dimanche 28 février 2010

Jean-Louis Fournier "Le C.V. de Dieu"



« Le C.V. de Dieu » ou quand Jean-Louis Fournier parle à sa façon de la Religion…
Imaginez-vous : Dieu s’emmerde (il le dit lui-même) alors il décide de venir sur terre. Non pas pour mettre fin aux guerres, aux sécheresses et à tous les fléaux, mais pour postuler à un emploi. Avec son C.V. impressionnant, il passe des tests et des entretiens avec le Directeur du Personnel d’une Société. Aux questions posées, il justifie les choix de ses créations avec plus ou moins d’honnêteté…
Certains diront qu’on ne plaisante pas avec la religion. Et bien, qu’ils le lisent et ils s’apercevront que Jean-Louis Fournier ne dérape pas sur le terrain de l’humour noir et de l’ironie.

Dieu apparaît comme un être humain doté d’un un caractère assez grognon, des défauts mais aussi de sensibilité. Et l’Homme, comme toujours, se plaint…

On sourit, on rigole et on passe un bon moment ! Un livre plus léger que « Où on va papa ? et « Il n’a jamais tué personne, mon papa ».

« -Que voulez-vous, ce n’est pas de ma faute si vos semblables sont cons et si le feu leur brûle les doigts.
-Est-ce qu’il ne fallait pas plutôt créer des arbres ininflammables ?
Dieu commence à s’énerver.
C’est vrai, j’aurais dû faire des arbres en amiante, et pourquoi pas aussi des arbres mous au bord des routes, (…) »

« Extrait de casier judiciaire :
Auteur de publicités mensongères. Abandon de son fils et, par conséquent, déchu de ses droits paternels ».

Un autre avis : Antoine .

vendredi 26 février 2010

Anna Révah "Manhattan"



Avec ce premier livre, Anne Révah fait fort. Très fort.

Tout commence par une douleur sur une partie de l’avant-bras, une femme consulte un neurologue. Le verdict tombe tel un couperet : quatre tâches blanches dans le cerveau. Le processus de la maladie démyélinisante est enclenché. Pas de retour arrière possible ou de guérison. Elle sait ce qui l’attend. Elle fait le choix de ne pas faire subir cette dégradation de son être à son mari et à ses enfants. Elle part. Elle arrête de jouer son rôle d’épouse et de mère. Depuis son enfance, elle a mimé, s’est fardée du comportement des autres pour masquer un traumatisme. Nuit d’hôtel puis une location meublée où elle écrit une seule lettre destinée à sa mère. Dans sa lettre, elle avoue, elle dénonce l’horreur…

Je suis sonnée, chamboulée, submergée d’émotions. Une lecture très, très forte. Poignante et superbement bien écrite.Ce premier livre révèle un vrai un talent.

Anna Révah est très douée : une sensibilité, un style limpide… Chapeau bas.

Un livre à lire absolument.

« Je me suis attachée à aménager une apparence qui dispose un contour, une sorte de paroi. On ne verrait pas derrière cette paroi. La façade était enviable, assurément efficace. Je m’installais sous le regard des autres. J’existais. »

Un énorme merci à la Miss Cynthia pour ce livre voyageur.

D’autres avis : Leiloona, Canel , Géraldine , Sylire , Antigone

jeudi 25 février 2010

Frédérique Deghelt "La vie d'une autre"



Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête arrosé avec des amis, elle tombe sous le charme du beau Pablo. Une nuit d’amour et le lendemain : trou noir. Pablo dort à ses côtés avec une petite mèche gris sur la tempe qu’elle n’avait pas remarquée la veille. Douze ans se sont écoulés et elle ne se souvient plus de rien sauf de cette soirée. Amnésie totale sur ce pan de sa vie. Elle découvre qu’ils sont mariés et qu’ils ont trois beaux et adorables enfants. Elle passe le cap de l’angoisse et de l’appréhension très vite et haut la main. Elle ment, elle fait comme si de rien n’était pour mener à bien sa nouvelle vie et essayer de comprendre pourquoi ces douze années lui ont échappées. Petit à petit, Marie va commencer à connaître Pablo et à douter de leur couple qui, apparemment, était idéal.

Une lecture distrayante, mais…

Mais, eh oui, il y en a, le style manque à mon gout d’étincelle, de liant d’où des longueurs inutiles. Certaines situations sont peu tirées par les cheveux, par exemple, Marie ne commet jamais de gaffe. Et, un point qui m’a un a peu agacé, celui de l’image de la famille plus que parfaite sous toutes les coutures….

Après cette lecture, je me suis imaginée à sa place. Premièrement, je pète un plomb ! Deuxièmement, si je le raconte à quelqu’un qui me semble de confiance. Je pense que la personne ne me croirait pas si facilement que les amies de Marie. Et, malheur, j’avais deviné par moi-même le fin mot de l’histoire…

Vous l’aurez compris, ce n’est pas un coup de cœur mais ce livre décrit bien le thème de l’usure du couple.

Une jolie phrase relevée pleine de sens :
« jouer, c’est remonter le courant de la peur, aller à la recherche de la partie de soi qu’on ne connaît pas ».

D’autres avis : Canel, beaucoup plus enthousiaste que moi, Zarline, et celui de Cynthia , très bientôt.
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