jeudi 4 mars 2010

Hervé Bellec - La nuit blanche



Une immersion totale et dure qui m’a rappelé bien des souvenirs…De lectrice, je me suis retrouvée à accompagner Gwen dans ses derniers jours. J’étais là à l’hôpital quand elle n’arrivait plus à respirer et que son corps s’est mis à se secouer de spasmes. L’infirmière nous a fait un signe de la tête et là, j’ai baissé les yeux, la gorge serrée d’émotions. L’envie de chialer, de pleurer des grosses larmes. De se vider de toute cette révolte, parce que Gwen c’est l’amie, la sœur, la cousine fauchée par un cancer à trente-huit ans. Hurler et crier « Gwen, reviens ! t’as pas le droit de mourir pour toi, pour tes enfants, pour ton mari, pour nous. Qu’est ce qu’on va devenir sans toi ? Hein, dis-le-moi. Qui ira se promener avec moi le long de la rade ? Ou alors plus dans les terres, là où la bruyère et les ajoncs tapissent le sol. » On était à ses cotés les bras ballants, statues pétrifiées de sel et de douleur. Ils ont amené Gwen chez elle, dans sa maison. Poupée triste au front froid à qui on allait rendre visite. Des allées et venues surtout le soir car chacun après son travail venait lui dire au revoir et témoigner sa peine à son mari. Pas besoin de longs discours, une poignée de main ou une accolade qui se terminait toujours par un mouchoir tamponné au coin de l’œil. Les hommes étaient rasés de près et sentaient encore le savon, les femmes avaient endossé leurs vêtements du dimanche. Parce que c’est normal de venir rendre hommage à celle que l’on connaissait de près ou de loin. Dans la cuisine, la cafetière fonctionnait sans arrêt. Sur la table : les tasses, des gâteaux, une bouteille de vin ouverte pour ceux qui préféraient un coup de rouge. Les enfants, on les barricadait dans la cuisine, ils auront bien le temps de voir la mort, de connaître son visage. Une cloison ou un couloir les séparait juste de l’effroyable. Ils écoutaient les voix chuchotées, les conversations qui se terminaient par un hochement de tête ou un « c’est la vie » soupiré, sans espoir.

Le lendemain ou le surlendemain, l’enterrement traditionnel : la messe avec le curé qui essaie de faire au mieux. L’église du patelin bondée, pleine à craquer et des murmures de commères qui s’élevaient de rangs « la fille d’untel est à l’hôpital …ah bon, je ne savais pas ». Le cercueil posé avec Gwen dedans, c’est ta dernière demeure, ma belle. Comment tu vas faire maintenant pour regarder le ciel, rire ou pester ?

Au cimetière, on se tenait les uns à côté des autres comme pour éloigner l’Ankou au cas où il reviendrait. Communion des habitants de la côte et de ceux des Terres, pour toi Gwen. On est allé au café du coin où il y avait des tables réservées pour la famille et les proches. Les langues se déliaient petit à petit et on commençait à reparler de la Vie…

Que dire d'autre d’un livre qui vous prend aux tripes et qui vous transporte des années auparavant ? Sans être une bretonne Bretonnante, mon sang et mes racines sont dans ce livre. Bien plus qu’un roman, c’est un témoignage beau, profond et émouvant qui nous rappelle qu’avant la mort était beaucoup plus humanisée. L’écriture d’Hervé Bellec est limpide, franche et contient à elle seule toutes les racines de la Bretagne. Une lecture dont on ne sort pas indemne...

« Le courage, la bravoure était valeur suprême dont une bonne partie d’entre nous avait été abreuvée, on peut dire engraissée, tout au long de notre jeunesse » .

« Kerascoet, deux kilomètres cinq, j’ai les jambes en coton. J’essuie m es mains moites à mon pantalon. Dès qu’on s’approche du village, les champs deviennent des jardins, les fermes des pavillons. Les géraniums dégoulinent des fenêtres du premier étage. Ici les bourgs embellissent au fur et à mesure qu’ils crèvent. »

Un grand merci à : Yvon qui m’a fait découvrir cet auteur (et à qui je demanderais, la prochaine fois, de me fournir des mouchoirs). Sylire a trouvé cette lecture éprouvante.

Harlan Coben - sans laisser d'adresse



Myron Bolitar, agent en relations publiques, reçoit en pleine nuit un appel de Terese. Un coup de téléphone en forme de SOS qui lui demande de venir la rejoindre à Paris. Terese et lui avaient eu une relation il y a sept ans, une relation d’où il était sorti le cœur en miettes. Pourquoi Terese a besoin de lui ? Pourquoi après tout ce temps ?
Myron va s’envoler pour Paris en espérant découvrir pourquoi Terese l’a laissé sept ans plus tôt. Arrivé sur place bien des surprises l’attendent… L’ex-mari de Terese a été assassiné, cette dernière est soupçonnée du meurtre mais surtout l’ADN de leur fille décédée il y a dix ans a été retrouvé sur les lieux.
Paris, Londres, New-York, Myron devra démêler le vrai du faux sur un fond de terrorisme et de manipulations génétiques.

Dès le début, Myron Bolitar m’a agacé : il est sûr de lui, il sait mieux que les autres ce qu’il faut faire…ça n’a pas été un coup de cœur entre lui et moi !
La première partie du qui se déroule essentiellement à Paris se lit facilement avec un suspense bien présent. Harlan Coben use de l’humour pour décrire son héros à Paris ce qui donne des scènes très imagées comme dans un film. J’ai peiné à terminé la seconde beaucoup plus fade, des personnages comme fatigués de leurs péripéties d’où une fin standardisée américaine avec des longueurs.

On est bien loin de « Ne le dis à personne ».

Livre lu dans le cadre d'un envoi des éditions Belfond Noir.

mercredi 3 mars 2010

Laura Gallego Garcia - L'impératrice des Ethérés



Deux lectures pour un seul et même livre « L’impératrice des Ethérés » !

Résumé : Un majestueux palais que l'on croirait sculpté dans la glace, une impératrice aussi sublime qu'ensorcelante, un monde paradisiaque où vivent des êtres purs… La légende du Royaume éthéré fascine les enfants des Cavernes, ces grottes où vivent les hommes. Mais lorsque Bipa, l'une d'entre eux, partira à la recherche d'Aer, un garçon qu'elle adore détester, elle croisera en chemin des créatures animées d'une inquiétante puissance magique. À bien y réfléchir, c'est à se demander si cette terre idéale ne cache pas un désert de givre… et de mort.

Certes, ce n’est pas le genre de livres que je lis d’habitude, certes, c’est de littérature jeunesse. Des les premières pages, la trame est déjà tissée. On devine que les points de vues de Bipa et Aer vont évoluer. Mais quand même ! L’écriture est fluide et on est bien loin des personnages mièvres ou « neuneus » des romans datant de ma jeunesse… Après la bibliothèque verte et en attendant d’avoir l’âge de lire autre chose, les rayons des bibliothèques hormis les classiques se révélaient bien vides…
Ce qui m’a plu, ce n’est pas tant l’histoire qui révèle du fantastique mais comment Bipa évolue au fil du livre. Son caractère se modifie, elle devient plus sensible et moins arrogante. Dommage que le personnage d’Aer soit moins consistant.

Un roman facile, sans grande surprise et qui se lit très, très vite.

Et, maintenant, l’avis de Fifille Ado (15 ans, en classe de seconde) :

« Avant toute chose, je souhaiterais préciser que ce livre s'adresse aux adolescents et, je dirais même dès 12 ans.
Déjà, j'avoue que le résumé ne m'a pas trop emballé...
Les cinq premières pages m'ont immédiatement fait penser au roman «La quête d'Ewilan, Tome 2: Les frontières de glace » que j'ai lu il y a 4 ans.
Mais vite, on rentre dans ce livre où l'histoire est écrite avec un style léger, sympa.
On tombe dans les « griffes » de ce roman malin et bien ficelé.
L'histoire est entrainante et on s'attache à l'héroïne, attendant avec impatience de connaître la chute.
Bref, j'ai bien aimé ce livre. Mais, j'ai 15 ans et ce n'est plus trop le genre de livre que je lis. Donc, je me suis quand même ennuyée.
Il conviendra mieux aux jeunes adolescents (11-12/14 ans)... »

Merci à BOB et aux Editions BAAM pour ce partenariat double « mère-fille ».
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