vendredi 9 octobre 2009

Martin PAGE "Comment je suis devenu stupide"

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Décapant, frais, un vrai régal ! « Comment je suis devenu stupide » se lit comme du petit lait et l’humour incisif, décalé de Martin Page est génial ! Un style loin des belles métaphores poétiques ou brodé de fioritures mais qui déborde de punch. A coups de canifs ironiques et tranchants, il décrit notre société de consommation à la façon d’un extra-terrestre qui débarquerait sur terre et observerait notre comportement.

lundi 5 octobre 2009

Emmanuel CARRERE "D'autres vies que la mienne"




Il s’est écoulé plusieurs mois depuis que j’ai lu « D’autres vies que la mienne » d’Emmanuel Carrère. En tournant la dernière page, j’étais restée sur une unique impression : amère et désagréable.

Non sur le fond mais à cause de quelques anecdotes où l’auteur, à mon goût, se mettait en avance dans des contextes inappropriés. Ce fut ma première réaction à chaud.
Or, j’avais trouvé très intéressante sa façon de raconter ces deux drames : il racontait, il narrait comme l’œil une caméra qui filmait ces drames. Car il s’agit de bien de drames : la mort d’un enfant lors du Tsunami et dans un second temps, celle de sa belle-sœur arrachée à son mari et à ses filles par un cancer.

Mais, obnubilée par cette première sensation, n’étais pas passée à côté de tout le reste ? Je crois que si.

Et maintenant, en y repensant, je module mon avis.

Car au début, il décrit avec beaucoup de détachement, d'une façon presque impersonnelle puis au fil des pages, il nous livre ses ressentis, et là, ce n‘est plus l’écrivain mais c’est l’homme qui parle.

Faut-il livrer ses ressentis dès la fin d’un livre ou alors attendre un peu ? Est-ce que certaines lectures demandent un temps de latence, d’un atermoiement où l’on ingère ou alors la perception diffère selon notre propre humeur et notre sensibilité du moment ?

dimanche 4 octobre 2009

Olivier ADAM "Des vents contraires"


Je m’étais faite une promesse: ne pas lire tout ce qu’un auteur pouvait écrire sous peine d’être déçue. Mais, je n’ai pas pu résister…j’ai craqué pour « des vents contraires » d’Olivier Adam.
Véro (pas Véronique de chez Dialogues, mais une autre avec qui on échange sur nos lectures entre autres) m’avait dit qu’il était formidable. Le chant des sirènes on était trop alléchant alors je me suis permise une toute petite entorse à mon serment.

Et je ne le regrette pas pour rien au monde.

Décrire des gens à qui la vie fait un pied de nez, des personnes qui n’ont pas une vie droite, linéaire avec en filigrane « tout est beau, tout est rose », ou d’autres encore dont le bonheur les a oubliés sur le bas côté de la route. Toutes ces situations existent bel et bien. Se lever le matin, coûte que coûte, espérer mieux ou ne plus rien attendre du lendemain, se perdre ou se chercher pour trouver sa place, essayer de vivre avec son passé, son histoire, s’inventer un futur ou vivre au jour le jour….

Oliver Adam sait l’écrire sans jamais tomber dans le mélo ou le pathos. Avec lui, on prend en pleine figure des paquets d’émotion. Des vraies et sincères, des violentes ou des belles, et l’on on tangue au rythme des pages.

« Des vents contraires » m’a secoué. Le combat de ce père de famille qui lutte pour rester debout avec ces deux enfants. Il s’accroche à eux, il essaie de s’en sortir en ayant peur de perdre pied, de ne pas y arriver. Sa femme est partie sans laisser un mot ou une explication. Repartir à zéro, tirer un trait sur tout, revenir dans la ville où il a passé son enfance pour que les enfants aillent mieux. Pourquoi elle nous a fait ça ? Tous les trois cherchent une réponse, s’obstinent, espèrent ou butent sans trouver la réponse. Dans les dernières pages, il nous livre le pourquoi et le comment. Un seul mot : bouleversant.
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