Cette semaine, le thème est le mensonge chez les Impromptus littéraires
Elle a mal dormi, n’arrivant pas à trouver le sommeil et une fois qu’enfin la fatigue l’avait emporté, son portable avait sonné. Son thé avalé, elle a hésité entre plusieurs tenues et a finalement opté pour une jupe et un chemisier. Devait-elle se maquiller ? Elle a pour habitude de souligner ses yeux d’un trait de crayon. Quelquefois, elle ajoute un peu de fard à paupières mais jamais plus. Pour son rendez-vous, elle a décidé de s’en remettre à une professionnelle. Elle a écouté les conseils de l’esthéticienne qui prenait à cœur son métier : « l’apparence, c’est important, surtout quand on approche de la quarantaine, car beaucoup de femmes ont une tendance à se laisser aller. D’ailleurs, je peux vous proposer une crème de nuit qui fait des miracles. »
Elle a l’écouté, mal à l’aise, elle s’est laissée emberlificoter pas ses conseils mielleux. Venue pour acheter un rouge à lèvres, la commerçante a réussi à lui vendre en plus des crèmes anti-cellulites, des gélules pour chasser les capitons…
Vous verrez dans un mois la différence sera visible, au revoir Madame. Et bonne fin de journée.
A peine avait elle franchi le seuil de la porte que l’esthéticienne appelait son apprentie dans l’arrière boutique.
-Regarde la dame dans la rue !
-Qui ça ?
L’apprentie ne voyait sur le trottoir d’en face qu’une femme frêle et maigre.
-Celle porte une jupe beige! j’ai réussi à lui vendre pour plus de 300 euros de produits pour maigrir.
-Mais pourquoi ?
-Je sentais que le rouge à lèvres n’était qu’un prétexte, elle jetait des coups d’œil sur les produits de la gamme minceur. Je lui ai posé quelques questions, elle m’a avouée qu’elle se trouvait un peu ronde, alors j’ai été dans son sens… je lui ai dit que je pouvais l’aider.
-Mais c’est un mensonge !
-Ah ma pauvre fille, tu es bien naïve ! Dans le commerce, on ne fait pas dans les sentiments… on dit juste au client ce qu’il veut entendre. Et puis, il faut bien faire tourner le commerce ! Ah oui, appelle le fournisseur, cette dame reviendra d’ici peu nous voir!
mercredi 9 juin 2010
Fred Vargas - L'homme aux cercles bleus

Depuis 4 mois, les journalistes parisiens se régalent d’une affaire un peu spéciale. Des cercles bleus sont tracés pendant la nuit sur les trottoirs. Ces cercles dessinés à la craie bleue entourent des objets aussi divers que variés : trombone, pince à épiler…
Et, la même phrase : "Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors?" est toujours inscrite.
Le commissaire Adamsberg muté depuis peu à Paris n’y voit pas qu’un simple jeu ou l’acte d’un maniaque. L’avenir va lui donner raison : une femme égorgée est retrouvée.
J’ai eu du mal à rentrer dans ce livre.
Le personnage de Mathilde m’a semblé peu crédible : grande océanographe de renom qui aime suivre les personnes ou faire la fête quand elle n’étudie pas les poissons. J’ai trouvé que le commissaire Adamsberg lui faisait trop rapidement confiance alors qu’il ne la connaissait que depuis peu. Danglard l'acolyte d'Adamsberg est largement penché sur la boisson. Et là, je me pose une question : pourquoi les flics sont souvent alcooliques dans les livres ?
A la moitié du livre, j’ai failli abandonner ma lecture… je m’ennuyais.
Eh oui, il faut attendre un moment avant que le premier cadavre fasse son apparition (mauvais jeu de mots !) et que l’enquête commence.
La seconde partie s’est révélée un plus rythmée grâce au raisonnement d’Adamsberg. Le dénouement est original mais ça n’a pas été suffisant pour que j’oublie tous les bémols…
Une lecture synonyme de petite déception en conclusion !
Il s'agissait d'une découverte de cette auteure en ce qui me concerne. Allons voir chez Pimprenelle ce que les autres participants ont lu...
mardi 8 juin 2010
Emmanuelle Urien - Tu devrais voir quelqu'un

Sarah, 34 ans est secrétaire médicale mais son passe temps c’est l’écriture. Elle écrit sur des carnets, lors des diners, elle s’échappe dans les toilettes pour noircir des pages. A part, Fatiha, une amie de longue date, Sarah ne voit personne. Sauf Julien avec qui l’amour est compliqué. Un homme avec un chapeau apparaît comme une tâche dans son champ de vision. Il est toujours là, à côté d’elle. Mais personne ne le voit. Sarah s’habitue à cet homme qu’elle appelle Janvier et découvre que ses écrits le dirigent.
Emmanuelle Urien nous embarque dans une histoire en un rien de temps ! Comme dans ses nouvelles, le style est impeccable et elle mène le lecteur comme elle l’entend. D’ailleurs Sarah fait de même avec son personnage. Depuis qu’elle a découvert que son écriture commandait Janvier, elle se coupe du monde. Mais qui est fou dans cette histoire ? Qui dépend de qui ? L’écrivain ou le personnage ?
Un livre drôlement bien mené à l’humour grinçant qui s'accorde avec une folie étrange.
Emmanuelle Urien nous réserve son coup de maître pour le final.
Et quelle fin ! Une fin inattendue, surprenante et qui m’a scotchée ! J’en suis sortie bousculée, désorientée et n’ayant plus aucune certitude…
Mon conseil ? Lisez-le …si vous n’avez pas peur de la manipulation.
Inscription à :
Articles (Atom)