jeudi 3 juin 2010

Yveline Dupuis - Les seins de Sophie



Les années 60 : Bardot, le ski nautique et l'huile de monoï sur le sable chaud. Mais aussi les institutions religieuses pour filles, la messe en latin tous les jours, les cours de couture et le mystère de la sexualité.
Sophie entre dans l'âge ingrat avec un appareil dentaire et des seins asymétriques. Forte de sentiments ambigus pour un homme, et dotée de convictions radicales sur l'amour, la maternité et le mariage, elle suit les élans de son cœur sur des chemins peu conventionnels.


Ce livre est bel et bien une chronique sociale sur les mœurs de la société bourgeoise parisienne. Sophie, cadette de la famille Durant, doit suivre le parcours scolaire et mais aussi les mondanités imposés par ses parents. Ici, il n’est pas question de la jeunesse de la France rurale.

Côté écriture, c’est léger et pétillant comme des bulles. Le fait que l’auteure ait été journaliste pour un magazine (jeune ?) s’en ressent. Elle intervient au fil de la narration pour commenter les situations ou les évènements. Sauf qu’au bout d’un moment, trop de bulles soit ça donne mal à la tête ou ça agace! J’ai donc commencé à me lasser de ces petites phrases d’humour ou ces expressions en anglais…no comment. Heureusement, plus on avance dans la lecture et moins ces petits traits « d’humour » sont présents.

Tout ce qui compose l’éducation d’une jeune file de bonne famille est décrit à petits coups de canifs aiguisés : l’école chez les sœurs, les rallyes, les bals des débutantes. A travers Sophie, les tabous de la sexualité comme l’ignorance sur ce sujet sont pointés du doigt! La peur de tomber enceinte, le quand dira-t-on et le déshonneur pour la famille. Sophie a du caractère et ne se laisse pas marcher sur les pieds. Entres ses amitiés, ses amours et son malaise à accepter sa féminité, on ne s’ennuie pas. Sauf que ce livre est centré sur la jeunesse aisée … c’est trop doré et clinquant du début à la fin ! Et il n’y a aucune évocation de l’autre jeunesse de cette époque.

Ce livre m’a fait penser au film réalisé sur la vie de Françoise Sagan avec Sylvie Testud car Sophie possède un peu de cette impertinence malicieuse.

Une lecture distrayante pour l’été entre la crème solaire et les châteaux de sable.

Je remercie à Livraddict et aux Editions Albin Michel pour ce livre!

Emmanuelle Urien - Toute humanité mise à part



Toute humanité mise à part est le recueil de nouvelles d’Emmanuelle Urien le plus gentil. Quand je dis gentil, on n’y trouve pas tout le cynisme de Court, noir sans sucre et de La collecte des monstres.

Douze nouvelles où les regrets, l’amertume ou la vengeance sont présents. Sans oublier la vie et ses travers qu’Emmanuelle Urien revisite. Mes préférées sont sévices compris où il est question d’une femme battue par son mari et la confusion des peines mettant en scène une ado et sa mère.
La plupart de ces nouvelles ont été primées lors de concours de nouvelles. A préciser : toutes ne sont pas en à chute.

Des nouvelles où l’écriture d’Emmanuelle Urien nous fait plonger, tête la première, dans la vie de ses personnages. Et à donner des complexes à ceux et celles qui participent à ce type de concours !

Ce n’est pas un coup de cœur car j'ai préféré ses deux autres excellents recueils.

mercredi 2 juin 2010

David Vann - Sukkwan Island



Ce livre est passé pratiquement par toutes les mains et sous tous les yeux. Sauf chez bibi. Mango a entendu mon cri de détresse et m’a permise de le lire enfin ! Et, je ne le regrette pas…

Un père amène son fils Roy âgé de 13 ans sur une ile sauvage au sud de l’Alaska. Pas pour un mois de vacances mais pour une année complète. Roy se rend compte que son père n’a pas pensé à tout pour leur vie quotidienne. Les journées se passent à construire un abri pour le bois, à pêcher pour manger. Roy commence à regretter d’être venu. La nuit, il entend son père sangloter et se lamenter sur ses échecs amoureux.

On pressent qu’il va se passer quelque chose. Et banco ! A la fin la première partie du livre ( soit à la moitié du livre), un drame se passe. Je n ‘en dis pas plus car peut-être que je ne suis pas la seule bibi à ne pas l’avoir lu. Je m’étais imaginée à tout sauf à ça !

Pour lire la seconde partie du livre, il vaut mieux avoir l’estomac bien accroché. Certaines descriptions liées au drame sont assez répugnantes. La personnalité du père est au cœur de cette partie et on en apprend d'avantage sur lui. Tant j’ai trouvé un peu trop détaillé les aspects pratiques pour vivre sur une île sauvage, tant la seconde partie a défilé à une allure sans répit.

Une lecture qui m’a bien sonnée ! Et je dis : à lire !

Comme Mango, je me suis juste posée la question de savoir pourquoi la mère de Roy a accepté qu’il parte avec son père pendant une année sur une île coupés du monde. Le père de Roy ayant eu des projets aussi solides qu’un château de cartes.

Je ne note pas tous les blogs qui en parlent (excusez ma fainéantise matinale…)
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