mercredi 21 avril 2010

Maria Angels Anglada - Le Violon d'Auschwitz



Avertissement pour les acheteurs compulsifs de livres : ce livre est un gros coup de cœur !

Imaginez-vous un livre construit à la façon de mon cher Stefan Zweig. Le narrateur, musicien de profession, nous parle de sa rencontre avec une violoniste. Et alors, me direz-vous. Ces quelques pages nous amènent vers le sujet principal du livre. Car ce livre parle des camps de concentration durant la Seconde Guerre Mondiale à travers l’histoire de ce violon.

Nous sommes en 1944.Daniel, prisonnier juif au camp d’Auschwitz n’est plus qu’un « sous-homme ». Entre les coups et les brimades, il tente de rester en vie. Fabriquer un violon pour le Commandant, « le Monstre » du Camp va devenir sa seule possibilité pour rester en vie.

A la façon du livre « le garçon en pyjama rayé », le violon devient un moyen pour parler de l’atrocité des camps de concentration. On ressent toute la douleur de Daniel, on est humilié pour lui, on a faim à sa place… J’ai été bouleversée sachant que cette histoire est entrecoupée de documents historiques.

Que dire quand on lit que les nazis faisaient des calculs de durée de vie moyenne d’un prisonnier ? Ou quand on découvre le régime des punitions infligées et les propagandes de l’époque. C’est effroyable, j’en avais les larmes aux yeux.
Mais, quand Daniel parle de son violon, c’est magnifique ! Cet instrument devient presque vivant par la beauté des paroles « je l’essayai : les cordes répondaient à ma demande comme l’argile répond doucement aux mains qui le modèlent ».

Il emploie le terme « sous-homme » pour désigner ce qu’il est devenu… Un mot qui m’a saisie à la gorge et aux tripes.

Une lecture qui m’a ébranlée, pleine de sensibilité et décrivant toutes les horreurs des Hommes.

Un très gros coup de cœur que je conseille…


L'avis de Livr-esse pour qui ce livre est également un coup de coeur.

mardi 20 avril 2010

Valentine Goby - Qui touche à mon corps je le tue



















Paris, 29 juillet 1943.Une journée, trois personnes reliées par un fil invisible.
Marie G. dans sa cellule attend son exécution en tant que faiseuse d’anges. Lucie L. avortée depuis peu se repose, contemple son ventre meurtri dans sa chambre. Et Henri D., le bourreau, est celui qui viendra couper la tête à Marie G..
Au fils des heures qui passent, chacun des trois protagonistes replonge dans ses souvenirs. On apprend que Marie G. est devenue faiseuse d’anges par hasard, que Lucie L. a développé, enfant, une relation très forte, fusionnelle aves sa mère. Henri D. , lui va de ville en ville là ou l’attendent les condamnés. Tous les trois vivent dans l’ombre, dans les non-dits et dans un silence qui pourrait les mener à la mort.

J’ai trouvé ce livre difficile. L’écriture de Valentine Goby, de très longues phrases, m’a souvent fait perdre la trame. Mais, c’est un livre dont je suis sortie troublée. Le thème abordé, l’avortement illégal est très bien décrit. Quand aux ressentis des personnages, ils sont très forts. On rentre, on s’immisce dans leurs âmes troublées…

Le contexte de l’époque perle entre les lignes et la gorge serrée, j’ai suivi le parcours de Marie G. et de Lucie L.
Je ne les ai pas jugées, au contraire, je les ai soutenues dans leur façon d’être.

Ce n’est pas une lecture aisée, il faut s’accrocher pour ne pas se noyer dans ses profondeurs…

« Le reste du monde dira qu’elle assassine un futur soldat ou une future mère de soldat, tant de journaux, tant d’hommes proclament, depuis 1940, depuis 1871, depuis tellement longtemps avant, que la cause de toutes les défaites gît dans l’utérus mort des femmes ».

D'autres avis chez l'ami BOB

dimanche 18 avril 2010

Jeu d'écriture... nous sommes tous des poètes

Vingt titres de poèmes extraits de divers recueils de Pierre Reverdy : Voix dans l’oreille, Temps de mer, Sans savoir où, Quand on n’est pas de ce monde, Voyage en Grèce, La parole descend, Tambour battant, Mille murmures dans le rang, Lumière rousse, De la pierre à l’eau, L’ombre du souffle, La vitre au cœur, Grain blanc, Horizontal et tout est dit, Art moderne retouché, Le cercle ténébreux, Le poids de l’air, Les hommes intraitables, Chauffage central, A l’aube le veilleur.

Aujourd'hui, Gwen nous propose d’utiliser ces titres (au moins quinze sur les vingt… euh après réclamation de Constance, une dizaine c’est déjà bien…) pour écrire, à notre tour, un poème libre ou rimé, en alexandrins.

Pas poète pour deux sous, je me suis très, très largement inspirée d'une chanson de Miossec pour y quelques titres....

De peur que tout s’écroule,
Je n’ai rien dit, je n’ai rien fait,
Je me suis coulée dans le moule,
Sans savoir où tu m’emmenais.
J’ai enseveli tous me souvenirs,
Pour ne plus te voir partir.
J’ai tenté de m’effacer,
Mais sans savoir où tu étais, je me suis fracassée.
Seul le son de ta voix dans mon oreille
Donnait espoir à ma pauvre carcasse frêle.
Je me suis noyée dans le canapé
Avec mon verre comme seule bouée.
Même à l’aube le veilleur s’était barré.
Par temps de mer, je suis devenu cheval couché
Qui ne peut plus se relever.
La vitre au cœur s’est fêlée sous le poids des regrets.
Juste le poids de l’air pour mourir,
Je t’ai abandonné pour ne plus souffrir,
Pour ne plus te voir partir.
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