mardi 23 mars 2010

Anne Duret - La serre aux orchidées



Anne Duret, l’auteur, m’avait contacté par mail au sujet de son livre. Tulisquoi , également contactée, l’a lu et me l’a expédié. J’ai accepté cette lecture en étant passée (trop) rapidement sur la quatrième de couverture.

« C’est au fond d’une vieille malle que Clara, jeune chercheuse en biologie, découvre un jour une lettre dont elle retiendra cette phrase énigmatique qui la bouleverse au plus profond d’elle-même : « Du plaisir naitra la Vie Nouvelle. » Bien décidée à percer le mystère de ce message, elle va se retrouver au fin fond du Vietnam, dans une serre pas comme les autres, un lieu spécialisé dans l’hybridation des orchidées et la recherche d’espèces nouvelles, mais aussi école d’enseignement spirituel.

Clara, la belle « ésotouriste » en quête de recettes magiques, va se trouver confrontée au miroir sans concession de son être vrai. Elle va peu à peu prendre conscience de ce qu’elle est : une handicapée du plaisir, une femme fragile qui cache depuis trop longtemps ses difficultés.

Comment réussir à dévoiler sa propre féminité par l’achat d’une robe, comment oser un port de nuque tout en s’essayant aux talons hauts, comment répondre au désir charnel et avancer pas à pas vers son propre plaisir…

D’audaces en ravissements, de rebondissements en découvertes, l’auteur dans ce premier roman nous offre un nouvel espace de sensualité vraie, un précieux recueil de confidences féminines, un condensé de ces petits dépassements de soi nécessaires à l’épanouissement d’une femme dans son plaisir et sa sexualité. »

Une préface rédigée par Bernard Montaud, fondateur de la psychanalyse corporelle, ayant eu comme élève Anne Duret et où il est question « de cette magnifique route effectuée de la femme à la femelle radieuse » et de la dimension spirituelle de l’amour.

Un peu refroidie, parce cette notion de spiritualité, j’ai entamé ma lecture. Je n’ai pas aimé ce livre qui fait l’éloge d’un ésotérisme, d’un mode de pensées, et qui les préconisent comme solution. Voie Spirituelle, Rayonnement intérieur sont des mots qui reviennent sans arrêt et alourdissent le récit. De plus, le personnage de Clara (pas moi mais l’héroïne) et histoire sont peu crédibles.

Pour ma part, je n'y ai pas trouvé ni sensibilité, ni sensualité, mais une description de l'acceptation de vivre pleinement sa sexualité pour mieux vivre. Je n’adhère ni aux trois plans de conscience cités dans ce livre : le moi, le nous et le je, ni à d’autres énoncés liés à l’épanouissement de la personne.

Un premier livre sûrement cathartique pour l’auteur mais où le style manque de fluidité et de limpidité.

« Mme Violet poursuivit : « jouir est un droit élémentaire, ou un devoir absolu, comme vous voulez. Jouir changera tout. Jouir assiéra la place des femmes dans la société. Sa, la jouissance, il manquera toujours quelques chose à la puissance féminine. »

Le billet de tulisquoi et bientôt d’autres avis chez BOB.

Jean Teulé - Le magasin des suicides



Au jeu des sept familles un peu particulières, je vous présente Les Tuvache. Certains sont artisans de père en fils, et bien chez eux, on est commerçant depuis dix générations. Pas en peinture ou en charcuterie, mais en suicide ! Chez eux, vous trouverez tout ce qu’il faut pour réussir votre suicide. Imaginez-vous, vous hésitez entre la pendaison ou la mort par poison, Monsieur et Madame Tuvache vous guident et vous orientent dans votre choix. En tant que commerçante, Mme Tuvache sait caresser le client dans le sens du poil, elle ne vous dira pas au revoir mais adieu. Eh oui, un client qui vient chez eux ne revient pas. Leur fils ainé est un modèle : anorexique, dépressif à souhait et qui passe son temps enfermé dans sa chambre. Leur fille est inutile et se lamente. Le tableau de la famille Adams ! Mais hélas, le petit dernier Alan est un enfant souriant, optimiste et qui aime la vie. Un vrai désespoir pour ses parents car ce petit ange va bouleverser leur vie.

Des portraits ciselés dans l’humour noir avec des petits détails piquants : le soir, on se souhaite de faire des cauchemars. Un anniversaire ? C’est un an de moins à vivre. Dans la cité des Religions Oubliées où vivent les Tuvache, le suicide n’est pas tabou. Autant de descriptions et d’allusions qui m’ont fait sourire sur un sujet difficile. Car Jean Teulé manie avec brio cynisme et dérision pour dénoncer l’absurdité d’un tel monde. Une lecture truculente !

C’était une lecture commune avec la Miss Cynthia, et pour moi une relecture. Vous trouverez également plein d’autres avis chez BOB et sur le net.

lundi 22 mars 2010

Marie Le Drian - la cabane d'Hippolyte



Joséphine est née dans une famille limitée qui n’a pas d’envergure. Une mère castratrice, un père qui noie son quotidien au bistrot et une tante qui ne jure que par la thalassothérapie. Joséphine n’a jamais eu aucun droit, pas droit d’aller plus loin que les ronces du fond du jardin et se d’amuser avec les enfants. Pas le droit au rêve non plus. Sa mère se décharge sur elle : va trier les légumes et les fruits. Allez, va, dépêche toi, t’es en retard. Aucun geste ou signe d’amour dans la famille. Tiens toi droite, et dépêche toi, les cerises n’attendent pas. Toujours trier du matin au soir. Seules concessions accordées : des cours par correspondance pour devenir institutrice et une cure de thalasso offerte par sa tante pour redresser son dos. Joséphine ne peut pas enseigner. Debout sur l’estrade, elle perd tous ses moyens, elle panique. L’éducation Nationale va la charger d’une mission. Aller dans le sud Finistère et comprendre pourquoi il y a une querelle entre les deux écoles, la privée et la laïque. Ce travail
c’est l’occasion de s’enfuir, d’apprendre à vivre par elle-même et de s’assumer.

Le personnage de Joséphine m’a touchée… Elle sait qu’elle est différente. D’ailleurs, à force de l’entendre répéter par sa mère et sa tante, elle s’est repliée un peu plus dans sa bulle. A fréquenter les habitants de ce village du sud Finistère, elle va commencer à prendre de l’assurance avec maladresse et impairs. Mais, le livre m’a laissée sur ma faim… Par contre, j’ai aimé l’écriture particulière de Marie Le Drian.

« Mes mains tremblent. Je ne me sens pas très bien. La personne limitée, je le sais, est comme une éponge. Elle accueille les sentiments des autres

L’avis d’Yvon qui m’a prêté ce livre, et celui de Sylire également.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...