samedi 1 mai 2010

Claude Crozon - D'un autre monde



D’un autre monde est avant tout l’histoire d’une famille les Kergalin que l’on suit sur plusieurs générations. Une famille installée entre Quimper et Douarnenez en Bretagne. Le livre s’ouvre juste avant 1914 et se poursuivra jusqu’à 2001. A travers les époques, la politique et le contexte social, l’arbre descendant de cette famille se déroule avec des personnages qui évoluent dans la vie comme tout à chacun.

A la manière d’une saga familiale, on retrouve les ingrédients amour, pouvoir et argent mais pas à la façon d’une série télé. Ce n’est pas une adaptation de Dallas à la bretonne ! Loin de là ! Pas de coups bas mais des personnages dont les caractères, les envies et les espoirs sont différents.

Au début de l’histoire, j’ai été surprise que dans cette famille, le père François rejetait le breton et voyait dans le français l’avenir. Renseignements pris auprès d’Yvon : l’éradication de la langue bretonne a commencé à la révolution française avec le devise « La république une et indivisible ».. Aussi, certains parents ne l’enseignaient plus à leurs enfants.
Ou alors il s’agissait des enfants qui refusaient car le breton représentait la langue des marins et des paysans.

Pour en revenir à nos moutons et à notre livre, il comporte des points forts mais aussi quelques points faibles.

Ce livre s’inscrit dans l’Histoire et nos Kergalin vont connaître les deux guerres mondiales mais aussi mai 68. Et tout est très bien détaillé. L’horreur et les tranchées de la guerre 14-18 avec des soldats envoyés en première ligne pour se faire massacrer. La seconde guerre mondiale avec les résistants et la collaboration. Puis, la guerre d’Algérie et mai 68.

Les changements économiques comme par exemple l’évolution de l’agriculture et les contextes sociaux de chaque période sont présents. On retrouve également des grandes lignes de l’histoire de la Bretagne et l’émergence de la psychanalyse et de Freud. Rien n’est laissé au hasard !

Malgré tous les changements, la maison familiale demeure le point d’ancrage pour cette famille. Les liens du sang passent aussi à travers cette volonté de garder la maison.

Claude Crozon est psychanalyste ce qui explique sûrement que les comportements humains soient très approfondis.

A la lecture de la première moitié du livre, j’arrivais à me retrouver dans les liens familiaux mais ensuite j’ai eu plus de mal à me retrouver dans tous les personnages. Mon bémol : je me suis un peu essoufflée à la lecture de la seconde partie… et un arbre généalogique aurait été le bienvenu !

Ce livre est très dense sur tous les points et justement, il aurait peut-être fallu le fragmenter en plusieurs tomes... Mais c'est une belle lecture !
Les avis de Pimprenelle et de Lasardine ( de la ronde des Post-it).

Merci aux éditions Robert Laffont pour ce livre !

vendredi 30 avril 2010

Création d'un Club de lecteurs chez Dialogues !

Eh oui ! J'en ai rêvé, ils l'ont fait !
Dialogues vient de créer un club de lecteurs.

Le principe est simple :
une liste de livres est proposée, il faut s'incrire en tant que lecteur et demander le livre que l'on souhaite chroniquer.

Dialogues offre le livre que l'on demande ! Comme dans le cadre d'un partenariat, le délai est d'un mois pour la remise du billet.

Toutes les infos sont ici !

Alors, heureux ???

Alice Ferney - Grâce et dénuement



Aux abords d’une ville, une famille de Gitans occupe un terrain vague « ils étaient des Gitans français qui n’avaient pas quitté le sol de ce pays depuis quatre cent ans. Mais ils ne possédaient pas les papiers qui d’ordinaire disent que l’on existe : un carnet de voyage signalait leur vie nomade ». Une famille où la matriarche Angéline est respectée par ces cinq fils et ses quatre belles filles. Ils vivent dans des caravanes sans eau potable. Les enfants ne vont pas à l’école et ne savent ni lire ni écrire. Ester, une bibliothécaire, va venir à leur rencontre. Il faudra des mois pour qu’elle, la gadjé, ait la permission de lire des histoires aux enfants. Chaque mercredi, elle viendra avec ses livres. Peu à peu, elle va apprendre à mieux les connaître, à les comprendre mais sans jamais les juger.

Il existe des lectures qui vous transportent, qui vous éclairent et qui vous touchent par l’écriture. Incontestablement, « Grâce et dénuement » en fait partie…C’est d’abord une très belle rencontre où les livres permettent de créer des ponts entre deux mondes opposés. On découvre la vie des gitans. Eux qui suscitent la peur, la méfiance partout où ils s’installent. Ils ont leur fierté, ils vivent avec ce qu’ils ont mais sans jamais demander la pitié. A côté de cela, ils ont en eux une richesse incroyable : leurs origines, leur famille soudée et l’amour. Tout y est dit avec les mots justes sans larmoiement mais avec beaucoup de respect.

Quand Esther vient leur lire des histoires, on ressent toute la joie et l’émerveillement des enfants. Des moments de bonheur qui deviennent indispensables et privilégiés pour eux et pour elle. L’écriture d’Alice Ferney est très belle, de cette grâce qui émeut. Dès les premières lignes, le style épué m’a plongé dans un état où seule la lecture de ce livre comptait. Enfermée dans ma bulle, j’ai fait une merveille rencontre moi aussi…

Un gros coup de cœur, une belle leçon de vie...un livre à lire pour toutes ces raisons. Et, je pense qu’il est impossible d’être insensible à l’écriture d’Alice Ferney.

« Quand ils avaient les livres pour eux seuls, ils ne les lisaient pas. Ils s’asseyaient, les tenaient sur leurs genoux, regardaient les images en tournant les pages délicatement. Ils touchaient. Palper doit être le geste quand on possède, car c’était ce qu’ils faisaient, palper, soupeser, retourner l’objet dans tous les sens. »

C’était une lecture commune avec aBeiLLe et Liliba.

Je fais d’une pierre deux coups car je devais églement le lire dans le cadre du challenge organisé par Théoma.
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