qu’au son d’une cloche, avait mis fin à vos allers-retours incessants devant le portail. En une bonne demi-heure, vous aviez eu le temps de compter tout ce qui vous entourait : les arbres, le nombre de fenêtres aux maisons, le nombre de rideaux blancs et ceux colorés, les pots de géranium… Un tas de choses passionnantes !
Enfin, vous aviez aperçu entre des dizaines de petites têtes le joli minois de votre fille, vous respiriez, vous vous sentiez revivre. La maîtresse vous avait rassuré : aucun souci et sa première journée avait été une réussite totale. Et là, votre petite chérie vous annonce : je veux manger à la cantine et pas chez Tata.
Comment ? Elle préfère délaisser les bons petits plats de la nourrice pour être déjà avec ses copines le midi.
Ce fut le coup fatal qui vous laissa sans voix et abasourdie. Vous deviez vous rendre à l’évidence : votre petit bébé adoré avait grandi et était enfin prête pour le primaire…
Terminé les kermesses où vous deviez confectionner des gâteaux. Fini la vente de tickets de tombola que vous remplissiez à votre nom, pour ne pas déranger les voisins mais surtout qu’ils se sentent obligés d’en acheter :
Oh, mais c’est Mme Cambry avec sa fille… Alors, tu es en quelle classe maintenant ?... Deux euros, le ticket, ah quand même….Mais comme tu es bien mignonne, je vais t’en prendre un.
Vous tirez définitivement un trait sur le primaire et sur le mot « maîtresse » à moins qu’un jour votre mari, piqué par une mouche quelconque, en ait une. Evidemment, vous ne le souhaitez pas ni pour aujourd’hui, ni pour demain, ni pour sa crise de la quarantaine, ni quand vous serez tous les deux vieux et tout rabougris. Vous ne lui laisserez aucun prétexte pour s’enticher d’une plus jeune et plus jolie femme que vous, hors de question.
Comme si c’était hier, vous vous souvenez de l’entrée de votre aînée en petite section. La gorge nouée, vous l’aviez laissée à regret. Pour être honnête, vous étiez pratiquement à supplier la maîtresse de rester encore quelques minutes alors que votre fille s’était déjà ruée sur un des pots à crayons feutres. On vous avait pratiquement chassée de l’école et toute la journée vous aviez ressenti un sentiment effroyable de culpabilité. Vous vous étiez rongée les sangs à l’idée qu’un garçon, repéré le matin même, lui pique sa briquette de lait ou pire qu’une des petites filles , jalouse de ses barrettes, lui défasse sa jolie queue de cheval.
En fait, vous auriez pu partir sans dire un mot ou lui faire un câlin, elle ne s’en serait même pas aperçue…
Vous aviez posé une journée de congés pour ce jour mémorable, préparé le repas favori de votre petite fille chérie (jambon, purée) afin de lui éviter la cantine.
A l’heure du déjeuner, vous aviez passé votre temps à la harceler : tout va bien, tu es sûre ?... tu peux tout dire à maman, tu le sais … si tu veux, tu peux rester cette après-midi à la maison …non, tu préfères retourner à l’école ? Ah bon…
Vous aviez capitulé et vous l’aviez ramené, vous, l’âme en peine et elle, toute contente.
A seize heures, vous étiez déjà dans votre voiture sur le parking de l’école. Un signal ressemblant plus à une sirène qu’au son d’une cloche, avait mis fin à vos allers-retours incessants devant le portail. En une bonne demi-heure, vous aviez eu le temps de compter tout ce qui vous entourait : les arbres, le nombre de fenêtres aux maisons, le nombre de rideaux blancs et ceux colorés, les pots de géranium… Un tas de choses passionnantes !
Enfin, vous aviez aperçu entre des dizaines de petites têtes le joli minois de votre fille, vous respiriez, vous vous sentiez revivre. La maîtresse vous avait rassuré : aucun souci et sa première journée avait été une réussite totale. Et là, votre petite chérie vous annonce : je veux manger à la cantine et pas chez Tata.
Comment ? Elle préfère délaisser les bons petits plats de la nourrice pour être déjà avec ses copines le midi.
Ce fut le coup fatal qui vous laissa sans voix et abasourdie. Vous deviez vous rendre à l’évidence : votre petit bébé adoré avait grandi et était enfin prête pour le primaire…
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