samedi 6 mars 2010

Livres voyageurs

Le printemps pointe le bout de son nez, c’est l’occasion pour les livres de s’aérer un peu…

Je propose non pas un, ni deux mais trois livres voyageurs :

- Les jolis garçons – Delphine de Vigan

- La grosse – Françoise Lefèvre

- Mon couronnement – Véronique Bizot

Les quelques règles à respecter que je demande sont le suivantes : ne pas encorner mes livres, en prendre soin (ne pas renverser sa tasse de café dessus ou éviter que le p’tit dernier fasse des coloriages à l’intérieur), et enfin, me tenir informée de leur voyage.

Michèle Astrud - j'ai rêvé que j 'étais un garçon



Oyez, oyez, Damoiselles et Dames qui venez au Salon du Livre à Rennes où le Gentilhomme Yvon nous fera l’honneur de sa présence.

Mon cerveau embrumé vient de réagir à l’instant…

Si quelqu’un veut que je lui adresse « j’ai rêvé que j’étais un garçon » de Michèle Astrud, qu’il ou qu’elle se manifeste par mail et par non par l’envoi d’un pigeon voyageur. Le livre sera confié aux bons soins de la Poste ce lundi.

Annie Ernaux - La place



Un livre tout en pudeur où Annie Ernaux parle de son père. Après son décès, elle a voulu relater sa vie sans chercher à provoquer chez le lecteur de la pitié ou un autre sentiment. Juste raconter les faits, les événements et dire que oui, elle a eu honte de son père.
Son père travaillait aux champs puis il est devenu ouvrier. Une rencontre et le mariage mais toujours faire attention à l’argent, économiser « au cas où ». Ses parents ont pu ouvrir un café-épicerie comme il en florissait à l’époque. Ce n’est pas pour autant qu’ils ont changé leurs habitudes. Toujours la peur au ventre de perdre le commerce et de se retrouver sur la paille. A l’âge de l’adolescence, Annie Ernaux a commencé à fréquenter des amies issues de milieux sociaux plus aisés. Poussée par ses parents à réussir dans ses études, le sentiment de honte a germé vis-à-vis de ce père qui n’avait pas d’instruction. C’était un français modeste qui faisait partie de cette classe des « braves gens ». On ne se mélangeait pas ou très peu, chacun à sa place …

Avec les années, le respect remplacera la honte. Comme dans « la femme gelée », j’ai retrouvé ce style épuré sans fioritures inutiles et où les sentiments apparaissent en toute simplicité.

Un livre intemporel où elle rend hommage à son père en toute franchise. Accepter ses origines et ses parents tels qu’ils sont permet de se construire.

« Pour rendre compte d’une vie soumise à la nécessité, je n’ai pas le droit de prendre le parti de l’art, ni de chercher à faire quelque chose de « passionnant », ou « d’émouvant ».
« On avait tout ce qu’il faut, c'est-à-dire qu’on mangeait à notre faim (preuve, l’achat de viande à la boucherie quatre fois par semaine, on avait chaud dans la cuisine et le café, seules pièces où l’on vivait ».
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