mercredi 27 janvier 2010

Annie Ernaux "La femme gelée"


Il a des livres autobiographiques qui vous bouleversent, des livres qui une fois commencés, s’invitent dans vos nuits, s’y glissent parce que les mots sont sincères et que le sujet vous touche.

Naître fille, des parents qu’on considère comme modèles parce qu’on est enfant et puis, on grandit. On se rend compte que chez les autres ce n’est pas pareil : des mères qui sont de vraies fées du logis, des pères qui partent travailler le matin, qui rentrent le soir, qui s’assoient dans le fauteuil pour lire « Le monde ». Votre mère vous a répété que les études vous donneront un statut, une liberté. Celle de ne pas se retrouver à passer vos journées à préparer des repas pour votre famille, à astiquer votre intérieur et à élever votre progéniture. A l’adolescence, vous aussi comme vos copines, vous êtes tentée par l’aventure des garçons mais non, les études avant tout.

Et puis, lors de la dernière ligne droite avant votre diplôme, vous le rencontrez l’amour. Mariage, pause dans les études pour que votre mari puisse terminer les siennes, le premier enfant qui naît. Comment poursuivre ses études en jonglant avec les biberons, le mari qui aime que le repas soit prêt quand il rentre parce que « lui il travaille ».

Tout s’enchaîne, vous avez suivi l’autoroute toute tracée : études-mari-enfants-travail mais vous n’êtes pas heureuse. Et vous comprenez pourquoi, des femmes, une fois que le petit fait sa sieste, se laissent tenter par quelques comprimés à avaler pour se détendre, ou un verre d’alcool parce qu’elles le méritent ou l’envie de prendre le train pour l’autre bout de la France et tout plaquer.

Un livre émouvant, beau, sur la condition féminine et toujours d’actualité... que j’ai terminé la gorge serrée d’émotions...

mardi 26 janvier 2010

Triste et honteuse polémique...

On assiste à une bien triste polémique. Déconcertante et honteuse.

Monsieur Claude Lanzmann, réalisateur du film Shoah, accuse Yannick Haenel d’avoir « falsifié l’Histoire » dans son livre « Jan Karsky ». Alors, là, je voudrais que Monsieur Lanzmann m’explique !

Je ne vois pourquoi et surtout de quel droit, Monsieur Lanzmann fait main mise et s’approprie, pour ainsi dire, la vie de Jan Karsky ?

Pauvre Jan Karsky qui après avoir vu autant d’atrocités pendant la guerre doit encore assister, de là où il se trouve, à un spectacle des plus navrants…

Hervé Hamon "La diagonale du traître"




Douze nouvelles, douze tranches de vie d’instantanés de personnes confrontées à un moment donné à la traîtrise. Mais celui qui fait figure de lâche, de fourbe n’est pas forcément celui que l’on pense, et la trahison, fielleuse, prend la tangente, la diagonale.

Hervé Hamon aborde différents tons : on rigole à la lecture de « nouvelle star », on s’émeut à celle de « Agnès C. » et puis, il y a les autres. Celles qui font sourire, réfléchir et qui sont des trésors par la diversité des personnages, des situations. Le lecteur se voit confident du traître ou de la personne bafouée.

Herve Hamon se glisse avec facilité, comme une deuxième nature, dans la peau de ses personnages.

Maestro des mots et de l'écriture, il décortique l'âme et les rapports humains et c'est un vrai régal !
Il nous offre un recueil de nouvelles magistrales !

Ce livre sera en vente le 4 février dans les bonnes crèmeries.
J'ai eu la chance de le lire et de le déguster avant sa publication officielle.

Il arrive (encore) que des nouvelles maisons d’éditions voient le jour, sans petits fours et champagne, sans flonflons et cotillons, ou sans matraquage publicitaire dans les hebdomadaires nationaux.

C’est le cas de editions-dialogues.fr que je remercie pour ce livre !
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