dimanche 9 mai 2010

Tilla Durieux - Séances de poses chez Renoir en 1914



Un petit livre séparé fait en deux parties. Dans la première partie, Catherine Krahmer nous parle de l’actrice Tilla Durieux et du contexte. En Tilla Durieux était une actrice renommée à Berlin, le déclenchement de la première guerre mondiale est imminent. La seconde n’est autre que le témoignage de Tilla Durieux quand elle va poser pour Renoir. Des pages que l’on savoure…

Une première rencontre où elle est intimidée puis, au fil des séances, et malgré la barrière de la langue, on ressent qu’elle devient plus à l’aise. Renoir malgré son arthrose aux mains fera le tableau en quinze jours. Un Renoir humain loin de l‘image inaccessible du grand maître.

Cette lecture a eu l’effet d’un catalyseur pour moi. Je ne me suis jamais vraiment intéressée à cet Art mais ce livre m’a donnée envie d’apprendre à contempler, à regarder les tableaux.

« Mon cœur battait la chamade, j’étais incapable de prononcer le moindre mot ; j’observais le regard de Renoir allant de moi à la toile, de la toile à moi, tandis qu’il commença à esquisser les contours à grands traits. »

Aifelle qui m'a prêtée ce livre en parle magnifiquement ainsi que Mango.

samedi 8 mai 2010

Nouvelle tournée de livres voyageurs

Une p'tite tournée de livres voyageurs pour la table 12!Et que ça saute!

" Au bon roman " de Laurence Cossé pour vous faire votre propre avis...

" Les yeux secs " d'Arnaud Cathrine

" Le poids des secrets - tome 1" d'Aki Shimazaki

" Catalène Rocca" de Jean-François Delapré

" Gloire" de Daniel Kelhmann

Et ... mon dernier coup de coeur :

" Le crieur de nuit" de Nelly Alard

Les conditions sont inchangées!

On m'envoie un (gentil) mail avec son adresse postale.
On prend soin des livres, on ne les encorne pas ( je suis maniaque sur ce point). On me prévient quand on reçu le livre et idem quand on l'envoie à la personne suivante.

Voili, voilà....

Nelly Alard - Le crieur de nuit



«Tu es mort. Enfin.» Voilà la première chose que se dit Sophie en apprenant la mort de son père.
Quatre mots qui en en disent long et qui nous préparent à découvrir quelle était l'attitude de ce père.
Car ce roman est un livre sur la mort et où les souvenirs remontent à la surface. Tout y est dit avec des mots justes et remplis de pudeur, sur un ton sans fausse note.

Ce huit-clos familial se déroule en Bretagne sur sept jours. Sept jours où Sophie va se délivrer du poids de son passé. Un père atteint de la maladie de Parkinson mais qui était un tyran pour sa famille. Autoritaire, égoïste, pouvant rentrer dans des rages folles allant jusqu'à traiter sa file de 8 ans de putain. Jamais de main levée, oh non, pas de bleus physiques mais des blessures profondes, indélébiles. On y perçoit aussi de brefs instants d'amour paternel. Rares et insuffisants. Les vacances n'en sont pas, il faut être au service et obéir à ce père. Sophie même arrivée à l'âge adulte et délivrée de la présence physique de son père en souffrira encore. La mère sera le bouclier fragile entre son mari et ses enfants. Sacrifice absolu elle s'en occupera lorsqu'il sera malade et dépendant.

Tout le récit est entrecoupé de passages du livre " La légende de la mort chez les Bretons armoricains" d'Anatole Le Braz. Et ces extraient se glissent, s'insèrent parfaitement dans le livre expliquant le caractère de la mort en Bretagne.

Un premier roman exemplaire et magnifique qui ne tombe jamais dans le mélo. Une fois de plus, j'ai terminé ce livre la gorge serrée d'émotions et c'est un très gros coup de cœur ...vraiment !

"Et la télévision. Dans la salle à manger, elle trône bout de table, à la place d'honneur. (...) Nous bouffons du journal télévisé à tous les repas. (...)Pour cette raison à table, le silence absolu est de règle. Il est difficile de saisir l'instant où l'on peut se risquer à demander du pain ou du sel, ou pousser devant le téléviseur pour aller en chercher en cuisine. Pendant la météo, on a compris, personne ne moufte. Pendant le journal télévisé non plus. Mais aucun programme n'est parfaitement sans danger, pas même les publicités. Il peut toujours arriver que justement, JUSTEMENT, il y avait dans cette publicité un instant précis que tu adores, une image, une phrase que tu attendais depuis le matin, qui est le rayon de soleil de ta journée, sans qu'on le soupçonne, et de se prendre une bordée d'injures, ou de se faire casser la baguette de pain sur la tête".

J'ai choisi ce livre chez Dialogues croisés, le club des lecteurs Dialogues et je les remercie.
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