lundi 7 juin 2010

Sylvie Germain - Magnus



Nous sommes en Allemagne avant la seconde guerre mondiale. Agé de cinq ans, Franz-Georg suite à un traumatisme perd tous ses souvenirs d’enfance, « il ne lui reste aucun souvenir, sa mémoire et aussi vide qu’au jour de sa naissance ». Un père médecin, une mère très protectrice. Après la guerre il faut changer de noms, Franz-Georg ne le sait pas mais son père est un nazi qui travaillait dans les camps de concentration. Son père s’enfuit au Mexique sous autre nom où l’on perd sa trace. Sa mère le confie le confie à son frère qui habite en Angleterre. Franz-Georg devient Adam mais il veut retrouver ce père criminel. Il part au Mexique à sa recherche et découvre la vérité sur ses origines. La quête de l’identité le ronge, le pousse à savoir tandis que les démons de la guerre sont toujours présents. Son compagnon d’enfance sera de tous les voyages, de toutes les recherches : son ours en peluche Magnus. D’ailleurs, il changera son nom en celui de Magnus.

J’ai aimé ce livre ! J’ai aimé sa construction de chapitres en fragments intercalés de notules. Fragments comme la mémoire dissolue, trouble ou des morceaux épars de souvenirs. J’ai aimé cette histoire sur la quête de l’identité où Magnus tente de se construire en cherchant les bases qui lui manquent. Un récit, une histoire qui flirte par moment avec le conte. J’ai aimé l’écriture de Sylvie Germain si belle qui m’a transportée…

Une écriture limpide qui coule comme de l’eau. Avec une sensibilité, une grâce qui se veut parfois poétique.

Une lecture envoutante. On a la tête remplie des mots de Sylvie Germain et l’envie de les garder précieusement, de ne pas les oublier.


Un gros coup de cœur !

Contrairement à Sylire, j’ai adoré la fin que je trouve magnifique, une porte ouverte qui nous fait réfléchir à nos propres vies. Pour Canel il s'agit également d' un coup de cœur ! D'autres avis chez l'ami BOB.

Si vous l’avez lu, merci de me transmettre vos liens pour que je les intègre.

Une femme se présente dans le centre, elle passe les enfants en revue. Une femme encore jeune, élégante, mais le visage durci par un deuil récent. L’histoire de ce petit garçon, non pas sourd-muet mais vierge de tout souvenir, l’intéresse. Elle l’observe longuement, le trouve joli, placide, et le devine intelligent. C’est un garçonnet bouclé, aux yeux noisettes, au crâne en parfaite conformité avec les normes aryennes, au sexe non circoncis. Sain de corps et de race ; quand à l’esprit, il est nu, page gommée prête à être encore réécrite. La femme se chargera de la blanchir à fond avant d’y écrire à sa guise, elle dispose d’un texte de rechange. Un texte de revanche sur la mort.

dimanche 6 juin 2010

John Burnside - Un mensonge sur mon père



Dans ce livre, John Burnside écrit sur son père. Au lieu de nous raconter des mensonges et de placer son père sur un piédestal, il nous décrit une vérité peu reluisante. Qui serait fier d’avoir un père alcoolique, menteur ? Qui aimerait dire dans ce cas « mon père c’est un type formidable » ?

Un père qui agit en tyran et qui ramène ses soirs de beuverie ses copains à la maison. Une mère dépressive et anémique qui protège comme elle le peut John et sa sœur. Le manque d’argent et d’affection dans les cités minières.
Un père moitié docteur Jekyll et moitié Mr Hyde qui n’a jamais cessé de mentir sur ses origines. Lui, l’enfant abandonné n’a pas voulu donner le bonheur à sa famille. John sera son souffre douleur, l’objet de des humiliations. Comme le dit John, son père pouvait être bien pire et bien plus odieux quand il était sobre.

John en grandissant va toucher à la drogue, à l’alcool et va vouloir un jour commettre l’irréversible : tuer son père. A la mort de sa mère, il décide de quitter une bonne fois pour toute la maison familiale et d’abandonner ce père.

Quel livre ! D’abord il y a cette écriture sobre pour parler de l’alcoolisme. Sans tomber dans le pathos, il nous décrit bien plus qu’une enfance malheureuse et une Ecosse miséreuse. Il s’agit d’un parcours : comment se construire malgré tout et comment s’accrocher à ce que l’on nomme la vie.

Une lecture puissante et fulgurante … Un coup de cœur pour moi.

Merci à l'ami BOB et aux éditions Le Point pour ce livre !

Le billet d'Yv qui a également aimé.

La tête en friche - le film





Je suis ressortie du ciné avec des d'envies de lecture ! Lire "la promesse de l'aube" de Roman Gary et " la tête en friche" de Marie-Sabine Roger!

Ce film est une ode aux mots, aux livres et aux amitiés qu'ils savent créer.
La tête en friche c'est comme un champ non cultivé où l'on n'a rien semé. Germain va rencontrer Margueritte qui va lui donner l'envie, la volonté de connaître, de manier les mots.

Tout le pouvoir de la lecture est retranscrit dans des dialogues qui sonnent juste... Pas de flonflon ou de grands discours, non, des phrases qui vont droit au coeur et comme le dit Margueritte "nous sommes des passeurs de livres". A nous de transmettre la passion de la lecture ....


C'est beau ! On a la tête émerveillée et le coeur pincé....

Je vous invite à aller lire l'avis Géraldine qui en parle très bien !
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