lundi 28 juin 2010

Marie-Sabine Roger - La tête en friche


Editeur : ROUERGUE - Date de parution : 15/08/2008 - 218 pages que je conseille

Germain, 45 ans vit dans une caravane au fond du jardin de sa mère. Il travaille un peu à gauche et à droite, s’occupe de son jardin et passe beaucoup de temps au café avec ses copains. Quand il ne rajoute pas son nom au monument aux morts, il compte les pigeons au parc. Germain est né d’une histoire brève du 14 juillet. Un manque d’amour maternel, un père qu’il n’a jamais connu, il garde de l’enfance l’indifférence de sa mère et les humiliations de son instituteur qui le considérait comme un bon à rien. Alors forcément, Germain n’a jamais eu envie des mots et des livres, il s’en méfie.
« Tout ça pour expliquer qu’à la fin du primaire j’étais plus souvent à la pêche que le cul posé sur un banc. Ce qui fait que plus tard à l’armée, on m’a classé dans les analphabète, nom dans lequel on entend le mot bête, qui résume très bien de ce qu’on pensait de moi, en plus poli. »

Sur un banc du jardin public, il fait la rencontre de Margueritte, 86 ans, frêle et fragile qui est en maison de retraite. Entre eux deux, une histoire d’amitié et de complicité va se nouer.
Cultivée mais pas prétentieuse, elle respecte Germain. Margueritte aime faire la lecture à voix haute et Germain va prendre goût aux mots. Lui qui avait peur de ce savoir va employer des nouveaux mots, citer Camus à ses copains au bistro ce qui donne lieu à des situations drôles. Mais surtout, il va découvrir de nouveaux horizons grâces à la lecture.

Cette histoire est un plaidoyer sans mots savants ou flonflon pour la lecture et la connaissance. Le narrateur est Germain et on suit son cheminement, ses pensées.

Plus on avance dans le livre et plus ses expressions se modifient. Par exemple, il ne dit plus « baiser » mais « faire l’amour ». J’ai trouvé beaucoup de pudeur et de sincérité dans les réflexions de Germain.

« Lorsque j’ai rencontré Margueritte, j’ai trouvé ça compliqué, d’apprendre le savoir. Ensuite, intéressant. Et puis flippant, parce que, se mettre à réfléchir, ça revient à donner des lunettes à un myope. Tout semblait en sympa, tout autour : facile, c’était flou. Et tout d’un coup on voit les fissures, la rouille, les défauts (..) »

« L’affection, ça grandit sous cape, ça prend racine malgré soi et puis ça envahi pire que du chiendent. Ensuite c’est trop tard : le cœur, on ne peut pas le passer au Roundup pour lui désherber la tendresse. »

« La chance, elle est pas communiste ».

J’avais aimé le film mais incontestablement le livre m’a beaucoup plus touchée. Merci à Gwen pour le prêt !

Dans son billet,Theoma parle du livre et du film.

De Marie-Sabine Roger, j’ai également lu des nouvelles incisives sur les personnes âgées Les encombrants que je recommande vivement !

dimanche 27 juin 2010

Kate Atkinson - à quand les bonnes nouvelles ?


Editeur : Le Livre de poche - Date de parution : 30/09/2009 - 466 pages à lire!
Extrait de la 4ème de couverture :
Dans un coin paisible du Devon, une petite fille de six ans, Joanna Mason, est témoin d'un épouvantable massacre, dont elle est la seule rescapée.

Trente ans plus tard, l'homme qui a été condamné pour ce crime sort de prison. À Edimbourg, Reggie, seize ans, travaille comme nounou chez un médecin, le docteur Hunter. Mais quand celle-ci disparaît, Reggie est la seule personne qui semble s'en apercevoir...


« A quand les bonnes nouvelles ? » est le premier livre de Kate Atkinson que je lis et il ne s’agira pas du dernier !

Les premières pages s’ouvrent sur Joanna, six ans, qui assiste au meurtre de sa mère, de sa sœur et de son petit frère. Puis, nous nous retrouvons trente ans plus tard et nous faisons connaissance avec différents personnages : Reggie une ado débrouillarde, le Docteur Hunter et son bébé, Louise Monroe inspecteur de police, Jackson…
Ne voyant pas le fil conducteur entre tous ces personnages, j’ai eu un peu de mal au début à rentrer dans ce livre. Mais ensuite, je me suis régalée ! D’abord il y l’écriture de Kate Atkinson : vive, entrainante , truffée de pointes d’humour et de références littéraires.

Concernant l’histoire, on ne s’ennuie pas une seule seconde car les intrigues sont habilement ficelées. Les personnages n’ont pas un passé ou un présent facile, ils sont marqués par le sceau de la mort. Kate Atkinson excelle dans l’analyse psychologique, et j’ai suivi avec beaucoup d’intérêt Reggie. Elle est perspicace, n’a pas froid aux yeux et fait preuve de beaucoup de maturité.

Un livre dense, une écriture dynamique, des portraits très bien brossés… Que demander de plus ? En conclusion, un très bon moment de lecture qui s’inscrit dans le prix Indiana de chez George Sand.

D'autres avis chez l'ami BOB.

samedi 26 juin 2010

Roxana Robinson - Jours toxiques


Editeur : Buchet-Chastel - Date de parution : 02/09/2010 - 582 page très longues...

Julia accueille un été ses parents dans sa maison du Maine. Son père ancien neurochirurgien est imbu de sa personne, pédant, et désagréable, sa mère très gentille commence à montrer des signes d’Alzheimer. Divorcée, Julia s’entend on ne peut mieux avec son ex-mari. Elle apprend par la bouche de son fils ainé Steven que son fils cadet Jack se drogue. Les soupçons sont confirmés et Julia demande à son ex-mari et à Steven de ramener Jack dans le Maine. Tout s’écroule pour Julia quand elle apprend que son fils se drogue à l’héroïne. Elle s’oriente vers Ralp spécialiste de la désintoxication qui suggère une médiation. Elle va mobiliser toute sa famille et même sa sœur avec qui elle ne s’entend guère.

Les non dits, les blessures d’avant vont ressortir mais n’empêcheront pas Jack de continuer à se droguer. La honte, les regrets et la culpabilité seront au centre de l’été de cette famille de la bourgeoisie américaine.

Dans les envois Libfly de la rentrée littéraire, j’ai reçu ce livre concocté d’après une recette précise…

Prenez une histoire qui puisse être adaptée pour faire un film de télé. Délayez au maximum, délayez de tout cœur, rajouter de l’inutile, des longueurs pour obtenir enfin un livre de pratiquement 600 pages.

Certes, ça se lit facilement mais les personnages sont surfaits, l’histoire semble fausse. Les clichés se suivent et défilent au fil des pages.

Aussi, ce roman polyphonique m’a laissée complètement indifférente….
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