jeudi 4 février 2010

Tom Rob Smith "Kolyma"



Avec Kolyma, on voyage dans le passé. On découvre l’Union Soviétique en 1956, un pays encore en proie au Stalinisme malgré l’arrivée de Khroutchtev au pouvoir. Un pays sur les voies d’une reconstruction Politique qui veut effacer les erreurs du passé. Mais pour se débarrasser de ses vieux démons, des hommes vont devoir répondre de leurs crimes passés.
Léo en fait partie. Ex-agent du MGB, il a rayé de sa vie ses années de travail au service de l’Etat. Marié à Raïssa, il tente de construire une famille autour des deux filles qu’ils ont adoptées. Zada, l’aînée, refuse d’aimer Léo à cause de son passé. Terrée dans l’ombre, une femme remplie de haine attend l’heure pour se venger de Léo. Pour sauver sa famille, Léo devra non seulement ré ouvrir les pages de ce passé noir, obscur mais affronter le goulag de Kolyma.

Des les premières pages, on est plongé dans une ambiance froide celle des dénonciations et des manipulations. Tom Rob Smith nous détaille cette Union Soviétique, en plein chaos, tourmentée où la population ne sait plus que penser.

Les amateurs de thriller seront ravis car Tom Rob Smith mène un suspense qui fait froid dans le dos…

Ce que je retiens de ce livre ? La manipulation psychologique, les atrocités et les barbaries commises sous Staline.

Merci à Belfond Noir pour l’envoi de ce livre.

mercredi 3 février 2010

Philippe Delerm "Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables"



« On dévore les livres, ou bien les livres vous dévorent. C’est une drogue effrayante et douce, un séduisant voyage ».

Une fois de plus, on retrouve toute la grâce des mots Philippe Delerm. Trente-quatre textes où il déploie la quintessence des mots tel un funambule de l’écriture. Il peint par petites touches, non pas le plaisir de la nourriture, mais pourquoi c’est si bon. Il nous parle aussi d’auteurs, de littérature en évoquant un lieu, des souvenirs ou à partir d’une phrase d’un livre. De la pudeur et toujours cette tendresse, quand il nous fait part de son père âgé et malade.

Ceux qui ont aimé « La première gorgée de bière » adoreront.

Un livre qu’on lit, qu’on relit sans modération pour la magnificence des phrases de Philippe Delerm !

Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, j’adore cet auteur…

Livre voyageur d'Antoine que je vais acheter. Prochaine étape chez Saphoo

lundi 1 février 2010

Paolo Giordano "la solitude des nombres premiers"



Avertissement : quand vous commencerez à lire ce livre, vous ne pourrez plus vous en détacher. Vos enfants pourront crier qu’ils ont faim, votre mari vous demander pour la quinzième fois où se trouve tel papier… Vous règlerez la situation en deux coups de cuillères à pot : jambon-pâtes et vous sortirez de la pochette (celle où s’est inscrit en lettres capitales : facture eau) le fameux papier. Tout le monde est content ? Même si ce n’est pas le cas, vous baisserez le store du bureau des réclamations en vous enfermant dans votre chambre. Ca y est, vous pouvez vous replonger dans votre lecture en vous voulant d’avoir abandonné quelques instants Mattia et Alice.

Que dire ? Si ce n’est que c’est un livre magnifique où Mattia et Alice sont deux écorchés vif, blessés dans leur chair et dans leur âme. Ils vont se rencontrer au détour de l’adolescence, fragiles, meurtris, isolés et se servant de leur différence comme une barrière envers les autres.
Alice utilise l’anorexie pour se venger et Mattia se mutile pour se punir. Ils vont grandir, unis par une amitié qui ressemble à un amour impossible. Comment s’exprimer ? Comment dévoiler ses sentiments ? Devenus adultes, murés dans leur carapace, prisonniers de leur souffrance, ils se perdront de vue puis se retrouveront.

Une écriture qui se fait sensible ou violente … un livre tout simplement bouleversant sur la différence, les émotions et sur le corps devenu réceptacle des souffrances.
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