dimanche 22 août 2010

Saki - L'insupportable Bassington


Editeur : R. Laffont -Collection : Bibliothèque Pavillons - Date de parution : 18/05/2006 - 260 pages succulentes!

Extrait de la quatrième de couverture :
C'est, nous prévient l'auteur, une histoire qui n'a pas de morale ; celle d'une femme, Francesca Bassington, qui, si on l'avait priée de décrire son âme, aurait dépeint son salon. Son fils Comus est beau, écervelé, incorruptible, insolent - bref, incapable d'arriver jamais à se montrer raisonnable.

Francesca Bassington vit dans une agréable maison à Blue Street. Le seul problème c’est que cette maison lui a été léguée par une vieille amie jusqu’à ce que la nièce de cette dernière, Emeline , se marie. Francesca voit en en son fils Comus le futur époux d’Emeline ce qui lui permettrait de conserver son confort. Mais Comus va faire tomber à l’eau les plans de sa mère...

Ce livre est un vrai régal. L’auteur a écrit ce livre en 1912, un siècle plus tard je le découvre, mais mieux vaut tard que jamais…

Saki dépeint à coups de canifs habiles et bien aiguisés la haute société Anglaise. C’est acéré, vif et succulent (rien que ça)! Francesca Bassington apparait bien plus attachée à ses bibelots qu’à son fils. Pas de relation mère-fils baignant dans de la tendresse ou dans de l’amour. Elle n’a qu’une idée en tête son confort ce qui l’oblige à trouver pour Comus une riche héritière. Son fils Comus, joyeux, fantasque et imprévisible, aime la vie et porte tout à la dérision avec humour.

Le roman prend un autre tournant abandonnant toute forme d’humour quand Comus part à l’étranger.
Sa mère le poussera à un avenir bien sombre. Alors qu’elle aurait pu continuer à jouir de sa tranquillité, elle se retrouve à regretter son fils. Bien que l’auteur prévienne que cette histoire n’a pas de morale, la fin est cruelle.

La galerie des personnages secondaires est succulente, les traits de caractère et les comportement sont décrits de façon exquise et intelligente.

Une lecture comme je les aime et qui comporte en bonus quatre nouvelles !

Merla était une de ces mouches humaines qui bourdonnent perpétuellement dans les rues grouillantes, et, par temps chaud, elle atteignait les proportions d’une mouche bleue. Lady Caroline Benaresq avait prédit publiquement qu’il y avait dans l’autre monde un papier tue-mouches spécialement réservé à son usage.

Il y a deux manières de recevoir une consécration : l’une, c’est d’être découvert si longtemps après votre mort que vos petits-enfants sont obligés d’écrire aux journaux pour établir leurs liens de parenté; l’autre, c’est d’être découvert comme Moïse enfant, à l’origine de sa carrière. Mervyn Quentock avait choisi la dernière méthode, qui est aussi la plus agréable.

vendredi 20 août 2010

Jean-Louis Marteil - La Relique


Editeur : La Louve - Date de parution : 16/06/2009- 254 pages burlesques!

An de grâce 1130, en Rouergue et son abbaye qui a bien du mal renflouer ses caisses. Que de mieux qu’une relique pour attirer les pèlerins ? Encore faut-il en avoir une. Le père Abbé confie aux frères Abdon, Jérôme et Bernard la mission d’en ramener une. Sauf que nos trois moines sont loin, très loin d’être des agents 007. Bien au contraire ! Le moine Abdon, maladroit, pense sans arrêt à son estomac, le moine Jérôme est un fil de fer, peu bavard, sec, et le moine Bernard semble avoir de la bouillie à la place du cerveau.
Les aventures et les pérégrinations de ces trois antihéros sont loufoques et burlesques ! Sans oublier de nombreuses tentations pour ces hommes d’église…


Editeur : La Louve - Date de parution : 10/11/2009- 253 pages

Dix ans ont passé, l’abbaye s’est enrichie grâce à soi disant relique de Saint Vincent. Mais qui dit richesse dit convoitise et la relique est volée. Nos trois moines ont pour mission de partir à la recherche du voleur et de la ramener. De nouvelles aventures en tout genre les attendent. Juste petit bémol, même si j’ai rigolé, j’ai trouvé que l’humour s’essoufflait un peu dans ce deuxième tome.


Editeur : La Louve - Date de parution : 23/06/2010 - 255 pages

Deux mois après le retour de la relique, nos moines ont changé. Frère Abdon a compris que si on les envoyait à chaque fois sur la route, c’était dans le seul but de se débarrasser d’eux et Frère Jérôme se montre sensible. Nos trois moines ne veulent plus être les dindons de la farce. Moins humoristique mais plus porté sur des valeurs humaines, ce troisième tome conclut en beauté cette trilogie.

Dans ces trois livres, il s’agit d’un Moyen-âge haut en couleurs à l’opposé d’une période triste et grisâtre qui nous est présenté. Les personnages se retrouvent dans des situations cocasses et sont complètement dépassées par ce qui leur arrive. L’écriture est vive, frôle le déjanté et les notes de l’auteur sont un régal. A travers les aventures de ces moines, il en ressort des valeurs humanistes. L’église, la foi sont gentiment égratignées car avant d’être des hommes de foi, nos moines sont avant tout de simples hommes avec des défauts ...

Un vrai plaisir pour les zygomatiques !

Merci à l'ami BOB et aux éditions La Louve pour ce partenariat!

A lire, le billet de Lili Galipette très détaillé.

Philippe Besson - En l'absence des hommes


Editeur : 10/18 - Date de parution : 08/01/2009 - 224 pages très belles ...

Été 1916, Paris, le jeune Vincent, 16 ans et insouciant, rencontre Marcel Proust. Une relation plus qu’amicale naît entre les deux. Le jour suivant, Arthur âgé de 20 ans, soldat en permission avoue à Vincent de l’avoir toujours aimé. Vincent découvre l’amour dans les bras d’Arthur. Pendant sept jours, ils vont vivre cet amour charnel en cachette. Arthur reparti à Verdun, Vincent trouve en la personne de Marcel Proust un confident.

La première partie de ce livre est consacrée aux rencontres qui vont changer la vie d’Arthur. Celle avec l’écrivain vieillissant que tout Paris respecte mais qui n'est pas dupe de ses penchants. La relation qui se noue entre eux est un amour platonique bien plus qu’une simple amitié. Vincent et Marcel Proust semblent vivre dans une bulle loin de l’horreur des tranchées.

Et il y a le grand amour avec Arthur, le fils de la gouvernante. Pendant une semaine, chaque nuit, ils vont s’abandonner à cet amour, le consumer, le vivre passionnément. Sous la plume de Philippe Besson, cet amour est pur et beau.

Arthur repart à Verdun et l’écrivain s’absente à Illiers. A travers les échanges épistolaires, on plonge dans l’effroi de la Grande Guerre avec la peur de la mort. Dans ses lettres à Marcel Proust, Vincent cherche du réconfort et l’écrivain devient le confident de cet amour. L‘été sera meurtrier, Arthur perdra la vie à la guerre. Dans la dernière partie du livre, la mère d’Arthur confie à Vincent un secret qu’elle porte depuis trop longtemps…

Ce livre m’a transportée ! L’amour y est décrit tout en pudeur, en sensualité et en élégance. Cet amour contraste avec l’horreur de la guerre mais dans les lettres d’Arthur, on comprend que le jeune homme ne vit que pour Vincent. C’est beau, très beau ! La dernière partie m’a scotchée et m’a bouleversée… Et, l’écriture de Phillippe Besson si fluide m’a séduite.

Je ne suis plus un enfant. Il ne faut pas se fier aux yeux verts, à la peau de fille, à cette fragilité de l'apparence, à la gracilité. Il ne faut pas croire que les yeux baissés, c'est forcément de la timidité. Je sais ce que je fais. Seize ans, c'est l'âge des possibles. Je ne m'interdis rien. Pourquoi m'interdirais-je quoi que ce soit ?


Et dire que sans le challenge d’Antigone, ce livre serait resté dans les bas fonds de ma PAL et je serais passée à côté de cette très belle lecture...

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