mercredi 9 juin 2010

Fred Vargas - L'homme aux cercles bleus



Depuis 4 mois, les journalistes parisiens se régalent d’une affaire un peu spéciale. Des cercles bleus sont tracés pendant la nuit sur les trottoirs. Ces cercles dessinés à la craie bleue entourent des objets aussi divers que variés : trombone, pince à épiler…
Et, la même phrase : "Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors?" est toujours inscrite.
Le commissaire Adamsberg muté depuis peu à Paris n’y voit pas qu’un simple jeu ou l’acte d’un maniaque. L’avenir va lui donner raison : une femme égorgée est retrouvée.

J’ai eu du mal à rentrer dans ce livre.
Le personnage de Mathilde m’a semblé peu crédible : grande océanographe de renom qui aime suivre les personnes ou faire la fête quand elle n’étudie pas les poissons. J’ai trouvé que le commissaire Adamsberg lui faisait trop rapidement confiance alors qu’il ne la connaissait que depuis peu. Danglard l'acolyte d'Adamsberg est largement penché sur la boisson. Et là, je me pose une question : pourquoi les flics sont souvent alcooliques dans les livres ?
A la moitié du livre, j’ai failli abandonner ma lecture… je m’ennuyais.


Eh oui, il faut attendre un moment avant que le premier cadavre fasse son apparition (mauvais jeu de mots !) et que l’enquête commence.
La seconde partie s’est révélée un plus rythmée grâce au raisonnement d’Adamsberg. Le dénouement est original mais ça n’a pas été suffisant pour que j’oublie tous les bémols…

Une lecture synonyme de petite déception en conclusion !

Il s'agissait d'une découverte de cette auteure en ce qui me concerne. Allons voir chez Pimprenelle ce que les autres participants ont lu...

mardi 8 juin 2010

Emmanuelle Urien - Tu devrais voir quelqu'un



Sarah, 34 ans est secrétaire médicale mais son passe temps c’est l’écriture. Elle écrit sur des carnets, lors des diners, elle s’échappe dans les toilettes pour noircir des pages. A part, Fatiha, une amie de longue date, Sarah ne voit personne. Sauf Julien avec qui l’amour est compliqué. Un homme avec un chapeau apparaît comme une tâche dans son champ de vision. Il est toujours là, à côté d’elle. Mais personne ne le voit. Sarah s’habitue à cet homme qu’elle appelle Janvier et découvre que ses écrits le dirigent.

Emmanuelle Urien nous embarque dans une histoire en un rien de temps ! Comme dans ses nouvelles, le style est impeccable et elle mène le lecteur comme elle l’entend. D’ailleurs Sarah fait de même avec son personnage. Depuis qu’elle a découvert que son écriture commandait Janvier, elle se coupe du monde. Mais qui est fou dans cette histoire ? Qui dépend de qui ? L’écrivain ou le personnage ?

Un livre drôlement bien mené à l’humour grinçant qui s'accorde avec une folie étrange.

Emmanuelle Urien nous réserve son coup de maître pour le final.
Et quelle fin ! Une fin inattendue, surprenante et qui m’a scotchée ! J’en suis sortie bousculée, désorientée et n’ayant plus aucune certitude…

Mon conseil ? Lisez-le …si vous n’avez pas peur de la manipulation.

lundi 7 juin 2010

Sylvie Germain - Magnus



Nous sommes en Allemagne avant la seconde guerre mondiale. Agé de cinq ans, Franz-Georg suite à un traumatisme perd tous ses souvenirs d’enfance, « il ne lui reste aucun souvenir, sa mémoire et aussi vide qu’au jour de sa naissance ». Un père médecin, une mère très protectrice. Après la guerre il faut changer de noms, Franz-Georg ne le sait pas mais son père est un nazi qui travaillait dans les camps de concentration. Son père s’enfuit au Mexique sous autre nom où l’on perd sa trace. Sa mère le confie le confie à son frère qui habite en Angleterre. Franz-Georg devient Adam mais il veut retrouver ce père criminel. Il part au Mexique à sa recherche et découvre la vérité sur ses origines. La quête de l’identité le ronge, le pousse à savoir tandis que les démons de la guerre sont toujours présents. Son compagnon d’enfance sera de tous les voyages, de toutes les recherches : son ours en peluche Magnus. D’ailleurs, il changera son nom en celui de Magnus.

J’ai aimé ce livre ! J’ai aimé sa construction de chapitres en fragments intercalés de notules. Fragments comme la mémoire dissolue, trouble ou des morceaux épars de souvenirs. J’ai aimé cette histoire sur la quête de l’identité où Magnus tente de se construire en cherchant les bases qui lui manquent. Un récit, une histoire qui flirte par moment avec le conte. J’ai aimé l’écriture de Sylvie Germain si belle qui m’a transportée…

Une écriture limpide qui coule comme de l’eau. Avec une sensibilité, une grâce qui se veut parfois poétique.

Une lecture envoutante. On a la tête remplie des mots de Sylvie Germain et l’envie de les garder précieusement, de ne pas les oublier.


Un gros coup de cœur !

Contrairement à Sylire, j’ai adoré la fin que je trouve magnifique, une porte ouverte qui nous fait réfléchir à nos propres vies. Pour Canel il s'agit également d' un coup de cœur ! D'autres avis chez l'ami BOB.

Si vous l’avez lu, merci de me transmettre vos liens pour que je les intègre.

Une femme se présente dans le centre, elle passe les enfants en revue. Une femme encore jeune, élégante, mais le visage durci par un deuil récent. L’histoire de ce petit garçon, non pas sourd-muet mais vierge de tout souvenir, l’intéresse. Elle l’observe longuement, le trouve joli, placide, et le devine intelligent. C’est un garçonnet bouclé, aux yeux noisettes, au crâne en parfaite conformité avec les normes aryennes, au sexe non circoncis. Sain de corps et de race ; quand à l’esprit, il est nu, page gommée prête à être encore réécrite. La femme se chargera de la blanchir à fond avant d’y écrire à sa guise, elle dispose d’un texte de rechange. Un texte de revanche sur la mort.
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