vendredi 3 septembre 2010

La surprise du vendredi soir

C'est  la ( non) rentrée chez les impromtus littéraires avec comme thème : Et si je ne rentrais pas ?

Et si je ne rentrais pas ? L’idée me traverse l’esprit comme tous les soirs depuis plusieurs mois. Aux feux rouges, je regarde les autres conducteurs. A ma gauche, le conducteur profite de l’arrêt pour téléphoner, il sourit en observant sa dentition dans son rétroviseur. Peut-être que sa femme vient de lui annoncer ce qu’il considère comme une bonne nouvelle du style « mon chéri, je t’ai préparé ton repas favoris pour ce soir » ou alors il se réjouit de retrouver sa maitresse dans un des hôtels qui bordent le périphérique. File de droite, une femme très jeune. Vingt-cinq ans à vue de nez, elle tapote des doigts sur son volant en regardant tous les trois secondes le feu. Pressée de récupérer le petit chez la nourrice ou de rejoindre ses copines pour une soirée entre filles ? Chacun après sa journée de travail rentre chez soi. Et moi là dedans. Qu’est ce que je fiche ? J’ai un poids dans l’estomac, le trac de rentrer à la maison et d’y retrouver ma femme. Tous les jours, je me promets que le soir même je vais lui annoncer que je ne n’en peux plus de cette vie là. Que notre couple c’est du passé. Après quatre années de sentiments, je ressens de l’indifférence. Pas de haine juste ce désintérêt total froid et silencieux. Je dis juste alors que le la colère aurait été préférable. Elle m’aurait donné le courage de lui parler, de déverser ou de lui jeter à la figure tout ce qui ne va pas. Mais il n’y a pas de problème, je n’ai rien à lui reprocher. Mon épouse est charmante, attentionnée mais je ne l’aime plus. Les premiers temps, j’ai crû à un de ces creux que traversent certains couples. Mais, cette indifférence a pris de plus en plus de place. Elle m’aime tellement qu’elle pense que je suis fatigué et me conseille de lever le pied au travail. Quand elle cherche à m’embrasser je me raidis instinctivement. Au lit, c’est le pire. Je joue le jeu, quel beau salop je fais ! Oh, je me dégoûte tellement de ne pas lui dire la vérité ! Je m’invente des réunions qui n’en finissent pas, des nouveaux projets qui me sont confiés. Pour gagner une ou deux heures sur la soirée. Je m’enferme dans mon bureau en disant à me collègues que je veux pendre de l’avance sur un dossier. Personne ne trouvait ça suspect jusqu’ à aujourd’hui. Le directeur est venu me voir en me disant :
"Paul, je ne sais pas où vous en êtes de votre vie privée qui d’ailleurs ne me regarde nullement. Mais fuir vos ennuis et vous cacher au travail n’est pas une solution. C’est un conseil d’homme à homme. "

Un homme, je crois ne plus en être un mais un lâche, oui. Mince, je suis déjà arrivé devant notre maison !
Bon, j’inspire et j’expire profondément. On est vendredi, je vais lui dire ce soir. Un vendredi c’est bien, ça lui laissera le week-end pour accuser le choc. Demain matin à la première heure, je partirai. Allez, ce soir, je me jette à l’eau. Tiens, aucune lumière d’allumée.


- Catherine, c’est moi. Catherine !

- Ah mon chéri, viens là et ne dis rien. J’ai une surprise pour toi !

-Il faut qu’on parle.

-Chuutt, c’est toi pour une fois qui va m’écouter.

Catherine pose son doigt sur ma bouche et me prend la main. Elle la pose sur son ventre. Non, je commence à comprendre.Non!
Ses yeux sont remplis de larmes :

-Je suis enceinte, cette fois, c’est sûr. On va avoir un bébé.

-...

-Tu ne dis rien, oui, je sais c’est l’émotion. Oh je suis tellement heureuse ! Alors mon chéri, tu n’embrasses par ta femme adorée ?

J’ai toujours détesté les surprises…

Encore une rencontre entre blogueurs/blogueuses

Outre ses beaux paysages, sa culture, ses légendes  et son patrimoine, la Bretagne est un haut lieu des rencontres entre les blogueurs et les  blogueuses... Extrait du guide toutistique revu et corrigé par bibi.

Jeudi prochain soit le 9 septembre, Dialogues Croisés va nous permettre de nous rencontrer une fois de plus dans la joie et la bonne humeur !

Gwen et Yvon seront présents ainsi que bibi (...forcément)
Qui d'autre ???

Lieu du rendez-vous : le café. Non pas un des nombeaux endroits typiques de Brest mais celui de Dialogues...

jeudi 2 septembre 2010

Giani Stuparich - L'île

Editeur : Verdier poche - Date de parution : 11/05/2006 - 89 pages magnifiques...

Entre ciel et mer, un père malade et son fils s'interrogent à mots couverts sur la naissance et la mort, avec la pudeur de l'amour. Le fils adulte est parti depuis longtemps pour la montagne, il revient accompagner son père malade sur son île natale au large de l’Istrie.

Ce livre fait partie de ces textes puissants qui vous coupent le souffle par la magnificence des mots et de l’écriture. Des mots choisis avec précision portés par une écriture épurée où chaque mot se dévoile majestueusement.
Les souvenirs, la dignité du père, les interrogations de ces deux personnes sur la vie et la mort sont tout simplement beaux et justes.
L’amour d’un père, celui du fils sont décrits tout en pudeur, de cette pudeur qui renforce la beauté des sentiments.

Certains diront que 89 pages c’est court. Eh bien non, nul besoin d'en rajouter quand tout est dit avec les mots justes qui vous balaient et vous foudroient d’émotions.

Après Erri de Lucca et Alessandro Barrico, je voulais découvrir d’autres écritures toujours dans la littérature Italienne. Mon vœu a été exaucé par Julien de chez Dialogues. Et comme dit Dominique du blog A sauts et à gambades :  faites lui une place dans votre bibliothèque…

Impossible pour moi de vous mettre un  extrait, je vous citerai le livre en entier...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...