mercredi 28 avril 2010

Valeria Parrella - Le temps suspendu




Maria est enseignante dans un centre de formation pour adultes à Naples. A 42 ans, elle vit sa première grossesse. Bien avant le terme, elle accouche d'une petite fille qui est placée en service néonatal pour "grands prématurés".

Je pensais aimer ce livre...

Je voulais savoir comment Maria allait vivre ces heures et ces jours d'attente. Quels allaient être ses ressentis, comment devient-on "mère" quand son bébé est relié à des machines et qu'on le voit à travers le hublot de la couveuse?

J'ai eu l'impression de n'avoir pas eu assez d'éléments et surtout je n'y ai pas trouvé de sensibilité. L'auteure nous parle beaucoup du travail de Maria, de son enfance... et je n'ai pas compris pourquoi. A noter : une quatrième de couverture très prometteuse ...

Je suis complètement passée à côté de cette lecture qu'Aifelle a aimé.
Theoma y a vu de la mélancolie, Mango n'a pas été emballée...
Sylire, Pimprenelle, Lili Galipette ont un avis mitigé.



Merci à pour cet envoi.

mardi 27 avril 2010

Sarah Chiche - L'emprise



Ce livre s’ouvre sur les lignes suivantes :
Le ciel était sale, le jour où je me suis rendue pour la première fois chez Victor Grandier.
Elle venait de mourir. Il m’avait quittée. On me méprisait.
La voiture m’a crachée sur un trottoir.
Une cloche a tinté.
J’ai monté des marches, l’oeil sec et le coeur cassé.
J’allais sur mes vingt-six ans. J’avais tout. Et je n’étais rien
.

D’emblée, j'ai aimé ce style d’écriture. La suite de l’histoire pourrait s’intituler manipulation psychologique, la descente aux enfers qui vous déleste au passage de beaucoup d’argent…

La narratrice, une jeune femme, est déboussolée. Son mari vient de la quitter car il a appris qu’elle avait un amant. Ce dernier l’a également plaquée. Sa grand-mère vient de décéder lui léguant une forte somme d’argent. Sur le fil de la dépression, sa vie part à vau-l’eau. Sur les recommandations d’un ami de son beau-père, elle va consulter Victor Grandier, un thérapeute qui lui promet la guérison et le bonheur. Il lui propose une méthode qu’elle doit suivre au pied de la lettre…

Elle devient une proie facile sans défense pour le thérapeute.

On assiste à son manège fort bien rôdé de Victor Grandier. Il la met d’abord en confiance et lui donne de l’importance. Et surtout sa méthode est de se dévouer pendant trois semaines nuit et jour pour qu’elle aille mieux. Elle doit le consulter tous les jours pendant de longues heures et se plier à ses exigences : couper contact avec sa famille, n’écouter que lui. Le tout moyennant de grosses sommes d’argent évidemment Et là, on se dit que ce n’est pas possible, qu’elle va réagir !
Mais non, car elle est « sa chose » et qu’elle est vulnérable.

Il devient son gourou et surtout il sait se rendre indispensable.
Lavage de cerveau, manipulation psychologique …En un peu plus d’un an, elle va dépenser pratiquement 200 000 Euros en consultation. Mais le bonheur n’a pas de prix comme la possibilité de recommencer une nouvelle vie. Au fur et à mesure, il abat les dernières barrières qu’elle pouvait avoir et il l’entraîne dans des idées délirantes de Diable, de bon/de mauvais.

Sarah Chiche décrit les dérives sectaires de certains thérapeutes qui promettent monts et merveilles. Elle glisse le lecteur dans la peau de la personne fragilisée et nous aussi on s’échoue… C’est bien écrit, on plonge dans ce livre et on en ressort scotché !

Je remercie les éditions Grasset pour ce livre !

lundi 26 avril 2010

Edgar Hilsenrath - Fuck America



Avertissement : Amoureux du langage châtié s’abstenir de cette lecture.

Je ne sais pas comment parler de ce livre. Dérangeant, iconoclaste, voilà les premiers mots qui me viennent à l’esprit.

L’autobiographie occupe une place importante car Edgar Hilsenrath né en 1926 en Allemagne a connu les ghettos juifs avant de partir pour Israël puis pour New-York.

Ce livre commence par un échange de courriers en guise de prologue. 1939 : Nathan Bronsky, juif polonais vivant en Allemagne demande pour sa famille un visa pour l’Amérique. La réponse du Consul Général des Etats Unis ne s’embarrasse pas de politesse ou de courtoisie : selon les quotas d’immigration, ils pourront venir en 1952 et en attendant qu’ils se démerdent !

1952 : Jacob Bronsky, le fils de Nathan, est aux Etats Unis. A vingt-huit ans, il en fait déjà quarante comme fatigué de son passé. Il survit grâce des p’tits boulots minables dans un New-York sans strass et sans paillette. Ici, on est à l’opposé du rêve américain. Dans des quartiers malfamés, clochards et putains se côtoient. C’est là que Jacob traîne avec d’autres immigrés.. Il travaille quand il est vraiment fauché, il combine arnaques et mensonges pour manger à sa faim. Où est le héros gentil, vaillant et poli ? Pas dans ce livre. Obsédé par le sexe, Jacob aime les putes. Comme pour se souvenir ou se décharger du poids de l’Holocauste, il veut écrire un roman sur les ghettos juifs.

Nul besoin de fioritures ou de ronflants pour parler de la misère et de tous les laissés pour compte de la belle Amérique. Le tout est porté par des mots crus ou direct dans un langage direct. Moi qui ne suis pas très guillerette quand le langage est vulgaire, certains passages m’ont un peu dérouté. L’Amérique où l’argent et la réussite prévalent est stigmatisée. Ici, l’auteur a opté pour la vérité aussi peu reluisante soit-elle. Quand il parle de la Shoah, il le fait avec des mots justes et ça fait mal… . Les pensées de Jacob vont de l’essentiel comme à manger à sa faim à des situations où il cherche sa place dans ce pays.

Un livre clash qui rend mal à l’aise.
J'aimerais bien envie de lire "le Nazi et le barbier" du même auteur.

« Avec le truc des toilettes, j’ai pu garder le tête hors de l’eau pendant une semaine.(…) Là, j’ai été à deux doigts de me faire prendre : quand, après le repas, je suis allé aux toilettes pour filer en douce, j’ai constaté que la fenêtre ne s’ouvrait pas. J’ai secoué comme un malade. En vain. J’ai commencé à taper sur le cadre à poings fermés, mais j’ai eu peur de faire trop de bruits. Bronsky, je me suis dit, essaie de voir aux toilettes pour dames. C’est ta dernière chance ».
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