jeudi 22 avril 2010

Aki Shimazaki - Tsubaki ou Le poids des secrets



Yukiko est une des survivantes à la bombe atomique tombée sur Nagasaki. Son petit -fils l’interroge sur ce sujet sur lequel elle s’est montrée toujours silencieuse. Quelques jours plus tard, elle décède. Le notaire remet à sa fille Namiko deux enveloppes : une pour elle et la seconde destinée à un certain Yukio. Yukiko a couché sur le papier tout le poids des secrets qu’elle gardait…

Je n’en dirais pas plus sauf que je suis heureuse d’avoir trouvé cette lecture chez Aifelle et Pimprenelle. Ce premier tome parle de l’enfance de Yukiko avec en filigrane le contexte historique de la guerre et celui de la bombe atomique …
C’est beau, délicat et sensible avec une écriture très épurée. On atteint la sphère de la délicatesse. Rien que le style de cette auteure instaure une poésie et toute l’ambiance du Japon. Les mots deviennent aussi purs et fragiles qu’une fleur de camélia.

Cette histoire de famille est belle et magnifique. Quand j’ai terminé ce livre, je n’ai eu qu’un seul regret. Celui de ne pas avoir acheté tout de suite les quatre suivants…! Un gros coup de cœur sous la forme d’un raffinement précieux et rare!

Les avis (tous très bons) de Canel, Lasardine, Joëlle et de Keisha

mercredi 21 avril 2010

Maria Angels Anglada - Le Violon d'Auschwitz



Avertissement pour les acheteurs compulsifs de livres : ce livre est un gros coup de cœur !

Imaginez-vous un livre construit à la façon de mon cher Stefan Zweig. Le narrateur, musicien de profession, nous parle de sa rencontre avec une violoniste. Et alors, me direz-vous. Ces quelques pages nous amènent vers le sujet principal du livre. Car ce livre parle des camps de concentration durant la Seconde Guerre Mondiale à travers l’histoire de ce violon.

Nous sommes en 1944.Daniel, prisonnier juif au camp d’Auschwitz n’est plus qu’un « sous-homme ». Entre les coups et les brimades, il tente de rester en vie. Fabriquer un violon pour le Commandant, « le Monstre » du Camp va devenir sa seule possibilité pour rester en vie.

A la façon du livre « le garçon en pyjama rayé », le violon devient un moyen pour parler de l’atrocité des camps de concentration. On ressent toute la douleur de Daniel, on est humilié pour lui, on a faim à sa place… J’ai été bouleversée sachant que cette histoire est entrecoupée de documents historiques.

Que dire quand on lit que les nazis faisaient des calculs de durée de vie moyenne d’un prisonnier ? Ou quand on découvre le régime des punitions infligées et les propagandes de l’époque. C’est effroyable, j’en avais les larmes aux yeux.
Mais, quand Daniel parle de son violon, c’est magnifique ! Cet instrument devient presque vivant par la beauté des paroles « je l’essayai : les cordes répondaient à ma demande comme l’argile répond doucement aux mains qui le modèlent ».

Il emploie le terme « sous-homme » pour désigner ce qu’il est devenu… Un mot qui m’a saisie à la gorge et aux tripes.

Une lecture qui m’a ébranlée, pleine de sensibilité et décrivant toutes les horreurs des Hommes.

Un très gros coup de cœur que je conseille…


L'avis de Livr-esse pour qui ce livre est également un coup de coeur.

mardi 20 avril 2010

Valentine Goby - Qui touche à mon corps je le tue



















Paris, 29 juillet 1943.Une journée, trois personnes reliées par un fil invisible.
Marie G. dans sa cellule attend son exécution en tant que faiseuse d’anges. Lucie L. avortée depuis peu se repose, contemple son ventre meurtri dans sa chambre. Et Henri D., le bourreau, est celui qui viendra couper la tête à Marie G..
Au fils des heures qui passent, chacun des trois protagonistes replonge dans ses souvenirs. On apprend que Marie G. est devenue faiseuse d’anges par hasard, que Lucie L. a développé, enfant, une relation très forte, fusionnelle aves sa mère. Henri D. , lui va de ville en ville là ou l’attendent les condamnés. Tous les trois vivent dans l’ombre, dans les non-dits et dans un silence qui pourrait les mener à la mort.

J’ai trouvé ce livre difficile. L’écriture de Valentine Goby, de très longues phrases, m’a souvent fait perdre la trame. Mais, c’est un livre dont je suis sortie troublée. Le thème abordé, l’avortement illégal est très bien décrit. Quand aux ressentis des personnages, ils sont très forts. On rentre, on s’immisce dans leurs âmes troublées…

Le contexte de l’époque perle entre les lignes et la gorge serrée, j’ai suivi le parcours de Marie G. et de Lucie L.
Je ne les ai pas jugées, au contraire, je les ai soutenues dans leur façon d’être.

Ce n’est pas une lecture aisée, il faut s’accrocher pour ne pas se noyer dans ses profondeurs…

« Le reste du monde dira qu’elle assassine un futur soldat ou une future mère de soldat, tant de journaux, tant d’hommes proclament, depuis 1940, depuis 1871, depuis tellement longtemps avant, que la cause de toutes les défaites gît dans l’utérus mort des femmes ».

D'autres avis chez l'ami BOB
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