samedi 27 mars 2010

Valérie Saubade - Happy birthday grand-mère



« J'ai décidé hier après-midi de tuer ma fille. À quatre-vingts ans, cela ne va pas être facile. D'autant que je me déplace en fauteuil roulant. »

Voilà première phrase de ce livre qui est un petit bijou…

Imaginez-vous une vieille dame qui pense ces mots le jour de son anniversaire et vous obtenez le portait d’Eléonore. Ancienne pianiste, Eléonore est devenue tétraplégique suite à un accident cérébral. Sa fille Elisabeth et son mari Michel viennent s’installer dan sa maison pour l’aider et s’occuper d’elle. Une chance inouïe, me direz-vous, d’avoir une fille qui sacrifie sa propre vie pour la santé et le bien-être de sa chère mère. Sauf qu’Elisabeth n’attend qu’une seule chose : que sa mère trépasse pour hériter de la maison.

Elisabeth, animée de rancœur est bien décidée à rendre la vie impossible à sa mère. Eléonore doit subir bassesses, humiliations et d’autres actes méchants et gratuits. Femme de caractère et bien que ne pouvant ni parler ni se déplacer, elle a décidé que sa fille ne s’en tirait pas à si bons comptes… Et, même si elle n’a pas été toujours la mère parfaite, elle fait figure d’ange à côté de ses enfants (c’était oublié le fils adoré par Eléonore).

Je n’en dirais pas plus car ce livre aborde bien des sujets : la maltraitance, la jalousie, l’argent, l’amour chez les personnes âgées, l’hypocrisie.
Je cherchais du corrosif, de l’ironie et du grinçant et bien, j’ai trouvé tous ces ingrédients dans ce seul livre mené tambour battant. On sourit, on est ému et on ne voit pas le temps passer. Un style piquant, vif, un livre drôlement bien ficelé qui ne tombe jamais dans les clichés ou la caricature.

Une fin qui révèle en plus une surprise ! Bref, un gros coup de cœur à lire de toute urgence !


Lasardine a aimé elle aussi.

« Le repas du soir fut morne et sans saveur. Elisabeth déclara qu’elle était trop épuisée pour me faire manger. Léonie était rentrée chez elle, Michel me servit d’assistant. Pressé d’en finir, il me fit maladroitement avaler ma soupe, au point que j’en attrapai le hoquet.(…)Sans me laisser le temps de respirer, mon gendre enchaîna aussitôt avec une compote de pommes. (..) J’avais l’impression d’être une oie soumise au gavage."

vendredi 26 mars 2010

Joyce Carol Oates - Les femelles



Femelles comme des prédatrices en puissance.

Le moins que l’on puisse dire puisse dire, c’est que ce recueil de nouvelles déstabilise et glace le sang. Des tranches de vie de femmes de tout âge et de tout milieu social sont décortiquées et passées à la loupe. Chez elles, un instinct meurtrier va se révéler ou s’affirmer. Elles veulent se protéger d’un mari violent, ou soulager la douleur des malades, ou bien encore faire taire des clientes trop exigeantes. Sur les neuf nouvelles, une mention spéciale pour « avec l’aide de Dieu », « Banshee », « Poupée : une ballade du Mississipi », « obsession » et « ange de colère » qui m'ont fait l'effet d'un coup de poing !

De Joyce Carol Oates, j’avais lu « fille noire, fille blanche « » qui m’avait laissée un avis mitigé. Mais là, son écriture m’a ébahie par la précision et par les profils psychologiques de ces femmes. Dans quelques de ces nouvelles, elle laisse la porte ouverte au lecteur… A lui d’imaginer la suite.

Une idée de lecture piochée chez George Sand et moi.

Je remercie les éditions Points pour ce livre.

Petite PAL...en désordre



MAJ le 05/04

Carnets intimes - Sylvia Plath

Kayro Jacobi, juste avant l'oubli - Paula Jacques

Taxi - Khaled Al Khamissi

Princesse de l'ombre - Indu Sundaresan

L'odeur des pommes - Mark Behr

La moustache - Emmanuel Carrère

Robe de marié - Pierre Lemaitre

Soie - Alessandro Baricco

Mort en lisière - Margaret Atwood

Toute la mer va vers la ville - Herve Hamon

Rafael, derniers jours - Grégory Mcdonald

La princesse et le pêcheur - Minh Tran Huy

L’obscur - Jonn McGahern

Les belles choses que porte le ciel - Dinaw Mengestu

Les Années- Annie Ernaux

Nocturnes - Kazuo Ishiguro

Le joueur d'échecs - Stefan Zweig

La couleur du bonheur - Wei-Wei

Départs anticipés- Christopher Buckley

Brève histoire des fesses - Jean-Luc Hennig

L'immortel - Ranz-Olivier Giesbert

Fuck America - Edgar Hilsenrath

Ce que je sais de Vera Candida - Véronique Ovalde

Finnigan et moi - Sonya Hartnett

A quand les bonnes nouvelles - Kate Atkinson
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