jeudi 25 février 2010

Sylvain Trudel "Du mercure sous la langue"



Frédéric a seize ans mais il n’a plus l’avenir devant soi. Un cancer à la hanche le ronge, prend sa vie un peu plus chaque jour. Hospitalisé depuis des mois, il partage sa chambre, sa garçonnière, avec d’autres adolescents malades.
Poète dans l’âme, il crie sa révolte contre Dieu, contre sa maladie, et contre son sort, mais il fait preuve d’une lucidité implacable. Avec cynisme ou humour, Il dénonce l’hypocrisie, le ballet des visites de politesse car il n’a plus le temps. Entre le constat ce qu’il ne vivra jamais, il envisage et se prépare à sa mort inéluctable. Entouré de l’amour de toute sa famille, Frédéric dédramatise devant eux pour qu’ils puissent se projeter dans le futur.

Un livre très dur. J’ai dû m’interrompre dans ma lecture, la laisser pendant quelques jours car j’en étais trop bouleversée et révoltée ! Parce que ce n’est pas un âge pour mourir… parce qu’être enlevé à la vie avant d’avoir profité de sa jeunesse est ignoble.
Un livre poignant par toutes les facettes abordées et qui se révèle être bien plus qu’une leçon de vie.

« En tout cas devant moi, qui soient-ils, les gens prennent leur air coupable de lendemain de péché, vu qu’à leurs yeux je suis une innocente victime et qu’ils ont la générosité d’être santé, mais ça cloche toujours un peu (…) »

Les avis d’ Yvon , et de Sylire également.

mercredi 24 février 2010

Annie Saumont "C'est rien ça va passer"



C’est rien ça va passer comme balayer d’un revers de main une chose, la chose. L’oublier, relativiser.

Vingt saynètes, vingt tranches de vie comme piochées, observées ici et la. Et, on est secoué, ébranlé. Car, Annie Saumont en un minimum de mots dévoile le piquant, l’acide, le cynisme de ses personnages. Des textes brefs où chaque mot a son importance. Des mots choisis pour mieux atteindre leur cible.

Une femme qui ressasse à longueur de temps l’envie de tuer son mari, l’homme de quarante ans pris dans le filet affectif de sa mère et qui espère encore avoir sa propre vie. Ou encore l’étudiante en histoire qui vit dans le passé.

Annie Saumont sait l’écrire, le dépeindre et on est abasourdi…

mardi 23 février 2010

John Boyne "le garçon en pyjama rayé"



Bruno, neuf ans, de toute sa famille doivent déménager et partir de Berlin à cause du travail de son père. Une promotion, un avancée hiérarchique surtout que le « fourreur « est venu diner chez eux…Une nouvelle maison à la campagne du nom de « Hoche-Vite », sans enfants, mais est-ce vraiment la campagne ? Et, puis il y a tous ces gens derrière les barbelés, là où Bruno n’a pas le droit d’aller. Bruno qui rêve de devenir explorateur et qui décider d’aller voir par lui-même ces personnes. Il va faire la connaissance de clôture Shmuel qui habite de l’autre côté de la clôture et qui est tout le temps en en pyjama rayé.

Au début, j’avoue avoir été troublée par la naïveté de Bruno comme s’il avait des œillères autour des yeux. Et, je me suis rappelée comment moi-même à cet âge, je pouvais voir le monde des adultes : un monde à part avec des règles que je ne comprenais pas (mais qu’il fallait accepter), des non dits et des « c’est pas pour les enfants ».

Une lecture forte , qui interpelle et qui vous prend au ventre… . Je vais le proposer à mes filles qui ont déjà étudié la Seconde Guerre Mondiale à l'école.

Ce livre est souvent cité sur les blogs (donc en établir la liste serait un peu inutile) mais pour ma part, c’est ma libraire préférée qui me l’avait conseillé.
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