mercredi 14 octobre 2009

Philippe DELERM "Quelque chose en lui de Bartleby"


Ce matin, à peine sortie de ma chambre (et donc de mon lit), Marie s’approche vers moi, un sourire malicieux aux lèvres et me dit :
-Maman, j’ai une faveur à te demander.


Tiens, une faveur et non un service. Que voilà un joli mot qui donne envie de répondre par l’affirmative. Non, non… Je connais mes filles : cet air innocent pour quémander, l’expression doucereuse pour m’attendrir. Elles savent user de flagorneries et de subterfuges pour des demandes de dernière minute. Tant que je n’ai pas bu mon café, je ne veux rien entendre alors je ne vais pas me laisser prendre au piège.


-Une faveur ?... Bon, Tu attends que je prenne mon café.
-Mais, je n’ai pas le temps, je pars à l’école… Tu veux ma repasser ma tunique s’il te plaît? Allez, maman…


Nul besoin d’ouvrir la bouche, mes yeux ont parlé pour moi. Pour me rasséréner, je fais un demi-tour : direction ma chambre. Et, je prends « Quelque chose en lui de Bartleby » pour le plaisir de lire une ou deux pages, pour retrouver la beauté des mots. Bartleby ? Une nouvelle méthode de relaxation, de zen attitude ? Non, non.


Bien mieux que toutes les techniques de détente, ce livre est un hymne à la beauté de l’instant présent, à l’alchimie de tous ces moments du quotidien. Avec Arnold, je me suis promenée dans Paris en plein été croquant des scènes de sa vie de tous les jours. D’ineffables suavités qui m’ont apporté cette félicité, ce bien-être sans égal.


Arnold nous plonge avec grâce et délicatesse dans ce plaisir de cueillir, de contempler les petits moments aussi futiles soient-il et d’imaginer.


Arnold qui un jour va créer son blog pour partager tous ses instants. Par n’importe quel blog. Le blog, par définition, que je rêvais de faire. Mais, je ne suis pas Philippe Delerm, hélas,…


Parce qu’écrire avec ce style, cette façon d’apporter de la poésie, de décrire des scènes du quotidien, et bien, le petit scarabée que je suis, aimerait savoir faire comme le grand maître.

mardi 13 octobre 2009

LUXE ET CONTRE COURANT

Ma définition du luxe : avoir le temps. Je l’ai et je le prends. Les autres peuvent courir après le temps, perdre leur temps ou ne pas en avoir. Le temps… cette substance malléable à souhait selon certains et qui rapporte gros, car le temps c’est de l’argent. Mon argent est fictif, mes richesses sont ces moments, ces instants où rien ne presse et où l’on prend le temps de vivre. Boire son café en rêvassant par exemple ou bien encore regarder, observer mes concitoyens.

Aujourd’hui, je n’étais pas la seule à vouloir prolonger la sensation d’été. Avec, le temps qui semble soudain devenir élastique, étirable à souhait. En fin d’après-midi, dans le bus, garçons et filles affichaient l’attitude désinvolte de l’été. Les bras dénudés, les étudiantes dévoilaient bien plus sous les caracos.

Je me suis offerte le luxe de marcher un tout petit peu parmi ceux qui sortaient des bureaux. Ils avaient le pas vif et alerte. La hâte de rentrer chez soi après une journée de labeur ou d’aller rejoindre des amis à la terrasse d’un café.

Je n’ai pas envie d’oublier le quotidien, ces minutes irremplaçables. Car à force de trop de se dépêcher, tout devient mécanique, gestuel et une question d’habitude. Et, toutes ces bribes de petits moments deviennent dérisoires, obsolètes.

A contre courant ? Un peu…à ma façon.

dimanche 11 octobre 2009

JE N'AIME PAS LE DIMANCHE

Un dimanche ordinaire qui ressemble aux autres dimanches passés. Encore que celui-ci devait être un peu différent car j’en retire une félicité douce, un bien-être indescriptible.

J’aurais pu bougonner vu le temps. Engoncée dans la torpeur de ce jour particulier, me complaindre de ce silence omniprésent comme pour en sortir. Je n’ai jamais aimé les dimanches. Depuis toujours.

Elève puis étudiante, les week-ends prenaient fin vers dix-sept heures la plupart du temps. Il n’y avait guère qu’aux mois de mai et juin que je prolongeais cette sensation d’être exemptée de toute contrainte scolaire. Quand les ombres commençaient à se dessiner volages et incertaines, le dimanche se terminait. Je préparais mon cartable et mes affaires en pensant à la semaine qui s’annonçait.

Les dimanches sont pour moi synonymes de fin et de début. Drôle d’antinomie qui me caractérise…
Même si désormais le réveil ne sonne plus le lundi matin, le dimanche est une drôle de journée : trop calme ou trop feutrée.
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