mardi 10 août 2010

Abdellatif Laâbi - Le fond de la jarre


Editeur : Gallimard- Collection : Folio - Date de parution : 07/2010 - 277 pages où l'on "plonge" dans Fès d'une autre époque ..

Namouss raconte son enfance au Maroc. A travers son regard d’enfant, on découvre Fès et ses coutumes, Fès d’une époque révolue.

Dès le départ, j’aurais bien aimé savoir à quelle date se déroule ce récit. Ma patience a été récompensée car soixante- sept pages plus loin, Namouss est à l’école et l’instituteur écrit la date de novembre 1949. Un peu moins perdue dans l’espace temps, j’ai suivi Namouss dont l’âge doit se situer entre 7 et 10 ans.

Sa mère, Ghita femme de tempérament, est omniprésente tout au long de ce livre. Une mère qui a la langue bien pendue, maîtresse du gynécée. Namouss passe beaucoup de temps avec elle. Son père Driss est plus discret comme le reste de la famille. L’école lui permet de découvrir et d’apprendre le français. D’ailleurs, il met un point d’honneur à être un bon élève. Il y a Fès la populaire : son marché, ses boutiques, ses codes des familles, sa culture et l’envie d’indépendance d’un pays qui se fait sentir. Le ton est léger souvent humoristique, il parle de monseigneur ramadan, mais j’ai trouvé le rythme de ce livre lent, trop lent à mon goût.

Au final, un livre qui permet de voyager, il suffit juste de fermer les yeux et se de laisser imprégner par le récit...

Merci à l'ami BOB et aux éditions Folio pour ce partenariat.

lundi 9 août 2010

Vous m'en direz des nouvelles


Editeur : Itinéraires- Date de parution : 15/09/2006- 148 pages ou 17 nouvelles

Chaque année, des concours de nouvelles fleurissent avec souvent à la clé un chèque pour les lauréats. En 2006, les éditions itinéraires ont lancé un concours et les dix-sept nouvelles retenues ont été éditées dans ce recueil.

Des nouvelles originales et variées. Ecrites avec ironie ou sur un ton plus grave.

Françoise Bouchet avec Secret de longévité a largement mérité sa première place sur le podium. Sa nouvelle est tout simplement exquise !

Et dans les lauréats, on retrouve Alain Emery ( auteur de divines antilopes ) et Magali Duru. Tous deux sont maintenant des nouvellistes reconnus.

Vous aimez écrire des nouvelles? Alors, un seul mot d'ordre : continuez...

Marceline Loridan-Ivens - Ma vie balagan


Editeur : R. Laffont - Date de parution : 09/10/2008 - 259 pages d'une vie de femme engagée ...

Je suis donc assise sur mon petit banc à essayer de démêler mon collier. C’est balagan. Balagan, en hébreu, cela veut dire le bordel, la carta. Le collier lui même est balagan, fait de bric et de broc, de faux brillants tout mélangés, bizarre. Il n se ferme pas, il faut le nouer, et après cela, il est tout embrouillé, je ne peux plus le dénouer. Mais finalement, il est bien comme ça. Balagan. Ma vie elle-même est balagan.

Marceline Loridan-Ivens née Rosenberg, soixante dix-huit ans revient sur sa vie. Pas de façon chronologique comme sur un CV mais en suivant le fil des souvenirs qui reviennent.

Le 29 février 1944, Marceline quinze ans est arrêtée par la Gestapo puis déportée à Birkeneau. 1945, fin de la guerre, Marceline a survécu et est revenue. Pas son père. Elle retouve une mère qui ne veut pas qu’elle parle de « là-bas », "l'antisémisme était très fort après la guerre" et on ne parlait pas de ce qui était arrivé aux Juifs. Chez Marceline, il y a chez cette formidable envie de vivre et de croquer la vie. Marceline s'amuse et danse à Saint Germain. Puis, un premier mariage et un divorce. Femme engagée, durant la guerre d'Algérie, elle aidera le FLN. Plus tard, elle rencontre avec le cinéaste Joris Ivens de trente ans son aîné. Un second mariage. Ils iront au Vietnam sous les bombardements puis en Chine réaliser des films malgré le contexte politique. Femme avide de liberté, elle parle également sans tabou du suicide son frère Marcel et de ses démons qui l'ont conduite à deux reprises à vouloir mettre fin à ses jours.

En toute simplicité, elle explique ses choix de femme.

Je n'ai pas d'amertume, ni de regret. Je nerenies pas ce que j'ai fait. J'assume mes erreurs, mes dérives, je les inscris à chaque fois dans mon chemin et dans l'histoire d'une époque à laquelle laquelle j'ai été très mêlée.

Pas d'apitoiement dans ce livre ! Au contraire, il s'en dégage un dynamisme sur fond d'humour. Même si quand elle parle de sa déportation et des conditions au camp, c'est dur, très dur.

Ce n'est pas une leçon de vie qu'elle nous fait. Non, elle raconte juste sa vie balagan ...

Un grand merci à Aifelle pour ce prêt, les avis de Mango, d'Antigone, et celui de Keisha qui renvoie à d'autres billets.
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