samedi 24 juillet 2010

Geneviève Brisac - Week-end de chasse à la mère


Editeur : Seuil- Collection : Points - Date de parution : 1998 - 208 pages belles et touchantes

Paris, Nouk élève seule son fils Eugenio dans un minuscule appartement. Elle tâtonne et cède à tous les désirs et caprices de son fils. Rien n'est trop beau pour lui même si c'est au dessus de ses moyens. Pleine d'imagination, la sensibilité à fleur de peau, Nouk cherche comment mettre un peu de fantaisie dans leur quotidien avec humour. Noël approche et ils vont le passer tous les deux même si pour Eugenio ce n'est pas normal. Martha son amie les invite en Bretagne dans sa famille passer quelques jours.

Première rencontre avec Geneviève Brisac qui a obtenu le prix Fémina 1996 pour ce roman.

Nouk nous raconte son quotidien, son fils. A petite doses, elle distille des informations. Quel âge à Eugenio? Est elle divorcée? Des questions dont on n' a pas forcément la réponse. Ancienne peintre à succès qui a tout arrêté du jour au lendemain, elle veut élever au mieux Eugenio. Les reproches de Martha ou des collègues de travail, elle n'en a rien à faire. C'est son fils. Au fil des pages, on pressent que quelque chose n'est pas normal. Nouk est attachante comme un enfant qui vit ses rêves et fuit une réalité trop difficile. L'amour mère-fils est puissant mais semble devenir fragile quand Eugenio pose des questions ou quand le regard des autres s'en mêle.

J'ai été touchée par cette lecture. L'écriture y est belle et sensible tout comme Nouk.
Nouk qui tente, qui essaie de faire au mieux pour Eugenio et qui tente de dissimuler ses failles.

Un livre où la sensibilité, l'amour d'une mère pour son fil sont porteurs d'une fin inattendue.

vendredi 23 juillet 2010

Yoko Ogawa - Les paupières


Editeur : Actes Sud Babel- Date de parution : 03/10/2009 - 208 pages

Extrait de la quatrième de couverture:
Dans ce recueil de nouvelles, l'auteure explore l'angoisse des insomnies : une petite fille suit un vieil homme sur son île où vit un petit hamster sans paupières ; dans un avion, un homme d'une trentaine d'années révèle à sa voisine, une jeune Japonaise, les pouvoirs des histoires à sommeil ; une jeune femme part seule en voyage pour fuir ses insomnies...

Pourquoi ce livre? J'avais tout simplement envie de lire un auteur japonais. Mon choix s'est porté sur Yogo Ogawa dont les livres sont mondialement reconnus. Toujours est-il que j'ai raté le coche avec ce recueil de nouvelles...

Huit nouvelles et à la fin de chacune, j'ai pensé fortement "tout ça pour ça". Pas de chute ou de nouveauté ce qui m' a laissé un goût amer et profond de déception.
Toutes ces nouvelles ont un thème récurrent le sommeil. L'écriture est limpide, fluide mais ça n'a pas été suffisant...

Les avis de Marie et de Maggie ( désolée Katel pour le lien erroné)... Si d'autres l'ont lu, j'attends vos avis!

Cette auteure sera à l'honneur chez Pimprenelle le 25 août. Pour me faire une autre idée, je lirai un roman...

jeudi 22 juillet 2010

Carole Martinez - Le coeur cousu


Editeur : Gallimard - Date de parution : 12/03/2009- Collection Folio - 442 pages sublimes ...

J’ai été émerveillée par ce livre… Soledad m’a racontée la plus belle histoire qu’il soit. Une histoire si belle que j’ai eu l’impression de rêver. Pas une histoire de princesse mais l’histoire de sa famille qui commence par celle de sa mère Frasquita. Doux nom pour cette jeune fille qui en devenant femme se voit confier un coffret et des prières obscures. Le coffret contient son avenir. Magnificence de l’écriture qui donne toute sa puissance à cet héritage transmis de mère en fille. Mais, sous le soleil d’Espagne Frasquita doit être patiente. Ses doigts sont ceux d’une fée, elle coud et elle brode comme personne. Jeune femme remplie d’innocence au grand cœur, elle déploie tout son art quand elle découvre dans le coffret des fils aux couleurs les plus belles et les plus variées. Beauté des mots et beauté de ce qui se transforme sous ses doigts : le chiffon devient papillon convoité qui s’envole.

J’ai ressenti toute son émotion le jour où parée de sa robe cousue de ses mains, elle a uni sa vie à celle de José. Cœur qui bat, corps qui frémit et qui donne vie à Anita puis à Angela. Frasquita n’hésitera pas à braver les interdits et offrir son corps selon les cycles de lune pour donner un fils à José. J’ai écouté le chant mélodieux d’Angela, j’ai eu beaucoup de tendresse pour Anita, la silencieuse. j’ai admiré les dessins de Pedro , j’ai aimé comme mon propre enfant la petite Clara qui se nourrit du soleil , j’ai eu mal pour Martirio la fille de la nuit. Mais surtout j’ai suivi Frasquita perdue par son homme au jeu. Avec ses enfants, elle traversera le pays, le désert, elle verra l’océan. Elle rencontrera des révolutionnaires mais aussi des femmes qui l’aideront et sera toujours là pour ses enfants. Mère dévouée qui les protège, femme aimante dont l’aiguille et les fils font des miracles. J’ai vécu chaque mot, chaque phrase de cette lecture…

Un livre qui est bien plus qu’un coup de cœur… merveilleux, magnifique. La réalité, les contes, le monde onirique ne forment qu’un et c’est sublime. Un livre qui par son aspect riche en couleurs m’a rappelé Chocolat amer de Laura Esquivel mais en beaucoup plus grandiose.

Il s’agit du premier roman de Carole Martinez qui elle aussi possède un don précieux: celui d’écrire…

L'interview de Carole Martinez réalisée par Géraldine (petite veinarde!)
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