mardi 12 janvier 2010

Marie Sizun "le père de la petite"




Il s’agit du deuxième livre de Marie Sizun que j’ai lu (même si c’est le premier qu’elle a écrit) et j’ai retrouvé la même constance, le même style que dans « la femme de l’Allemand ». Très vite, on est pris comme capturé dans cette ambiance qu’elle installe grâce au récit. Des phrases courtes, quelquefois juste un mot seul, net, tranchant. On a du mal à avaler sa salive, un nœud se forme dans le ventre. On devine, on présage que quelque chose se trame.

Avec « Le père de la petite », on découvre une enfant élevée par sa mère. Son père est à la guerre, Elle ne le connait pas. Seul signe de son existence : une photo de lui posée sur le buffet. Elle voue à sa mère un amour exclusif, possessif. Quand son père revient, elle ne comprend pas. C’est un étranger, un homme qui porte les séquelles de la guerre « Chut, il ne faut pas faire de bruit car ton papa a mal à la tête ». Ce père qui peut se mettre en colère ou être tout doucereux, lui vole l’amour de sa mère.
Jalouse, égoïste, puis admirative, la petite sait qu’elle a en main une carte qui peut tout changer…

Tout simplement remarquable !

dimanche 10 janvier 2010

Lydie Violet, Marie Desplechin "La vie sauve"



Ce livre est avant tout une belle leçon d’optimisme et de courage. Une femme qui dit « ok, j’ai un cancer mais j’ai le droit et l’envie de vivre ». Sans aucun tabou et sans jamais tomber dans la sensiblerie (on remballe les violons, les mouchoirs, et sa pitié), Lydie Violet nous fait part de ses coups de gueule, de ses besoins de femme et de sa vie de mère.

Marie Desplechin se glisse aussi dans ce je toujours dynamique, ironique quand il s’agit de dénoncer les lenteurs et les failles de la bureaucratie (le fameux papier qui manque toujours), le peu d’humanisme de certains médecins (vous allez mourir, merci, au revoir), les aspects financiers (quand on ne peut plus travailler, on vit de quoi ?).

Un combat contre la mort mené sur un ton direct et franc où les faux-semblants, le paraître et les bonnes conventions relationnelles n’ont plus leur place.

samedi 9 janvier 2010

Isabelle Motrot "Résidence secondaire"



Vous prenez quelques échantillons de l’espèce Humaine : des couples de bobos, des écolos, des prolétaires, des aristos, des profiteurs, des agriculteurs au label soi -disant bio et vous les mettez dans le même panier. Ici, en l’occurrence, la Normandie connue pour sa prolifération exceptionnelle de résidences secondaires.

Quand tout ce petit monde se croise et se rencontre au marché ou à la brocante locale comme tout bon Parisien en week-end, cela donne des dialogues ironiques et des réparties cinglantes !

Entre Catherine, la femme bobo qui veut faire de son charmant manoir le nec plus ultra pour en mettre plein la vue et le couple Bigos, les relations de voisinage s’annoncent sous de bons augures. Surtout quand on sait que les Bigos sont André dit Dédé, joggeur du dimanche et amateur pastis et Nathalie, son épouse, collectionneuse hors-pair et fan inconditionnelle de Tupperware.

Une étude de mœurs des classes sociales ciselée avec humour où l’on retrouve les travers et les défauts de chacun. Un seul mot : jubilatoire !
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