jeudi 6 mai 2010

La part d'ombre

Les impromptus littéraires... un blog d'écriture que j'avais répéré chez Leiloona.

Je me lance ! Le thème est "la part d'ombre".
Voici mon texte :

La semaine passée, ma voisine est venue me voir avec mon courrier. Le facteur avait encore mélangé les enveloppes.

Inutile de te dire que cette voisine est une dame de pratiquement 90 ans mais qui se pomponne. Sa main doit trembler sous le poids de l’âge et sa vision doit être un peu plus floue : le rouge à lèvres dépasse de ses lèvres menues, le fard à joues est souvent plus important d’un coté du visage. Mais, elle ne sort jamais sans être maquillée et les années ne lui ont pas enlevé sa coquetterie.
Son mari était pêcheur, sur un thonier il me semble. Elle me raconte souvent ses campagnes de pêche. Il avait embarqué sur un bateau en tant que mousse alors qu’il ne savait même pas nager. Quand elle parle de son mari, ses yeux s’embuent, elle sort un mouchoir pour effacer au plus vite cette marque de sentiments. Etrangement, elle ne parle d’elle qu’à travers de lui comme si sa propre vie n’était qu’une ombre. Si je lui pose des questions, elle détourne son regard du mien ou baisse les yeux comme par pudeur. A croire qu’elle détient en elle une part d’ombre qu’elle ne veut pas dévoiler. Contrairement aux autres personnes âgées, elle ne va pas à la messe. Elle m’a dit d’un air triste qu’elle n’aurait pas le droit au paradis et qu’elle ferait perdre son temps au bon dieu si elle devait tout lui raconter. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle a fait semblant de ne pas entendre ma question.

Ses volets étaient fermés depuis deux jours. Je me suis inquiétée et j’ai été frappé à sa porte, aucune réponse. Seul son chat est venu se frotter contre mes jambes. L’arrière cuisine était ouverte comme d’habitude. Je l’ai appelée… pas de réponse. Le bruit de l’horloge brisait le silence, elle était allongée sur son lit. Immobile. Ses cheveux longs lui encerclaient le visage. Posée sur sa tache de chevet, il y avait la photo d’un couple. J’ai regardé de plus près. C’était elle sur la photo accompagnée d’un homme en tenue d’officier Allemand.

J’ai compris pourquoi elle ne voulait jamais parler d’elle... Elle dissimulait son passé sous son maquillage.

Emmanuelle Urien - Court, noir, sans sucre



Avertissement : pour ceux et celles qui n’aiment pas les nouvelles, continuez à lire. Pour ceux et celles qui les aiment, continuez à lire.

Vous l’aurez compris, personne n’a d’excuse pour ne pas lire ce livre, ô combien, superbe !

Des nouvelles écrites avec Art et brio. Oui, je sais rien que ça ! Et, je ne peux être que dithyrambique !

On y parle de mort, de situations délicates mais tellement vraies ! Des scènes du quotidien où l’ironie s’invite, des personnages avec leurs espoirs et leurs envies bousculés tout d’un coup et pour qui la vie n’a plus de sens. Les âmes sont décryptées, les rapports humains sont décortiqués sous l’œil aiguisé de l’auteure.

J’ai dévoré ces nouvelles ! Et avant de lire les dernières lignes (ou la fameuse chute), je me demandais ce que me réservait Emmanuelle Urien. Un grincement de dents, une franche rigolade ou un pincement au cœur mais toujours du plaisir !

Le style est entrainant et j’ai dû me faire violence pour ne pas les lire toutes en une seule fois.

Un très gros coup de cœur et je vais m’empresser de lire d’autres nouvelles d’Emmanuelle Urien.

Court, noir, sans sucre… vous aurez compris ce que ce titre est une deuxième peau à ce livre.


Merci à Sylire de m’avoir fait découvrir cette grande nouvelliste !

Keisha, Gwénaëlle ont également aimé.

D'autres avis chez l’ami BOB !

mercredi 5 mai 2010

Ma rencontre avec Katherine Pancol



Après « les yeux jaunes des crocodiles », « la valse lente des tortues », Joséphine, Hortense, Gary pour ne citer qu’eux, reviennent nous faire sourire et nous distraire dans « les écureuils de Central Park sont tristes le lundi matin ».

Katherine Pancol est à elle seule un tourbillon de vie et de gaieté ! A l’image de son blablablog, elle est naturelle et très sympathique.

Ce matin, elle a failli faire exploser le tarmac de l’aéroport (eh oui Katherine, pas le droit de fumer !). Puis dans l’avion, elle s’est faite remonter les bretelles car elle avait son sac sur les genoux. Non, ce n’est pas une terroriste mais quelqu’un comme vous et moi !

Elle raconte tout ça en rigolant et c’est ce que j’aime chez elle ! Pas de chichis mais un grand sourire aux lèvres !

Je lui ai posé trois questions :
Pourquoi a t elle écrit ce troisième volet ? Parce que ses personnages sont devenus une deuxième famille. Autant d’enfants dont il fallait s’occuper !

Y aura-t-il une suite à la trilogie ? Il est trop tôt pour y répondre.
Que fait-elle quand elle n’écrit pas ? Elle lit et elle traîne … (veinarde !)

Merci Katherine pour votre gentillesse, votre bonne humeur et surtout ne changez pas !
Je remercie Clémence et Danhong pour m'avoir organisé cette rencontre !

EDIT de 18h50 à la demande de Gambadou et de Cynthia :
En fait, j'ai accompagné Clémence de Dialogues à l'aéroport pour aller la chercher.
Car Katherine Pancol était aujourd'hui à Brest.
Nous avons papoté à l'aéroport, en voiture et elle est extraordinaire!!!

J'étais invitée à déjeuner avec elles .. mais j'ai dû refuser pour cause de fatigue (hélas). Ne me tuez pas !!!
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