dimanche 23 mai 2010

Didier Goupil - Femme du monde




Avant toute chose, Madame boit du thé dans son lit. Bien plus qu'une nécessité, c'est devenue une volupté.
Madame fond avec les sels de son bain.
Madame accompagne ses robes d'après-midi de longs gants à boutons, et d'un grand et candide chapeau d'organdi.


Les premières pages de ce livre sont dédiées à Madame. Des demi-mots, des phrases courtes mais travaillées pour décrire la nonchalance et de l'élégance de Madame. Au début, je m'étais imaginée une femme grande, mince. Une femme au port altier qui accomplit ses gestes avec une grâce infinie et dotée d'une élégance innée. Une femme qui a de l'argent, une femme du monde, lasse de fréquenter les soirées et les réceptions.


La famille de Monsieur faisait dans l'argenterie. Monsieur, lui dans la jeunesse dorée.
Monsieur ne comprenait pas que Madame aime poser pour des peintres immigrés.
Monsieur et ses cigares.


On apprend que Monsieur et Madame n'étaient pas si heureux qu'il en avaient l'air. Monsieur avait des points de vue sur le Monde...

Puis la guerre. Madame ne la vivra pas en sacrifiant quelques bijoux ou richesse ... Madame va payer de sa personne.

Je n'en dirais pas plus... on apprend ce qu'il arrive à Madame et on comprend beaucoup de choses.Certes, Madame est une femme du monde mais elle porte en elle un lourd passé.

Le style épuré, l'écriture de l'auteur m'ont immergée dans l'ambiance.

Je n'ai pas lu ce livre non je l'ai délecté... un portait de femme très beau et très touchant. L'image de Madame m'habite encore et j'ai l'impression qu'un peu de sa grâce distillée, flotte dans l'air. Si je croisais Madame, je baisserais la tête par respect car son élégance lui sert de carapace.

Un livre à lire et dont il faut savourer l'écriture.


Merci à Anne-Sophie et à Cynthia pour ce double livre voyageur.
D'autres avis : Pimprenelle, Lily.

samedi 22 mai 2010

Anna Dubosc- Spéracurel



J’aurais aimé dire que ce livre m’a fait passer un bon moment ou qu'il m'a plu. Oui, j’aurais aimé car il s’agit d’une nouvelle maison d’édition et que ce livre est également le premier pour l’auteur.

A la troisième page, je me suis arrêtée pour chercher la définition du mot « queblo »… Eh oui, je ne suis pas passée au langage verlan. Amis du langage châtié, pas de panique, il s’agit du seul mot utilisé. Ce livre est constitué d’une multitude de petits chapitres de quelques pages. Ces derniers correspondent à des éléments la vie d’Anna. Présent, passé , enfance, présent porche..… oui, mais il m’a fallu interrompre de retour ma lecture au 4ème chapitre car j’étais perdue. Dans ce cas, un seul recours : la quatrième de couverture ! Mais celle ne comporte qu’nu extrait du livre. En poursuivant ma lecture, j’ai enfin compris de quoi il en retournait. Hélas, je n’ai pas trouvé de fil conducteur dans les pièces de ce puzzle. Anna nous parle de sa mère, de sa fille, de son ex, de sa sœur jumelle entre autre mais tout m’a semblé embrouillé.

L‘écriture est le langage de la vie quotidienne. Mais, j’ai eu l’impression que l’auteur en faisait de trop. A vouloir coller au mieux à une réalité, elle est fardée exagérément. Et ça se ressent dans les mots employés, dans les dialogues… La lectrice que je suis est restée sur le bas côté.

Des « flashs » de la vie d’une jeune femme qui m’ont parus très confus. Et, je suis complètement passée à côté de ce livre… Je n’ai pas compris ce qu’Anna voulait me dire.

A noter, le format du livre et la couverture cartonnée très sympa !

Merci à l’ami BOBet aux éditions « Rue des promenades » pour ce livre.

Jostein Gaarder - La Belle aux oranges



Imaginez ...vous êtes un adolescent comme tant d'autres, entouré de mère, de votre beau-père et d'une petite-soeur . Votre père est décédé de maladie alors que vous aviez trois ans. Du jour au lendemain, on vous remet une lettre trouvée par hasard, écrite par votre père onze plus tôt et qui vous est destinée.
Vous vous enfermez dans votre chambre, vous ouvrez l'enveloppe et le premier des feuillets commence par "Es tu bien assis Georg?Il aies un peu important que tu aies une assise stable, parce que je vais maintenant te raconter une histoire haletante... "

Georg est surpris, étonné... son père lui "parle", lui raconte une très belle belle histoire d'amour qu'il a vécu avec la Belle aux oranges. Pas un récit linéaire mais une conversation entre un père qui se sait condamné et dans laquelle, il pose des questions à son fils ou lui demande son avis.

En une soirée, Georg va la lire, réfléchir aux question et y apporter ses propres réponses.

Ce livre m'a émue, touchée, chamboulée. Déjà, il y a la première histoire où la lettre se révèle comme un lien , une passerelle entre un père et son fils. Ce père qui avant de mourir prend la décision d'écrire à son fils. Des feuillets qui comportent des conseils pour apprécier, aimer la vie et des questions. Ce "dialogue "va permettre à Georg de se grandir, de se construire. Dans cette lettre, le père considère Georg d'égal.

Et puis, il y a l'histoire d'amour avec la Belle aux oranges racontée sous la forme d'un conte. Une histoire envoutante par sa beauté. D'ailleurs, comme Georg , je me suis demandée si son père ne fabulait pas. Mais non, c'est une histoire d'amour pour une femme, pour la vie et pour un fils que l'on s'apprête à quitter.

Une histoire où le ciel, l'oeil de l'univers le télescope Hubble ont un rôle...

J'ai fini cette lecture , cet hymne à la vie, la gorge serrée d'émotions...C'est un gros coup de coeur. L'écriture y très belle et remplie de messages dont un, celui que la vie nous éclaire par des signes inattendus remplis d'amour.

Un livre tout simplement magnifique...


Un autre avis tout aussi enthousiaste : Leiloona.

"Regarde le monde, Georg, regarde le monde avant d'avoir appris trop de physiques ou et de chimie."
"Ne viens pas me dire que la nature n'et pas un miracle. Ne viens pas me dire que le monde n'est pas un conte de fées. Celui qui ne l'a pas comprris ne le comprendra peut-être pas avant que le conte soit sur le point de le terminer. On dispose alors d'une dernière chances d'arracher ses oeillères, d'une dernière occasion de se frotter les yeux de stupéfaction, d'une dernière possibilité de s'abandonner à ce miracle dont on prend congé et que l'on va quitter".
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