mardi 6 juillet 2010

Stefan Zweig - Le voyage dans le passé


Editeur : B. Grasset - date de Parution : 03/03/2010- Collection : Le Livre de poche - 177 pages de grand Art...

Louis, un jeune homme sans le sou, devient le secrétaire particulier de G. Ce vernier vieillissant lui propose de venir habiter chez lui et lui délègue de plus en plus d’affaires importantes. G. est marié et Louis va tomber amoureux de son épouse. Mais Louis , confié d’une mission importante, doit partir au Mexique pour deux ans . La première guerre mondiale éclate bloquant Louis au Mexique. Les retrouvailles auront lieu neuf ans plus tard. Que peut-il rester d’un amour au bout de temps d’années ? Cet amour sera-t-il partagé ?

Zweig nous dépeint le personnage de Louis, honteux de ses origines pauvres, confronté à un luxe d’une maison qu’il trouve d’abord hostile. Mais surtout, il nous parle d’amour ! L’annonce de son départ au Mexique va lui faire prendre conscience de sa passion. Louis en proie au dilemme mais mû par la volonté de devenir riche va accepter cette mission. Leur amour ne sera pas consumé, elle lui promet à son retour de lui offrir son corps. Pendant des mois, Louis va travailler comme un forcené en attendant le jour du retour. La Grande Guerre lui brise ses espoirs et il se construit une vie de famille au Mexique. Neuf ans plus tard, Louis n’a pas oublié la promesse qu’elle lui avait faite, une promesse qui le hante et l’obsède.

Encore du grand Zweig ! Un grand bonheur de lire cet auteur inégalable…
Ce livre est riche en sentiments, en descriptions psychologiques. Du grand Art (avec un grand A) !


J’ai relu certains passages, je me suis délectée de la beauté des phrases, de la magnificence de l’écriture de Zweig. Rien n’est laissé au hasard. L’amour qu’il nous décrit se mue, la passion fougueuse de Louis se transforme en un amour dû. A leurs retrouvailles, cette femme veut lui faire comprendre que cette promesse est devenue obsolète. Elle a vieilli, elle est veuve mais elle accepte de suivre Louis. J’ai frémi à la description des soldats qui défilent dans la ville : marche coordonnée de mille individus, de mille voix chantant et piétinant le sol en cadence, se déversant comme une masse dans les rues.

L’acte physique sera t-il consumé ? L'amour inchangé sera- t-il au rendez-vous? Je vous laisse lire « le voyage dans le passé » pour le savoir…

Une fois de plus, c’est un coup de cœur ! A lire et à savourer!

« Cependant, l’amour devient vraiment lui –même qu’à partir du moment où il cesse de flotter, douloureux et sombre, comme un embryon, à l’intérieur du corps, et qu’il ose se nommer, s’avouer du souffle et des lèvres. Un tel sentiment a tant de mal à sortir de sa chrysalide, qu’une heure défait toujours d’un coup le cocon emmêlé et qu’ensuite, tombant de tout on haut dans les plus profonds abîmes, il s’abat, avec une force décuplée, sur un cœur terrorisé. »

Les billets de Leiloona, ClaudiaLuca, InColdBlog et d'Antigone.

lundi 5 juillet 2010

Katarina Mazetti - Le mec de la tombe d'à côté


Editeur : Actes Sud - Date de parution : 30/03/2009 - 300 pages irrésistibles...

Désirée est bibliothécaire et veuve depuis peu. Par acquis de conscience, elle se rend sur la tombe de son mari tous les joursqui s'est fait renverser bêtement à vélo. De son banc où elle écrit, elle observe Benny qui vient entretenir les fleurs sur la tombe tape à l’œil de ses parents. Elle le considère comme un plouc et lui de son côté la trouve fadasse. C’est que Benny est agriculteur et possède vingt-quatre vaches dont il doit s’occuper. Depuis la mort de sa mère, il est seul à la tête de l’exploitation agricole. Ils se dédaignent mutuellement jusqu’au jour où un sourire va leur permettre de faire connaissance. L’improbable va se produire : ils vont tomber amoureux l’un de l’autre alors que tout les oppose. Désirée est la citadine par définition. Elle vit dans un appartement design, ne sait pas cuisiner, elle aime lire et l’opéra. Benny passe tout son à travailler. Ses lectures se résument à la revue agricole Le Pays, il vit dans une maison vieillotte, sale, et n’a pas de temps pour les loisirs. Benny aimerait que Désirée vienne vivre avec lui alors que pour elle il en est hors de question. Leur amour va être mis à rude épreuve, chacun campant sur ses positions. Bien plus qu’un choc des cultures, leurs modes de vie sont incompatibles.

Désirée m’est apparue assez hautaine et j’avoue avoir eu plus de sympathie pour Benny. Les propos qu’il tient sur l’agriculture, les problèmes économiques, le travail fourni sont très justes. D’ailleurs, ce sont des sujets qui sont toujours d’actualité… La construction du livre est parfaite : Désirée et Benny s’expriment à tour de rôle sur un même sujet ou une situation. Chacun argumentant avec son propre point de vue. J’ai trouvé Benny attendrissant et surtout prêt à faire plus d’efforts que Désirée pour rendre leur amour viable. Dialogues, pensées intimes, tout est piquant, relevé, drôle et truffé d’humour. Je me suis régalée !

Quand ils ne sont pas d’accord, ce qui arrive souvent, ils usent de humour ce qui donne lieu à de situations cocasse. Mais l’humour ne suffit pas et leurs relations vont se dégrader. Dans ce livre, l’auteure pose la question de savoir si l’amour peut exister entre deux personnes issues de milieux sociaux, culturels opposés.

J’ai souri, j’ai rigolé, j’ai été émue… Seule la fin m'est apparue un peu fade.

"Bien sûr que c’est possible de vivre comme ça, être les meilleurs amis du monde chacun sur son étoile, puis s’amuser ensemble lorsqu’on sent le souffle de la solitude sur la nuque ? Bien sûr que c’est possible ?"

Il s'agissait d'une lecture commune avec miss Cynthia, Manu, Calypso, Anjelica et Ankya .

Et beaucoup d'autres avis un peu partout : Sylire, Brize, Theoma,Saxaoul, le journal d'une lectrice ...

dimanche 4 juillet 2010

Carole Fives - Quand nous serons heureux


Editeur : Le Passage- date de Parution : 14/01/2010 - 160 pages ou 31 nouvelles...

Un recueil de trente et une nouvelles où Carole Fives nous entraîne dans des vies d'hommes et de femmes résolument contemporains. L'écriture est vive et elle nous embarque avec facilité dans l'existence de ces personnages.

Sur un nombre aussi important de nouvelles, la qualité n'est pas égale et j'ai ressenti une certaine lassitude.

Mais, il y a des pépites, des nouvelles qui m'ont coupée le souffle! Pas forcément des nouvelles à chutes mais où le talent se résume aux situations et à la psychologie des personnages.
Le meilleur est pour la fin où elle joue de l'auto-dérision sur ses propres écrits...

Une auteure que je vais suivre...

Merci à Gwen pour le prêt!
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