samedi 31 juillet 2010

Le résultat du jeu concours

15 participants et 5 livres à gagner...
Je sais que vous êtes impatients de connaître les résultats, je vous imagine à vous ronger les ongles, à enrouler une mèche de cheveux nerveusement autour de votre doigt ou à engloutir la tablette de chocolat format familial…

La tension est à son apogée? Alors, go!

Procédons dans l’ordre :

D’abord les petits papiers avec le nom des participants.




Touillage dans le bol de la balance de cuisine ( qui je l’avoue sert uniquement à peser les livres voyageurs…)



Les huissiers attentifs



Et enfin, le tirage au sort par une main innocente ? Celle de grande de Fifille Ado (levée pour regarder ses séries télé ), petit Fifille Ado étant toujours au lit...
Pause sur la télécommande et "bon, on se dépêche, m'man !"




Roulement de tambour…..



















Les gagnantes du livre « Un jour en mai » de George Pelecanos dans la collection Polar aux éditions Points sont : Cathulu, Herisson08, Lasardine, Canel et Maggie

Merci de me transmettre vos adresses postales rapidement !



que je remercie chaleureusement au passage, se charge de vous envoyer le livre.


Alors, c'est pas beau la vie?

Yasushi Inoué - Le fusil de chasse


Collection : Le Livre de poche- Date de parution : 12/2008 - 96 pages où les non dits de l'amour voient le jour et les personnalités se révèlent.

Suite à la publication d'un poème sur un chasseur aperçu une fois, le fusil à l'épaule dans les montagnes, le narrateur reçoit une lettre de cet homme. Le chasseur le met dans la confidence de sa peine et lui expédie trois lettres rédigées par trois femmes différentes.

Trois lettres : la première est celle de la fille de sa maîtresse, la seconde est rédigée par son épouse et la dernière a pour auteure sa maîtresse Saïko.
Les lettres ont comme dénominateur commun la mort de Saïko et l'adultère mis à jour.
La fille découvre que sa mère avait un amant et qu'elle lui a menti pendant de nombreuses années. Trompée dès son mariage, l'épouse n'avait rien dit de cette relation dont elle connaissait l'existence. La maîtresse révèle la nature de son amour dans une dernière lettre.

L'amour trempé dans le mensonge y est décrit sous différents points de vue et se drape de différents sentiments : la trahison, le dégoût, la peine, les regrets ...

C'est beau, très beau. L'écriture est sublime, pas de fioriture, seulement des mots choisis avec précision pour révéler la personnalité cachée de ces trois femmes.


L'avis de Sylire et de Marie.

Un roman conseillé par mes libraires et qui s'inscrit dans deux challenges :

vendredi 30 juillet 2010

Le corps de l'écrivain

Dernier thème avant les vacances chez les Impromptus Littéraires...


Seule une faible lueur parvient à se glisser à travers les barreaux dans ce trou. Une paillasse humide, une couverture mitée, un vieux seau en plastique et une chaise branlante, voilà ce que j’ai dans ma cellule. Les mots m’ont conduit ici. Oser écrire la vérité sur mon pays, sur sa politique et la corruption ne m’a valu que des ennuis. Mon premier livre a causé de grands effrois dans les sphères dirigeantes. On me l’a fait comprendre. Roué de coups par des soldats, j’entends encore le bruit cinglant du fouet sur mon dos. J’ai serré les dents, les soldats ont juste rigolé, satisfaits de leur travail. Ma femme m’a soigné et m’a supplié de me taire. Jamais ! De mon vivant, je dirai ce que mes yeux voient. Ma langue ne dit jamais un mot, ce sont mes mains qui parlent, qui décrivent l’envers du décor. J’ai quitté ma femme pour sa sécurité, je me suis enfui loin de chez moi pour crier au monde ce qu’il ne sait pas.
Pendant des mois, je me suis caché. Ecrivant le jour et la nuit comme envahi d’une fièvre jusqu’ à m’écrouler de fatigue. Mon corps tremblait et j’exultais ma rage par les mots aussi durs et cruels soient-ils. Un voisin a été alléché par le prix de la dénonciation. Mon nom contre de la nourriture pour sa famille affamée. Quand les soldats m’ont arrêté, il a détourné son regard du mien. Eméchés, titubant sous l’effet de l’alcool, deux des soldats m’ont brulé les mains avec leurs mégots de cigarettes et cassé les doigts.
-Regarde tes mains, elles ne pourront plus jamais te servir pour cracher sur notre gouvernement !

Jeté comme un chien dans ma cellule, je subis depuis des humiliations de la part des gardes. Mes mains portent les stigmates d’avoir voulu lever le voile sur l’obscur. Mon corps est devenu l’ombre d’un vieillard qui s’allonge sur le sol pour lécher une gamelle.
Mais, je crois encore en la force des mots, c’est ce qui m’empêche jour après jour de sombrer dans la folie.
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