samedi 24 avril 2010

Stefan Zweig - La confusion des sentiments



Les premières pages, j’avoue été un peu surprise par ce professeur qui lors d’une réception donnée en son honneur se remémore certains de ses souvenirs. Mais… ce n’était qu’un leurre ! Car après, l’alchimie Zweig s’est encore produite ! Notre professeur, Rolland, revient sur sa vie d’étudiant qui au départ était plus orientée vers les femmes, l’insouciance et la désinvolture de la jeunesse. Suite à ces quelques mois de vie oisive, il quitte Berlin pour une université plus petite. Il va rencontrer un professeur qui va changer et bouleverser sa vie. Car cet homme enseigne avec une exaltation, un enthousiasme hors du commun. Celui –ci va le respecter et l’idolâtrer. L’élève devient prisonnier de sa vénération, mais le professeur se montre parfois indifférent ou distant. Rolland apprendra la raison qui pousse le professeur à agir de la sorte.

Et je dis merveilleux Stefan Zweig ! Il décline la passion avec une écriture sublime ! Les sentiments de Rolland se voient modifiés tout au long du livre. Son engouement devient extrême et le rend esclave de l’admiration qu’il porte envers le professeur. Quand ce dernier se montre froid, Rolland aveuglé et obnubilé frôle le désespoir. Comme dans la passion amoureuse, les sentiments sont très forts, poussées aux extrêmes. La passion devient dangereuse, destructrice et asservit l’élève.
Stefan Zweig décrit si bien les émotions qu’on les ressent ! Quand il parle de la fougue ou des doutes, ces ressentis nous emparent et on les vit avec toute l’intensité qu’il les écrit.

Ce n’est pas un coup de cœur, c’est bien plus !

« Mais tout d’un coup, je découvrais dans ce texte un univers ; les mots se précipitaient sur moi, comme s’ils me cherchaient depuis des siècles, le vers courait en m’entrainant comme un vague de feu, jusqu’au plus profond de mes veines, de sorte que je sentais à la tempe cette étrange sorte de vertige ressenti quand on rêve qu’on vole ».

Je développe une addiction à cet auteur et je reste bouche bée d’admiration…

D'autres avis : Cynthia ( directrice officielle du fan club Zweig), Keisha,chez l'ami BOB

vendredi 23 avril 2010

Lisa Unger - Et surtout ne te retourne pas



Isabel a tout pour être heureuse. Ecrivain à succès (le rêve de beaucoup de personnes !), marié à Marcus depuis cinq ans, tout va pour le mieux. Enfin du moins, le croit-elle. Le jour où Marcus disparaît et que sa boîte de conception de jeux informatiques est mise sans dessus dessous, elle craint pour la vie de ce dernier. Sauf que Marcus a tout organisé et est loin d’être celui pour qui il se faisait passer.

Le résumé va vous donner l’impression peut-être de déjà lu… Mais ne vous y fiez pas ! Le profil psychologique des personnages est habilement construit et détaillé. La vie d’Isabel est distillée au fil des pages : son enfance, sa rencontre avec Marcus, son infidélité. . On apprend que tout n’est pas si rose. Isabel eu lieu de se morfondre sur elle-même va faire preuve de pugnacité. Elle va mettre à profit son sens aiguisé de l’analyse et du comportement humain pour découvrir la vérité.

Ce livre se lit facilement et dès le départ, on a en envie de savoir le fin mot de l’histoire. Pas de longueurs et une narration à laquelle on mord facilement.

Mon bémol est que l’auteure ait voulu traiter de trop de thèmes dans un seul livre. Aussi, j’ai eu l’impression que chacun des personnages représentait à lui seul une histoire avec quelques clichés…

Merci à Belfond Noir pour la découverte de cette auteure

jeudi 22 avril 2010

Aki Shimazaki - Tsubaki ou Le poids des secrets



Yukiko est une des survivantes à la bombe atomique tombée sur Nagasaki. Son petit -fils l’interroge sur ce sujet sur lequel elle s’est montrée toujours silencieuse. Quelques jours plus tard, elle décède. Le notaire remet à sa fille Namiko deux enveloppes : une pour elle et la seconde destinée à un certain Yukio. Yukiko a couché sur le papier tout le poids des secrets qu’elle gardait…

Je n’en dirais pas plus sauf que je suis heureuse d’avoir trouvé cette lecture chez Aifelle et Pimprenelle. Ce premier tome parle de l’enfance de Yukiko avec en filigrane le contexte historique de la guerre et celui de la bombe atomique …
C’est beau, délicat et sensible avec une écriture très épurée. On atteint la sphère de la délicatesse. Rien que le style de cette auteure instaure une poésie et toute l’ambiance du Japon. Les mots deviennent aussi purs et fragiles qu’une fleur de camélia.

Cette histoire de famille est belle et magnifique. Quand j’ai terminé ce livre, je n’ai eu qu’un seul regret. Celui de ne pas avoir acheté tout de suite les quatre suivants…! Un gros coup de cœur sous la forme d’un raffinement précieux et rare!

Les avis (tous très bons) de Canel, Lasardine, Joëlle et de Keisha
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