mercredi 21 octobre 2009

Joyce Carol OATES "Fille noire, fille blanche"



Amérique, Etat de Pennsylvanie, 1974 : Genna, la fille blanche, va partager sa chambre d’étudiante sur un campus avec Minette, la fille noire. Bien plus que leur couleur de peau, c’est leur éducation, leur histoire qui les sépare. Genna est la fille d’un avocat anti-Nixon, anti-guerre du Vietnam, le mot liberté en porte-drapeau et d’une mère au cerveau embrumé par toutes les drogues des années 60 qu’elle a pu avaler. Un père qui est toujours absent, toujours parti pour une défendre une bonne cause quelconque et une mère hippie, Genna ne peut que devenir que l’amie de Minette comme si c’était l’ordre des choses.

En effet, elles auraient pu devenir les meilleures amies au monde comme Genna le souhaitait. Mais Minette au caractère bien trempé, fille d’un pasteur, ne veut pas de cette amitié qu’elle considère comme de la compassion. Un tempérament fort, une foi profonde et une famille unie : Minette possède ce que Genna n’a pas.

A cause de sa couleur de peau, Minette, la tête haute, va subir des vexations, des humiliations viles et ignobles au grand’ jour ou orchestrées sournoisement. Et, Genna comme obnubilée par ce refus de son amitié, va assister impuissante aux évènements qui se trament en coulisses.

Un roman un peu longuet sur cette Amérique peu glorieuse, celle de la chute de Nixon, du contrôle du libéralisme et du racisme.

samedi 17 octobre 2009

DOUBLE JE

Si j’écris que je me pose des questions comme par exemple, à savoir si j’ai réussi ou échoué dans ma vie : enfants, tissu ou réseau social, l’étiquette dépressive ou névrosée ne tardera pas à apparaître. Parce que si j’écrivais tout ce que j’ai à dire, tout ce qui se cache derrière Clara, forcément l’écorchée à vif que je suis, bien que je n’aime pas ce terme, parlerait à ma place. Une rescapée ou une accidentée de la vie ? Ou alors un phalène, ces papillons de nuit qui virevoltent autour de la lumière la nuit et qui finissent par se faire mal. Le double-je qui sommeille en moi va aller consigner tout cela autre part mais pas sur ce blog. Des feuillets informatiques, des pages de mots qui iront s’échouer ou espérer au fond d’un tiroir ou sur un autre blog complètement anonyme.

Bon, je remets mon masque de Clara qui me sied à merveille pour jouer mon rôle attendu par les convenances et pour ne pas choquer ou heurter la bonne morale. En tant que mère de famille, je dois montrer que tout va bien, que jamais, ô grand jamais, les mots peuvent faire mal et qu’ils peuvent plus que blesser.

Selon les bons usages, je ne vais pas crier sur tous les toits ou plutôt raconter certains pans de ma vie. Imaginez-vous, le désordre que cela provoquerait surtout ici à Brest. Le Brest qui me fait vomir par ses soi-disant bonnes pensées, le Brest moralisateur qui pointe du doigt et qui juge.

Ce Brest de gens respectables qui se promènent comme il se doit le samedi après-midi au centre ville en famille. On les reconnaît facilement : l’épouse arbore 365 jours par an un serre-tête sur sa coupe au carré. Le serre-tête se permet, au gré ses saisons, quelques fantaisies mais jamais extravagantes : des poids ou à la rigueur des rayures. Elles portent aussi bien le pantalon de toile beige ou bleu marine, coupe mi-mollets, que la jupe toujours d’une longueur convenable. Le tout agrémenté de chaussures à talons plats ou de chaussures bateau. Vous leur rajoutez un imper ou une veste d’un coloris neutre, et enfin l’indispensable accessoire le sac Longchamp à la main. Ah, et pour compléter ce beau portait de famille : les enfants. Au minimum, la fratrie en comporte trois et là, excusez-moi, mais ils sont beaux. C’est vrai, les petites filles à la coupe au carré (comme maman) ou avec une queue de cheval sont les représentations miniatures des images d’Epinal. Et, les petits garçons ont toujours un bermuda même en hiver. Le sang digne qui coule en eux et leur nom à rallonge (Pierre-Hugo De la Valentière Du Plessis) les protège forcément du vent froid. Scout toujours !

Certains vont clamer que je fais de la discrimination. Non, j’observe et j’écoute. Je les entends dire, et non se vanter, « que le cadet de la famille a intégré le Lycée Naval », « que Marie-Charlotte fera de la musique l’année prochaine au Conservatoire » car cela va de soi.

Je m’en fiche de leurs tenues, je m’en amuse à vrai dire mais les esprits étriqués m’agacent et me révoltent. Surtout quand ces bonnes âmes vont prier à l’église, genoux à terre, et cultivent en fond de religion, le mépris social.

Alors, chut, silence, je me tais …. Et je laisse place au ton dynamique et enjoué celui qui plait et qui sait battre la mesure.

jeudi 15 octobre 2009

ETATS D'AME

"Montrons l’exemple aux enfants". Au début, je pensais mettre en scène un ou deux personnages, une étincelle d’imagination aurait fait le reste avec une morale ourlée sur le sujet. Sauf que j’étais hors sujet. Montrons l’exemple, ce qui m’amène à me regarder dans la glace et à m’auto-juger. Suis-je un bon exemple et en quoi ? Sur quels critères, peut-on se proclamer meneur de bonne action ou pourquoi s’octroyer le droit de fanfaronner que notre vie est un exemple ?

Ma vie est loin d’avoir été un exemple sur tous les points et je ne suis pas parfaite. J’aurais pu, oh que oui, décrire des situations où je me suis retrouvée victime. Ca ne manque pas mais c’était trop facile de choisir cette voie. Ou alors faire mon propre mea culpa en demi-teinte comme une confession sur laquelle on lève juste un petit peu le voile sans la révéler.

Je visionne mes journées : pas d’acte de bravoure spécifique ou de preuve d’un héroïsme flagrant. Je pense que certaines de mes voisines retraitées et veuves sont contentes de me voir quand je vais promener mes chiens. C’est l’occasion de pouvoir discuter de tout et de rien même ci ce n’est que deux minutes. Le temps, je le prends pour les écouter. Peut-être que je serais la seule personne qu’elles verront de la journée et inversement. Chacun trompe sa solitude comme il le peut, c’est le jeu.

Rendre service je le propose si je suis en mesure de le faire. Et sourire. Alors que toute prestation est payante et où le sourire est commercial (sous-entendu vendeur), je continue à croire que rendre service ne mange pas de pain, pas plus qu’un sourire. Bien au contraire, qu’est ce que ça coûte ? Rien, et l’on reçoit tellement en échange : un sourire ou un merci. Peu importe qu’il soit timide, un peu gauche ou tout juste posé sur les lèvres comme une esquisse, c’est le plus belle des récompenses.

Sauf que certains jours, le pansement pour colmater les brèches ne sert à rien. A peine, si ça les masque. On a beau y mettre du sien et chasser ses bleus à l’âme, ils sont là. Généralement, ils sont enfouis, terrés car personne n’aime montrer au grand jour ses failles. Et de temps à autre, les états d’âme sortent, surgissent dont ne sait où et sans qu’on s’y attende.

Aujourd’hui est une journée à état d’âme.
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