mardi 16 mars 2010

Hakan Bravinger - Mon cher frère



Quatrième de couverture

Stockholm, 1913.
Le criminologue Andreas étudié les méthodes de la psychologie des tueurs et des voleursprépare un livre d'entretiens avec des détenus condamnés à de longues peines.
L'angoisse de la page blanche l'empêche pourtant d'achever ce livre révolutionnaire, l'œuvre de sa vie.
Comment vivre avec le sentiment de sa propre nullité ? Comment se mesurer à un frère aîné, le célèbre psychanalyste Paul Bjerre, familier de Freud, convaincu, lui, d'être un surhomme ? La haine fraternelle qui l'unit à Paul ronge Andreas.
Une femme fait pourtant tout pour le sauver.
Madeleine.
Mais en voulant à tout prix être la messagère qui réconciliera les deux frères, ne court-elle pas elle même à sa perte ? Construit en partie sur des documents et des lettres, le roman de Bravinger orchestre magistralement la musique amère des âmes torturées avec la rumeur d'un monde en plein bouleversement.



Le livre débute en 1925 par le suicide d’Andreas Bjerre, juriste et psychologue, qui rédigeait un livre d’entretien avec des détenus condamnés à de longues peines. La suite du livre s’articule sur des lettres d’Andreas à Paul et sur leurs relations à partir de 1913. Andreas est un homme malheureux, peu sûr de lui mais qui à travers ses lettres veut démontrer à son frère, l’importance des sentiments. Paul se montre froid, distant envers Abdreas qui en souffre. De plus, Paul vous une admiration sans borne pour sa femme : Gunhild qui est la mère d’Amélie , l’épouse d’Andreas. Quand Andreas et Amélie sont se séparer, Paul et Gunhild vont accuser Andreas d’abandonner sa femme et leur fils Sören Christer. Madeleine, la meilleure amie d’Amélie, va quitter mari et enfants pour vivre avec Andreas . Sören Christer, psychopathe, sera placé en institut psychiatrique d’où il s’échappera.

Au début de ma lecture, j’étais très enthousiaste au vu de la quatrième de couverture fort élogieuse. De plus, Paul et Andreas Bjerre ont tous les deux influencés la psychanalyse par leurs travaux. Andreas, juriste suédois et psychologue a publié de son vivant un livre sur les méthodes de la psychologie des tueurs et des voleurs. Paul , psychanalyste réputé , s’est éloigné de Freud et ses idées lors du congrès de 1913 et a lui-même développé une méthode, un courant dans la matière de traiter les patients. Le livre relate bien le congrès de 1913 qui est une date clé et importante dans l’histoire de la psychnalyse.

Mon enthousiasme a vite pâti des longeurs inutiles et surtout du manque cruel d’informations de cette période charnière de l’histoire qu’est la première guerre mondiale. Ni la guerre et ses conséquences en Europe ne sont abordés ( alors que c’était indiqué sur la quatrième de couverture).
On perçoit, on ressent le mal être d’Andreas et la sévérité de son frère.Par contre, l’influence de Madeleine n'est pas détaillée . Elle aime Andreas mais elle ne va pas jouer un rôle fondamental dans les relations des deux frères. Sören Christer délaissé par ses deux parents est le canard boiteux de la famille comme son père l’a été. Considéré comme un bon à rien par son père, Andreas cherche dans l’alcool, les prostituées la confiance en soi.
Au final, une histoire de famille où la question de l’hérédité est juste effleurée et qui aurait pu, je pense, être intéressante.

Je remercie Livraddict pour ce partenariat et les éditions JC Lattes .

lundi 15 mars 2010

Véronique Olmi - Numéro six



A travers ce livre, la narratrice parle à son père. Un récit en forme d’aveu, de confession. Tout ce qu’elle n’a pas pu, ou voulu, lui dire enfant, puis adolescente, prend place dans ces textes où l’amour a dû mal à voir le jour. Un ton parfois tendre mais le plus souvent distant. La crainte, le respect envers ce père sont omniprésents : « le respect et la peur c’était pour la maison ». Elle découvre un aspect de sa personnalité à travers les lettres qu’il envoyait à sa famille lors de la première Guerre Mondiale.

La narratrice s’occupe de son père, ancien médecin Pourtant, elle était le numéro six, la dernière d’une grande fratrie : « on pensait que je naîtrais mongolienne, un bébé fabriqué avec un ovule fatigué, des chromosomes peu vaillants(…) Je n’ai pas d’illusion : la fausse couche a dû être souhaitée ».

Véronique Olmi nous peint le tableau de famille catholique, aisée, bien comme il le faut, en y ajoutant une pointe sarcastique «à la Messe, on arrive en retard pour qu’on nous remarque », « les petites pieds sont signes de noblesse ».

Je m’attendais, à vrai dire, à un livre plus virulent car Véronique Olmi sait écrire sans concession. Dommage que ce livre manque de cette touche de piquant...

Pour Gambadou, ce livre a été un coup de coeur.

dimanche 14 mars 2010

Sandro Veronesi - Chaos calme



J’avais repéré ce livre chez Sylire qui l’avait beaucoup aimé.

Au départ, j’ai été très emballée : cet homme qui perd sa femme et qui décide de passer ses journées à attendre sa fille devant son école. Après la mort de sa femme, il se raccroche à sa fille, à son équilibre précaire et fragile car ni lui, ni elle n’ont craqué. Il semble comme anesthésié. Pas de pleurs, de cris, de cette révolte quand on perd un être cher et aimé. Du matin au soir, il est dans sa voiture ou se rend au square à côté. Surtout, rester là pour sa fille pour montrer qu’il tient sa promesse. Situation incongrue qui s’éternise au fil des jours. Il ne va plus travailler d’ailleurs son entreprise subit une restructuration importante.

Tour à tour, ses collègues, son patron, sa belle-sœur, son frère viennent le voir, chacun lui racontant ses peines et ses malheurs. Lui qui se sentait protégé des autres se retrouve confident de chacun d’entre eux. Sa belle-sœur lui fait sous-entendre que sa femme n’était pas heureuse. Il va se poser des questions et chercher à savoir le vrai du faux. Il va découvrir que sa femme recevait des emails d’un homme dont il n’a jamais entendu parler.

Et là, je m’attendais à ce qu’il découvre que sa femme n’était qu’heureuse en apparence, ou qu’il ait ce déclic et qu’il crie, hurle tout son chagrin. Eh bien non !

Petit à petit, le prénom de sa femme vient moins souvent dans ses pensées et la fusion de son entreprise prend de plus d’ampleur dans le livre. J’ai trouvé que le livre s’essoufflait …

Mais il n’empêche que je l’ai lu entièrement car je voulais savoir s’il allait effectivement commencer à faire son deuil. J’avoue avoir été un peu déçue par la chute et surtout, je ne comprends pas pourquoi l’auteur a ajouté cette histoire de mails.

L’avis beaucoup plus enthousiaste de Sylire, Antigone est plus réservée, Joëlle s'en est lassée au final. Bien d’autres billets sur le Net...
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