samedi 8 mai 2010

Nelly Alard - Le crieur de nuit



«Tu es mort. Enfin.» Voilà la première chose que se dit Sophie en apprenant la mort de son père.
Quatre mots qui en en disent long et qui nous préparent à découvrir quelle était l'attitude de ce père.
Car ce roman est un livre sur la mort et où les souvenirs remontent à la surface. Tout y est dit avec des mots justes et remplis de pudeur, sur un ton sans fausse note.

Ce huit-clos familial se déroule en Bretagne sur sept jours. Sept jours où Sophie va se délivrer du poids de son passé. Un père atteint de la maladie de Parkinson mais qui était un tyran pour sa famille. Autoritaire, égoïste, pouvant rentrer dans des rages folles allant jusqu'à traiter sa file de 8 ans de putain. Jamais de main levée, oh non, pas de bleus physiques mais des blessures profondes, indélébiles. On y perçoit aussi de brefs instants d'amour paternel. Rares et insuffisants. Les vacances n'en sont pas, il faut être au service et obéir à ce père. Sophie même arrivée à l'âge adulte et délivrée de la présence physique de son père en souffrira encore. La mère sera le bouclier fragile entre son mari et ses enfants. Sacrifice absolu elle s'en occupera lorsqu'il sera malade et dépendant.

Tout le récit est entrecoupé de passages du livre " La légende de la mort chez les Bretons armoricains" d'Anatole Le Braz. Et ces extraient se glissent, s'insèrent parfaitement dans le livre expliquant le caractère de la mort en Bretagne.

Un premier roman exemplaire et magnifique qui ne tombe jamais dans le mélo. Une fois de plus, j'ai terminé ce livre la gorge serrée d'émotions et c'est un très gros coup de cœur ...vraiment !

"Et la télévision. Dans la salle à manger, elle trône bout de table, à la place d'honneur. (...) Nous bouffons du journal télévisé à tous les repas. (...)Pour cette raison à table, le silence absolu est de règle. Il est difficile de saisir l'instant où l'on peut se risquer à demander du pain ou du sel, ou pousser devant le téléviseur pour aller en chercher en cuisine. Pendant la météo, on a compris, personne ne moufte. Pendant le journal télévisé non plus. Mais aucun programme n'est parfaitement sans danger, pas même les publicités. Il peut toujours arriver que justement, JUSTEMENT, il y avait dans cette publicité un instant précis que tu adores, une image, une phrase que tu attendais depuis le matin, qui est le rayon de soleil de ta journée, sans qu'on le soupçonne, et de se prendre une bordée d'injures, ou de se faire casser la baguette de pain sur la tête".

J'ai choisi ce livre chez Dialogues croisés, le club des lecteurs Dialogues et je les remercie.

vendredi 7 mai 2010

Charles McCarry - Le convive du dernier soir



Avertissement : si vous voulez un avis enthousiaste, arrêtez tout de suite de lire mon billet !

Quatrième de couverture :
À travers la vie de Paul Christopher, son héros, c’est l’histoire d’un service secret, l’Outfit, que nous raconte Charles McCarry.
Le récit débute en Allemagne, lorsque les nazis prennent le pouvoir, mettant ainsi un terme à l’enfance heureuse de Paul, sur les bords de la Baltique. Un demi-siècle plus tard, après une succession de meurtres, Paul a-t-il enfin vaincu ses ennemis ? Des antichambres du Troisième Reich aux recoins les plus sombres de l’Europe en ruine, en passant par les prisons chinoises, Charles McCarry multiplie les rebondissements, s’inscrivant ainsi dans la grande tradition du roman d’espionnage américain, aux côtés de John Le Carré ou de Robert Ludlum.

Pour ceux qui commencent à me connaître, si je ponds directement, la quatrième de couverture c’est parce je ne vois pas comment je peux faire un résumé de ce livre. Effectivement, au début, il est question d’une famille à l’aube de la seconde guerre mondiale. Jusque là ça se tient … Paul comprend que ses parents Hubbard et Lori aident des personnes à fuir le régime nazi. Jusque là ça se tient …Ensuite, c’est fouillis et confus ! Ce livre alterne plusieurs époques, plusieurs guerres (au Japon, en Birmanie, en Indochine) mais sans jamais qu’on ait une précision de date.

Je n’y trouvé aucun rebondissement. Pas à une seule page, j’ai été tenue en haleine me posant des questions … non pire, je devais revenir en arrière pour essayer de trouver un fil conducteur.

Un shaker, des personnages, des guerres, vous mélangez le tout et hop, ça vous donne ce livre...

Je me suis ennuyée et c’est une grosse déception !

D'autres avis à venir chez BOB . Désormais, quand je verrais cette phrase « dans la grande tradition du roman d’espionnage américain », je prendrais mes jambes à mon cou !

Arnaud Cathrine - Les yeux secs



Un pays où la guerre civile fait rage. Deux adolescents ont survécu mais à un pris douloureux : faire semblant d’être morts à côtés des cadavres de leurs parents. Comment s’en sortir et surtout comment vaincre peur ?

Premier livre d’Arnaud Cathrine que je lis… mieux tard que jamais ! Ici pas de nom de pays ou d’année, c’est l’horreur d’une situation qui est mise en avant. La guerre, les patrouilles de la milice, les traitres ... le lecteur encaisse !

Je n’avais pas lu pas la quatrième de couverture alors quand j’ai appris qu’ils devaient singer la mort à côté de leurs parents, le choc a été brutal. Les deux adolescents passent par différents stades : le renoncement, l’envie de s’en sortir, le découragement. La révolte qu’il sont obligés de terrer au plus profond d’eux même et la peur omniprésente…. On se prend tout ça en pleine figure et j’ai été happée par tous ces éléments !

Sauf que le dénouement tragique est trop prévisible et se produit trop vite. D’où une impression d’inachevé….

Une lecture qui m’a secouée...
Quand on sait qu’il s’agit d’un premier roman, on n’a qu’une seule envie : lire d’autres livres de cet auteur !


« La mort qui est en marche, c’est un sentiment dont est tout de suite confusément persuadé.
Voilà ce que ça fait vraiment quand elle est proche : on sait seulement qu’elle est là
».
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