lundi 7 décembre 2009

Régis de Sa Moreira "Le libraire"



« Le libraire » est avant tout une jolie fable faite pour rêver.

-Dis-moi, qu’est-ce que tu voudras faire plus tard ?
-Libraire.
-Mais ce n’est pas un métier.
-Si parce qu’on vend plus que des livres.
-Ah bon ?
-Oui, parce qu’on on donne de l’espoir aux gens et on leur donne le goût de vivre.
-Tu ne pourras pas en vivre financièrement, il vaut mieux que tu songes à un métier qui a de l’avenir
-Je me contenterai des livres, je les lirai, ce sera ma nourriture. Et puis, quand le bon client arrivera, je le lui vendrai.

Un livre à offrir à ceux qui ne savent plus rêver ou qui ont tout simplement oublié ( ohlala, ça fait du monde).

Le petit dialogue n'est pas un extrait du livre mais une de mes fantaisies.

dimanche 6 décembre 2009

Je-tu-elle

Depuis longtemps, j’avais envie de me lancer dans des tranches de vie, des parcours de femmes. L'anonymat décliné au « je-tu-elle » qui peut prendre toutes les identités : moi, votre voisine, votre collègue de travail, votre épouse ou tout simplement vous.

Des visages chiffonnés de fatigue, des silhouettes frêles qui cachent des blessures, des sourires qui cachent des zones d’ombre.

Je m’appelle Hélène, Margot ou Clémence, je suis divorcée ou mariée, je suis de peau métissée ou blanche, mon père était alcoolique ou PDG.

Elles se battent pour ne pas reculer ou elles se contentent de vivre au jour le jour. Elles espèrent ou elles ont peur, elles cherchent le réconfort dans les bras d’un amant ou sont des éternelles fleurs bleues.

Autant de femmes qui viendront raconter leurs histoires. Des témoignages, des confessions avec des mots infirmes ou informes, des phrases décousues ou construites, des états d’âme et de l’humour.

jeudi 3 décembre 2009

Marie Sizun "la femme de l'Allemand"













Encore une lecture qui m’a balayée… Je ne sais pas si cette histoire de « la femme de l’allemand » est basée sur du vécu. Peut-être. Ou sûrement parce que pour pouvoir parler de la sorte de son enfance, il faut l’avoir non pas effleuré du bout des doigts mais ressenti. Vous pensez que je fais dans la sensiblerie ou dans la mièvrerie ?

Ma mère était folle. Oui, elle était maniaco-dépressive. Imaginez-vous un instant sortir cette phrase de votre bouche. Que ressentez-vous ? De la honte, de la gêne ? Et maintenant que pouvez-vous lire dans les yeux de vos interlocuteurs ? De la stupeur, de l’incrédulité, de la surprise ou alors vous devinez la question qui leur traverse l’esprit mais qu’ils n’oseront jamais dire tout haut « mais la folie c’est héréditaire, non ?».

Mon père ? Je suis une enfant née d’un amour impossible lors de la seconde guerre mondiale. Nul besoin d’en dire plus, laissez-leur le temps d’accuser le coup.

Et vous ? Comment l’auriez-vous vécu ? Question difficile, voire taboue. Chut, on ne parle pas de ces choses là, c’est trop dur… comme si juste les évoquer à demi-mots pouvait amener le malheur.

Dans ce livre, Marie Sizun le raconte à sa façon si juste, si parfaite. Elle raconte cette différence et comment on grandit avec malgré le reste : les questions, la culpabilité, les doigts accusateurs ou les regards méprisants.

Un livre bouleversant à lire absolument.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...