mardi 29 juin 2010

Claudie Hunzinger - Elles vivaient d'espoir


Photo de Thérère Pierre.

Editeur : GRASSET - Date de parution : 25/08/2010 - 246 pages d'un très beau récit

A travers ce livre, on suit l’histoire de deux femmes Emma et Thérèse à partir des années 20. Une histoire d’amour qui a débutée à Nancy quand les deux jeunes femmes préparaient le concours pour enseigner.
Eloignées l’une de l’autre géographiquement, elles s’écrivent, n’aspirent qu’à se retrouver et à vivre leur amour. Emma consigne dans des cahiers leurs correspondances, ses idées et ses pensées. Emma au tempérament gai, découvre des auteurs, s’enthousiasme pour la littérature. Peu avant la guerre, Emma se mariera et se sentira bien seule dans une Alsace partagée. Thérèse, mutée en Bretagne se fait plus discrète, Emma n’apprendra plus tard que son engagement dans un réseau armé en Bretagne. Emma vit mal son mariage et est même distante avec ses enfants. La guerre la plongera dans un isolement et un désarroi plus grand. Arrêtée par la Gestapo le 21 octobre 1943, à Fougères, Thérèse subira des interrogatoires accompagnés de tortures telles qu’elles entraîneront sa mort, le 26 octobre 1943. Thérèse Pierre n’a pas parlé. Ses dernières paroles seront "Ils m'ont tué, mais je n'ai pas parlé".

Emma et Thérèse ont existé et Claudie Hunzinger est la fille d’Emma. Elle s’est inspirée des cahiers de sa mère pour écrire cette histoire, le parcours hors norme de ces deux femmes. Une histoire où l’amour audacieux est retranscrit tout en pudeur. Emma semble plus insouciante que Thérèse, plus discrète, effacée. Parallèlement au récit, l’auteure décrit la montée du nazisme et la guerre qui se profile. Avec la guerre, Emma perdra beaucoup de ses illusions et son mariage n’arrange guère la situation. Deux femmes dont les trajectoires, les espoirs d’émancipation et de liberté seront brisés par la guerre. Dans la dernière partie du livre, Claudie Hunzinger part à la recherche de témoignages afin d’en savoir plus sur Thérèse et sur son engagement durant la seconde Guerre Mondiale.

J’ai aimé ce livre, un premier roman qui aborde des thèmes que j’affectionne. Un hommage à Emma qui a transmis à sa fille le gout la littérature et à Thérèse Pierre, une héroïne qui a donné sa vie pour la résistance en Bretagne. On ne peut être qu’admiratif envers Thérèse.

Un livre émouvant…

Sur Wikipedia et sur les sites de la résistance en Bretagne, vous trouverez plus d’amples informations sur l’engagement de Thérèse Pierre.

lundi 28 juin 2010

"Elle, une autre" en avant première

Livvy? Un nom que vous connaissez forcément... Et oui, il s'agit d'une blogolectrice mais désormais c'est une auteure également !!!

Son livre "Elle, une autre" paraîtra en septembre mais sur son blog désirs d'histoires , on peut le commander en avant première et demander une dédicace...

Marie-Sabine Roger - La tête en friche


Editeur : ROUERGUE - Date de parution : 15/08/2008 - 218 pages que je conseille

Germain, 45 ans vit dans une caravane au fond du jardin de sa mère. Il travaille un peu à gauche et à droite, s’occupe de son jardin et passe beaucoup de temps au café avec ses copains. Quand il ne rajoute pas son nom au monument aux morts, il compte les pigeons au parc. Germain est né d’une histoire brève du 14 juillet. Un manque d’amour maternel, un père qu’il n’a jamais connu, il garde de l’enfance l’indifférence de sa mère et les humiliations de son instituteur qui le considérait comme un bon à rien. Alors forcément, Germain n’a jamais eu envie des mots et des livres, il s’en méfie.
« Tout ça pour expliquer qu’à la fin du primaire j’étais plus souvent à la pêche que le cul posé sur un banc. Ce qui fait que plus tard à l’armée, on m’a classé dans les analphabète, nom dans lequel on entend le mot bête, qui résume très bien de ce qu’on pensait de moi, en plus poli. »

Sur un banc du jardin public, il fait la rencontre de Margueritte, 86 ans, frêle et fragile qui est en maison de retraite. Entre eux deux, une histoire d’amitié et de complicité va se nouer.
Cultivée mais pas prétentieuse, elle respecte Germain. Margueritte aime faire la lecture à voix haute et Germain va prendre goût aux mots. Lui qui avait peur de ce savoir va employer des nouveaux mots, citer Camus à ses copains au bistro ce qui donne lieu à des situations drôles. Mais surtout, il va découvrir de nouveaux horizons grâces à la lecture.

Cette histoire est un plaidoyer sans mots savants ou flonflon pour la lecture et la connaissance. Le narrateur est Germain et on suit son cheminement, ses pensées.

Plus on avance dans le livre et plus ses expressions se modifient. Par exemple, il ne dit plus « baiser » mais « faire l’amour ». J’ai trouvé beaucoup de pudeur et de sincérité dans les réflexions de Germain.

« Lorsque j’ai rencontré Margueritte, j’ai trouvé ça compliqué, d’apprendre le savoir. Ensuite, intéressant. Et puis flippant, parce que, se mettre à réfléchir, ça revient à donner des lunettes à un myope. Tout semblait en sympa, tout autour : facile, c’était flou. Et tout d’un coup on voit les fissures, la rouille, les défauts (..) »

« L’affection, ça grandit sous cape, ça prend racine malgré soi et puis ça envahi pire que du chiendent. Ensuite c’est trop tard : le cœur, on ne peut pas le passer au Roundup pour lui désherber la tendresse. »

« La chance, elle est pas communiste ».

J’avais aimé le film mais incontestablement le livre m’a beaucoup plus touchée. Merci à Gwen pour le prêt !

Dans son billet,Theoma parle du livre et du film.

De Marie-Sabine Roger, j’ai également lu des nouvelles incisives sur les personnes âgées Les encombrants que je recommande vivement !
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...